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OE U V RE S
D E
CLEMENT MAROT
Valet-de-Chambre de François I. Roy de France,
Revues fur flufieurs ManufcritSf à'fw plus de quarante Editions^
Et augment e'e s
7antde Sverfti Po'éfies véritables ^ que de celles qiim lui tt faujfetnent attrihu/esi
AVEC
Les Ouvrages de JEAN MAROT fon Père,
ceux de MICHEL MAROT fon Fils,
& les Pièces du Différent de Clément avec François Sagon:
Jcccmpagnées ^tme Treface Hifiorique & dOhfervatms Critiques,
TOME TROISIEME.
O ^ h A HATE,
Chez P. GOSSE & J, NEAULME.
M,DCC.XXXL
Avec Trivile^e des Etats de Mlandt & de fFeft-Frifi.
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-erfS%/^jÇL -
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III
T A B LE
Des Pièces contenues dans le Tome III,
Des Ooivrcs de
CLEMENT MAROT.
X A première Eclogue des Bucoliques de Virgile. 1^12. Vzg. i
I a Msrot au Roy , touchant la Metamorphofe. 1 1
Livre \. de la Metamorphofe d'Ovide. 1^30. 13
Livre II. de la Metamorphofe d'Ovide. 64
Hiftoire de Leander & Hero. if+i. 116
Le Jugement deMinos^fur la préférence d* Alexandre le grande
Annibal de Carthage , & Scipion le Romain , dit l'Afri-
cain^ pris de Lucian entre l€sT>ialogues des morts au pre-
mier Tome, ifi^. 138
^es Vifîons de Tetr arque , de Thufcan en François. 1 5-2
Les triftes Vers de Thtlippe Béroalde^ fur le jour du Vendredi
fainSf : qui commence en Latin : Venit moefta dies, rediit
lachrymabile tcmpus. 1 63
Colloque d'Era/me^ traduiâï de Latin en François par Clément
Maroty intitulé Abbaris & Eruditoe , ou de CAhbé & de
la femme /avant e. idp
- - - • intitulé : Vimo Mifbgamos. 15^)
Cinquante Tfeaumes de "David ^ traduits en François par Cle- •
ment Marot. 221
Clément Marot au Roy Tres-Chreftien François I. de ce nom ,
fur la traduBion des Tfeaumes de David. ibid.
Aux Dames de France touchant le [dit s Tfeaumes. 227
Le premier jour d^Aouft i f 43. Au Roy encore. 229
Epigramme de Scevole de fainBe Marthe. 232
Ode fur les Tfeaumes. - ibid.
Au tresMlufire T rince y Monfeigneur le Reverendijpme Cardi-
nal de Lorraine ^ Archevêque de Reims. 235:
T reface de Jean Calvin à tous Chrefiiens éf amateurs de ta
parole de Dieu. 237
Extrait du Privilège du Roy y Charles IX. ^ 243
Tome IIL
PSAL-
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24.6
24.8
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266
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270
272
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IV TABLE
FsALM* I. I f4o. ^«/ 4« cmffil &c,
- - - IL Tourtmoi font irmt.
- - - III. O Seigneur que de gens.
- - - IV. Siitanéje ftnvqiUf bêlas,
- - - V. Aux paroles que je veux dire.
- - - VI. Ne vueilie p>aSi à Sire.
- - - Vn. Mm 'Dieu i J'aj^ eH toi efperance.
- - -'VII!. Omjlrel^ieuy & Seigneur amiaèle,
- - - IX. 'De tout mon cueur t'exalterai.
- - - X. T^im vient cela^ Semeur y jeté fuppU.
•> - - XI. Feu que dutout en'I>ifu mm cueur s*apfmye.
• - ' Xll. 'DiwtefecourSi Seigneur y il emeji heure.
- - - XIII. Jufqufs à quand as efiabJi.
- - - XIV. Le fol malin eu fw cueur dit & croit.-
- • - XV. i^«/ eft'Ce qui converjera.
- - - XVIII. Je t'aimeray en toute ékétffanee.
- - - XIX. Les deux en chacun lieu.
- - - XXIL Mon'DieUtmonDieu y pourquoi m*as''tulai^é,
280
- - - XXIII. Mon'Dieu me ^aijl./ousfapuijfance haute, iîif
- - - yiXlV. La terre au Seigneur apartient. 2S6
- - - XXV. ji toyy mon 'Dieu y ma» cueur monte. 217
- - - XXXII. O Uenheureux celui dont les commifes. jpo
- - - XXXIIL Refveillexi-vous chacun fidèle. 292
- - - XXXVI. 'Du malin les faits vicieux. 296
- - - XXXVII. Ke fois fafché fi durant cefie vit. 298
- - - XXXVIU. Las en ta fureur aiguë. jo2
- - - XL\\\. Revenge-moi y pren la querelle. 507
- XLV. 'Fropos exquis faut que de mon cueur forte. 308
Yi VI «7^ ^..-/r.. ^„„ ^j^
3if
318,
3"
3*4
32d
3»5>
3JO
rSAL-
XLVL Des qu'adverfité nous êffence.
- L. Le 'Dieu y le fort y l'Etemel parlera.
- LI. Mifericorde aupovre vicieux.
- LXX. Tesjugemensy 'Dieu véritable.
' LXXIX. Les gens entrez font en ton héritage.
- LXXXVL Mon 'Dieu y ûrefte-moi ^oreille.
- XCI. ^i en la garde du haut 'Dieu.
- CL Vouloir m'efi pris de mettre en efcriture.
- cm. Sus louez 'Dieu y mon ame en toute chofe.
- CIV. Sus , fus y mon ame il te faut dire bien.
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«MW^
DU TOME in.
F9ALUB CVil. ^âMffe::^ a» Stigmwr g/cèr^*
« - - CX- UOmnipotent à mon Seigneur efi maijire.
« . - CXin. Enfams qui h Seigneur fervez.
. - - CXIV. ^uémdlfrMlhors à Egypte Jortit.
• - - CXV. Non point à nouSf mn point.
• - ^ CWWl. Rondêjs^ à ^reuiman^&ghitê.
- - - CXXVIIL Bien heureux ejl quiconque s.
. • - CXXX. "Dufonds demapenjéo.
• • - CXXXVn. Eftans ajjîs aux rives aquatiques.
. - - CXXXVIII II faut que de tous nus ej^rits.
- - . CXLIII. Seigneur Œ>ieu^ 0/ forai/o» wêienne.
Let Commandemens de 1>ieu. Exod. XX.
Le Cantique de Simeon. Luc. IL y
UOraifon de nefire Seigneur Jefus^lkrifi.
La fdlutation ytmgehque.
Let Articles de la Foi.
prière avant le repas.
Autre Trière devant U repas.
Trière après le repas.
Grâces pour un Enfant.
Oraifon à Dieu pour dire au matin quand on fe levé.
Fontaine. • ibid.
Tetits De%>is Chrê/iiens. 57a
Adam & Eve. 371
Ce qui eft adjoufté de nouveau.
PsALM XXni. En tout temps l'excellence. 37^2
- - - yjA. Comme h cerf lo^uementpourchajfé 377
- - - LXII. N*ejl-ce raifon que mon ame regarde. 3Î0
Le Cantique de Moyfe , ^euteron. XXXIL 3^i
Du falut par Jefus-Chrift. ^ 387
Poëfics attribuées à aement Marot. 389
Chant Royal de la fortune & biens mondains. Compofé par ung
des Amys de Cl. Marot. 3pi
Èpitaphe de Marie fille aifnée de Monfieur ^EftiJJac , com-
pofe par le fufdiSk. 3P4*
Epitaphe du Comte de Salles. ibid.
* X Corn
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VI
BLE
ComfUinâte de ^ame Bazêchefur le tre/pas du diSi Comte.
Un fDizain du trop faaul^ & de téffamè. 4Q1
Epigramme fur ^ Jupiter ex alco perjuria ridet amantum. . 402
Rondeau fur le mefme fujet. ibid.
VEpifire de fjfne au Coq^ rejponjive à celle du Coq à PAf
ne. 404
Rondeau à notre ^ame. 409
Epitaohe de Martin. ibid
Rondeau du Guay. 410
^ixiain de, t Image de Venus armée. R. F. ibid
Le différent de beaulté , . force & amour. 411
VAlph^et du tems prefent. 412
Epitre de complain£té^ à une qu^a laijféfon muy. _4i4
TjiSlier prefentè à Monfeigneur de iiaffau^
ce y compop par Cl. Marot.
déplorât ion fur la mort de Clément Marot.
Chronologie des Oeuvres de Clément Marot ^
retour de Fran-
421
43P
Avcrtiflêmcns & Préfaces, tirées des diflferentcs Editions de
Clément ^arot.
Avertiffement de VEdition de Nyort tn i ^96. 45-3
Treface de P Edition de Nyort de Thomas ^ortau en 1^96.
4ff
- - - ^(f PAdolefcence Clémentine qui parut pour la première
fois en if^o. 458
- - ^ de la première Edition entière de Cl. Marot à Lyon
en ifjS. 460
...... de l'Edition de Lyon par du Rocher en i f45'- 46^3
^ ^ ' de l'Edition de Lyon par Jan de Tournes en i f 49.
465-
^ ^ -^ dt l'Edition de Lyon par Guillaume Roville à PEfcu
de Venife eh iff4. 467
Vers à la louange de CL Marot. 4.69
Autres petites Pièces faites à Pimitation de Cl Marot, ou
à fon fujet. 477
I. ^*un qui vouloit eflre Treftre. Tar Germain Colin. 479
H ©^ Frère Colin ^ par le même. 480
in. "De
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DU TOME III. VII
III. 2)^ Frère l-ean & de U vieille j par M. G. ibid
IV. T>e Frère Lul?in. Par Lionjamct. 481
V. a^un Avocat & de fa femme ^ par S. Romard. ibid.
VL Q^ll^ ^<^t ^fi^^ «^^ amye^ pris du Latin d^Appme. 482
VUr^'uneNonnain enceinte j fris du Latin de Macrinus.'ûÀd.
VIIL 1^'un qui aimait une vieille. Par B. B. 4,82
IX. ^'une Jeune efpoufee^ par B. B. \ ibîcf.
X. ^"un Curé ignare ^ par B. B. ' 484
XI. D'Alix. Par L. M. ; ibid
XIL Sixain de Lion Jamet à Marot , quelque tems après
quUl eut vu le grand Epitapbe c^Alix qui commence y Cj
gift qui cft une grand' perte &c. . 48f
Xin. Epitaphe de feu Cl. Marot , dit^ le Maro de France y
par M. G. ^ ibid.
XïV. Autre par Monfieur du Val Evefque de Séez^ 486
XV. Autre par Saint Romard. ibid.
XVI. De la rejponfe de Margot Noir on à un gentilhomme qui
avoit couché avec elle. Par A. V. ^ 487
X Vn. Ballade au nom de C. Marot contre Sagan. ibid.
XVIII. Imitation d'un Epigramme de Thomas Morus ^^ par
. Marc Antoine de Muret. 489
XIX. T>'un Cor délier & de fan hojlefe. ibid
XX. D^une iroffe Garce qui feignait ejlre grajfe d' enfant ^ par
Saint Komard. 400
Poëfies Nouvelles pour les deux premiers Tomes des
Oeuvres de Clément Marot.
XII. Opuscule. Couleur & volupté. 493
XXIII. Chant Royal. yoi
Rondeau LXXI. des Barbiers. 504
- - - LXXII. Tour avoir de P argent. fof
- - - LXXIII. Sur ces mots 9 Chacun (bit content de fës
biens ) &c. fO(5
. . . LXXIV. Sur la devife de Hugues Salel , Valet de
Chambre du Roy Français I. 5-07
Epigramme CCLXXXI. T>u Fin. fop
- - - CCLSXKll. "Du plaijir en amours. ibid.
- . - CCLXXXm. 2)u mal en amours. fio
Epi-
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'im^
p^;^^u®is@airp|
pi^
ÊpigramMe HjC^teipaV; ^*h faut tottjàurs ttaindre &
. toujours efpérer en amours. ' *• fît
-. CCLXXXV.;i/^fflW»rj ^*<w »'^^ découvrir. ibid.
- CÇLXXXVI. -?/ ««r (D*/»f qui faifoit fm* prô
meffes à fes amans.
- CCLXXXVir. Sur la fottifi de Rabin.
' CCLXXXVin. La mort du Margot.
. CCLXXXIX. Il faut aller dràit au (mt.
- CCXC. Mars & Venus.
- CCXCt Loyauté recompenfée,
- CCXCir. Antre Epigramme.
- CCXCIII. J«r Pennuy de fabftnce.
- CCXCIV. Autre Epigramme.
- CCXCV. Le lendemain des nàces.
- CCXCVI Recepte.
- CCXCVII. T>e médifance.
- CCXCVIII. A une honnête *Dame.
- CCXCIX. Refponfe.
- CGC. Réplique.
- ceci. ©^ Jtf/»^f Marthe à Cl. Marot
bruit de fa mort.
>h'e de Cl. Marott par Eftienne Jodelle.
E Alpha BËTrq,t7E -^es Anciens termes , qui Je
rouvent dans les Oeuvres de Cl. Marot.
des Matières . contenues dans les Trois premiers Tomes
de Clément Marot.
ibid.
514.
ibki
fid
ibid.
ibid
fi8
ibid.
po
ibid.
fur le
53»
FIN dckTablc
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i LES OEUVRES
D £
CLEMENT MAROT.
TOME TROISIÈME
^ Tome ni.
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WJ^^^n^^^!^^^mS^!^^ÊS^}
LES OEUVRES
DE
CLEMENT MAROT.
LAPREMIERE ECLOGUE
des Bucoliques de Virgile.
r
15 !!•
M E L I B E: E.
Tityrus gifant defibus Tormeau
irge) & e(pez> d'un petit chalumcaii
hantes chanfons niftiques en beaulx
Chants :
t nous laiflbns (maugré nous) les doux
champs I
c noz pays. Toy oyfif en Tumbragc
Fais rc&nner les foreftz qui font rage
Ai De
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LA I. ECLOGUE
De rechanter après ta chalemelle
La tienne amye Amaryllis la belle;
T I T Y R E.
O Melibee , amy cher & parÊiift ,
Un Dieu fort grand ce bien icy m'a fai<ï :
Lequel auffi tousjours mon Dieu fera ,
Et bien ibuvent fon riche autel aura
Pour facrifice i un aigneau le plus tendre )
Qu'en mon troupeau pourray choyfîr & prendre.
Car il permet mes brebis venir paiftrc
Comme tu voys, en ce beau lieu ch^mpeftre :
Et que je chante en mode paftorale
Ce que voudray de ma flufte rurale.
M E L Y B E' £•
Je te prometz que ta bonne fortune
Dedans mon cueur ne met envie aucune.
Mais m'esbahys, comme en toutes faiibns
Malheur nous fuit en no2: champs & maifonsi
Ne voys-tu point , gentil berger , hélas ,
Je tout malade, & privé de foulas
D'un lieu loingtain mené cy mes chevrettes
Accompaignées d'aigneaux , & brebiettes ,
Et (qui pis eft) à grand labeur je meine
Celle que vois tant maigre en cette plaine.
Laquelle cftoit la totalle efperance
De mon troupeau : or n'y ay-je afïèurance>
Car maintenant, je te prometz , die a
Faid en paflànt, près de ces coudres là >
Qui
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^^
DE VIRGILE.
Qui font efpcz, deux gémeaux aigneletz.
Qu'elle a laifleZ) moy contrainft, tous fèuletz»
Non deflîis Pherbe, ou aucune verdure.
Mais tout tremblans defliïs la pierre dure.
Ha Tityrus, (i j'eufîe efté bien fàge.
Il me fouvient , que fouvent par préfàge
Chefhes frappez de la foudre des Cieux
^e prédifoicnt ce mal pernicieux.
Semblablement la fîniftre Corneille
Xle difoit bien la fortune pareille.
JRiais je te pry, Tityre, compte-moy,
^^ cft ce Dieu, qui t'a mis hors d'efinoy?
TXT Y R E,
Je fot cuidois , que ce que l'on dit Romme,
"uft une ville ainfî petite, comme
])elle de nous : là où maint aignelet
Tous retirons , & les beftes de laid,
[ais je faifois femblables à leurs pères
petitz chiens, & aigneaux à leurs mercs,
Lccomparant, d'imprudence furpris,
îhofe petite à celle de grand prix :
>ar pour certain Romme noble, & civile
îve fon chef par fus toute autre ville,
^^^nfi que font les grans & hauts Cyprez
Sur ces Duyflbns, que tu veois icy près.
M E L I B E' E.
Et quel motif fi exprès t'a eflé
D'aller veoir Romme ?
TI.
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LAI. E C L Q G U E
T I T Y R E.
Amour de libaté»
Laquelle tard toutcsfoys me vint veoir.
Car aîns que vînt 9 barbe povois avoir:
Si me veit-elle en pitié bien exprès ,
Et puis je Teus afiez long temps aprèsi :
Oeft afçavoir, fi toft qu'euz accointée
Amaryllis , & laiflë Gdathée.
Certainement , je confeflè ce poinâ:^
Que quand j'eftois à Galathée join£b >
Aucun efpoir de lij>erté n'avoye.
Et en (buci de beftail ne vivoye :
Voire & combien ^ que maintesfois je fiilë
De mes troupeaiix à noz Dieux fàcrifice :
Et nonobftant) que force gras fourmage
Se feift tousjours en noftre ingrat villagp :
Four tout cela jamais jour de fèmaine
Ma main chez nous ne s'en retournoit pleiji&
MELIBE'E.
O AmaryP : moult je m*efinerveilIois,
Pourquoy les Dieux d'un cueur trifte appellois ,
Et m'eftonnoiS) poiur qui d'entre nous hommes
Tu refervois en Parbre tant de pommes.
Tityre brs n'y eftoit, à vray dire.
Mais toutesfois, ô bienheureux Tityre,
Les pins très-hauts, les ruiflèaux qui couloicnt.
Et les buiiibns adonques t'appeloicnt.
TI.
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DE VIRGILE.
T I T Y R E.
Qu'eufle je hiSt^ fans de chez nous partir?
Je n*euflc peu de fèrvicc fbrdr,
N'ailleurs que là> n'eude trouvé des Dieur
Si à propos» ne qui me duifènt mieux.
Là y pour certain , en eftat triumphant
(O Melibée} je vey ce jeune enfant i
Au loz de qui noftre autel par coufhmie
Douze fbys Tan en Tacrifice fume.
Certes c'eft lui > qui premier refpondit
A ma requefte, & en ce poind me diâ: y
Allez en&ns, menez paiftre voz boeufz.
Comme devant, je l'entends & le veux :
Et faiâes joindre aux vaclœs vos toreaux.
M E L I B E' E.
Heureux vieillard fur tous les paftoureaux f
Donques tes champs par ta bonne advanture
Te dcmouront, & aflcz de pafhirc,
Quoi que le roc d'herbe foif deipouillé ,
Et que le lac de bourbe tout (bidllé,
Du jonc lymeux couvre le bon herbage.
Ce neantmoins le mauvais pafturagp
Ne nourrira jamais tes brebis pleines :
£t les troupeaux de ces prochaines plaines
Déformais plus ne te les gaftcront.
Quand qudque mal cont^cux auront*
Heureux vieillard, déformais en ces p^CB
Entre ruiileaux , & fontaines facrées
A ton plaifîr tu te rafrefchiras:
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8 LAI. ECLOGUE
Car d'un cofté, joingnant de toy auras
La grand* clofturc à la faulfayc cfpcllc,
Là où viendront mengcr la fleur uns ceflc
Moufches à miel s qui de leur bruyt tant doux
Tinciteront à Ibmmeil tous les coups.
De l'autre part^ fus un haut roc fera
Le RoflîgnoU qui en l'air chantera:
Mais ce pendant la palombe enrouée»
La tourtre aufli de chafleté louée
Ne laiflèront à gémir fans (c taire
Sus un grand orme : &c tout pour te complaire.
T I T Y R E.
Donques plufloft cerfz légers , & cornuz
Vivront en l'air & les poifibns toUs nudz
Seront laiflèz de leurs fleuves taris :
Pluftofl bcuront les Partes Araris
Le fleuve grand : 6c Tigris Germanie
Fluflofl fera ma perfbnne bannie
En ces deux lieux: & leurs fins & limites
Circuiray à journées petites ,
Ains que celui que je t'ai racompté
Du fouvenir de mon cueur foit oflé.
M E L I B E' E.
HelaSi & nous irons fans demourée
Vers le pays d'Afrique l'altérée :
La plus grand' part en la froide Scytic
Habiterons, ou irons en Parthie,
Puis qu'en ce poinft Fortune le décrète,
Au fleuve Oaxe impétueux , de Crète
Fina-
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DE VIRGILE.
Finablement viendrons tous cfgarcz
Vers les Angloys , du monde fcparez.
Long temps après ou avant que je meure ,
Verray-je point mon pays & demeure ?
Ma povre loge auflî faifte de chaume ?
Las s'il advient, qu'en mon petit royaume
Revienne encor, je le regarderay ,
Et des ruynes fort je m'eftonneray.
Las faudra-il , qu'un gendarme impiteux
Tienne ce champ tant culte, & fruÂueux?
Las feudra-il qu'un barbare eftranger
Cueille ces bledz ? O en quel grand danger
Difcorde a mis & pafteurs , & marchans !
Las, & pour qui avons femé noz champs?
O Melibée, plante arbres à la ligne,
Ente poyriei;s , mets en ordre la vigne :
Hdas pour qui ? allez jadis heureufes,
Allez brebis maintenant malheureufes.
Après cecy, de ce grand creux tout vert,
Là où (buvent me couchois à couvert.
Ne vous verray jamais plus de loin paiftre
Vers la montagne efpineufe & champeftre :
Plus ne diray chanfons récréatives :
Ny deflbus moy povres chievres chetiveç
Plus ne paiftrez le treffle fleuriflânt ,
Ne Taigre feuille au faule verdiflànt
T I T Y R E.
Tu pourras bien, & te pri que le vueilles.
Prendre repos deflus des vertes fueilles
Tome IIL B
Avec*
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:^J%^^
3KiSl
lO
LA I. EGLOG- DE VIRG.
Avccqucs moy> ceftc nuid ièulemenL
J*ay à fouppcr aflcz paflàblemçnt ^
Pommes, pruneaux, tout plein de bon fhiiâage,
Chaftaignes, aulx, avec force laiéhige.
Puis de citez les cheminées fument ,
Pesjà le feu pour le fbupper allument :
Il s^cn va nuid , & des hauts monts dckendent
Les umbres grands, qui parmi Pair s'eipandenc
MA.
i?^
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^j^Sli^-
II
MAROTAU ROY.
t
Touchant la Metamorpholè.
[Ong temps avant que vôftre libéralité Rwalle
m'euft rait fuccefïeur de Teftat de mon Pertf,
le mien plus afFedtionné (& non petit) dcfir
avoit tousjours efté. Sire, de pouvoir faire œu-
vre en mon labeur poétique, qui tant vous a-
greaft que par là je jpeufle devenir (au fort} le
moindre de vos domeftiques. Et pour ce faire , mis en avant
comme pour mon Roy, tout ce que je peus : & tant importu-
nay les Mufes, qu'elles enfin offrirent à ma plume inventions
nouvelles & antiques , lui donnant le choix ou ae tourner en no-
ftre langue aucune chofe de la Latine : ou d'efcrire oeuvre nou-
velle , par cidevant non jamais veuë. Lors je confiderai que à
Prince de haut efprit hautes chofes luy affierent : & tant ne me
fiay en mes propres inventions, que pour vous trop baflès ne les
ifentiflc , Parquoy les laiffànt repofcr , jettay Pœuil fur les livres
Latins : dont la gravité des fentences, & le plaifir de la lefturc
(fi peu que je y comprins) m'ont efpris mes efprits , mené ma
main , & amufé ma Mufe. Que di-je amufée ? Mais incitée à
renouveller , pour vous en faire offre , Tune des plus Latines an-
tiquitez , & des plus antiques Latinitez. Entre lefquelles celle
de la Metamorphofc d'Ovide me fembla la plus belle : tant pour
la grande douceur du ftile , que pour le grand nombre des pro-
pos tombans de Tun en l'autre par lyaifbns fi artificielles , qu'il
femble que tout ne (bit qu'un. Ft toutesfois aifément (& peut-
eftre point} ne fe trouvera Livre » qui t^nt de diverfitez de cho-
fes racompte. Parquoy, Sire, fi la nature en la diverfité fe reC.
jouift , là ne fe devra-elle melancolier. Pour ces raifons & autres
maintes délibérai mettre la main à la befengne : & de tout mon
B 2 , pou-
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S^Tj
m?M^^
i?5^:*S3
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fz
MAROT AU ROY
pouvoir fuivre & contrefaire la veine du noble Poète Ovide, pour
mieux faire entendre & fçavoir à ceux qui n'ont la langue Latine,
de quelle forte il efcrivoit : & quelle différence peut eftre entre
les Anciens & les Modernes. Outre plus, tel lie en maint pafla-
fe les noms d'Apollo , Daphné , Pyramus , & Tisbée, qui a
Eiiftoire auflî loin de refprit, que les noms près de la bouche:
ce qui pas ainfi n*iroit , fi en facile vulgaire eftoit mife cefte bel-
le Metamorphofe : laquelle aux Poètes vulgaires, & aux Pain-
arcs feroit trèfprofitable : & auflî décoration grande en noftre
langue : veu mefmement que Tarogance Grecque Ta bien voulu
'mettre en la fiéne. Or eft ainfi que Metamorphofe eft une di-
dtion Grecque , vulgairement figninant transformation. Et a vou-
lu Ovide ainfi tituler fon livre contenant quinze volumes, pour-
ce qu'en icelui il transforme les uns en arbres , les autres en pier-
res, les autres en befl:es, &les autres en autres formes. - Et pour
cefl:e mefme caufe, je me fuis penfé trop entreprendre de vouloir
tranfmuer celuy qui les tranfmuê. Et après j'ay contrepenfé, que
double louengepeut venir de tranfmuer un tranfmueur , comme
d'aflàillir un ailailleur, de tromper un trompeur , & moquer un
moqueur. Mais pour rendre Tocuvre prefentable à fi grande Majef-
té, foudroit premièrement que voftre plus qu'humaine puiflance
tranfmuaft la Mufe de Marot en celle de Maro. Toutesfois telle
qu'elle eft, fous la confiance de voftre accouftumé bon recueil,
elle a (par manière d'eflay) traduit & parachevé de ces quinze
livres le premier : dont au Chafteau d'Amboife vous en pleut
ouïr quelque commencement. Si TEfcbantillon vous plaift , par
temps aurez la Pièce entière : car la plume du petit Ouvrier ne
defire voler fi non là, où le vent de voftre Royale bouche la vou-
dra pouflèr. Et à tant me tairay. Qvidç vçut parler.
LIVRE
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s©
'3
LIVRE PREMIER
DE LA METAMORPHOSE
DO V I D E.
If 30.
Rdant defîr d'cfcrire un haut Ouvrage >
M'^ vivement incité le courage
A réciter maintes choies formées
En autres corps tous nouveaux transformées.
Dieux fouverains qui tout a faire iàvez ,
Puis qu'en ce point changées les avez ,
Donnez faveur à mon commencement,
Et deduifez mes propos doucement,
A commencer depuis le premier naiftrc
Du Monde rond , jufqu'âu temps de mon eftre.
Avant la Mer, la Terre , & le grand Oeuvre
Du Ciel très-haut qui toutes chofës cœuvre ,
Il y avoit en tout ce monde énorme
Tant feulement de Nature une forme ,
Difte Chaos , un monceau amafle ,
Gros , grand , & lourd , nullement compafle.
Bref ce n'eftoit qu'une pefanteur vile
Sans*^ aucun art) une maflë immobile,
Là où gifoient les fcmences enclofes,
Defquelles font produises toutes chofes ,
Qui lors eftoient enfemble mal couplées,
B 3 Et
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«4
L I
V R E I. DE LA
Et Tune & l'autre en grand difcord troublées.
Aucun Soleil enoDres au bas monde
N'ellargiflbit lumière claire & munde :
La Lune aufli ne fc renouvelloit ^
Et rauiener fcs cornes ne fbuloit
Par chacim mois. La terre compaflec
En Tair eipars ne pendoit balancée
Sous fbn droiâ: poids. La grand' fille immortelle
De rOccean , Amphitrite la belle
N'eftendoit pas ics bras marins encores
Aux longues fins de la terre, ainfi que ores.
Et quelque part où fut la Terre , illec
Eftoit le Feu, l'Air , & la Mer avec
Ainfi pour lors eftoit la terre inftable.
L'air fans clarté , la mer non navigable ,
Rien n'avoit forme , ofiîce , ne puifiànce ,
Ainçois faifoit l'un aux autres nuiiance :
Car froid au chaud menoit guerre & difcords :
Sec à l'humide, 6c le tout en un corps.
Avec le dur le mol fc combatoit :
Et le pefànt au léger debatoit.
Mais Dieu qui eft la nature excellente ,
Appaifà bien leur noife violente :
Car terre adonc du ciel defempara ,
De terre auifi les eaux il fcpara ,
Et meit à part pour mieux faire leur paix,
Le ciel tout pur d'avccques Tair efpais.
Puis quand il eut de£aieflez, & hors mis
De l'orde mafic , iceux quatre ennemis ,
D va lier en concorde paifible
Chacun à part, çn fa place duyfîble.
i
Le
f505>Cî^
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B
METAMORPHOSE.
Le feu fans poids du ciel courbe & tout rood
Fut à monter naturellement prompt ,
Et occupa le degré plus hautain.
L'air le fuivit qui n'en eft pas lointain ,
Ains du cler feu approche grandement
D'agilité , de lieu fèmblablement.
En efpeflcur la terre les furpaflè.
Et emporta la matière plus craflc
Du lourd monceau : dont en bas s'avalla
Par pefànteur. Puis la mer s'en alla
Aux derniers lieux fa demeurance querrc y
Environnant de tous coftez la terre.
En tel' façon , quiconques ait efté
Celuy des Dieux , quand il a projette
Ce grand ouvrage & en membres dreflëc
La grofîe mafîe en ce poinft defpecée ,
Il arrondit & fit la terre au moide >
Forme & façon , d'une bien grande boule ,
A celle fin qu'en fbn poids jufte & droit
Egale fufl par un chacun endroit y
Puis çà & là les grans mers efpandit y
Et par grans vents enflées les rendit i
Leur commandant faire flotter leur onde
Tout à l'entour des fins de terre ronde :
Parmi laquelle adjoufla grans eftangs y
Lacs &c marefts & fontaines fbrtans :
Et puis de bords & rives tournoyantes
Ceindtures feit , aux rivières courantes.
Qui d'une part en la terre fe boiven^:
Autres plufîeurs en la mer fc reçoivent
Et là au lieu de rives Ôc de hors
M
Ne
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LIVRE I. DE LA
Ne battent plus que grans havres & ports.
Aux champs après commande de s'eftendre.
Et aux forefts , rameaux & fueilles prendre :
Un chafcun val en pendant fit baiffer ,
Et contre hautjes montagnes drefler.
Et tout ainfi que l'ouvrier advifé
Feit le haut ciel par cercles divifë ,
Deux à la dextre , & fur fcneftre deux,
Dont le cinquiefme eft le plus ardant d'eux.
Par tel' façon , & en femblable nombre
Il divifa terre pefànte & fombre :
Et en cela le haut ciel ne l'excède :
Car comme luy cinq régions poflcde ^
Dont la moyenne habiter on ne peut ,
Par le grand chaut qui en elle ïè meut :
Puis elle en a deux couvertes de neige :
Et au milieu de ces deux eft Te fiege
De deux encor , que Dieu , qui tout ouvroit ,
Amodera par chaut méfié de froit.
Sur tout cela l'air il voulut renger :
Lequel d'autant comme il eft plus léger
Que terre & l'eau, d'autant eft-il pefanc
Plus que le feu tant fubtil & luifant.
En celuy air les nues & nuées ,
Commanda eftre enfèmble fituées :
Et le tonnerre & tempeftes fbudaines ,
Efpouventans les penfëes humaines :
Semblablement avec la foudre ardante^
Les vents caufans froidure morfondante.
A icejix vents Dieu n'a permis d'aller
Confufëment par la voye de l'air :
Et
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METAMORPHOSE.
Et nonobftant que chacun d*eux cxcerce
Ses fbufflemens en région diverfe,
Encor à peine on peut, quand s'efvertuent,.
Y refiftcr , qu'ils ne rompent & ruent
Le monde jus par boufFemens aufteres:
Tant terrible eft la difcorde des frères.
Le vent Eurus tout premier s'envola
Vers Orient, & ocuper alla
Nabathe & Perfc, & les monts qui s'eflevent
Sous les rayons qui au matin fè lèvent :
Zephirus fut fous vefper refîdent.
Près des ruifleaux tiédis de POccident.
Boreas froid envahit la partie
Septentrionne, avecques la Scithie.
Et vers midi qui eft tout au contraire,
Aufter moiteux jetta pluye ordinaire.
Sur tout cela que j'ay ci déclaré.
Le grand ouvrier niit le ciel etheré
Cler , pur, fans poids, & qui ne tient en rien
De Tefpefleur, & brouas terrien.
A peine avoit tous ces œuvres hautains
Ainfî aflîs, en lieux fours & certains,
Que tout autour du ciel claires & nettes
Vont commencer i luire les planettes ,
Qui de tout temps preflees & cachées
Sous celle maftè avoient efté cachées.
Auflî afin que région aucune
Vuide ne fuft d'animaux à chafcunc
Propres & duifts, les eftoilles & fignes
Et des hauts Dieux les formes trcfinfignes
Tindrent le ciel. Les poillbns nets & beaux
TomeIIL C
ï7
E*3
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i8 LIVRE I. DELA
Eurent en part » pour leur manoir » les eaux.
La terre après print les belles lauvages :
Et l'air fubtil oifeaux de tous plumages.
La trop plus fainte & noble Créature ,
Capable plus de haut iens par nature »
Et qui fur tout pouvoit avoir puiflànce^
Keftoit encon Or print l'homme naiffancc»
Où l'ouvrier grand , de tous biens origine
Le compofa de fèmence divine »
Où terre adonc ("qui cftoit fèparée
Tout frefchementde la part ctherée}
Retint en foy femencc fupernellc
Du Ciel , qui print fa fadhire avec elle:
Laquelle après Prometheus mefla
En eau de fleuve, & puis formée Pa
Au propre image & femblable effigie
Des Dieux, par qui toute chofë eft règle»
Et neantmoins que tout autre^anim^l
Jette toujours fbn regard principal
Encore bas , Dieu à Thomme a donné
La face haute , & luy a ordonné
De regarder TexccUence des cieux.
Et d'eflever aux eftoilles fcs yeux.
La terre^ donc nagueres defnuéc
D'art, & d'image ainfi fut tranfmuée.
Et fe couvrit d'lK)mmes d*clle venus >
Qui luy eftoient nouveaux & incognus.
L'aage doré fur tous refplendifl[ant>
Fut le premier au monde flcuriflànt.
Auquel chacun, (ans corredeur & loy.
De ion bon gré gardoit juftice & foi*
En
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PiSK^.
METAMORPHOSE.
En peine , & peur aucun ne fouloit vivre:
Loix menaçans ne fè gravoient en cuivre
Fiché en murs : povres gens fans refuge
Ne redoutoient la face de leur Juge :
Mais en fcurté îc fçavoient acointer.
Sans qu'il falluft Juge à les appointer.
L'arbre du Pin charpenté & fendu
N'eftoit encor des hauts monts defcendu
Sur les grans eaux, pour flotter & nager.
Et en païs eftrange voyager.
Hommes mortels ne cognoifibient à Pheurc
Fors feulement le lieu de leur demeure.
Foflez profbns , & murs de grans efforts
N'environnoient encor villes & forts.
Trompes, clerons d'airain droit, ou tortu,
L'armet, la lance & le glaive poindu
N'efloient encor. Sans ufage & alarmes
De chevaliers, de piétons , & genfdarmes.
Les gçns alors feurement en tous cas
Accomplifïbient leurs plaifîrs délicats.
La terre auffi non froifïëe & feruë
Par homme aucun, de foc de la charuë,
Donnoit de foy tous biens à grand' planté.
Sans qu'on y eufl ne femé, ne planté:
Et les vivans contens de la paflure
Produire alors fans labeur ne culture ,
Cueilloient le frui£b des fauvages Pommiers,
Fraifcs aux monts , les cormes aux cormiers :
Pareillement les meures qui font joindes
Contre buifïbns pleins d'épineufès poinftes.
Avec le gland qui leur tomboit à gré
C 2
19
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USan
L A
Du large Chcfnc à Juppitcr facré.
Printems le vcrd regnoit inceflammcnt.
Et Zcphirus Ibufpirant doucement
Soefves rendoit, par tiedes alenée8>
Les belles fleurs fans fcmence bien nées.
Terre portoit les fruifts toft & à poinâ^
Sans cultiver. Le champ fans eftrc point
Renouvelle y par tout devenoit blanc,
Par force efpics pleins de grain bel & franc,
Prefïs à cueillir. Fleuves de laift couloient.
Fleuves de vin auflî couler ibuloient.
Et le doux miel , dont lors chacun gouftoit.
Des arbres verts tout jaune degoutoit.
Puis quand Saturne hors du beau règne mis
Fut au profond des ténèbres tranfinis.
Sous Juppiter efloit Thumaine gent :
Et en ce temps furvint Taage d'Argent,
Qui eft plus bas que l*or trefibuverain ,
Auflî plus haut & riche que 1* Airain.
Ce Jupiter abaiflà la vertu
Du Beau printemps, qui toujours avoir eu
Son cours entier, & fous luy fut Tannée
En quatre parts reduitte & ordonnée :
En froid Yver, & en Efté qui tonne.
En court Printems, & variable Autonne.
Lors commença blanche & vive (plendeur
Reluire en Tair efpris de Icche ardeur.
D'autre cofté furvint la glace froide.
Par vent d*Yver pendue, eftrainiSte & roidc.
Lors on le print à muflèr fous maifbns :
Maifbns efloient, cavernes, 6c cloifbns,
m
Ar-
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'i
METAMORPHOSE.
Arbres efpés, frefchc ramée à force,
Et verts ofîcrs joinfts avecques efcorce.
Lors de Cerès les bons grains fècourables
Sous longs feillons de terres labourables
Sont enterrez : & furent Bœufe puiflans
Preflez du ioug, au labeur mugiilans>
Après ceftui troifiefme fucceda
JL*aage d'Airain, qui les deux excéda
Hyengin mauvais : & plus audacieux
— Aux armes fut, non pourtant vicieux.
Le dernier eft de Fer dur & rouillé,
tout fbudain chacun vice brouillé
5e vint fourrer, comme en Paage total
Lccomparé au plus mefcfaant Métal,
ïonnefte Honte & Vérité certaine
Lvecques foy prindrent fiiite lointaine:
Lu lieu defquels entrèrent Flaterie ,
)ecq)tion, Trahifon, Menterie,
Lt Folle amour, Peiîr , & Violence
>'aquerir gloire & mondaine opulence.
Telle avarice adonc , le plus fbuvent
HPour pratiquer mettoit voiles au vent.
Lors mal cognu du Nautonnier & maiftre
IKc mainte nef, dont le bois ibuloit eftre
'X'ianté debout fur montagnes cornues,
i^ageoit , fautoit par vagues incognuës.
Meûnes la terre (avant auffi commune,
Que la clarté du Soleil, Air, & Lune}
Fut divifée en bornes, & partis
Par mefureurs fins , cauts & deceptifs.
Non feulement humaines Créatures
C3
XI
Cher-
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le
1%
LIVRE I. DE LA
Cherchèrent bleds & autres nourritures :
Mais jufqu'au fons des entrailles allèrent
De terre bafle, où prindrent & fouillèrent
Les grans trefors & les richedes vaines ^
Qu*elle cachoit en k$ profondes veines :
Comme Métaux, & pierres de valeurs »
Incitemens à tous maux & malheiu^
Jà hors de terre eftoit le Fer nuifant ,
Avecqucs l*Or, trop plus que Fer cuifànt:
Lors Guerre fort y jqm par ces deux létaux
Faiâ: des combats inhumains & brutaux »
Et cafle & rompt de main fanguinolente
Armes cliquans fous force violente.
On vit des-jà de ce qu'on emble & ofte :
Chez rhoftelier n*eft point afleuré Phofte,
Ni le bcau-pereavecques le fien gendre:
Petite amour entre frères s'engendre :
Le mari s'offre à la mort de fa femme:
Femme au mari faid ièmblable difïame :
Par maltalent les maraftres terribles
Meflent'fouvent venins froids & horribles :
Le fils afin qu'en biens mondains profpere^
Souhaitte mort> avant fcs jours » fon père.
Dame pitié gift vaincue & outrée :
Juflice aufli la noble vierge Afhée,
Seule & dernière après tous Dieux fublimes, ,
Terre laifla tainfte de fang & crimes.
Auflî afin que le ciel étheré
Ne fufl de foy plus que terre afleuré.
Les fiers Géants (comme on dift) aflfeârerent
Régner aux cieux, & contremont dreflèrent,
Pour
^^^
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METAMORPHOSE.
Pour y monter, mainte montagne ont mife
L'une fur Pautre. Adonques par tranfmiiè
Foudre du Ciel, TOnmipotent fafteur
Du mont Olympe abbatit la hauteur:
Et debrifà en ruine fort-groflè
Pellion mont aflîs fur celuy d^Oflê.
Quand par ion poids ces corps faux & cruels^
Furent gifans derompus & tuez,
La terre fut mouillée en façon telle.
De moult de fang des Géants enfaris d'elle.
Que ^comme on dit} trempée s'enyvra:
Puis en ce fang tout chaut, ame livra:
Et pour garder enfèigne de la race
En fît des corps portans humaine face :
Mais, ccfle gent fut afpre & depiteufè ,
Blafmant les Dieux de meurdres convoiteufè :
Si qu'à la voir , bien l'cufïîez devinée
Du cruel fang des Géants eflre née
Ceci voyant des hauts cieux Jupiter,
Crie, gémit, (e prent à defpiter.
Et fur le champ par luy fut allégué
Un autre faiâ: non encor divulgué ,
Des banquets pleins d*horreur efpouventable>
Que Lycaon preparoit à fa table:
Dont en fbn cueur ire va concevoir
Telle qu*un Roy, comme luy, peut avoir:
Et fbn confèil appela hautement ,
Dpnt les mandez vindrent fubitement
Or d*icy bas , là fus au lieu celcfle
Efl une voye aux humains manifefle
Semblable à laid, dont laiâée on l'appelle ,
Aiféc
g^^^@i^^^^@§!gi§g^ii
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M
LIVRE L DE LA
Aifée à voir pour fa blancheur tant belle :
Et par icclle eft le chemin des Dieux,
Pour droift aller au Trofhe radieux
Du grand Tonnant, & fa maifon Royalle.
En ce lieu blanc , des nobles Dieux la falle
Fut fréquentée alors par tout (on eftre,
A huys ouverts, fur dextre &,à fèneftrc.
Les moindres Dieux en divers lieux s'aflîrent,
Et les puiflàns leurs riches fîeges meirent
Vers le haut bout : bref, telle eft cefte place,
Que le j'avois de tout dire Taudace,
Je ne craindrois dire que c*eft la mefme,
Qu*eft du haut Ciel le grand Palais fuprefme.
Donc quand les Dieux furent en ordre aflîs
Aux fieges bas , faifts de marbres maflîfs ,
Juppiter mis au plus haut lieu de gloire.
Et appuyé fur fbn Sceptre d*Yvoire,
Comme indigné , par trois fois, voire quatre.
De (on grand Chef fit branfler & jdebatre
L'horrible poil :. duquel par fon pouvoir.
Fait terre & mer , &c eftoilles mouvoir :
Puis tout delpit devant tous il desbouche
En ter façon fbn indignée bouche.
Je ne fus onc pour le règne mondain-
Plus trifte en cueur , de Torage fbudain
Auquel Géants qui ont fèrpentins pieds,
Furent tous prefts , quand fufmes e(piez.
De tendre & mettre au Ciel récréatif
Chacun cent bras pour le rendre captif.
Car neantmoins que Tenncmi fuft tant
Cruel & fier , celle guerre pourtant
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METAMORPHOSE.
Ne dependoit que d'une feule fuitte ,
Et d'une ligue enfin par moy déftruitte :
Mais maintenant en tppte voye & trafle»
Par où la mer le monde entier embraflè^
Perdre & tuer me faut pour fbn injure >
Le mortel genre. Et qu'ainfî fbit , j*en jure
Des bas enfers les eaux noires & creufêS)
Coulans fous terre aux forefls ténébreufès :
Quoi que devant faut toute chofe vrayc
Bien efproiiver : mais Pincurable playc.
Par glaive faut tousjours coupper à haftei
Que la part faine elle n'infeâ:e & gafte.
J'ay en forefls & fur fleuves antiques
Mes Demedieux y & mes Faunes rufliques.
Satyres gays , Nymphes nobles compagnesi
Et mes Sylvain^ refîdens aux montagnes :
Lefquels d'autant que ne les fèntons dignes
D'avoir encor les gloires celeftines ,
Souffrons, aumoins , que^ fcurement & bien
Ils puiflent vivre en terre, que du mien
Leur ay donnée. O Dieux intercefleurs >
Les pcnfèz-vous en bas eftrc aflcz fèurs,
Quarid Lycaon noté de felonnie^
A œnfpiré mortelle vilenie
Encontre moy, qui par puiflance éterne,
La foudre &. vous ça haut tiens & gouverne?
Lors tous enfemble en frémifïant murmurent,
Et Juppiter , d'ardant defîr qu'ils eurent.
Vont fuppliant qu'en leurs mains vucille mettre
Cil quf ofa telle chofe commettre.
Ainfi au temps que la cruelle main
Tome UI. D
*5
D';
au-
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LIVRE I. DE LA
D'aucuns voulut tenir le nom Romain ,
Tendant au fang Ccfaricn efpandre,
Pour la terreur d'un tant fubit cfclandre,
Fut l'humain genre afprement eftonné ,
Et tout le monde à horreur adonné.
Et la pitié des tiens, ô preux Augufte,
Ne te fut pas moins agréable & juftc ^
Que cefte-cy à Juppiter infigne :
Lequel après avoir par voix & fignc
Refraint leur bruit, chacun d'eux feit (îlencc.
Le bruit cefle par la grave excellence
Du haut régent , derechef tout defpit ,
D'un tel propos la filence rompit.
Les peines a (ne vous chaille) foufFertes :
Mais quoy qu'il ayt receu telles deflertes.
Si vous diray-je en réfolucion ,
Quel eft le crime, & la punition.
De ce dur temps l'infamie à merveilles
Venoit fou vent jufques à noz oreilles :
Lequel rapport defîrant eftre faux ,
Subit defcens des Cicux luyfans & hautz,
Ht circuy le terrcftre dommaine ,
Eftant vray Dieu deflbuz figure humaine.
Fort long feroit vous dire (ô Dieux fublimcs}
Combien par tout il fut trouvé de crimes :
Car l'infamie, & le bruit plein d'opprobre
Bien moindre fut que la vérité propre :
De Menalus traverfay les paflages ,
Craind , pour les trous des grans beftes làuvages.
Et les hautz Pins du froid mont Lyceus,
Et Cillené. Quand cela paflè eus ,
i
Du
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METAMORPHOSE.
Du Roy d^Archade es lieux me viens rcngcr.
Et en fa Court dangcreufe à loger
Entre tout droid , au point que la (crée
Tire la nuiâ: d'un peu de jour parée.
Par fignes lors monftray que j*eftois Dieu
Venu en terre , & le peuple du lieu
A m'adorer jà commance, & m^invoque :
Mais Lycaon ("d'entrée} raille & moque
Leurs doux priers , en difant : Par un gtef
Et cler péril j'efprouveray de bref
Si mortel eft ce Dieu-cy qu'on redoute
Et n'en fera la vérité en doute.
Puis quand fèrois la nuid en pefant fommei
A me tuer s'appreftc ce faux homme ,
De mort fubitc : icelle expérience
De vérité luy plaift d'impatience.
Et non content eft de fi griefve coulpe,
Mais d'un poignard la gorge il ouvre & coupe
A un, qui là fut en hoftage mis.
De par les gens de Moloffe tranfmis.
Et l'une part des membres de ce corps
Va faire cuire ainfi à demi morts
En eau bouillant, rendant l'autre partie
Sus ardant feu , de gros charbons roftie :
Lefquels fur table enfemble meâ: & pofe :
Dont par grand feu qui vengea tdle chofe,
Sur le Seigneur tomba la maculée
Orde maîfon digne d'eftre bruflée.
Adoncr s'enfuit troublé de peur terrible:
Et aufli-toft qu'il fentit l'air paifîble
Des champs & bois , de hurler lui fut force,
D 2
•js
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i8 LIVRE I. DELA
Car pour néant à parler il s'efforce.
Son mufèau prend la fureur du premier >
£t du de(ir des meurdres couflumier
Sur les Aigneaux or en u(è & jouit ^
E^de voir fàng encores s*esjouit.
Ses veftemens poil de befte devindrent ,
Et fès deux bras façon de cuiflès prindrent.
y II fut hxGt Loup) & la marque conforme
Retient entor de fà première forme :
Tel poil vieillard , & tel* frayeur de vis
Encores ^ : femblables yeux tous vifs
Ardent en luy. Bref , teP figure porte
De cruauté , comme en première forte.
Or eft tombé un manoir en ruine »
Mais un manoir tout ieul n'a eflé digne
D'eftre péri : par tout où paroifl terre
Règne Erinnys, aimant péché & guerre.
Et fî diriez que tous ils ont juré j
De maintenir vice defmefuré.
Tous donques fbyent par peine méritée
Punis à coup. C^eft fcntence arrcflée.
Alors de bouche aucuns des Dieux approuvent
L'arreft donné par Juppiter , & mouvent
Plus ion coiu'oux. Les autres rien ne dirent >
Mais , fans parler ) par figne y confèntirent
Ce neantmoins du genre humain la perte
A tous enfemble efl douleur trèfaperte :
Et demander vont à Juppiter , quelle
Forme adviendra fur la terre , après qu'elle*»
Sera privée ainfî d'hommes mortels ,
Qui portera Tencens fur les Autels >
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Googîe
METAMORPHOSE.
Et fi la terre aux bcftes veut bailler.
Pour la deftruire & du tout defpouillen
Alors defïend Juppiter, & tommande
A un chafcun qui tel' cho(è demande.
De n'avoir peur, dilant qu'à ce befbing ,
De toute chofe il a la cure & (oing :
Et leur promet lignée non femblable
Au premier peuple, en naiflance admirable
Soudain devoit pour mettre humains en poudre
Par toute terre efpandre ardente foudre :
Mais il craignit que du Ciel la faârure.
Par tant de feux , ne conceuft d'adventurc
Quelque grand' flamme , & que foudainemcnt
Bruflé ne fuft tout le haut Firmament.
Puis luy fouvint qu'il eft predefliné.
Qu'advenir doit un temps déterminé,
Q^e mer , que terre , & la maifon priiëc
Du Ciel luyfànt , ardra toute embrafée :
Et qu'on doit veoir le trçs-grand Edifice.
Du Monde rond , en labeur & fupplice.
Lors on cacha les dardz de feu chargez ,
Des propres mains des Çyclopes forgez :
Et d^une peine au feu toute contraire
Luy plaift uier : car fouz eaux veut deflàire
Le mortel genre : & fiir les terres toutes ,
De tout le Ciel jetter pluyes & goûtes.
Incontinant aux cavernes d* Eole
Encloft le vent Aquilon qui toft vole :
Semblablement en fes fofles eftuye
Tous ventz chaflans la Nue apportant pluye :
Et (èdement meit Notus hors d'icelles.
Lors
i>^
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}o
LIVRE L D E X A
Lors Notus vole avec fcs moytes efles,
Son vis terrible eft couvert cefte foys
D'obfcurité noire comme la poix.
Par force d'eau fa barbe poyie toute,
De ks cheveux tous chenuz eau dégoûte,
Deflus (on front moyteurs coulent & filent ,
Son fein par tout, & &s plumes diftilent.
Puis quand il eut çà & là nues maintes
Pendans en Pair dedans fa main eflrainâes.
Gros bruyt fc fait, cfclcrs en terne abondent ,
Et du haut Ciel pluyes efpefles fondent.
Iris au(fi de Juno meflàgere
Veftant couleurs de façon eftrangcre
Tire & conçoit grandes eaux & menues,
En apportant nourriflement aux nues,
Dont renverfcz font les blez à outrance.
Morts font & vains les veux, & Tcfpcrancc
Des laboureurs, & fiit perdu adonc
Xout le lalieur de Tan qui eft iî long.
Encor pour vray Tyre ouverte & patente
De Jupiter ne iFiit aflcz contente
Des grandes eaux, que de fon ciel jetta:
Mais Neptunus fon frère s'apprefta
De promptement à fon ayde envoyer
Grand renfort d'eaux, pour le monde noyer.
Et à rinftant tous fes fleuves il mande:
Lefquelz entrez dedans la maifon grande
De leur Seigneur en bref dire leur vient.
Four le prefent ufcr ne vous convient
De long propos: voz forces defcouvrcz-,
Ainfî le faut, & voz maifons ouvrez :
Puis
xt^.^55:?
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METAMORPHOSE.
Puis en oftant voz obftacleS' & bondes ^
Lafchez la bride à voz eaux furibondes.
Ce commandé, s*en revont à grans coucfès:
Tous les ruiflèaux Centrée de leurs .(burfes
Lafchent à plein, & d'un cours effréné
Tout alentour des grans mers ont tourné.
Neptune adonc de fon Sceptre mafRf
Frappa la terre, & du coup exceiïïf
Elle trembla , fi que du mouvement
Elle feit voye aux eaux apertement.
Si vont courant tous fleuves efpandus
Parmy les champs ouverts & eftendus,
En raviïlànt avec les fruids les arbres,
Befles, humains, maifbns, palais de marbres,
Sans efpargner Temples paindz & dorez,
Ne leurs grans Dieux facrez & adorez.
Et s^ainfi eft, qu'aucun logis debout
Soit demouré en refiftant du tout
A fi grand mal, toutesfois Peau plus haute
Coeuvre le feft, & par defliis luy faute.
Que diray plus ? grandes tours fiibmergées
Cachées font fouz les eaux defgorgées:
Et n'y avoit tant foit peu d'apparence.
Qu'entre la mer, & terre çuft différence.
Tout efloit mer 5 & la mer, qui tout baigne.
N'a aucuns borts. L'un pour fe fauver gaignc
Quelque haut mont. L'autre tout deftourbé
Se fiet dedans un navire courbé:
Endroit au lieu il tire l'aviron.
Où labouroit n'agueres environ.
L'un fiir les bleds conduit nefs & bateaux
5^
Ou
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Va
i:^^
3^
LIVRE I. DE LA
Ou fur le haut des villes & chafteaux.
Qui (ont noyez. L'autre fltr les grans ormes
Prént à la main poifibns de maintes formes.
L'encre de mer fc fiche au pré tout vert:
Fortune ainfi Pa voulu & fouffèrt.
Bateaux courbez couvrent les beaux vignobles
Gifans fous Teaui & plufieurs terres nobles:
Et au lieu propre ) où chèvres & moutons
Brouftoient n'aguere herbes , fleurs , & boutons^
Là maintenant balaines monftrueufès
Pofent leurs corps. Les Nymphes vertueufes
Régnent en mer, & belles Néréides
S'eftonnent fort de voir fous eaux liquides
Forefts, maifons, villages, & citez j
Far les Dauphins les bois font habitez.
Et en courant parmi les hauts rameaux
Heurtent maint roc agité de grans eaux.
Entre brebis nagent loups raviflàns,
La mer fouftient les roux lions pùiflans :
Tigres légers porte Feau undoyante:
De rien ne fort la force foudroyante
Au dur lànglier : ne les jambes agiles
Au cerf ravy par les undes mobiles.
Et quant Toifeau vagant a bien cherché
Terres, ou arbres, où puiflc eftre branché,
A la fin tombe en la mer amaflee.
Tant a du vol chacune efle laflëe.
Jà de la mer la fureur à grans brades
A voit couvert & motçes, & terraffcs:
Vagues aufli, qui de nouveau flottoient.
Les hauts fommets des montagnes battoient.
Bref,
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METAMORPHOSE. 33
Bref, la plufpart gift engloutie & morte
Dedans la mer. Ceux que la mer n'emporte,
Le long jeufher de tel façon les mine,
Qu*à la parfin tombent morts de famine.
Or ièparez font les champs très-antiques
Aoniens d'avecques les Attiques
De par Phocis, terre grafle j'entcns,
Qiiand terre cftoit : mais en iceluy temps
La plus grand* part n'eftoit que mer comblée.
Et un grand champ d'eau fiibit afiemblée.
En ce pays Parnailùs le haut mont
Tendant au ciel fe drefle contremont
A double crouppe , & les nues (urpaflc
De fà hauteur. Sur cefte haute place,
Pource que mer couvroit le demeurant,
Deucalion aborda tout courant
En une nef, qui grande n'eftoit mie.
Avec Pyrrha (a compagne & amie.
Les Dieux du mont, & Nymphes Corycidcs
Là adoroient, prians à leurs flibfîdes
Themis difant les chofos advenir.
Qui lors fouloit des oracles tenir
Le temple làinft: onques ne fiit vivant
Meilleur que luy, ne de plus enfuivant
Vraye équité, & n'eut onc au monde ame, ^
Plus honorant les Dieux, qu'icelle dame.
Quand Juppiter veit par l'eau continue
Que terre eftoit un cftang devenue ,
Et ne refter de tant de milliers d'hommes
Maintenant qu'un fur la terre où nous fommcs.
Et ne refter de tant de femmes qu'une:
Tome m. E Voyant
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54 L I V R E L D E L A
Voyant aufïïi que fans malice aucune
Tous deux eftoient, & tous deux amateurs
De fon fainft nom, & vrais adorateurs:
Cela voyant, les nues qui tant pleurent,
Rompt & fepare. Et quant les pluycs furent
Par Aquilon chaflëes.en maints lieux,
Aux Cieux la Terre, à la Terre les Cieux
Il va monftrer: auflî l'ire & tempeftc
De la marine illec plus ne s^arrefte.
Puis Neptunus lur la mer prefîdent.
En mettant jus fon grand Sceptre & Trident
Les eaux appaife, & huche fans chommer
Le vert Triton flottant defliis la mer.
Le dos couvert de pourpre fiaiâ: exprès
Sans artifice: & luy commande après
Souffler dedans la refonant* buccine.
Et rappeler après avoir faiâ: fîgne.
Fleuves & flots. Lors Triton prend & charge
Sa trompe creufe entortillée en large,
^lEt qui du bas vers le haut croift ainfî
Qu'un tourbillon: laquelle trompe auflî.
Après qu^clle a prins air tout au milieu
De la grand mer, chacun rivage & lieu
G:/ànt fous l'un & fous l'autre fbleil
Elle remplit de fon bruit non pareil.
Laquelle auflî, quand elle fut joignante
Contre la bouche à Triton, dégoûtante
Pour la moiteur de fa barbe chargée.
Et qu*en foufflant la retraite enchargée
Elle eut fbnné , fiar tout fut entendue.
Des eaux de terré, & de mer eftenduë,
Tant
îbi^
^^^
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METAMORPHOSE.
Tant que les eaux qui l'ouyrcnt corner,
Contraignit lors toutes s*en retourner,
Desjà la mer prend bords & rives neufves.
Chacun canal fe remplit de fes fleuves,
Fleuves on voit baiflèr & départir,
Et hors de Teau les montagnes, fortir :
Terre s'efléve, & les Cieux qui paroiflent,
Croiflent ainfi, comme les eaux décroiflènt.
Longs jours après, boys & foreftz mouillées,
Manifcftoient leurs tcfïcs defpouillées
De feuille & fruiâ: : au lieu de quoy retindrent
Les gras limons, qui aux branches fe prindrent.
Reftably fut tout pays defpourveu.
Lequel eflant par Deucalion veu
Large & ouvert, & que terreflre voyc
Mile en defèrt faifbit filence coye,
La larme à l'œil adonc il fbufpira
Parlant ainfî à fa femme Pyrrha,
O chère Efpoufc, ô ma fœur honorée,
O femme feule au monde demourée.
Que commun fang , puis parenté germaine ,
Puis mariage ont joinftc à moy prochaine.
Et à prefent joinfte à moy de rechef
Par ce péril & dangereux mefchef
De toute terre, & pays évident
De rOrient, & de tout l'Occident t
Nous deux feuletz fbmmes tourbe du monde.
Le refîdu poflèdc mer profonde:
Et n'efl encor la fiance, & durée
De noftre vie aflez bien aflèurée:
Et d'autre part les nues qu'icy hantent,
£ 2
55
Noftrc
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XûS
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}^
LIVRE I. DE LA
Noftrc pcnféc afprcmcnt cfpouvcntcnr.
Si par fortune cfchappée £àns moy
Fuflcs des eaux ,. quel courage or en toj
Fuft demeuré ? O cfietifvc & dolente ,
Comme euflès^ tdr crain(2te violente
Seule IbufFert ? qui te fuft confoleur ,^
Pour furporter maintenant ta douleur .^
Certes y croy-moy> fi Peau t'a voit ravie,.
Je te foy vrois > & Peau auroit ma vie.
Que pleud aux Dieux, qu'un fi grand pouvoir j'euflE-
Que par les arts dé mon père je peufle
Renouveller toute gent eonfbmmée >
Et mettre cfprit dedans terre formée;
Le genre humain refte en nous deux : & pource
Doit en nous deux prendre fin, ou reflburce.
Et des humains demourons la fëmblance :
TeUe a efté des hauts Dieux Tordonnance.
Après ces mots , après pleur & crier ^
Bon leur fembla dévotement prier
Themis celefte ^ & fous divins miracles^
Cercher fècours eiv fës ûcrés oracles.
Lors n*one tardé : tous deux s'en vont aux undest
De Cephyfis, non bien clercs & mundcs
Encor du tout r mais bien ta retirées
Au droift vaiflcau , duquel s*cflx)ient tirées^
Et quand J^é eurent cfe Teau bénie
Sur leurr habits en grancT ceriraonic >
Et iîur leurs che&» as priiKÎreat leur adrefle:
Droift vers le temple i fa: ùïntc DêeSt^
Dont les Caamxxs > & voûtes £b ga&airao:
De hûdc woaoÊk ^ &: ks zaadx ^Sbmat
B^'
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METAMORPHOSE.
Sans facrifîce , & les lampes eftaindtès.
Puis quand du temple ont les marches attainftes.
Un chacun d*eux s'cncline contre terre »
Et tout crainftif baife la froide pierre ,
Difant ainfî: Si en triftes faifbns
Les Dieux vaincuz par juftes orailbnsr
Sont amolis : & fi courroux & ire
Flechift en eux , helas, vueille nous dire,^
Dame Themys, par quel art, ou fçavoir
Réparable eft la perte que peux voir
De noftre genre, & aux chofcs noyées
Tes aides fbyent par douceur oftroyées.
A donc s*efineut ce divin fimulacre,
Et leur refpond i partez du temple facrey
Couvrez vos chefs en dévotions fainâres ^
Et déliez vos robes qui font ceinftes >.
Après jettes fouvent par fus le dos
De voftre antique & grand Mère les o».
Lors eshabis demeurent longuement y
Et puis Pyrrha parlant premièrement
Rompt ta filence,^ & d'obéir refiife
Aux motz & diftz dont celle Déeflé ufc,
En la priant (avec craindtive face}
Dévotement, qu'en ce pardon luy face :
Et d'offenfer craint de fâ mère l>me^
Jettant fcs os , & de luy feire blafme.
Tandis entre eux revolvent & remirent
Les mots obfcurs de POracle, que ouyrent
Souz couverture ambiguë donné.
Deucalion , comme moins eftonné ,
R'aflèure après , & doucement confdcr
57
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38 L I V R E L D E L A
La femme lîmplc j avec telle parole :
Croy mby, Pyrrha, que les Dieux pour nous veillent:
Ilz font tous bons, & jamais ne concilient
Rien de mauvais, & fi trop fort je n'erre,
Noftre grand* mère antique, c*eft la Terre.
Ses oflemens, félon le mien recors ,
Les pierres font , qu'elle a dedans fbn corps :
Et commandé nous eft de les lancer
Derrière nous. Combien qu'en bon penfèr
Pyrrha fiit meuë à caufè de Taugure,
Que fbn mary bien expofe & figure,
Ce nonobflant , fbn efpoir e(l douteux ,
Et moult encor fe deffient tous deux
De ccfk oracle : en après vont di(ant :
Mais que nuyra Tefpreuve ce faifant ?
Sur ce s'en vont du temple où fe humilient,
Couvrent leurs chefz & leurs robes deflient ,
Et derrière eux , à toutes adventures ,
Comme on leur dit , jettent les pierres dures.
,Les pierres lors vindrent à délaiflèr
Leur dureté , & rudeflc abaifler ,
A s'amollir, & en amollifïànt
Figure humaine en elles fut yfïant :
Mais qui croyra que ce foit vérité ,
Si pour tefinoing n'en efl l'Antiquité ?
Bien-toft après que croiflànce leur vient.
Et que nature en icelles devient
Plus douce & tendre , aucune forme d'homme
On y peut veoir, non pas entière, comme
Celle de nous, mais ainfî que esbauchée
D'un marbre dur , non afTcz bien touchée :
Et
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METAMORPHOSE.
Et reilèmbloit du tout à ces images
Mal rabotez , & rudes en ouvrages.
Ce neantmoins des pierres la partie
Qui fut terreufc , ou molle , ou amoytie
D'aucun humeur > elle f\it transformée
En chair & fang d'homme ou femme formée :
Ce qui eft dur & point ne ^echiflbit >
En oflcment tout fè convertiflbit :
Ce qui efloit veine de pierre à l'heure
Fut veine d'homme, & fbuz ion nom demeure.
Si qu'en bref temps les pierres amafKes
Qui par les mains de l'homme font lancées ,
Des hommes ont (par le pouvoir des Dieux}
Prins la figure en coips , en face , & yeux :
Auflî du jed de la femme efgarée
La femme fut refaifte & reparée.
Et de-là vient, que fbmmes (comme appert)
Un genre dur , aux gros labeurs expert:
Et bien donnons entière congnoiflànce ,
D'où nous fbrtons, & de quelle naiflance.
Quand l'humeur vieille alors des eaux laiflee,
Fut par l'ardeur du cler foleil preflëe
D'efchaufFoifon , & que paludz & fanges
Furent enflez fouz ces chaleurs eflranges,
Terre- engendra tous autres animaux
De fon ^aleil propre, en formes inégaux.
Pareillement les femences des chofes
Concevans fruift , nourries & enclofes
En terre grafle à produire propice,
Comme au gyron de leur merc & nourrice,
Vindrent à croiflre, & demourance y tindrent
35>
s
L
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40
LIVRE L DELA
Si longuement , qu'aucune forme prindrent.
Qu'il foit ainfî , quand Peau du Nil qui court
Par fcpt tuyaux, a dclaifle tout court
Les champs mouillez , & chacun fîen ruifleau
Rendu dedans (on antique vaifleau :
Après auffi que le lymon tout frais
Eft efchauffé du Soleil & fes rais ,
Les payfans plufieurs animaux trouvent,
Faiftz & créez de mottes où le couvent :
Et en peut-on en elles veoir allez ,
Qui feulement ne font que commencez
Pour le bref temps de leur tout nouveau naiftre.
Semblablement d'autres, y veoit-on eftre '
Tous imparfaidz , qui à demy font nez ,
D'elpaule, telle, ou jambes trançonnez :
Et du corps mefme imparfaift , l'une part
Bien fouvent vit, l'autre eft terre fans art.
Certes après que humeur de froid efprife ,
Et chaleur alpre ont attrempance prife ,
Prodùylàns font, & conçoivent & portent,
Et de ces deux toutes les chofes foftent.
Et quoy que feu à Peau contraire loit ,
Humide chaut toutes chofes conçoit :
Et par ainlî concorde dilcordante
A géniture eft apte 5c concordante.
Donques après que la. terre mouillée ,
Et du nouveau Déluge fort fouillée ,
Vint à fcntir de rechef le grand chaut
De l'air prochain & du foleil très-haut.
Elle meit hors cent mille efpeces lîennes :
Et d'une part les formes anciennes
Réf.
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u
METAMORPHOSE.
Reftitua » jadis mortes des eaux :
De l'autre part feit monftres tous nouveaux.
O grand Phytdn monftre horrible & infed ,
Terre voudroit, certes, ne t^avoir faid :
Mais toutesfoys elle , dont fe repent ,
T'engendra lors : ô incongneu fcrpent ,
Au peuple neuf au(E crainéle donnois ,
Tant large lieu de montaignc tenois.
Or ApoUo tenant pour faire alarmes
L'arc & la flèche , & qui de telles armes
Par cy*devant n'ufoit jamais que contre
Chèvres fuyants , ou dains : à fa rencontre
Ce gros ferpent rua mort eftendu,
Par coups noircis du venin eipandu ,
Sous tant de traidz tiré à tel' fccouflc ,
Que toute vuide en fut quafî fa trouflc.
Et puis affin que vieil temps advenir
Ne Iceufl: du faid la mémoire ternir ^
Il eftabUt facrez jeux & esbats
Solennifez par triumphans combats ,
Phyties diftz du nom du grand Phyton
Serpent vaincu pour cela les fcit-on.
En celuy prix quiconques jeune enfant
A lufte > à courfe > ou au char triumphant
Eftoît vainqueur , par honneur fingulier
Prenoit chappeau de fueilles de meflicr ,
Car le laurier encorcs ne regnoit :
Et en ce temps Phcbus environnoit
Sa blonde tête à long poil bien fcante
De chafcun arbre , & fueille verdoïante.
L'amour première au cueur de Phebus née ,
Tome m. F
41
Ce m
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i
V
Ce fut Daphné , fille au fleuve Pcnée :
Laquelle amour d'aucun cas d'avancure
Ne luy furvint : mais de Tire & pdinfturc
De Cupido. Phcbus tout glorieux
D'avoir vaincu le ferpent furieux ,
Veit Cupido , qui de corde ncrveufc
Bendoit fbn arc de corne fomptueufc:
Si luy a dit , dy moy , pourquoy tu portes f
Enfant lafcif 5 ces riches armes fortes ?
Ce noble port qui fur ton col s*affiet ,
Mieux en efcharpe à mes efpaules fiet,
Qui bieii en fçay donner playes certaines
Aux ennemys, aux beftcs inhumaines :
Qui puis un peu par fagettes fans nombre
Ay rué jus le fèrpent plein d'encombre
Phyton l'enflé , dont la mortelle pance
Fouloit de terre incredible diftance.
Tien-toy content d'efmouvoir en clamours.
Par ton brandon, ne (çay quelles amours.
Et déformais n'approprie à toy mefmes
Ainfi à tort , nos louanges fuprefmes.
Lors luy refpond de Venus le fils cher ,
Fiche ton art ce ^u'il pourra ficher ,
O Dieu Phebus , le mien te fichera :
Ainfi ton bruit du mien efl: & fera
Moindre d'aut^mt que beftes en tout lieu
Plus foibles font , & plus bafles qu'un Dieu.
Ainfi difoit : & quand en fes volées
Eut trenché Tair , des efles esbranlées ,
Il fc planta prompt & léger , deflus
L'obfcur fommet du haut mont Parnaflus :
Et
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M
METAMORPHOSE.
Et de fa trouflc où me£t fcs dards pervers,
Tira deux traifts d'ouvrages tous divers :
L'un chaflè amour > & l*autre Tamour crée t
Tout doré cft celuy qui la procrée >
Et a ferrure aguc > clere , & coinfte :
Cil qui la chaflc eft rebouché de poiniSte »
Et a du plomb tout confia en amer
Souz Tempennon. Cupido Dieu d'aymer
Fiche ce traiû, qui cft de mercy vuyde »
Contre Daphné la nymphe Pencyde :
Et du doré les os il traverfà
Du blond Phebus , & au cueur le bleilL
Subitement l'un ayme , & l'autre non »
Ains va foyaqt d'amoureufe le nom ,
Et jufqu'aux trous des boys cbafler venoit :
Bref, la defpouille aux bettes que fwenoit >
C'eftoit fa grand* joye quotidiane ,
En imitant la pucelle Diane,
Et d'un bandeau fcs cheveux mal en ordre
Serroit au chef, fans les lyer ne tordre,
Plufieurs l'ont quife , à l'eipoufer tendans,
M^is tousjours feit refuz aux demandans ,
Sans vouloir homme : & du plaifir exempte
Va par les boys , qui n'ont chemin ne fente.
Et ne luy chaut fçavoir que c'eft de nopces.
Ne auflî d'un tas d'amourcufes négoces.
Son père auffi luy a djt maintes foys.
Ma chère fille un gendre tu me doys :
Et luy a dit cent foys , blafmant (es veuz ,
Tu me dois , fille, enfâns & beaux nepvcuz,
Elle aUiorrant mariage auflî fort
F 2
Jsl
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Que fi ce fuft un crime vil & ord ,
Entrcmesloit parmy (a face blonde
Une rougeur honteufe & verecondc :
Puis en flatant fon père defolé,
Et le tenant doucement accolé :
Mon trefcher pcre, helas (ce difbit-clle}
Fais moy ce bien , que j'ufe d'étemelle
Virginité. Juppiter immortel
Feit bien jadis à Dyane un don tel.
Lors , ô Daphné , vray eft qu'à ta demande
Ton père entend : mais cefte beauté grande ,
A ton vouloir ne donne aucun adveu ,
Et ta forme eft répugnante à ton vœu.
Phebus qui tant la veit bien compofée,
L'ayme tousjours , la fbuhaitte efpoufëe :
Ce qu'il fbuhaitte efperc , quoy que Ibic 9
Mais Ton oracle à la fin le déçoit
Et tout ainfî que le chaume fèc ard ,
Quand on a mis les efpiz à Tefcart :
Comme buyflbns ardent par nuiâ^ obfcure
D'aucuns brandons » qu'un paflànt d'aventure
En s'efcicrant a approché trop près
D'iceux buiflbns, ou les y laiflè après
Qu'il veoit le jour : ainfî Phebus en flamme
S'en va reduyt , & d'amour qui l'enflamme.
Par tout fbn cueur fe brufle & fè deftruift ,
Et en efpoir nourrift amour faiis fruiâr. .
Au long du col de Daphné veoit pendus
Ses blondz cheveux , méfiez &c efpandus.
0 Dieux , dit-il , fi peignée elle eftoit,
Que pourroit-ce eftrc ? En après s'arrcftoit
Istï
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METAMORPHOSE
A contempler fcs eftincellans yeux ^ >,
Qui reflembloient deux eftoilles des deux.
Sa bouche veoit petite par compas,
Dont le feul veoir ne le fatisfaid pas :
Frite fcs mains auflî blanches que lys ,
Prife fès doigts , prifè fcs bras polys ,
Semblablement fès efpaules charnues
Plus qu'à demy defcouvertes & nues.
S'il y a rien caché defibuz Phabit ,
Mielleur le penfè : die court plus fubit.
Que vent léger , & ne prend pied la belle .
Aux didz de cil qui en ce poinft l*apdle.
Je te pry, Nymphe, arrefle un peu tes pas :
Comme ennemy après toy ne cours pas :
l^ymphe, demeure j ainfi la brebiette
S*enfiiit du loup , & la bifche foiblette
l>u fort lyon : ainfi les colombdles
^ont fuiant Paiglc avec fremiflàns efles :
^infi chacun de fès haineux prend fuite,
^ais vray Amour eft caufè de ma fuite,
O que je crains que tombes , & qu'efpines
X^oingnent tes pieds & tes jambes , non dignes
X^avoit blefleure l à pour moy grand malheur,
Si j'eftois caufè en rien de ta dpuleur!
Là où tu vas , font lieux fafcheux , & beftes :
Je te fiippli (non pas que tu farefles
T>u tout fiir pied) mais cours plus lentement.
Je te fiiivray auflî plus doucement.
Enquiers , au moins, à qui tu plais, Amie :
D'une montaigne habitant ne fuis mie ,
Ne pafloureau : point ne garde & fais paiflre
F3
4^
Trou-
iS^iî^H
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4tf L I V R E I. D E L A
Troupeaux icy , Comm' ua vilain champaiftre.
Tu ne fçais point) iotte, tu ne içais point
Qui eft celuy que ta fuis en ce point :
Pour ce me fuis. La puiflànte ifle Clare »
Ddphc , Tcnedc , & auffi de Patare ,
Le grand Palais me &rt 8c obtempère :
Jupiter ed: mon genkeur & père :
Tout ce qui eft 9 fera , & a efté ,
Aux hommes eft par moy pianifefté.
Par moy encor maint bczu vers poétique
Accorde au (on des cordes de Mufîque :
Et ma fagette eft pour vray bien certaine :
Mais une autre eft trop plus fcure 6c fbudaine.
Laquelle*^ faid playe en mon trifte cœur^
Dont n'avoit onc Amour efté vainqueur.
Médecine eft de mon invention ,
Et n fuis dit par toute nation
Dieu de fecours : & la grande puiilàncc
Des herbes eft fous mon obéïflànce.
O moy chetif, ô moy trop miièrable)
De ce qu'amour n'eft par herbes curable ,
Et que les arts y qui un chacun conlcrvent,
A leur Seigneur ne prouffitent^ ne fervent I '
Alors Daphné craintive fc retire
Loin de FhebuS) qui vouloir encor dire
Maints autres mots , & laifla fur fes faids
Avccques luy fès propos imparfaits.
Lors en fiiyant, moult gente fc monftroit
Le vent par coups fes membres defcouvroit ^
Et voleter faifoit fes veftemcns ,
Qui refiftoient contre les foufHemens :
Puis
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JKA
METAMORPHOSE.
Puis Pair fubit rcpouflbit en arricrc
Ses beaux cheveux efpandus par derrière :
Dont fa fiiitte a fa honte augtoentée.
Mais le Dieu plein de jeuneflc tentée.
Plus endurer ne peut à ce befbin ,
Perdre & jetter (on beau parler au loin :
Ains comme amour Tadmonneftc & p(^rfuit
D*un pas léger les trafRs d'elle fuit
Et t(^t ainfi que le lévrier agile ,
Quand il a veu le Uevrc moinsf habile
En un champ vague , & qu'au pied Pun condud
Gaigner fa proye , & l'autre fon falut ,
Le chien legpr de près le fcmble joindre ,
Et penfe bien jà le tenir & poindre :
Puis de fes dents, ouvrant fa gueulle gloutte,
Rafe (es pieds : lors le lièvre eft en doute
S'il eft point pris : cefte mor(iu*e efchappe ,
Et de la dent , qui coup (lu* coup le happe ,
Il (c defmefle , & fuit tout eftonné.
Ainfi eft-il de Phebus & Daphné ,
Efpoir le rend fort léger à la (uite,
Caindte la rend fort légère à la fiiite :
Mais le fuyvant, qui des efles d'amours
Eft (bulagé , va de plus (budain cours ,
Sans point donner de repos ne d'arreft
A la fujrante : & fi prochain il eft
De (es talons , que jà de (bu alaine
Ses beaux cheveux tous efpars il alcine.
Quand de Daphné la force fut eftainfte ,
Pafle devint ; lors vaincue & attainâre
Par le travail d'une fi longue courfe ,
Va
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LIVRE L DE LA
Va regarder de Pcneus la foiirfc>
Difafit: Mon père, ayde à mon cueur tant las.
Si puiilànce cft en voz fleuves & lacs.
Puis dit : O terre, or me perds & efface
£n tranfinuant ma figure & ma face.
Par qui trop plais, ou la trangloutis vive.
Elle, qui eft de mon ennuy motive.
Celle prière ainfi finie à peine.
Grand' pafinoyfon luy furprend membre & veine.
De (on cueur fut la fubdle toilette
Tournée en tendre efcorcc verdelette.
En feuilles lors croiflcnt {es cheveux beaux:
Et (es deux bras en branches & rameaux.
Le pied qui fut tant prompt avec la plante.
En tige morne & racine fe plante.
D*un arbre entier (on chef la hauteur a.
Et fa verdeur ((ans plus) luy demeura:
Parquoy Phebus Parbre ayma dcfadonc,
Et quand eut mis (a dextre fur le tronc,
Encor fcntoit le cueur de la pucelle
Se démener (buz Pefcorce nouvelle.
En embraflànt aufli fes rameaux verts.
Comme eut bien faid ks membres de(couverts:
Il bai(c Parbre, & tout ce nonobftant,
A (es bai(ers Parbre va refîftant.
Au quel Phebus a dit. Puis que impoflîble
Eft, que tu (bis mon elpou(è fenfible.
Certainement mon arbre approprié
Seras du tout, & à moy dédié.
O vert Laurier, toujours t'aura ma harpe.
Ma clere tefte, & ma troufle en efcharpe:
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METAMORPHOSE.
Et fî feras des capitaines gloire
Tous resjouys , quand triumphe & viâcire
Chanteront haut les deres voix & trompes :
Et qu'on verra les grans & longues pompes
Au Capitolle , aux confacrez pofteaux
Seras debout devant les grans portaux
Féale garde , & au loz de ton règne
Entrelafle feras au tour du chefne :
Et tout ainfi que mon beau chef doré
Eft tousjours jeune , & de poil décoré,
Vueilles auffi porter en chacun aagc
Perpétuel honneur de vert fueillage.
Ces motz finiz , le laurier s'y confent ^
En fes rameaux qui fe^nt faiftz de récent :
Et fi fembloit branfler en forte honneftc
Sa fommité, comme on branfle la tefte.
En Theflàlie une haute foreft
Par tout encloft un val , qui encor eft
Nommé Tempe, tempéré, fleuriflànt:
Parmy lequel Peneus fleuve yflànt
Du fons du pied de Pindus grand' montaigne.
D'eaux efeumans le pays tourne & baigne.
D'un roide cours les nues embrumées
Va conduifant, qui petites fumées
Semblent jetter : & va fl roidement
Contre les rocz , que du redondemcnt
Les boys arrpufe : '& de fon bruyt qui fbnne,
Les lieux plus loing , que fes voifîns , eftonne.
Là la maifbn, là le fîege l'on treuve.
Et lieu fecret de Peneus grand fleuve :
Là comme Roy refidant en fes terres
Tome UL G
49
En
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ri?
En fa caverne eftant fàiftc de pierres
Gardoit juftice aux undes là courantes :
Pareilleiôent aux Nymphes demourantes
En celles eaux. Premier font là venus
Tous les prochains fleuves à luy tenus >
Non bien fâchant fi chère luy feront ,
Ou pour fa fille ils le confoleront
Que perdue a. Sperche y vint à propos
Portant peupliers -, Eniphc fans repos ,
Le doux Amphryfe, & le vieil Apidain ,
Avec Eas : d'autres fleuves foudain
Y font venus , qui de quelque cofté
Où foient portez d*imp)Ctuofité ,
En la mer font leurs undes retourner
Quand laflèz font de courir & tourner.
Le fleuve Inache à part foy tout fafché
Seul eft abfent , & au profond caché
De fon grand creux Teau par larmes augmente
Et tout chetif fa fille lo lamente
Comme perdue : il ne (çait fi en vie
Elle eil au monde , ou aux enfers ravie :
Mftis pour autant que point ne Tapperçoit
En aucun lieu , cuide qu'elle ne foit
En aucun lieu , & crairid en (es efprits »
Que pirement encores luy foit pris.
Or quelque fois Juppiter éternel
La voit venir du fleuve paternel :
Si luy a dit , O vierge bien formée ,
De Juppiter trèfdigne d'efl:re aimée ,^
Et qui dois faire un jour par grand delift
Je ne fçay qui bien heureux en ton li£t,
Ce
Q^^t^
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.<^.
:s^^
i
METAMORPHOSE.
Ce temps pendant que le fbleil très-haut
Eft au milieu du monde ardent & chaut-,
Vien à Pumbrage en ce bois de grand monftrc ,
Ou en ceftuy : & tous deux les luy monftre^:
Et fi tu crains entrer feulette aux creufcs
Folles & trous de beftes dangereufes ,
Croy qu'à fèurté iras dorefnavant
Sous les fecrets des forefts , moy devant
Qui fuis un Dieu, non point des moindres Dieyjc^
Mais qui en main le grand fceptre des Cieux
Tiens & poilcde , & qui darde & envoyé
La foudre efparfe en mainte place & voycj
Ne me fuy point : or fuyoit-elle fort ,
Et jà de Lerne avoit par ion effort
Outrepafle les paslis & les plains ,
Et les beaux champs Lycées d*arbres plains,
Quand Jupiter couvrit terre eftenduç
D*obfcurité parmi Tair efpanduë.
Retint la fiiite Jt^Io jeune d*aage ,
Et par vdeur ravit fon pucelage.
Ce temps pendant , Juno des courts hautaines
Regarde en bas au milieu des grans plaines :
Si s*esbàhit, dont les nues fubites
Sous le jour clair avoient aux bas limites
Fai£t & formé la face de la nuid ,
Et bien jugea que d'aucun fleuve induid
A grans moiteurs ne font faides ces nues,
Ne de Fhumeur de terre en Tair venues-
Puis çà & là regarde Aocil marri.
Où cftre peut Jupiter fon mari ,
Comme fâchant les ,eB^lées fecrettes
G 2
5^
Du
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51 LIVRE L DE LA
Du fien cfpoux tant de fois en cachettes
D'elle furpris : & après que apperceu
Ne I*a au Ciel : Ou mon cœur eft decea
(Dit elle lors) ou je fuis oflfenlëc.
Puis du haut Ciel fbudainement baiflee
Se plante en terre , & commande aux nuées
Loin s'en aller d*obfcurté defnuées.
Mais Juppiter qui bon temps fe donnoit >
Prevoïoyt bien que fa femme venoit »
Et jà avoit de lo fille de Inache
Mué la forme en une blanche vache ,
Belle de corps comme lo fut en vis.
Adonc Juno (quoy que ce fut en vis)
En eftima la forme » & le poil beau f
Et fi s'enquiert , à qui , de quel troupeau ^
Et d*où elle efl, comme non cognoidànt
La vérité. Jupiter Dieu puiflant
Dit en mentant qu'elle eft née de terre ,
A celle fin , que Pon ceffè d'enquerrc
S'il Ta point faifte ; & lors Juno la grande
Icelle vache en pur don luy demande.
Que pourra-il or* faire , ou devenir ?
C'eft cruauté , (es amours forbannyr :
Ne luy donnant , la faift fbufpeçonner :
Honte en après l'incite à luy donner :
Puis amour eft à l'en divertir prompte :
Et en cfFeâ: amour euft vaincu honte :
Mais fi la vache (un don qui peu mon toit)
Euft refufée à celle qui eftoit
Sa femme & (bcur, fembicr euft peu adonques
Vifiblement, que vache ne fut onques.
Quand
'j^.
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yip
METAMORPHOSE.
Quand Juno eut eh don fon ennemye.
Du premier coup elle ne laifla myc
Toute fa peur, & craignit grandement.
Que Jupiter luy print furtivement,
Jufques à tant qu'es mains d'Argus Teuft mife
Fils d'Ariftot, pour en garde eftrc mife.
Or tout le chef avoit ceftuy Argus
Environné de cent yeux bien agus,
Qui deux à deux à leur tour fbmmeillans
Prenoient repos: tous les autres veillans
Gardoient lo, & en faifant bon guet
Demouroient tous arreftez en aguet.
En quelque lieu où fîift Yo la belle,
Inceilàmment regardoit devers elle.
Devant fcs yeux lo tousjours il voit,
Quoy que fa face ailleurs tournée avoit.
Quand le jour luift, il fbuffre qu'elle paifle:
Quand le Soleil eft fous la terre efpefle,
L'enferme & doft : & du rude cheveftrc
Lye fon col, qui n'a mérité d'eftre
Ainlî traifté: de feuille d'arbre dure '
Et d'herbe amere elle prend (a pafture:
Puis la povrette en lieu de molle couche
Toute la nuid dellùs la terre couche.
N'ayant tousjours de la paille qu'à peine.
Et boyt de l'eau de bourbier toute pleine.
Quand elle auflî, qui fi fort fe douloit.
Devers Argus (es bras tendre vouloit
S'humiliant, las, la doucette & -tendre
N'a auam bras, qu'à Argus puiflè tendre:
Et s'efForçant lamenter de (a gorge,
G3
55
^.^
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LIVRE L DE LA
Un cry de vache & mugiflant defgorge.
Tant que du fbs en crainâe fè boutai
Et de fa voix pnopre s^efpoYcnta.
Après s'en vint aux rives de fbn perc
Le fictive Inache, où ea Couhs profpere
Souloit jouer fouvcnt avec pucelies.
Et quand en Teau vit fès cornes nouveWeSt
Eut grande peur, & de la crain£fce extrefoic
S'efïarouchoit & fe fuyqit fby mefmc.
Ignorans font les Nayades encore,
Voire Inachus le fleuve i^efme ignore
Qui elle foit: mais pour les rendre feurs,
Suyvoit fon père, & fi fuyvoit fès Cœurs:
Eftre touchée allez elle fouffroit.
Et à iceux (tous esbahys) fe offroit
Le bon vieillart Inachus à jonchées
Luy prcfenta des hçrbes arrachées-
Soudain fès mains elle luy vint lécher,
Baifant la paulme à fbn peiê tpefcher,
Et retenir onc fès larmes ne fçeut:
Et fc orcndroit de parler la grâce eufl,
EUe^euft requis fecours & ayde aucune.
Et recité fbn nom 8c fa fortune.
En lieu de mots, la lettre que imprima
Son pied en terre, adonques <hcprima
Parfaiftement & mit en defœuvrancc
Du corps mué la trifte demonf^rance.
O moy chetif , cria lors e^^erdu
Son perë Inache, & aux cornes pendu,
Aufïl au col de la vache luyfante
En fon poil blaoc, ^âc en dueîl .^eoiiflante ,
O
moy
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METAMORPHOSE.
O moy chctif (dit-il par i^uficurs fois)
N*eft-cc pas toy, ma fille, que je vois
Cherchant par tout? Or cft chofè efprouvéc,
Qu*en te trouvant je ne t*ay point trouvée y
Et mes douleurs plus que devant font grande?.
Las, tu te tais & aux miennes demandes
Tu ne rens point re(jx>nces réciproques.
Tant feulement aigres fouQjirs évoques
Du cœur profond, & ce que faire peux,
A mon parler mugis comme les bœufs.
Las ,. je povret ignorant tout ce mal ,
Te preparois cierge & lia: nuptial.
D'un gendre fut Pefpoir premier de moy,
Et le fécond de voir enfàns de toy.
Or d'un troupeau mary te faut avoir.
Et d'un troupeau lignée concevoir,
Et n'eft poflîble à moy que finir face
Tant de douleurs, par mort qui tout efface.
Ains eftre Dieu ce m'eft nuifahte chofe.
Et de la mort la porte qui m'eft çlofè,
Prolonge & faift le mien regret durable.
En aage & temps eterne & perdurable.
Comme Inachus difoit fon deiconfort.
Argus fe levé, & en le poudàns fort.
Mené par force en p^fturages maints
La povre fille arrachée des mains
De fon cher père, & puis occupe & gaigne
Légèrement le haut d'une montaig^e
Aflèz lointaine, où fe fied & accule.
Et là feant en toutes pars (pécule.
Lors Jupiter Roy de tous les çeleftes
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LIVRE I. DE LA
Plus endurer ne peut tant de moleftcs
A celle Yo, du bon Phorone extraiâr.
Si appela fbn fils, que une parfaite
Clere Pléiade eut en enfantement.
Mercure eut nom> tuy fit commandement
D'occir Argus. Si ne demoura gueres
Mercure à prendre aux pieds efles légères,
En main puiflànte auflî la verge preile
D'endormir gens, & ion chappeau en tefte.
Tantoft après , que celuy Dieu Mercure
Eut dilpofë tout cela par grand cure,
Du haut manoir de fon père (àuta
Jufques en terre, où fon chappeau ofta;
Semblablement des efles Ce defnuë.
Et feulement fà verge a retenue.
Dlcelle- verge (en s'en allant) convoyé
Brebis en trouppe, à travers champs fans voye,
Comme un pafleur chantant de chalumeaux
Faifts & conflruits de pailles, ou rofeaux.
Argus vacher de Juno tout efpris
Du fon de Part nouvellement appris,
Luy dit ainfi. Quiconques fois, approche:
Tu pourras bien te fèoir fur cefle roche
Avecques moy. En autre lieu du monde
L'herbe n*efl point ("pour certain) plus féconde
Pour le beflail: tu voys aufïî l'umbrage
Bon aux pafleurs en cefluy paflurage.
Mercure adonc s'affit auprès d*Argus,
Tint & pafla en propos & argus,
Lç jour coulant, parlant de plufieurs poin£tz:
Et en chantant de &s chalumeaux joinâz
L'un
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p
METAMORPHOSE.
L'un avec l'autre, à furmonter il tafche
Les yeux d'Argus gardans lo la vache:
Et toutesfois Argus vaincre s'efforce
Le doux fbmmeil amoliftànt fa force.
Voire & combien que jufques au demy
De tous fès yeux , fc trouvaft endormy.
Ce nonobftant veille de l'autre part,
S'enquiert aufli, pourquoy & par quel art
Trouvée fut la flufte dont chantoit.
Car puis un peu inventée elle eftoit.
Lors dit Mercure. Aux montz gelez d'Arcade
En Nonacris fur toute Hamadriade
Une Nayade y eut très-renommée:
Syringue eftoit par les Nymphes nommée.
Non une foys , mais par diverlès tires
Avoit moqué grand nombre de Satyres
Qui la (uyvoient, & tous les Dieux avecques
Du boys umbreux & champ fertil d'illecques.
En vénerie & virginal' nobleflc
Elle enfuyvoit Diane la Deeflc
De rifle Ortige: & accoutrée & ceinftc
A la façon de cefte noble fainde
Maintz euft deceu : & pour Diane auflî
Prendre on Teuft peu, ne fuft que cefte-cy
Avoit un arc de corne décoré,
Et cefte-la en avoit un doré:
Encor ainfî maintes gens decevoit.
Or le Dieu Pan un jour venir la voit
Du mont Lycée, & ayant fur fa tefte
Chappeau de pin, luy feit telle requeftc.
O noble Nymphe obtempère au plaifir
OME III. H
D'uc
À^\
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D'un Dieu qui a grand vouloir & defir
De t'efpoufen Bref, mainte autre adventure
Reftoit encor à dire par Mercure,
C*eft aflavoir, ter prière ennuyante
Mife à defpris, la Nymphe eftre fuyante
Par boys efpaiz, tant que de grand randon
Vint jufque au bort du (ablonneux Ladon,
Fleuve arrefté: & comment à la fiiyte.
Lors que les eaux empefcherent ù, fiiyte.
Ses clercs foeurs pria illecques près
De la muer : auflî comment après ^
Que Pan cuyda Syringue par luy prife,
Au lieu du corps de la Nymphe requifè
Tint en fès mains des cannes & rofeaux
Croiilànts au tour (ks paludz & des eaux.
Comment auili, quand dedans anhela»
Le vent efmeu dedans ces cannes-là
Y feit un ion délicat en voix fainfte.
Semblable à cil d'un cueur qui fai£t (a plainte:
Et comment Pan furpris du ion prcdiâ:,
Et du doux art tout nouveau luy a di£b:
Ceftuy parler & chant en qui te deus.
Sera commun tousjours entre nous deux»
Auffi comment pour ttemel renom,
Deslors retint, & donna le cjroid nom
De la pucclle à (es fluftes rurales.
Jointes de cire en grandeur inégales.
Ainfi pour vray que Mercure devoir
Dire telz mots, les yeux d* Argus il veoit
Tous fuccomber, & fa lumière forte
De grand ibnmieil enveloppée & morte.
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I
METAMORPHOSE. 5^
Soudain fa voix refraignic , &. cefla>
Et puis d'Argus le dormir renforça,
Adouciilànt de la verge charmée
Les yeux foiblçts de fa tefte aflomméc.
Lors tout fubit d*un glaive renverfc
Baillant le chef > en dormant Vz bleffê
Au propre endroid auquel eft joinftc & proche
La tefte au col: puis du haut de la roche
Le jette à val : & le mont haut & droift ,
Souille du fang. Ainfi es orendroit
Gifànt par terre, ô Argus, qui vivois:
Et la clarté qu'en cent yeux tu avois
Eft or* eftainde: & la feule obfcurté
De mort furprent cent yeux & leur clarté.
Adonc Juno prent ces yeux & les fiche
Deflus la plume au Paon ion oifeau riche,
Et luy emplit toute la queue d'yeux,
Clers & luyfans cpmme eftoillcs des cieux.
Soudain Juno en ire ardante brufle,
Et du couroux le temps ne diflimule:
Car Erinnys la Deeflè de rage
Mit au devant dts yeux & du courage
D'icelle Yo: & cacha Tinfenfee
Maint aiguillon fecfçt en fa peniëe,
Efpouventant par rage fiiribunde
La povrç Yo fuyant* par tout le monde,
■ O fleuve Nil \ en grand labeur & plaindre,
Tu luy reftois le dernier à attaindre:
Auquel pourtant à la fin elle arrive.
Et en pofant tout au bout de la rive
Ses deux genoux, fe veautra en la place:
H 2 ^ Et
JK.#^
£
i?l
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g)
60 LIVRE L DE LA
Et en levant fa telle quelle face
Vers le haut Ciel, renverfant en arrière
Son col de Vache, en piteufe prière,
En larmes d'oeil , & en gemiflèmens ,
Et en plainftifs & gros mugiflemens
^ Elle (embloit à Juppiter crier,
Et de fes maux fin final' luy prier.
Lors Juppiter de ks deux bras embraflè
Sa femme au col, la priant que de grâce
Vueille de Yo finablement finir
La grande peine. Et quant à Pad venir.
De moy, dit-il , toute crainéte demeds:
Car cefte-ci ne te fera jamais
Caule de dueil. Et aux ftigieux fleuves
Commande ouïr ceftuy ferment pour preuves*
Quand Juno eut appaifé fa pointure,
lo reprint fa première ftature.
Et faifte fiit ce que devant eftoit.
Du corps s'enfuit le poil qu'elle veftoit:
Lors luy decroift des cornes la grandeur,
Moindre devient de fes yeux la rondeur.
Gueule & mufeau plus petits luy deviennent,
Efpaules, bras, & les mains luy reviennent:
L'ongle de Vache en nouveaux pieds & mains »
Fut. divifë en cinq ongles humains.
Bref, rien n'y eut de la Vache fijr elle.
Fors feulement la blancheur naturelle.
Et tout debout fiit la Nymphe plantée
Du cheminer de deux pieds contentée:
N'ofant parler, que de la gorge n'yflè
Mugiflèment, comme d'une geniûè:
Et
^^
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^ûl
METAMORPHOSE.
Et avec crainte eflàyoit à redire
Ce qu'autrefois die avoit bien fceu dire.
Or maintenant eft Décflè honorée >
Elle eft du peuple en Egypte adorée.
Parquoy en elle Epaphus on pourpenfè
Eftre engendré de la noble fcmence
De Jupiter : & bref en lieux certains
Ceftuy Epaphe a (es Temples hautains
Faiftz à l'honneur de fon père & de luy.
Or en ce temps , vray eft qu'à iceluy
Eftoit égal , de cueur , d'aage , & puiflànce.
Un qui àvoit du Soleil prins naiftànce ,
DiSt Phaëton qui jadis dcvifant
De (es grans fai<^z , & honneur non fàifant
A Epaphus , en gloire fè meftoit ,
Dont le Soleil fon propre père eftoit.
Ce que Epaphus ne peut pas bonnement
Lors endurer , & luy^ dit plainement :
O povre fot, tu medtz foy & crédit
A "tout cela que ta mère te dit :
Et te tiens fier & touanges retiens
D'un père fain^, qui pour vray ne t*eft riens.
Lors Phaëton rougit d'ouir ce dire.
Et refraingnit de vergongne fon ire.
Puis s'en courut à Clymene fa mère
Luy rapprter l'injure tant amere ,
Et fi luy dit, chère mère , au furplus
Cela dcquoy tu te dois douloir plus,
C'eft que rien n'ay répliqué fur l'injure :
Car quant à moy , je fuis de ma nature
Doux & courtois , & l'autre infupportant
H3
6i
Et
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rJkr^
LIVRE L DE LA
Et outrageux : mais j'ay honte pourtant t
Dont tel opprobre on m'a peu imputer ^
Et que fur champ ne Pay fceu confuter.
Donc fi créé fuis de ligne cdefte,
Monftre à prefènt le fignc manifefte
D*un genre tel , tant digne & précieux,
En maintenant que- je fuis des hauts Cieux.
Ces motz finis , fès deux bras avança y
Et de fà mère au col les efatafià ,
La fiippliant par Ion chef tant chery ,
Et par celuy de Mcrops fbn mary ,
Et en rhonneur des nopces de fes fèurs i
De luy donner fignes certains & feurs
De Ion vray père. En efFedt à grand* peine
Sçait-on lequel a plus efmeu Clymene ,
Ou le prier par fon fils propofé ,
Ou le defpit du reproche impofé.
Des bras au Cidi lors tendit & leva ,
Et regardant le Soleil y elle va
Dire ces mots : Par la lumière fainfte
Des luifàns raiz environnée & ceinâe ,
Qui nous voit bien , & qui entend nos voix y
Je jure , Fils , que ce Soleil que vois ,
Et qui le monde illumine & tempère,
, T'a engendré , & que ç'eft ton vray père.
Si menterie en mes propos je mets ,
Je me confèns qu'il face que jamais
Je ne le voye, & que cefte lumière
Soit maintenant à mes yeux la dernière.
Or tu n'a pas grand affaire à cognoiftre
La demourance à ton Peie , & fon eftre :
à
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METAMORPHOSE,
Car la maifbn dont il fe lève & part,
Eft fort voifine à noftre terre & part.
Si aller là tu defires & quiers y
Pars de cette heure , & à lui t'en enquiers. .
Quand Phaëton de fa mère eut ouy
Un tel propos » ibudain fut resjouy ,
Treflaut de joye, & fc promet foi-mefmes
Les plus hauts dons des régions fuprefmes.
Bref (on pays d*Ethiope il traverfe ,
Et les Indois gi{ans'fbus la diverfc
Chaleur du Ciel : & promptement de là
En la mai(bn de fbn der Père alla.
*5
F I N.
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H
LIVRE SECOND
DE LA METAMORPHOSE
D'OVIDE.
E grand Palais où Phebus habitoit ,
Haut eslevé fur columnes eftoit,
Tout luyfant d'or , & d'efcarbouclcs fines
Qui du clcr feu en fplendeur font affines.
De blanc ivoire eftoit la couverture.
Le grand portail fut à double ouverture
De fin argent e{pandant mille rais :
Moult fumptueux eftoit & degrans frais.
Mais la façon les eftoffes furpaflè ,
Car Mulciber des fevres routrepaflc
Y entailla de la mer la claire unde >
Qui toumoyoit la terre ferme & ronde:
Et y grava dçs terresr le grand tour ,
Avec le Ciel qui fè courbe à Tentour.
En cefte Mer les Dieux marins veoit-on,
C*eft aflàvoir le refonnant Triton ,
Puis Protheus qui fe transforme ainfi
Comme il luy plaift , & Egeon auflî ,
Lequel eftrainft parmi les undes pleines
De fes grans bras , les gros dos des baleines :
Doris aulfi > & {çs filles enfemble »
Dont
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^<
[9^J51^
METAMORPHOSE. 65
, Dont Tune part en la mer nouer iëmble :
Lîautrc fcant* en quelque Ifle ou rocher
Ses verts cheveux fcmble foire fecher :
L'autre au vif fèmble eftre fur un poiflbn,
Vifàge n*ont toutes d'une façon »
Non pas auffi trop difïerens à voir,
Mais comme il faut entre fœurs les avoir.
La Terre après qui là eftoit emprainfte ,
Hommes portoit , Fleuves , & ville mainte ^
Beftes , Forefts , Nymphes illec cerchans
Leur demourance , & autres Dieux des champs.
Puis là-de(Ius eftoit fort bien gravée
Du Ciel luyfant la figure eslevée,
' Et y avoit deflîis la porte dextre
Six fîgnes clairs , & fix à la fèneftre.
En la maifon que j'ay cy racomptée ,
Vint Phaëton par une grand* montée ,
Et de prinfaut devant les yeux fe boute
Du père fien , dont il eftoit en doute :
, Si le tint loin , car de plus près eftant
N*euft peu fbufïrir clarté qui luifbit tant
Le clair Phebus à la barbe dorée 5
Robe portant de pourpre colorée ,
Seoit en Trofne à là hauteur duifant »
Garni eftoit d*efmeraude luyfant.
Autour de luy font en ce beau lèjour
L'An & les Mois , les Siècles , & le Jour ,
Les Heures là tiennent auffi leurs places
Toutes de reng par égales elpaces.
Là eft debout Printemps le nouveau né »
Qui d'un chapeau de fleurs eft couronné
Tome m. I Là
I
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LIVRE IL DE LA^
Là eft fur pieds TEfté iiiid , fans chcmife ,
D'efpics de bled la couronne au chef mife »
Automne aufll , qui les membres tachez
Avoir par tout de raifins efcachez ,
Avec Hyver qui tremble & qui friflbnne,
Et dont le poil tout chenu heriflbnnc.
Au milieu d'eux Phebus fbn fiege avoir :
Lors de fes yeux , dont toutes chofès voit ,
Vcit ce jeune homme eftonné à merveilles
De voir là-haut chofcs fi nompareilles :
Si luy a dit à chef de temps ainfî.
Que cherches-tu en ce Palais icy,
O Phaëton, enfant trés-rccevable
De moy ton Père, & non defavouable ?
Que cherches-tu ? O lumière pudique ,
Ce refpond-il , Phebus mon père unique ^
S'il eft ainfi que tu vueitles que j'ufe
De ce nom-là , fans ce que j'en abufc,
Et s'il eft vray que ma mère qui faidb
Tant de (crmens, ne couvre Ton meffai£l:
Sous couleur faulïè , en te mbnftrant vray pcre ,
Fais moy un don par lequel il appere
Que je fuis tien , & hors de ma penféc
Soit,, je te pri , cefte doubte chaflëe.
Ces mots finis , Phebus qui Tefcouta
Ses clairs rayons eftincellans ofta
D'entour du chef , Se luy commande après
De s'approcher hardiment de plus près.
Puis Paccola , dilànt , en vérité ,
Mon cher enfant, tu n'as point mérité
Que te renonce , & C^ymeije a produiâ:
Vray,
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/
METAMORPHOSE. c-j
Vray , naturel & légitime fruiâ:
S*il en fut onc : or fans autres tefmoings>
A celle fin que tu en doubtes moins ,
Demande un don tel que tu le voudras ,
Tien toy certain que de moy ne faudras
A l'obtenir. O grand ferment àt% Dieux!
Paludz d'enfer , incognenz à mes yeux
Soyez prefens à ce que j'ay promis.
A peine avoit à fin (on propos mis ,
Que Phaëton , d'une ardeur jeune & grande.
Le chariot de ion père demande ,
Avec la charge & le gouvernement
De fès chevaux , pour un jour feulement.
Dont tout à coup Phebus^ fè repentit
D'avoir juré , & du gref qu'il fcntit
Son chef luifant iècoua plufieurs fois ,
Difànt i mon fils , ma parole & ma voix
Trop de léger s'accorda à la tienne ,
Que pleuft aux Dieux que la promeflè mienne
Retinfè encor 5 je confcflè ce poinâ: ,
Que ce feul don ne t*accorderois point.
Or eft befbin de ton propos changer.
Car ton defir eft plain de grand danger ,
O Phaëton , ton fèns peu raifbnnable
Quiert un haut don , voire mal convenable
A cefte force encor fi peu virile ,
Et à ceft aagc encor fi puérile.
Tu es mortel , & fujet à trefpas:
Ce que tu quiers mortel certes n'eft pas :
Ainçois te di qu'il y a plus d'affaire
Qu'il n'eft permis aux Dieux d'en pouvoir faire.
I 2 Bref,
sih^
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6S LIVRE IL DELA
Bref, tu ne fçais que tu vas aflfeftant»
Les autres Dieux auront du pouvoir tant
Qu'il leur plaira. Mais celuy feul je fuis
Qui le flambant chariot mener puis.
Le Roy du Ciel ^ dont la main merveilleufc
Jeûe où luy plaift la foudre perilleufc ,
Ne s*y pourroit luy même habiliter.
Et qu*eft-il rien pius grand que Jupiter !
[rf Si difficile cft la voye j^emiere,
Que mes chevaux ont peine couftumiere
A la monter partans au poinâ: du jour ,
Combien qu'ils fbient tout frais & de fëjour.
Le haut chemin eft du Ciel au milieu
D*où bien (buvent moy mefmes qui fuis Dieu,
Tremble & frémi de frayeur & d'efmoy ,
Voyant la terre & la mer deflbus moy.
L'autre chemin dernier eft en defcente ,
Et a befoin de conduire décente :
Auffi Thetis qui en mer me reçoit
Tousjours s'effraye, alors qu'elle apperçoit
Que je defcens , & entre en peur fubite
Que je ne tombe , & ne me précipite.
Et d'autre part du haut ciel la rondeur
Ihceflàmment tourne de tel* roideur,
Qu'avecques foy les eftoilles il tire ,
Et d'un grand bransle impétueux les vire :
Niais j'y refifte , & la force qui dompte
Les autres tous , jamais ne me fiirmonte,
Ains en allant au ciel tout au contraire
On voit du bas au plus haut me retraire.
Prens donc le cas que le Chariot mien
H
]' i
r/B^
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Je t'ai donné : cntrcprendras-tu bien
Tirer devers les deux Pôles, en forte
Que la roideur du haut Ciel ne Remporte?
Tu crois, peut-eftre , en tes difcours débiles
Que là-haut font forefts, temples & villes:
Je t'averti, afin que ne tresbuches.
Qu'aller il faut par dangers & embûches s
Et que paflèr te faut devant les formes
Des animaux horribles & difformes.
Donques afin que tu tiennes la voye
Si fèurement que rien ne te defvoye,
Paflèr auprès des cornes conviendra
Du fier Toreau, qui contre toy viendra.
Du Sagittaire ayant Parc en la main.
Et du Lyon cruel & inhumain:
Puis le chemin du Scorpion fuivras.
Qui d'un grand tour courbe (es villains bras:
Celuy du Cancre auflî finablement.
Qui les deux bras courbe tout autrement.
Et n'eft en toy pouvoir par nuls travaux
Du premier coup régir mes fiers chevaux:
Fiers, pour le feu qui ard en leurs poidrincs.
Et qui leur fort par bouches & narines.
Certes depuis que leurs aigres courages
Sont efchaufez tant font folz & volages,
Qu*à bien grand* peine ils fouffrent pour leur guide
Ma propre main, & tirent à la bride.
Donques afin que d'un don mortifère
Je ne t*eftrcne, helas, mon fils, diffère,
Prens garde à toy , & refrains ton dcfir
Ce temps pendant que tu as le loifir.
I 3 Tu
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^m^^^imk
70
LIVRE IL D E LA
Tu veux, afin d'avoir la cognoiilàncc >
Comme tu as de mon fang pris oaiflànce,
Qu'un gage £br en tes mains j'abandonne :
Las, en craignant, gage iëur ^ te donne:
Et cette peur que celer je ne puis
Tefmoigne aflez que ton père je fuis.
Jette un petit fur ma face tes yeux,
Et voi mon taind: que pleuft ores aux Dieux
Que ju(que au cœur me pcuflfes voir auflî.
Et là-dedans comprendre mon fbuci.
Au demeurant voi tout ce qui abonde
En ceftuy riche & univcrfel monde:
Et de fi grans & tant d'autres richcffes
Dont terre, & mcr^ & ciel font leurs largefles,
Demande m'en ce que bon tu verras,
D*eftre efconduit au danger ne cherras:
Fors qu'en ceci je ne te dirai , non ,
Qui n'eft que peine, à bien dire ion nom.
Non point honneur : ô mon enfant trelcher,
Peine pour don tu viens icy cercher:
Qui te faifl: d<»c eftre à mon col pendu?
Ofte tes bras, fiateur mal entendu,
Tu obtiendras, & t'en tiens affèuré.
Puis que les eaux d'enfer j'en ay juré.
Ce que voudras, tant (bit la chofc grande :
Mais ibis aumoins phis fàge en ta demande.
Ainfi Phcbus fon fils admc«ineftoit, *
Qui à fès di£b fort répugnant eftoif,
Opiniaftre en fon premier propos,
Et le beau char convoite fans repos.
Donc quand fon père avec peine indicible
Eut
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^^^g^-
METAMORPHOSE.
Eut diffcré tant qu'il luy fiit paffibk,
n le mena au lieu haut^ où rengé
Eftoit ce ctiar, par Vulcanus foi^é.
D*or fut Paiflèul, d'or luyfoient tout autour
Les deux limons, d*or eftoit le haut tour
De chafque roue , & Tordre bel & gent
De chacun ray fut cftoffé d'argent.
Sur les coliers font belles chryfolites
Mifès par ordre ^ avec gemmes eflites,
Defquelles fut grande lumière iflànt
Pour le foleil contre refplendiflant.
Et cependant que Tœil & haut courage
De Phaëton contemploit ceft ouvrage.
Aurore vint ouvrir les portes clofes
De TOrient, toutes plaines de rofès,
Si vont fuyant les eftoilles par routes
Que Lucifer devant foy chafle toutes
A grans troupeaux : & après tout le reftc
Sort le dernier de la maifon cekfte.
Lors auflî toft que Phebus appcrçoit
Que terre & monde à rougir comoiençoit.
Et qu'il eut veu toutes pafles & mornes
Efvanouir du croiflànt les deux cornes.
Il va foudain les Heures appeler.
Et les Chevaux leur commande atteler ^
Ce qu'elles font & les chevaux fuperbes
Fort bien repeus d'ambrofîennes herbes,
Hors de l'eftable ont tirez & guidez.
Et de leurs frains bien refbnnans bridez.
Le père adonc d'un unguent précieux
Oignit le blanc vifàge gracieux
De
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É
LIVRE II. DE LA
De fon cher fils, & de tendre & fcnfiblc
Contre l*ardeur le rendit deflfenfible,
Si luy a mis les raiz autour du chef.
Et les meâant redoubla de rechef
Mille fbulpirs, qui fon prochain marrirc
Pronoftiquoient, & fuf ce luy va dire:
Au moins, mon fils, à Tad vis que ton père
Te veut donner, fi tu peux, obtempère:
Les fiers chevaux piquCT donne-toy garde,
Ains par la refiie à force les retarde:
De leur gré vont, voire fi roide & fort
Qu*à les tenir faut merveilleux effort.
Et ne faut pas que d'aller t*aventures
Direftement le long des cinq Arftures:
Le vray chemin qu*à tenir je t*encharge
Va de travers en curvature large.
Et feulement jufqu*à Textremité
De trois cerceaux fon but eft limité.
Du Pôle Auftral, tant qu'il peut, s*efloingnant»
Auffi de POurfe à TAquilon joignant
D'aller par-là, non par ailleurs t*advouë:
Tu verras bien les traces de la roue.
Et pour donner efchauffbifon egalle
A terre & ciel, ne monte, ne dévale:
Car fi ton char en Tair haut monter laiflès ,
Le ciel ardras: fi auflî tu Tabaifles,
Par mefme feu la terre deftruiras:
Tien le moyen, à fcutté tu iras.
Auffi afiin que la roue qui tourne
Du cofté droid, ne te mené & deftournc
Au Serpent tors, & qu'au figne de l'Are,
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METAMORPHOSE-
X.a gauche roue aufli point ne fefgare,
TTien Pcntre-deux , ne fais deftorfe aucune,
liC demourant je laiflc à la fortune:
Laquelle puillè à ton fccours veiller,
!Et mieux que toy te vueille concilier.
Or cependant que t*ay propos tenu,
fhumide nuiâ: par ataindre eft venu
Ir'extremité de PHefperide mer:
JKonneftement ne pouvons plus chommer:
On me demande , & Aurore advancée
Reluit desjà, toute obfcure chaflee,
Prens ccfte refhc, il eft temps de partir,
Ou fi tu veois que puiflès divertir
TTa fantafîe, ii(è pour ton grand bien
De mon confeil, non du chariot mien.
Outre, tandis qu'as d'y penfer le terme,
Et que tu es encores en lieu ferme.
Sans que mal duit tu fois encor jcâé^
IDeflus le char follement convoité,
Concede-moy clarté en terre efpandre.
Laquelle voir tu puiflès fan* efclandre.
Lors Phaëton de corps jeune & habile
Sauta dedans le chariot mobile.
Sur pieds fè plante, & grand plaifir prenoit
A manier la refhe qu'il tenoit.
Puis mercia fon père plein d'ennuy
Contre & maugré la volonté de luy.
Ainfi s'en va le jeune Phaëipn :
Lors Pyroïs, Eous, &^ Aeton,
Phlegon aufli, chevaux du Soleil clair.
En henniflànt de feu remplirent l'air,
o M E UL K
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Et du ciel clos les barres grans & lées
Heurtent des pieds , lefquelles reculées
Furent foudain par Tethis> qui encore
De fon neveu les fortunes ignore.
Donc quand le ciel ainfi par elle ouvert
Se fiit monftré bien large & defcouvertf
Les fiers chevaux dcflogeant galopèrent
Parmi les airs, & les nues coupperent, -
Outrepaffant , tant fut prompt leur départ,
Le vent iflîi d^icelle mefine part.
Mais trop à J'aife Se peu chargez fe treuvent,
Ne, qui pis eft , bien cognoiftre ne peuvent
Qui les conduii^, & pas ne leiïr pefoit
Le joug, ainfi que paravant faifoit.
Ains comme danfc en la mer le navire
Sans jufte poids, & fiir Teau tourne & vire
Puis çà, puis là, infl:able & fans arrefl:,
Pource que vague & par trop léger eft: »
Ainfi n*ayant Taccouftumée charge,
Ce chariot par le ciel haut & large
Saute & rcfiàute, & l'air le poufiè & guide
Encontremont , comme une chofe vuide.
Ce que fèntans les chevaux atteliez
Hors du chemin battu s*en font allez.
Et d'un grand cueur leurs freins vindrent à mordre
Sans plus courir félon le premier ordre.
Dont Phaëton (è prînt à eftonner:
Ne fçait la bride à quille main tourner.
Ne fçait la voye, & quand il la fçauroit.
Sur les chevaux nulle pui (Tance auroit.
Ces fept Trions tous gelez de froidure
^
I
!
I
Furent
2^saê^Sl
ScàîâiîS
)
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METAMORPHOSE.
Furent furpris de chaleur afpre & dure ,
Et fe baigner pour néant ont tendu
En l*Occean> qui leur eft défendu.
La grand* ferpente au pôle arftique empraintc
Morne de froid, & à nul donnant crainfte.
Sentit ardeur, & du chaut irritée
Conceut en foi. fureur inufitée.
On dit auffi par tout (ô Bootès}
Que moult troublé alors enfuy tes y
Quoi que courir ne pouvois, ne vouluflcs>
£t qu'empefché à ta charette fudès.
Donc auffi tort que du haut des clers cieux
Xjc mifèrable en bas jetta fès yeux,
JL.a terre veit en rondeur bien formée
TTotalement defibus luy abifmce ,
Si devint pafle, & de peur promptement
-Aux deux genoux luy vint un tremblement,
Et par fî claire & grand* refplendiflànce
Obfcurité print en Ses yeux naiflànce.
Jà voudroit-il qu'en ces lieux fupernels
^N'cufl onc mené les chevaux paternels:
Jà fc repent dont fa race a cognuë>
J£t plus , d'avoir fa requefle obtenue :
Jà fouhaittant de Merops eflre né>
Le malheureux efl ainfî pourmenc.
Que le navire agité des orages,
Auquel le maiflre a lafché les cordages,
L^aBandonnant du tout à la mercy
Des oraifons, des veux, des Dieux auffi.
Que fera-il? il a laifle derrière
Beaucoup de ciel , & fî en voit arrière
K 2
75
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^pSs
I V R E IL DELA
rant foi, il mefurci il compaflfe
cerveau & Tune & l'autre efpacc :
.fois vers POccidenc fe tourne ,
. fois fon oeil jette & fejoume
•icnt , mais 11 eft fort à craindre
lais plus ne les puifle reftraindrc :
ï ne fait de ce que faire tafche ,
eft neuf : la bride point ne lafche ,
court ne luy fcrt d'un fcul poinft :
chevaux les noms ne cognoift point,
it tremblant voit les merveilles facres ,
t là fus , & les grans iimulacres
nftres fiers, qui en diverfes pars
: le ciel font fcmez & efpars,
\ un lieu où parmi ceftc tourbe
pion ia queue & fès bras courbe
le d'arc , & jufques aux manoirs
voifins eftend (es membres noirs,
l'enfant vcit la befte monftrueufe
venin toute moite & fucufe,
aflànt à luy de près (c joindre ,
a queue aguillonnant le poindre ,
le fens tellement s'eftonna ,
frayeur la bride abandonna,
fur le dos les chevaux la fcntîrent,
rartant parmi les airs bondirent >
ment d'allées & venues
alopant régions incogncuës ,
leur €ours impétueux les porte ,
compas chacun d'eux fe tranfporta
au ciel des eftoilles ils vont>
gaèS^-î
GooJîe^ P
-^ ^'^^is^^gg^^^sii?
la.
METAMORPHOSE.
Le chariot traînent , & rouller font
1 travers lieux où n*a chemin , ne fente :
i^lus toft vont haut , plus toft vont en defcentej
Lt de droift fil viennent fondre grand erre
ufques à Pair plus prochain de la terre :
îi qu'csbahye eft la Lune en la fphere,
)c voir courir les chevaux de fon frerc
>eflbus les fiens: & les nues elijarfes
^armi les airs fîiment à demi ariès :
iefmes la terre au plus bas lieu aflî(è
)e flambes, eft (comme le refte) efprife.
"oute fè fend pour Thumcur qui tarit ,
/herbe fè fene , arbre & fueille périt :
.e champ du bled à fbn dommage baille
LU feu ardant foifon de feche paille.
^ela n'eft rien, les grans villes & fortes,
lurs & rempars bruilent jufques aux portes ,
t pour néant du feu les gens fë gardent,
,n cendre vont : bois & montagnes ardent :
^molus en ard , le mont Athos s'cnflambe ,
'aurus fe brufle, Oete eft tout en flambe ,
i fut Ida, pour lors, fèche & fans eaux,
}m paravant triumphoit en ruifleaux :
t Helicon dès neuf Mufes aimé ,
luflî Aemus non encor furnommé
>cagrien : grand* flambe fit Aetna ,
îar pour un feu à ce coup deux en a :
îynthus , Eryx , Parnaflus à deux teftes ,
îytheron propre à célébrer les feftes ,
limas, Othris, & Dindyma s'alument,
)e Rhodopé les neiges k confument ,
SSjS
dsXidii.
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^y^.
^^x:
7a L I V R E IL D E L A
En feu s'en va Mycalé & Caucafe :
Maugré fon froid , h Scytic s'embrafè 5
Le grand mont d'Oile avec Pincfus brufla.
Voire Olympus plus grand que ces deux-là 5
Si firent bien les grans Alpes cornues ,
Et Apennin 3 lequel fouftient les nuës-
Lors Phaëton va advifer le monde ,
Qui flamboioit de feu tout à la ronde ,
Si que de chaut grand' angoiffè portoit :
Et anhelant , de fa bouche (brtoit
Comme d'un four vapeur de chaleur pleine :
Son char s'enflambe , intolérable peine
Luy oilt en l'air les bluettes donné »
Et de fumée efpeflc environné :
Ne fçait où va, où il cft, & l'emmènent .
Les prompts chevaux où leurs plaifirs les meincnt.
On tient qu'alors les Aethiopes prindrent
Tainft fi haflé ^que Mores ils dcvindrent,
Et que du chaut qui l'humeur eilancha y
Comme on la voit, la Libye (ccha.
Nymphes adonc , pleurans efchevelées ,
Faifoient le ducil des fburces efcoulées.
La Beotie avec une fbif grande
Cerche Dircé , Argos par tout demande
Amymoné fa fontaine liquide :
Ephyré quiert la fburce Pirenide.
Les fleuves grans , grans de rives & fons
Ne furent pas en leurs canaux profons
Bien adeurez : mais trop plus qu'esbaïs.
Au fil de l'eau a fumé Tanaïs ,
Aufli a faid Pençus l'ancien.
Et
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nï.
METAMORPHOSE.
Et Caycus fkuve Teutracien ,
Et Ifmcnos rivière non dormante ,
Et de Phocis le beau fleuve Erymanthe ,
Et Xanthus clair , qui devoit ardre encor>
Et Lycormas qui eft auflî blond qu'or ,
Et Meander qui va s'esbanoyant
Dedans fon eau çà & là tournoyant.
Eurotas brufle, & Mêlas de Mygdonne,
Et Euphratcs arroufant Babylonç.
Thermodoon, Phafis , Ganges, Ifter,
A cefte ardeur ne peurent refifter.
Orontes ard , d' Alpheus les eaux vives ,
Et Sperchius ardent jufques aux rives :
Et le fin or qui en Tagus fe treuve ,
Fondu du feii couloit comme le fleuve.
Les Cigncs blancs qui de leur mélodie
Solemnilbient les fleuves de Lydie
Ardoient , avec nombre infini d'oifeaux ,
Dedans Cayftre ^ au beau milieu des eaux.
Le Nil fuit eflrayé du mefchef
Au bout du monde , & retira fon chef ,
Si bien que point n'apparoift aujourd'huy : '
Encor voit-on fept entrées de luy,
De qui les eaux ^cn font toutes allées :
Maintenant font fept poudreufes Vallées.
Pareil malheur a les undes taries
D'Herbe & Strijnon , aux terres Ifmarîes ,
Et des plus beaux qu'en Occident congnois ,
Du Pau , du Rhin , du Rofne Lionnois >
Auflî du Tibre , à qui eftoit promis
Qu'à luy feroit tout le monde lûbmis.
75»
La
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8o L I V R E II. D E L A
La terre fend , & parmi Ces fendaces
La grand* lueur jufqu'aux régions, bafles
A pénétré , & fi clair y raya
Que Proferpine & Plutpn s'eftraya.
La mer fè ferre , 6c ce qu'on difoit mer ,
De fable fèc un champ fe peut nommer.
Les monts terreux fous l'eau profonde eftans
Sont defcouverts, & fe manifeftans
Le nombre accreu ont des Cyclades Ifles-
Aux fons s'en vont les poiflfbns moult débiles )
Nobles dauphins pour la chaleur n'ofoient
Saillir en Pair, comme devant faifoient.
Maint beuf de mer, & mainte grand* baleine
Au fons de l'eau gifent morts fur Tarcinc.
Doris, Nerée, & leur filles fafchées ,
Mefmes fè font (ainfi qu'on dit) cachées
Deflbus l'eau tiède : & le grand Neptunus
Tout refrongné ofà fes bras tous nuds
Trois fois hors l'eau mettre & adventurer,
Trois fois ne fçeut l'air ardent endurer.
Finablcment Terre dame treflàinte ,
Des eaux de mer environnée & ceinte ,
Et des ruifïeaux que l'infortune amere
Fcit retirer au ventre de leur mère ,
Va mettre hors parmi une crevace
Jufques au col fa libérale face ,
La main au front , & d'un grand tremblement
Esbranslant tout univerfellement ,
Plus bas un peu s'aflît & s'avalla
Que de couftume , & puis ainfi parla.
Si tout ceci (fuprême Déité)
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METAMORPHOSE. 8i
A gré te vient , & je Pay mérité ,
A quel propos cefle à prefcnt ta foudre ?
Puis que finir me convient ,^& refoudre
Par feu cruel , viens moy du tien ferir :
Regret n'aurai de telle main périr.
A peine puis dire un mot (& fans doute
La grand* vapeur quafi TeftoufFoit toute}
Regarde-moy , & entens à mes veux i
Grillez & ars font desjà mes cheveux :
Flambe & fumée auflf mes yeux affolent ,
Et fur mon chef les eftincelles volent.
Eft-ce Phonneur , le fruit , le bénéfice , .
Que tu me ren? de mon fertile oflîce.^
Et pour Tennuy , la froiflurc y & Tahan
Que j*ai de herce & de foc , d*an en an ?
G Dieu des Dieux , me traiftes-tu ainfi ,
Pour mon loyer d'adminiftrer ici
L'herbe aux troupeaux , les fruiârs meurs & recens
Au génie humain , & à vous de Tencens ?
Or prens encor que mérité je Paye ,
Qu'ont fitift les eaux pour foufirir cefte playe >
Qu'a deflervi ton bon frère Neptune î
Pourquoy la mer , qui luy cft par fortune
Efcheuë en lot j va-elle en defcroiflànt ,
De jour en jour loin du ciel s'abaiflànt ?
Las ! fi l'amour de moy , & de ton cher
Frère germain , ton cucur ne vient toucher ,
Vueilles aumoins, par pitié prendre garde
A ton cler ciel. O Dieu puifl&nt, regarde !
Bas & haut fume & l'un & l'autre Pde.
Si , tantfoit peu > la flambe les viole >
Tome III. L Vos
i^?;^.
M?i^iS^?jg
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8x
LIVRE IL DE LA
Vos beaux manoirs ruyneront , helas
Ne vbis-tu p)oint comment ahane Athias ?
A peine peut (buftenir fur rcfchine
Du ciel très-haut l'enflambée machine.
Si mer , fi terre , & ciel s*en vont perdus ,
Au vieil chaos retournons confondus :
Retire donc du feu fi peu de chofe
Qui refte encor , & le tout mieux diipofc.
A tant fe teut la Terre douloureufe ,
Car endurer la vapeur chaleureufe
Plus ne pouvoir , ne parler nullement :
Pârquoi fon chef retka promptement
Tout dedans foi , aux foflès fouftcrraincs ,
Qui des enfers eftoient les plus prochaines.
Lors Jupiter mifericordieux
Après avoir bien faiâ: entendre aux Dieux,
Mefme à celuy qui le char a donné ,
Que fans fecoars tout s'en va ruiné ,
Droift ay plus haur de la tour fe retire , •
D'où d'icy bas ks nues il attire ,
Et de laquelle , en tel endroift qu'il veut ,
Lance la foudre , & le tonnerre efmcut
Mais pour celle heure , il n'cufl pas fccu ou querrc
Nues qu'il peuft attirer de la terre ,
N'aucunes eaux que du Ciel fift pleuvoir :
Parquoy tonna , & de tout fon pouvoir ,
Darda la foudre avecques le bras dextrc
Sur le nouveau charetier mal adextre ,
Luy ofta Tame & le char embrafé j
Et par le feu > a le feu appaifé
Les forts chevaux qui de peur tresbucherent ,
Cu-
S5rii23Çi
.ce?
'.assi
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METAMORPHOSE.
Culebutant tous cnfcmble , arrachèrent
Leurs cols dés jougs , les harnois ont laiflcz
Sur le chemin , rompus & deipccez.
Loin d'un codé gift le mort tombé feul ,
De l'autre gift, hors des limons l'aiflcul ,
Roues , & rais , & pièces efclatées
Du chariot au loin font efcartées :
Et Phaëron à qui les afpres feux
Faifoient flamber les beaux crerf>es cheveux ,
Cheut renverfé : Fortune ainfi le traiâre ,
Et parmi Pair fut porté longue traifte :
Comme par fois des fèreins & clers Cieux
Chet une eftoile, ou choir fcmblc à nos yeux.
A la fin s*eft fa cheutte rencontrée
Loin de fa terre /- en contraire contrée ,
Où le reccut le Pau fleuve fameux >
Et luy lava fon vifagc fumeux.
Les Nymphes lors Nayadcs d'Italie
En tumbeau faiâ: de pierre bien polie ,
Le corps fumant poferent à Tcnvers,
Et au deflus firent graver ces Vers.
Cy defl[bus gift Fhaëton, conduâ:eur
Du chariot de fon cler géniteur ,
S'on dit que mat fceut conduire là prifè ,
Si tomba-il ayant faift haute empriiè.
Le père alors mîferable & fafché ,
Son larmoyant vifage avoit caché :
Voire & tien Ton (fi croire ainfi le faut}
Que de foleil au monde y eut défaut
Un jour entier , la flambe feulement
Du furvenu cruel cmbrafement
L 2
8:
Don-
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iHii^^bSi^
84
L I V R E 11. D E L
Donna clarté en terre longue pofc ,
Et ce malheur lèrvit de quelque chofc.
Clymcne après avoir dit par grand* ire ,
D*un tel malheur ce qu*il en faloit dire,
Hors de (on (èns en habit dcfciré ,
Par tout le monde a couru & viré ,
Cerchant par tout , premier Je corps fans ame,
Et puis les os. Enfin la bonne Dame
Trouva les os fous dur tumbeau ferrez ,
Et fur rivage eflranger enterrez.
Lors fur le lieu , quafi pafmée y tombe >
Et ayant leu le nom defTus la tumbe ,
Le marbre froid de larmes a couvert ,
Et TefcbaufFa de (on fein defcouvert.
Ses fbeurs auflî les Heliadcs belles ,
Non moins pleurant , firent des larmes d'elles %
Dons à la mort inutiles Se vains :
Et (e frappans Teflomac de leurs mains
Ont appelé , par jours & par nuits maintes ,
Leur frère cher Phaëton , qui leurs plaindes
Ne peut ouir : puis de douleur touchées
Se font defllis le fcpulchre couchées.
Jà quatre mois ce dueil plein d'amertume
Avoient mené à leur mode & couftume.
(Car jà la mode efloit faiâre d'ufage )
Des Cœurs adonc , celle qui eut plus d*aage,
Se voulant feoir defîîis la terre froide ,
Crie & fç plaint que des pieds devient roide :
Vers qui tafchant la féconde venir
Ses plantes fènt racines devenir.
La tierce , ainfi que fès cheveux tafchoit
Rom-
lÀmm^m/
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M E T A M OR P H O S E.
Rompre des mains > des fueilles arrachoit >
L*unc k plaindt , dont lès cuiiles chemuës
En tronc de bois tout court font retenues.
L'autre fe plainft de quoy fes bras tant beaux
A veuë d'œil deviennent longs rameaux.
Et cependant qu'elles font en ces peines »
L'efcorce vert leur croift autour des aines »
Des aynes monte au ventre bellement ,
Au fein, aux bras, & aux mains > tellement
Que plus n'appert finon leur bouche belle.
Qui au fecours encor la mère appelle.
Mais que fera la mère martirée ,
Sinon courir là où elle eft tirée
D'amours d'enfans , puis deçà , puis delà >
En les bailànt , fi l'aifement elle a >
Ce n'eft pas tout , elle a tafché adonc
À retirer les corps hors de leur tronc ,
Et pour ce faire, avecques fos mains blanches
De tous codez rompoit les jeunes branches ,
Dont il faillit defliis l'efcorce* verte
Gouttes de fang , comme de playe ouverte.
Chafcune adonc qui font ce mal , s'efcric ,
Laiffez cela , ma ihere , • je vous prie ,
Laiflcz cela, & vos mains retirez.
Car noftre corps en l'arbre defohirez. -
Adieu difons 5 lors l'efcorce & le bois
Couvrit leur bouche & empefcha la voix.
De ces nouveaux arbres encor dégoutte
Journellement des larmes mainte goutte.
Larmes de gomme en ambre durciflânt,
Lequel le Pau fleuve clair & puiflant
L 3^
.^>».vn
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XCS5
Z6 L-I V R E IL D E LA
Souvent envoyé aux Dames d'Italie,
Pour le porter fur leur gorge polie.
Là fut prefent Cygnus fils de Sthenel,
Parent fans plus du cofté maternel
À Phacton, toutes fois fon plus proche
En zèle vray d*amitié fans reproche.
Luy donc ayant fon règne abandonné,
(Car de Ligure eftoit Roy couronné)
Avoit rempli de grans clameurs plaintives
D'Eridanus les verdoyantes rives,
Et la foreft qui d*arbres & ramées
Accrue eftoit, par les fœurs transformées,
Mefmes le fleuve en avoit retenti:
Quand le dolent fa voix d'homme a fenti
Atténuer , & fon chenu pelage
Se tranfmuer en fcmblable pcnnage,
Son col veit loing de Teftomac s'eftendre:
Ses doigts rougir, & Tun Tautre fe prendre:
Puis eut imc eflc à chacun cofté jointe ,
tt fziStc fut fa bouche un bec fans poinfte.
Enfin Çignus entièrement devint
Un oiièàu blanc auquel depuis n'advint
D'avoir au ciel, n*à Juppiter fiance.
Comme n'ayant pas mis en oubliante
Le feu à tort fur Phaëton jette,
Parquoy depuis a fon refuge efté
Parmi eftangs & grans lacs fpacieux.
Et luy fut lors le feu tant odieux,
Qu'il s'eft depuis tousjours voulu retrairc
En Teau qui cft au feu toute contraire.
Tandis Phcbus terni de dueil accaind,
5/£5:?
7
I^ cUrté
Et
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E IL DE LA
, en colère les broche,
n fils leur reproche.
adonc de toutes pars
^1 les hauts rempars,
es providence
s en décadence,
[ue d*un chacun quartier
erme, & en fon entier,
aufll bas que nous fbmmes,
6c le labeur des hommes,
il mit ion efludie
d^Arcadie ,
ves & ruiflèaux,
encor courir leurs eaux:
la terre rendit j
fur les arbres pendit,
îs de Tardeur
Livelle verdeur.
tant il en revint
loureux il devint
qui de Nonacre
pucelle facre
âges délicats i
S n*eftoit fon cas,
i blanc fronteau ferré,
i gros tiflù ferré:
ard elle tenoit,
•c elle prenoitjt
Diane compagne:
route la montagne
plus fort aimée
ri]j
Mais
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l^CT.
LIVRE II. DE LÀ
Et comme eftoit de luy «compter prcfte,
Dedans quel bois avoit cfté en quefte.
Il PempcCcha, Pembraflant ferme & fort:
Si fe déclare, ufant de grand effort.
Elle de luy met peine à fc deffaire
Autant pour vray que femme fçauroit faire;
Quexpleuft aux Dieux > Junô> que veoir la peuffci!
Vers elle ufé de plus grand' douceur euflès:
Moult fe débat: mais où pourroit-on prendre
Fille, qui peuft d*un tel Dieu fe defFendre?
Au Ciel après yiftorieux il monte,
Et Califlo pleine d'ennuy & honte,
Faifant en l'air fa cômplaind^e & querelle.
En haine print la forefî maquerelle :
D'où s'en allant, tant eut le cueur fàifi
Et perturbé, qu'elle oublia quafi
Ses dards, fa trouflè, & fon arc deflcndu
Qui là efloit contre un arbre pendu.
Surce voicy (avec fa chafte bande}
Venir Diane aval la forefl grande^
De Menalon, bien fiere en fbn courage
D'avoir occis mainte beffc faavagc:
Si apperceut la Nymphe, & l'appella.
Elle l'oyant, fbudain fe reculla,
Et de prinfaut qu'eut Diane advifé.
Craignit que f\ift Jupiter defguilë :
Mais quand fès yeux en fe rçteumant, vtirent
Les Nymphes fœurs, qui leur Dame fuivirent,
Elle cogneut que ce n'eftoient cautelles,
Parquoy s'en vint droit en la trouppe d'elles.
O combien efl m^aifé, qu'on ne face
Co-
^'-&ûi2
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METAMORPHOSE. 91
Jognoiftrc aux ^ns fon crime par ia face!
Les yeux en haut à grand' peine elle dreflc.
Ne n*ofbit plus coftoïcr fa maiftrefle,
Ne cheminer en fon reng la première,
Comme elle efteit paravant couftumiere:
Ains ne dit mot, & rougiflant eefinoigne
Qu'en fon honneur elle a receu vergongne:
Voire & ne fuft que Diane eft puceile>
Juger euft peu de la coulpe d^içelle
En cent façpns, & dit-on que fçs fbcurs
Cogneurent bien du fait des fîgnes fèurs.
Le temps coula, & la lime cornue
Jufqu'à neuf fois cftoit jà revenue ,
Quand il advint qu'au retour de la chaflc
Diane eftant du chaut pefànte & laflè.
Entra dedans une forcft ramée.
D'arbres efpais à Tentour bien fermée.
Où murmurant un clef ruiflfeau couloit,
Duquel le ikble au fons de Teau rouloit.
Après qu'elle eut de fa divine bouche
Loué le lieu. Peau du pied elle touche:
Puis dit ainfij Loing de nous pour le moins,
Sont à prefènt rcgardeurs & tefmoings:
Je fuis d'avis, mes filles cher tenues.
Qu'en ce beau lieu nous baignons toutes nues.
> A ce mot-là rougit la povre fille:
Toute la troupe adonc fe deshabille ,
Fors Califto, qui trifte & penfive eft:
Voyant cela, chafcûne la deveft.
Et dès que fut mife jus (à vcfture.
Avec le corps parut fa forfaéhire:
M 2 Dont
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?2
LIVRE II. DE LA
Dont plus avant en trouble & pclir die entre.
Et comme veut des mains cacher fon ventre,
Va (dit Diane) ailleurs ton corps mouiller,
Et le facré ruiflèau ne vien fouiller,
Luy commandant, puis qu*elle eftoit enceinâre.
De s'en aller hors de la bande fainâe.
Juno Pecflè arrogante & auftere
De longue-main favoit tout ce myftere.
Et attendit l'heure propre & le poinft ,
Pour s*en venger grefVement & appoint
Or de tarder n'avoit pJus caufe aucune ,
Et ce qui plus augmentoit fa rencune.
Son ennemie avoit jà fait Tenfânt
Nommé Arcas, en beauté triomphant:
Devers lequel Juno plaine de rage
Tourna fcs yeux & fbn cruel courage,
Difant ainfî : Adultère villaine,
Encor falloit qu'eufles la pance plaine.
Et que Je tort que de toy j*ay reccu
Fufl par ton fruiâ: manifeflé & fceu.
Et que par-là fiifl auflî tefmoigné
Le deshonneur qu'a mon mary gaigné»
Mais impunie or' ne té laiflèray ,
Car pour jamais ta forme efïàccray,
Qui trop te plaift & qui trop fut prifce
De mon mary, garfc mal advifëe.
Ces mots finis, de main cruelle & forte
La prend au poil, & par terre la porte
Le front premier : elle la fuppliant,
Luy tend les bras bien fort s*humiliant.
Ses bras adonc, ainfî qu*ils s'avancèrent, _
Un
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E IL DELA
£i qu'en mont ne rocher
our&s approcher :
e peur fè deibfpere ,
Lix fuit Lycaoa ion père.
m iùrvint Ton fils Arcas y
y ignorant tout le cas»
beftes pourchaflèr y
boÎ8 pour chaflèr y
& filets eut tendus
bois d'Erymanthus y
fus à ÙL mère il court :
r pieds s^arrefta court y
W çongnoiflance bonne
rcas adonc s*eftonne,
ïâc e(povanté ,
) en luy tousjours planté :
ae {a mère fiift telle ,
près s^approdier d'elle :
frefcbement efmoulu y
rrcr Ta voulu,
(graine deffence »
mpeichant cette ofTence:
m Tair haut emportez ,
les a eran(portez
rà il en feit deux fignes
en maofions voiTmes.
^8 que devant (es yeux
El adverfaire gux cieux :
:n mer s'en eft venue
Déeflfe chenue >
deux pour leurs vieillefles
:lt
Moult
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V
R E IL D E L A
cueur, commander vous prions
que les Septentrions
nt , & les Aftres chaflez
xc au ciel font advancez :
Torde concubine
;nc en Teau pure marine.
i fa demande impetra
ncr , puis dedans Tair entra
ic limons dorez ,
bien painârs & colores^,
rs des yeux d'Argus tué ,
' fut ton pennage mué ,
, qui ayois de couftumc
ie porter blanche plume.
>ar moy ores chanté
)lanc & argenté ,
lUX colombelles coyes ,
r ne devoir rien aux oyes i
evoient le capitole ,
c, qui loing des eaux ne vole :
^it fa langue de dommage ^
blanc^ il porte noir plumage,
fille en toute Aemonie
ice & beauté mieux garnie
la Nymphe Lariflëe ,
c fur toutes en penfée ,
rge, ou elle ayant forftiiâ: :
i s*apperceut de ion foid,
jamais le divertir
fon maiftre en advertir.
corneille efvoléc
(Pour
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58 L I V R E IL D E L A
Et pour avoir efté mal taciturne ,
Va devant moy la chevêche nodume.
Certes ma peine y & ma punition
Doit eftre exemple & admonition
A tous oiicaux de quelconque plumage y
De ne cercher par leur langue dommage.
Tu me diras f qu'en mon premier degré >
Jamais Pallas ne me print de fon gré >
Ne lans l'avoir de ce bien fort requife :
Quand tu Tauras elle-mefmes enquifè ^
Point ne voudra (quoy que irritée Taye^
Nier, ce croy-je ^ une chofè fi vraye :
Car (çavoir dois ^ que jadis je jFîiz née
Dedans Phocis , du noble Coronée ,
Qui me nourrit en triumphant arroi :
Chacun le fçait , j'eftois fille de Roy :
Et maintz Seigneurs (je le dys fiins ventance)
Riches & grans cerchoient mon accoin£bnce.
Las s ma beauté me cauik dueil amer :
Car comme un jour fitr le bort de la mer
Je m'en allois pas à pas pourmenant »
Comme je fais encores maintenant >
Le Dieu des eaux me veit , & m'efcria ,
Et plein d'ardeur de l'aymcr me pria :
Puis quand (on tem^ y & fa douce reqUefte
Perdre (cntit , la force meit en quefte :
Me fuit , je fui , j'abandonne la rive ,
Et en fuïant je voy qu'en vain j'eflrive :
Dont j'appclay & Dieux 3 & humains. Scanmc,
Ma voix ne vint en nulle oreiHe d'homme :
Pallas 3 fans plus > en fbuvenance m'eut »
%m
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Lors le corbeau > fe moquant » refpondic
A toy fans plus puiflè nuire ton dit :
Quant eft à moy , ces prefages menteurs
J'ay à mefpris » & tous leurs inventeurs :
Puis acheva fon chemin commencé ,
£t à Phebus compter s^eft advancé >
Que Coronis a veuë » en aâe fale ,
Couchée avec un beau fils de Theflale.
Dès que Phébus entendit que s'amie ,
Eftoit Tombée en fi lourde infamie ,
Du chef tomba fa couronne laurée :
Luy cheut auflî la beauté colorée
De fon clair vis , & Parchet de fa lirç.
Lors à la chaude enflé d'une telle ire
Enfonfa Parc d*une force robufte ^
Et de fa flèche inévitable & jufle
Tout à travers a la poiârrine poinfte ^
Qui tant de foys à la fîenne fut joinûc.
Sentant le coup la dolente gémit.
Le fer trenchant hors de la playe mit.
Dont en maintz lieux fa chair bFanche & polie
De rouge fang fut trempée & falie :
Difant, Ami, bien me pouvois defFairc,
Mais tu devois Tenfant me laifler faire ;
Or nous convient , puis qu*il plaift à FcHtune ,
Prefèntement trefpaflfer deux en une.
Sur ce point Pâme avec le fang rendit ,
Et la froideur par le corps s*efpandit
Las, dé fi dure aigre punition
Receut l*amant tarde contrition :
Grand mal fè veut dont le rapport ouît>
Et
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METAMORPHOSE. loi
Et dont fi fort fbn ire Pesbiouit:
Maudit ToifèaU) qui l'a contrainâ: (ça voir
Ce qui luy feit tant de trifteflc avoir:
Sa troufle hait 9 & fbn arc > & fa main»
Avec le traift qui trop fut inhumain.
S'amic efchaufFc: & nettoyant fa playc
Par un fecours trop tard venu s^eflàyc
A fiirmonter la mort dure & perverfe.
Et l'art en vain de médecine exerce.
Ce que voyant, & le feu alumer
Pour le corps ardre, & la cendre inhumer.
Point ne pleura, car il n'affiert aux Dieux
Mouiller leur face avecques larmes d'yeux.
Mais un fbufpir tira de cueur profond.
Non autrement, ne moins grand que les font
Ceux qui les beufz, avec un maillet, tuent.
Lors que le coup, pour les ailbmmer, ruent.
Après pourtant que fa jadis aymée
D'ingrate odeur Phebus eut embaumée.
Que plainfte l'eut, & çmbrafKe avecqucs.
Et mys à fin l'injufle droiâ: d'obièques.
Pas ne foufirit fa divine démence
Au mefine feu veoir périr fa fèmence:
Ainçois l'enfant, prochain de mort amere^
Tira du feu, & du ventre à fa mère:
Puis le porta luy-me(me en fon giron.
Dedans' la foflè au centaure Chiron.
Et le Corbeau, qui pour avcwr vray dit,
Penfbit avoir recompenfe & crédit,
Il condemna , d'une colère grande,
Des blancr Oyfeaux n'eflre plus de la bande.
N 3 Ce
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LIVRE IL DE LA
Ce temps pendant Chirott Ycsjouy flbk,
k>nt'd'un td Dieu l'enfant il nourriflbit:
r'aife qu'il a de peine le defçharge,
oyant honneur joinâ avecques fa charge: «
jr ce voicy venir efchevellée
a propre fille i Ocyfoc appellée,
bnt une nymphe accoucha , comme on treuTe>
tefliis le bort de l'impétueux fleuve
te Caicus: elle ne fut contente
^'avoir apriS) & mis en fbn etftence
>u père fien l'art de medeciner,
ins tout fon cueur meit à vaticiner,
tonc quand fureur de deviner l'eut prifc^
t qu'efchauffée elle fut, & efprife
^e cefl eQ^rit, qui bouïUoit dedans elle»
'enfant petit regarda d'un grand zelle :
^ifant, enfant^ en qui vertu abonde,
Iroiiïance prens pour l'heùr de tout k monde:
es corps mortds^ grans, moyens, Se menuz,
toy feront plufteurs foi^ bien tenuz :
niflTance auras, par ta fcience ardue,
endre la vie à qui l'aura perdue,
t dès qu'auras une fois l'ofë faire,
es Dieux du ciel débits d'un td affaire,
eront que plus faire ne !e pourras,
c par le feu de ton ayeul mourras:
t que d'un Dieu un corps mort feras fkiâ,
uis d'un corps mort \m puiflànt Dieu parfaid:
.enouvellant encore un coup ta vie,
près que mort l'aura de toy ravie.
Et toy, Chiron mon père que j'honore>
'KLaE'.
r
E
r
i
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L E IL D E L A
eft fbn parler fbrti
après amorti:
jument f? voix faifte,'
lelque voix contrefeiftc.
nit de grand courage ,
larchoient dedans Therbage:
5 l'un à Pautre s*aflèmble,
LIS cinq liez enfemble
pais &c endurcy,
uy creut la bouche auili.
us longue partie
I queue convertie,
lans en toutes pars
comme devant) efpars
a face & la voix
:ux à la fois :
tnonftrueux la tournèrent
de jument luy donnèrent
1 cher père efpandit,
iècours attendit,
ds rompre l'ordonnance
en ta puifliance:
nift la puiflànce efté,
i ailleurs arrcfté:
>s Meflcniens à Theurc
Dis ta demeure:
que rhabit de berger
te convint charger,
la mode rurale
. flufte paftorale.
u'en tes amours penfbis,
Ou
iikS^
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.IVRE II. DE LA
glauros nota de prime face
[ercure y & eut bien cefte audace
[uerir du nom d'un (i grand Dieu>
'a mcu de venir en ce lieu.
x)ndit Mercure en cefte forte :
fuis qui les nouvelle porte
mien , & celuy eft mon père
i terre & le ciel obtempère :
uifer te veux pourquoy je vien 9
fans plus qu*à ta foeur , pour fon bien >
en bref te monftrer focur fiddle ,
tante aux enfans qu'auray d'elle :
que c'cft ? d'Herfë fuis amoureux 9
^orifè à Pâmant douloureux !
4glauros vint à le regarder
nés œil qui ne fè fceut garder
n'aguere, en trop grand* hzrdicGh ,
fecret de Pallas la Déeflc :
ir loyer du plaifir qu'il demande >
landa de Tor quantité grande ,
: & quant de defloger le fomme9
i tant qu'il apporte la fomme.
qui vit tous ces aftes pervers ,
\glauros jetta l'œil de travers, •
rofbnd de fon cueur courroucé ,
piment un foufpir a pouflë ,
nflcr fit Teftomac en avant ,
feu qu'elle avoit au devant,
mvint du corbillon couvert ,
jre avoit de main prophane ouvert >
elle vit par defobeiflànce
L'en-
m^^^js^^^i
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•^l^^S^jM^&j^lÊêS&^SS^^Êt'^
IIP
t I V a E U. DE LA
Toute de GiA eft & poiâriae vert» »
De noir venin eft i« Itogiie couyeitc y
Jamais ne xxt il elfe ae rencontre
Devant Tes yeu]c medbef ou malencwcrc :
Tant a de foin qut h picque 4c reCveiH*
Que point ne dore » «tns fon oqîl tovsjours T«ilk »
Pour voir s'il vient honaour ou bico à TbonuM:
£t le vopnt ic dedeebe 6c coofiHnnet
Si qu'ofFbnfant enièpible dt oâ^nfèe
Et fon tourment & donae V'sifakÇéo.
Pallas, pourtant» qw)i que i%B l'iiimaft point ^
Luy a parlé brefVcfflent en ce poinâ :
)Dc ton noir fang empoifonne & enchante
Du Roy Cecrops cefte fille mefchante
Qu'on nomme Agiaure: or va fi onc allas»
Ainfi le faut A tant fè teut Pallas,
Et repouflant de fz picque la terre
Print à fuir , & deflogea grand* erre :
Et s'enfuyant , Envie rechignée
D'un mauvais ml de travers 1^ guignée ^
Entre (es dentz murmurante & defpite
De la valeur qui en Pallas habite.
Puis print en main ibn bafton plein de neudz»
Entortillé d'un lien épineux »
Et d'une nue obfcure bien couverte :
Par où pafibit renverfbit Pherbe rerte ,
Les champs fleuris çà & là defl^choit »
Et des pavots les tcftes arrachoit-,
Villes y maiibns , & peuples , la vilaine
Contaminoit de fa puante halaine.
Finablement de Minerve va voir
I
i^'W.ïJ^
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Goc5gfë
CSt!ê(\
METAMORPHOSE.
La grand' cité triumphante en (çavoir,
'entendement & richoflës puiâânte,
leine d'esbacs > & en paix fioriflante :
e que voyant Envie Pexecrable,
tiafi pleura» n'y trouvant nen pleurabic.
s quand d'Aglaore en h cluunbrc fc vcit ,
ins que bouger» fk commiffion fie »
t de fa main tamâe de vieille rouille,
remierement la poiârine luy (buiUe»
uis luy emplit Itntoar du cueur d'elpines»
t luy foufflajufqnes aux inteftines
>n noir venin qui aux os s'eftendît ,
t au milieu du pcmlmon s'e^>andit »
t puis afin que la cauie récente
fa douleur loîa d'elle ne s'abfènte,
vant fçs yeux luy met iâ ioeur germaine^
vant (es yeux à tous coaps luy amainé
tourtraidle au vif de Mercure l'image ,
t de 'COUS deux fexcelleiit mariage,
aifant bien grande une chafcune chofe :
Dont Aglaures ibuffinoit douleur enctofe
n cueur marri, fi que triile de jour,
Trifte de nuiA, gemiflbit ians fcjour ,
Fondant fiir pieds d'ennuy & maltalent
Comme la glace au foleil fbible & knt :
Et de l'honneur de la bien heureufe Herfc ,
Ne plus ne moins ardoit la fœur pcrvcrfe ,
Qu'herbes des champs, qui au feu mifes fument,
Et peu-à-peu fans flamber fc confiiment.
Par plufieurs Fois fut fouhaittant la mort
Pour ne voir plus le bien qui tant la mord:
ill
Par
^^
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iix L I V R E IL D E L A
Par plufîeurs fois à ion père plein d'ire
Voulut en mal le cas compter & dire :
Enfin voyant Mercurius venir,
S'en va allifè à la porte tenir
Pour le chaflcr : il Paborde , il la flatte ,
n la fupplie : ofte-toy , dit Pingratte,
Car de ce lieu jamais ne bougerai ,
Jufques à tant que t'en deflogerai :
Et bien , dit-il , fuivant ton ordonnance ,
Content je fuis de cefte convenance.
^ Mercure adone de fa verge charmée
Ouvrit la porte à gros verroux fermécj
Et elle aflîfe , en fè cuidant lever ,
Sentit fbn corps fi pcfamment grever ,
Qu'onques ne iceut mouvoir une joinéhire:
Sur pieds fe mettre eflaya d'aventure,
Mais ies genoux ie prindrent à roidir.
Et peu-à-pcu (es ongles à froidir.
Coniequemment , perdant fbn fàng, les veines
Lui devenoient bien fort pafles & vaines.
Et comme on voit que le chancre incurable
Gaigne pays fur un corps miferable ,
Et tant s'efpand qu'aux parties gaftées
Sont bien fbuvent les faines adjouftées :
Ainfi froideur & mortifère glace
Print peu-à-peu en (à poiftrine place,
Luy eflouppant les conduits de la vie,
Et le refpir fans lequel on defvie :
Ny ne fc mit en effort de parler :
Et ores quand s'en fiifl voulu méfier ,
Sa voix n'avoit paflage , n'ouverture :
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LIVRE II. DE LA
rme priât d'un Taureau mugiCfant ,
smina fur rhcrbc vendiflaat
les beufs: bel cflok le poffiblc :
aleur fut de Uanciicur tndic^>le ,
fembloit d'aucun pied non foulée >
ir Aufler plaWeux cfoQuiée :
ufcles a un gros col érident :
^(lomac eft fa gongc pendant >
s avoit certainement petii?es ,
à les voû: un chacim les ei^ diâes
s de main à bien <M2vn6r idoine ,
nfluifoient plus -que pur caflidoine.
>nt n'a voit ridé ne redout<d>le5
nt £oiz peu la veuë ^fpouvantable :
finon paix y ai la face n'ayoic
fille au Roy qui de bon cueur le veoit,
lit fort de ce qu'il -eft fi beau ,
il ne faiét guerre à nul du troupeair.
quoi qu'il euft de la douceur beaucoup,
iprocher craignit du premier coup :
s'approche , & fleurs & herbe frandhc
poru près de fa gueulle blanche :
eut l'amant ira mcrveilbox piaiik :
endant ion eiperé écùr ^
la main de la viei^ge tBode&c :
u s'en faut qu'il ne prenne le icAc
fe joue à die expreflement »
l'aflèurer peu^-pou doucemeoc :
il faute au milieu des prez vers »
fe veautre en l'areine à l'enviecs.
[uand il woit qu'elle n'câ: phis farouchct
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£c de fa main virginale luy orne
T)e frcfchcs fleurs , Se Tune & l'autre corne,
lEnfîn elle a telle hardieflë priiè ,
^^e fur le dos du Taureau s^eft affifc,
^ans fçavoir , las > à qui elle Ce frotté.
IXors pas à pas droiâ: à la mer qui flotte
31 la porta : & dès qu'il y arrive ,
^Ji mis fès pieds dedans l'eau de la rive.
3>e-là fbudain ^ plus outre fe tranfporte ^
I£t fbn butin parmi la mer emporte.
3La peur la prend , & regarde eftonnée
II>esjà de loin la rive abandonnée :
IDe la main dextre une des cornes tient ,
'JDe l'autre main fur le dos le fbuflienc »
JBc les habits de fbye & fine toile
JBranfloient en Tair 6c au vent firent voile.
P 2
HIS.
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Iltf
HISTOIRE
DE
LEANDER ET HERO.
CLEMENT MAROT
AUX LECTEURS.
if4i.
; Peine étoit la prefente*hiftoirc hors de mes mains
] (Lcfteurs débonnaires) que je ne fçay quel ava-
* re Libraire de Paris y qui la guerroie au paflage,
[ la rrouva & Temporra rour ainfi qu'un loup aftà-
I mé-emporre une brebis , puis me la va imprimer
[ en bifterie du Palais, c*efl: à fçavoir en belle ap-
parence de papier & de lerrre, mais les Vers fi corrompus, &
le fèns fi deflïré que vous euffiez dift que c'eftoir ladirre brebis çj\
efchappée d'entre les dents du loup : Se qui pis eft, ceux dePoi- S^
tiers rrompez fiir l'exemplaire des autres , m'en ont fair auranr.
Quand je vy le fruift de mes labeurs ainfi accouftré , je vous laif-
fe à penfer de quel cœur je donnay au diable monfieur le babouin
de Parilîen , car à la vérité il fembloit qu'il euft auranr pris de
peine à gafter mon livre que mby à le bien rraduyre. Ce que voy-
anr en paffànr par la noble ville de Lyon , je priay maiftre Se-
baftien Griphius excellenr homme en l'arr de l'Imprimerie , d*y
vouloir merrre la main , ce qu'il a fair , & le vous a imprimé bien
corrcft, & fur la copie de l'aureur, lequel vous prie (pourvoftre
conrenrement & le nen) fi avez envie d'en lire, de vous arrêter
à ceux-cy. Dieu Tout-puiflànt foir roujours voftre garde. De
Lyon ce 20«. jour d'Odlobre if+i.
HIS-
* T^é de l'édition originale de Griphius in 8. Lyon 1^41 •
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Jil
«'7
HISTOIRE
D E
LEANDER ET HERO.
[Ufe, di-moy le flambeau qu*on fit luire
Pour les amours fecrettes mieux conduire,
Di-moy Tamant > qui nouant en la mer
Alloit de nuiâ: les nopces confommer :
Et le noéhirne embraflèment receu >
Qui d'Aurora ne fut onc apperceu
Ne defcouvert. Declaire moy au refte
Les hiurs d'Abyde, & la grand* tour de Sefte :
Là où Hero, par amour, tant ofa ,
Que Leander de nuiâ elle eipoufa.
J'oy Leander desjà nouer, ce ièmble ,
Et flamboyer le flambeau tout enfemble :
Flambeau luifant annonçant la nouvelle
De (èiire amour , & qui d'Hero la belle
Toute la nuiâ: la fefte décora ,
Quand le doux fruid des nopces favoura:
Flambeau d'amour, le fignal mis exprès,
Que Jupiter devoit planter auprès
Des aftres clers , pour le haut bénéfice
D'avoir fi bien de nuift faiâ: fon office.
Et le nommer l'eftoille bien heureufe.
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M»^
m
ii8 HIST, DE LEANDI
Favorifant toute efpoufë amoureufe :
Car il fervît Amour ca (es négoces ^
£t fi fauva ceihiyJâ qui aux nopces
Alla & vint par les undes (buvent,
Ains que le fort & trop malheureux vent
Se faft efmeu. Vien donc ma Mufe, afin
De me chanter le tout jufqu'à la fin:
Qui telle fiit, que par un dur efclandre
Elle eftaignit le flambeau, & Leandre.
Sefte jadis fut ville fréquentée:
Vis à vis d'elle Abide eftoit plantée ,
Et entre deux flottoit Teau de la Mer.
En ces deux lieux Cupido Dieu d'aimer
Tira de Tare une mefme (agettê,
Rendant d'un coup â £ès flambes (ujette
Une pucelle, & un adolefcent
Nommé Leandre agréable entre cent.
Et l'autre Hero, pucelle desjà meure.
Elle faifbit en Sefte fa demeure,
Luy en Abide : Se furent en leurs ans
Des deux citez les deux aftres luifàns
Pareils entr'eux. Je te fuppli, Ledteur,
Quand par la mer feras navigateur,
Fais moi ce bien (fi pafles là autour}
De t'enquerir d'une certaine Tour,
Là où Hero (un temps fut} demouroit.
Et des créneaux à Leandre efclairoit:
De demander mefmement te fbuviennc
La mer bruyant d' Abide l'ancienne, -
Qui en fbn bruit plaint encores bien fort
De Leander, èç l'amour, & la mort
m
Mais
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HIST. DE LEANDER
drcnt lors les peuples infinis,
ibitoient les petites & grandes
'autour, tous y vindrcnt par bandes,
is de Cypre à la cerimonie
nt les uns, les autres d'Hemonie.
5 du monde en toute Cytheréc
^n faubourg , ne cité demourée.
it danfeur, ny autre demoiirant
Lyban, le mont bien odorant,
rigien (tant aymaft le fcjour)
î couruft veoir la fefte ce jour.
:eux d'Abide aux Seftiens voifine,
ouvenceaux qu'Amour tient en £àifîne
: venus: car volontiers ils vont
Pon dit que les feftes fe font,
3ur y voir des Dames les beautez,
our offrir leurs dons fur les autels.
ans le Temple où fè fàifbit la fefte,
narchoit en gravité honnefte,
nt par tout de fa face amiable
plendeur à tous yeux agréable:
blancheur au vifage elle avoit,
îynthia, quand lever on la veoit:
ir le haut des joues paroiflbient
cercles ronds qui un peu rougiflbient,
e le fons d'une rofe nayfve,
de blanche & rouge couleur vive,
euflîez dit ce corps tant bien formé
T im champ de rofcs tout femé:
ar deflus fà blancheur non pareille,
:rge eftoit de membres fî vermeille.
ET H E R O.
Qu'en cheminant > fès habits blancs & longs
Monftroient par fois deux rofcs aux talons.
D'elle au furplus fbrtoient bien apparentes
Grâces fans nombre, & toutes différentes.
Vrai eft qu'en tout, trois Grâces nous font paind
Des Anciens: mais ce ne font que fainteS)
Veu que d'Hero un chafcun œil friant ,
Multiplioit cent grâces en riant:
Si que Venus (fi trop ne me deçoi}
Avoit trouvé nonnain digne de foi.
Ainfi paflant de beauté toutes celles.
Qu'on eftimoit en fon temps les plus belles.
L'humble novice à Venus bien décente
Apparoiffbit une Venus récente:
Dont il advint, quand ainfî Ce monfh-a.
Qu'aux tendres cueurs des jouvenceaux entra >
Et n'en fut un, qui n'euft eh fon courage
Defir d'avoir Hero par mariage.
Chacun l'admire, & chacun la contemple.
Si qu'en allant ça & là par le Temple,
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ET H E R O.
L'œil eft la voye, & quand frappé fe fenc*
La jrfaye coule, & droift au cueur defccnt
Si devint lors Pâmant dont je vous compte,
Ravi, tremblant, tout honteux, & fans honte.
Du cueur trembla, honte le tenoit pris.
Ravi eftoit en beauté de tel prix.
Finablement amour l'a tant dompté.
Que de honteux le rendit eshonté.
Par amour dont de fbi-mefmes cherchant
A n'avoir honte, il s'en aloit marchant
Tout pas à pas, & print l'audace après
De coftoyer la vierge d'aflèz près:
Puis de travers tourne de bonne grâce
Ses yeux tous pleins d'amoureufè fallace:
En l'induifant par fignes, fans mot dire,
A defirer la chofè qu'il defîre.
Incontinent qu'elle ie veit aimée.
Bien aife fut fe fentant eftimée.
Et plufieurs fois tout bellement baifla
Sa belle face, & puis la redreflà:
Guignant de l'œil Leander doucement, (*}
Qui en fbn cueur fut aifè grandement,
J)e ce qu'Hero fbn amour entendit,
Xt l'entendant, point ne fè défendit.
Donques tandis que fbn heure oportune
m efpioit pour fuivre fa fortune.
^M
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H I ST.
Qui jà du jour tcfmoignoit le départ.
Parquoy voyant le jouvenceau Leandre
De toutes pars les ténèbres s'efpandre.
Plus hardiment d*elle s'approcher ofe,
Et luy ferra les doigts plus blancs que ro(è,
En fbufpirant5 & elle fans mot dire.
Comme en couroux fà main blanche retire.
Dès qu'il fèntit aux gefles la penfce
d'Hero, en branfle & demi eflancée,
De la. tirer print très bien Tadventure
Par Tun des plis de fa riche vefhire ,
La deflOurnant, & la menant adonc
A Pun des bouts du temple, & grand & long
Et elle «lloit après luy pas à pas
Tout lentement, comme ne voulant pas.
Puis de prop)os féminins Pa tencé
Difant ainfî: Efles-vous infenfe,
Mon gentilhomme? entreprenez-vous bien
D'ainfî tirer une fille de bien?
Croyez qu*icy fbrt mal vous adreflcz:
Allez ailleurs, & ma robe laiflez.
Que n'efprouviez , à voflre grand dommage.
L'ire, & fureur de mon grand parentage.
Prier d'amour efl chofe défendue
Nonnain, qui s'efl vierge à Venus rendue:
Et n'efl loifîble inventer achoifbn
D'aller au li£b de fille de maifbn.
Telle parole aux filles convenable
Tenoit Hero à l'amant bien aimable.
Et quand Leandre eut de la vierge ouy
Le doux courroux , il fut tout resjouy ,
Scn-
:m
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I xs HIST. DE LEANDER
Pour humble fèrf > ou mari, fi tu veux :
Serf que pour toy Cupido a vené ,
A coups de traiâ pourfuivi & mené y
Ufant , helas , en moy de tel effort
Que fit Mercure en Hercules le fort ,
Quand le mena fous fa verge dorée »
Servir la Nymphe en Lydie honorée.
Las quant à moy» Venus au beau corfàge
M'a rendu tien y non Mercure le fage.
O noble vierge, il ne faut qu'on te die
D'Athalanta la belle d'Arcadie :
Tu fçais comment en amour foulager^
Ne vouloit pas le beau Mcleager ,
Pour demourer tousjours vierge obftinée:
Mais au moyen de Venus indignée ,
Elle devint de luy plus amoureufe
Qu'auparavant ne luy fut rigoureufè.
Pourtant , mamie , aux choies que j'ay diâes
Te faut renger, que Venus tu n'irrites-
Ainfî l'amant perfuadoit de bouche
La belle Hero encor toute i^rouche ,
Si que les mots tant doux qu'ouis elle a
Firent fon cueor vaciller çà & là.
La vierge adonc muette devenue,
Sa veuë en terre a longuement tenue ,
Cachant fa face, en laquelle luy monte
Le fang vermeil tefmoignage de honte ,
Plus cheminant penfive fe monftroit,
Et fans befoin bien fouvent accouftroit
Ses veflemens , tous flgnes en partie
D'une pucelle à aimer convertie:
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E r H E R O.
Et filcncc eft la promcflc accordée
De toute fille ainfi perfuadée.
Or fentoit jà ceftc-cy les fecouflès
Et aiguillons des amours aigres douces >
Pource qu'en cucur fi noble & de haut prix
Facilement le doux feu s*eftoit pris ,
Puis esbahie eftoit d'aune cofté
Du doux Leandre & de fii grand' beauté^
Donc cependant qu'en la terre fcs yeux
Elle eut fichez ^ Leander curieux ,
Et plein d'amour de voir n'eftoit laflè
Son tendre col , qu'elle tenoit baiflë y ;
Lequel pourtant finablement leva ,
Puis rougiflant ainfi dire elle va.
Je ne croy pas> fèigneur , que le pouvoir
Tu n'euOles bien d'une roche efinouvoir
Par tes devis. Qui t'a faiâ: fi fçavant
A mettre mots deceptife en avant >
O povre moy ! & qui fa incité
De venir voir mon païs de cité ?
Si efl-ce en vain que m'as propos tenu :
Car veu qu'errant tu es & incongnu,
Et qu'en toi n^a fcureté de fiance , (*}
Comment peux-tu avoir mon alliance ?
Nous ne pouvons (pour bien te l'expofcr}'
Publiquement tous deux nous efpoufèr)
Pource que j^ai mes parens au contraire :
Et quand voudrois par deçà te retraire y
En te faignant perfbnne fugitive ,
Tu ne pourrois cacher l'amour furtive :
127
Car
(*) Sittrêté défiance.) Us Editiof» de CoiToaxt 8c i^VAngàkt mm90X finrité m fisnn^
ce qui me paroSt beaucoup mieux.
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i
1x8 HIST. DE LEANDER
Car en tout tems les langues font amies
De feux rapports & toutes infemies :
Et ce que feire en fecret on prétend ,
En plein marché malebouche Tentend :
Ce neantmoins y je te pri que je fâche
D'où tu es né 9 & ton nom ne me cache î
Si quiers le mien , ne te diray de non : (*)
Sache de vray , qu'Hero eft mon droit nom »
Et ma maifbn une tour haute & droite ^
Là où j'habite, en menant vie e{lroiâe^
Sans entretien de perfonnc vivante,
Fors feulement d'une fimple fcrvante.
Cefte grand* tour devant Sefle a fbn efbc
Sur creux rivage, auquel de ma feneflrc
Me font les flots de la mer apparens :
Tel fut l'advis de mes rudes parens.
Autres voifins autour de moy ne hantent.
Ne jeunes gens point n'y danfent, ne chantent, (f^
Mais fans cefler, & de jour & de nuiâ:,
La mer venteufe à l'oreille me bruit.
Adonc Hero honteufe de rechef.
Vers fbn manteau baiflà un peu le chef.
Et en couvrit fa fece illuflrc & claire,
Penfant en fby , Hero que veux-tu faire ?
De l'autre part , Leander d'un e}(trefme
Defîr qu'il a, confulte avec fby-mefme ,
Comme il pourra devenir fî heureux ,
De parvenir au combat amoureux.
Certes amour variable en confeil
Fait
(^ N# ti dlrttt dt ncn,'] Les premières Editions de Corrotet 8c tie Langelfer de \f^i, met-
tent. Je m t$ Mrsi non. Ce que je trouve beaucoup mieux.
(t) Nf yunes gtns foînt n'y innftnt^ m chantein.] L'Edition de Gilles Co^roi^t de if4f.
in 4. met ce vers aioll, Et jetmes gens n*y éUnfenf , é" ^*y chsnten$ j ce qui me parolt beau-
coup mieux.
;.^i&
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Googld^
:^'i
TS*^
R O.
"Fait playe aux cueurs, puis baille l'appareil : (*)
Et luy, par qui fommes tous furmontez , (f)
Concilie ceux qu'il a pris & domptez.
Ainfi fit-il , ainfî donna fècours
-^ Leander, qui après tous diicçurs
"Trifte, & fsàùnt d'un vray amant l'office,
"Va dire un mot plein de grand artifice.
Vierge (dit-il) tant peu craintif fcray,
<5i»e l'alpre mer pour toy je paflèray ,
3^u.ft-ce un endroiâ: d'innavigable gouffre ,
^Voiré fuft l'eau bouillante en fèu & fouffrc :
'Je ne crains point la mer dcfefpcréc,
<2S'il faut aller en ta chambre parée :
JEt fi n'aurai frayeur en efcoutant
lir'horrible Bruit de la grand* mer flottant :
— Ains tous les foirs mouillé , fans peur ne honte
^I2^agerai nud en la mer Hellefponte :
ar il y a diflance adez petite
e la cité Abydaine où j'habite s
ufques chez toi : fais moi ^ fans plus ^ ce tour
e me monflrer fiir le haut de ta tour
uelque lanterne ou brandon flamboyant
•cvers la nuiâ: , aflin qu'en le voyant,
e fois d'amour le navire fans voile >
yant fur mer tcMi flambeau pour eftoile :
uffi affin qu'en le voyant ^ ne voye
t....fms bmlU l'MffMreH.'] L^Editioa de Gilles CoiT07et de 11*41. in 4. met
i h cmemrst fms ébtmi l'sffârnL Ces derniers mots paroif&nt mieux que »
Iny fêur mêî fêmmis tùm fifrmontix,.'] Les premières Editions mettent : Zf Ih
fêmmêsfimmmitn, : ce qui paroîp bnucoup mieux.
oME m R
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NDE
De Bootès l'occickntale voyc,
Ny Orion cniel & pluvieux ^
Ne le train kc du chariot des cieux^
Qui de venir me pourroit bien garder
A ce doux port ^ où je veux aborder.
Mais par fus tout (hdas ma chère dame}
Si tu ne veux > qu'accoup je perde Tame,
Prens garde aux ventz , vueilles avoir le Coings
Que trop eimeuz n'eftaignent au befbing
Le cler flambeau conduâeur de ma vie.
Si au furplus de (çavoir as envie » *^
Quel e(l mon nom, Leander je m'appelle»
Mary d'Hero> la gradeufe & belle.
Ainfi tous deux ordonnoicnt le décret
Du mariage entfeux clos. & fccret ,
Et de garder tout Tordre taciturne ,
Servant au fait de l'amitié nodlume.
Dont le flambeau feroit fcul tefinoignagp.
En promeftant tout d'un raefme courage.
Elle s de foire efclairer le brandqn :
Luy 9 de fe meâre en l'eau à l'abandoa
Puis coniirmans la nyi£):.de9 efpou(àilles>
Par un baifer donné en fianfailles».
Force leur fut (à regret & en vis)
Se feparer , & rompre leurs devis.
Si s'en alla Hero en fa tour haute j,
Et Leander C afin que par fa faute
Ne s'efgaraft de nuift en fon retour)
Marquoit de l'œil le chemin de la tour>
Et navnguoit vers Abyde tendant.
Penfez en vou* quam^fois cependant
nsi!
■^45iv
^
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ET H E R O.
Ont dcfifé tous deux Theure propice
JD'entrcr au lifl: d'amoureux exercice.
Or avoit jà la nuiâr, d*cux attendue ,
Sa robe noire en Tair toute eftenduë.
Et les humains rendoit par tout dormans >
brs Leander le plus- beau des amans ^
ui fur le bort de la mer pout nager
— attend , pied coy, le luifant mcflàger
e fès amours s & guette , de ce pas s
luminaire &c feu de (on treipas^
uel luy doit de loing tnonftrcr par ^gnes
droid chemin des nopces clandeftines.
Si-toft qu'Hero vit que la fiuiâ ombceufe
oircie eftoit d*ob(curté tenebreufc,
ngneufèment, comme elle avoit promis,
le flambeau en évidence mis ,
tii ne fut pas plus fubit aUumé,
ue Leander ne fufl: tout enflammé
u feu d*amour y fî que fbn cueur ravi ,
t le flambeau s'allumoient à Tenvi :
icn eft-il vray, qu'oyant les (6ns horribles
ue font en mer ces grands ondes terribles ,
1 eut en foy frayeur de prime face,
ais peu . à peu prenant cueur & audace ,
our s'afleurer parloit tout feul ainfi :
Amour eft dur , la mer crueHe auill,
n biçn y a , ce n'efl: qu^eau en la mer ,
t dedans moy ce n*eft que feu d'aîmer:
us donc mon cueur , prens le feu de ta part,
l£t ne crains Teau, qui en la mer s'cfpart.
.A ce coup faut qu'en amours me fécondes :
R a
131
De-
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1^^^
UjC
fcrtTi
H I S T. DE
131 Hi:>i. iJ t^ LEANDER
Dequoy crains-tu les vagues & les ondes ?
O cueur d'amant > n'as-tu point cognoiflance
Que Venus print des ondeç fa naiûance >
Et qu'elle a force & domination
DefTus la mer ^ & fur Tafiedtion
Qui nous conduiâ: ? Mis à fin ce propos,
Il defpouilla fes membres bien difpos ,
Et des deux mains fès habits défiiez
Autour du col a ferrez & liez :
Puis s'efloignant du bort ^ im peu en çà »
D'un faut de courfe en la mer fè lança ^
Tirant tousjours vers la clere lanterne :
Et tellement en la mer fè gouverne ^
Que luy tout feul navrant vers fa Dame
Efloit fà nef ) fbn pafleur , & fa rame.
Hero tandis qui des créneaux, efclaire >
De Ton manteau couvroit la lampe claire >
Quand s'eflevoit quelque nuifible ytvA ,
Et la garda d'eflaindre bien fbuvent ,
Jufques à tant que Leandre paflë
Au port de Sefte arriva tout laflë ,
Et que la vierge en fa tour haute & fbrte (^*}
Le fit monter: mais fâchez qu'à la porte
Elle embraflài d'amour & d'aife pleine ,
Son cher efpoux quafî tout hors d'aleine,
Ayant encor fes blancs cheveux mouillez , (t^ •
.Tout degoutans, & d'efcume fouillez.
Lors le mena dedans fbn cabinet ,
Et duand fon corps eut effùyé bien net,
D'huU-
r<^r.] Les premières Editions de Corrozet 8c deLangelier mettent ain-
f»r.
hltus cheveux mâtàiUez,] L'Edition de Gilles Corrozet de i ^41. in 4.
» jiyênt enc9rfes èUndx, cheveux mcmlUx,,
V
grjsm
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Par les amis, & les deux parentez:
Ainçois à l'heure à coucher dilpofëc
Silence fit le !i£t de re(pouf5e:
Et Pornement, & principale cure
De cefte fefte, cftoît la nui£t obfcuré :
Si qu*Aurora , qui le monde embellit,
Ne vit janrais couché dedans ce liât
Le marié: car fans jour & fans guide.
Tous les matins repaflbit vers Abyde,
Infatiable, & plein d'ardant défit
De retourner au rto£hime plaifir.
Quant à Hero , pour (ï fcurement faire,
Que fes parcns ne cogneufiènt l*afïàire,
Tousjours d*habit de nonnarn fc vefloit.
Et de jour vierge, & de nuift femme eftoit.
O quantesfois le beau jour évident
Ont fbuhaitté defcendre en Occident!
Ainfî leur grande amitié conduifbient ,
Et en plaifir fccret fe deduifbient:
Mais peu vefcu ont en cefte manière.
Et peu jouy de l*amour marinière:
Car dès que vint le bruineux Yver,
Voicy les vents tous efmeuz arriver.
Qui csbranloient les fondemens profons
De Peau débile, & battoient jufqu^au fbns,
Faifans mouvoir d*orage horriblement
Toute la mer, çà & là, tellement
Que les nochers, fuyans les eaux irées,
Avoient aux ports leurs voiles retirées.
Mais le fort vent , ne Tyver, ne Poragc
N*e(pouventa jamais ton fort courage.
O
^^
.>^
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y\^^
5^ HIST. DE LEANDER
Prioit Thetis, fè vouoit à Neptune,
Et n'oublia de dire à Boreas,
O Aquilon > qui tant labouré as
Au foiâ: d'amour pour la pucelle Attiqiie,
Entens à moy: mais nul Dieu aquatique
A fon prier n'a Poreille inclinée,
Et n'a l'amour fceu vaincre deftinée:
Car tout rompu de cefte impetueuie
Emotion de la mer fluftueufe,
Aux jambes eut les puiflances débiles,
Ses bras mouvans devindrcnt immobiles.
Et en (à gorge entroit avec l'efcume
Grand* quantité d'eau pleine d'amertume,
Finablement le vent par fa rudcflc,
Eftaindre vint la lanterne traiftrefle,
Avec la vie, & Tardante amitié
De Leander, digne de grand' pitié. ,
Tandis Hero âvoit fes beaux yeux vtrts
Toujours au guet vigilans & ouverts ,
Et lors fur pieds pleurant, penfant, refvant,
La mifcrable en fa face levant ,
Va voir du jour la claire eftoille Aurore,
Et ne voit point fon cher cfpoux encore.
Parquoy eftant jà eftaint le flambeau,
Deçà, delà, je£b fon œil tant beau
Sur le grand dos de la nier , pour favoir
Si fon ami navigant pourra voir:
Mais las, fi toft qu'elle eut jette fa veuë
Encontre bas, la povre defpourveuc
Va voir au pied de la tour, defciré
Contre les rocs, fon ami defiré.
;^^.
'^lUf^
Dont
2Sȕ
:^mrxM^
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T H E R O.
Donc par fureur rompit ion veftement
Au tour du fëin : puis tout fubitement »
Je6fant un cry de perfonne inCcnfée,
Du haut en bas de la tour s*eft lancée.
Ainfi Hero mourut le cueur marry »
D'avoir veu mort Leander fon amy : (♦)
£t après mort, qui amans deiaflemble,
Se font encor tous deux trouvez enfemble.
M7
^irfmMtm.} L'Edition de Gilles Cono^et in 4. de ij-4i. met : LumiiKt fm
<^ qai ptrou miciu.
ME m
LE
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r^
^m>^^
U G E M E N T
DE.
[NOS
Ikxandre le ^and , Amuhd de Cartha^
Romain , dit l'Africain , pris de Lucian
ies morts , au premier Tome.
E X A N D R E.
û j mon haut cueur magnanioie
ut fouffrir , que par gloire fublime
îs marcher par devant mes charrois,
à honneur, & triomphans arrois:
ulement aucun ne doit en riens
lifts d'armes aux miens :
Is) eft décent de les taire
L N N I B A L.
Je fouftien le contraire ,
à Minos l'un des Dieux,
amis en ces bas lieux'
t
#-
¥.
^'
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JUGEMENT DE MI NO S. ijp
A fouftenir le glaive de jufticc :
Dont faut , que droift avec raifbû jufte iflè
Pour un chacun.
M I N O S.
Or me didtes Seigneurs :
Qui efles-vous , qui touchant hauts honneurs
Querez avoir Tun fur l'autre advantage ?
ALEXANDRE,
Cy eft le Duc Annibal de Carthage,
Et je le grand Empereur Alexandre >
Qui feis mon nom par tous climatz efpandre
in fubjugant chafcune nation.
M I N O S.
Certes vos noms font en perfedion
>ignes de los & des gloires fuprêmes ,
)ont décorez font vos clers diadèmes :
SSi m'esbahis, qui vous a meuz enfemble
—Jlvoir débat*
ALEXANDRE.
Minos ("comme il me fèmble}
ù dois fçavoir , & n'es pas ignorant ,
u*onc ne fbufFris homme de moy plus grande
^^X^e qui à moy fîift pareil , ou efgal :
^^ais tout ainfi comme PAigle Royal
ï^ftend fbn vol plus près des airs Celeftes
Que nul oifeau , par belliqueufes geftes
S 2 yzy
hi
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140 LEJUGEMENT
J^ay fiirmaiité tous humains aux harnois :
Parquoy ne veux que ce Caith^inois
Ait bruit fur moys né coftoye ma cbaiic
M I N O S.
Qr convient donc » que l'un de vous & taifèt
Afin que Tautre ait loiûr & faiibn »
Pour racompter devant moy fa raiiba
A N N I B A L.
Certes > Minos» ceux je repuce digne?
IVeftre eflevez juiques aux cours divines
Par bon renom , qui de baflè puiilance
Sont parvenus à hautaine accroiflànce
D'honneur & biens > & qui nom glorieux
Ont conquefté par faiâz laborieux :
Ainfi que moyi qui à peu de cohorte
Me departy de Carthage la force »
Et en Sicile » où marcher deHroie,
Prins & ravy , pour ma première proye y
Une cité , Sarn^flè nommée »
Des fiers Romains très-grandement aimée >
Que maugré eux , & leur force fuperbc ,
Je pecillay aux pieds ainfi que Therbe »
Par mes haucs fàiSts & furieux combacs.
On fçait aufii ^ comme je mis au bas >
Et diflîpay ^dont gloire j'en mérite}
Des Gallicans le puifiànt exercite :
Et par quel artj moyens, & façons cautes*>
Tail.
V
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UAJ
14^ L E J U G E M E N r
Fcis cftomicr du Mcmde la monarchc,
Tousjours content, quelque part où je marche,
Le titre ièul de vray honneur avoir ,
Sans vaine gloire eh mon cucur concevoir.
Comme ceftuy, qui pour occafion
D'une incredible & vaine vifiôn,
La nui£b dormant, apparue à fa mère.
Se difoit fils de Jupiter le père
De tous humains, aux aftres honoré.
Et, comme Dieu, voulut eftre adoré.
Ainçois, Minos, tousjours & ainfi comme
Petit (buldart me fuis réputé homme
Carthaginois, qui pour heur ou 'malheur,
Ne fuz attainft de liefle ou douleur.
Puis on cognoift, comm* au pays d'Afrique,
Durant mes jours, à la chofe publique
Me fuis voulu vray obeiflant joindre:
Et qu'ainfi fbit, ainfi comme le moindre
De tout mon Ofl:, au fimple mandement
Des mes confbrs , conduz fbudainemenc
De m'en partir, & addreflây ma voyc
Vers Italie, où grand defir avoye.
Que dirai plus.^ par ma grande proucfiè.
Et par vertu de fcns & hardiefle,
J'ay achevé maints autres durs efforts
Contre 6c envers les plus puifiàns & forts.
Mes eflandars, & guidons Martiens
One ne dreflày vers les Arméniens,
Ou les Medois, qui fe rendent vaincuz,
Ains qu'employer leurs lances & efcuz:
Mais fèis trembler de main viftorieufè
Mx:
Les
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DE M I N O S.
Les plus hautains: c'eft Romme roi^ueilieufc >
Et ks fbuldacts> que lors je combads
Par maintes fois» Se non point des crainârifs>
Mais des plus fiers fêis un mor^l déluge.
Et d'autre part, Minos (comme bon juge)
Tu dois prévoir les aiies d'Alexandre :
Car dès que mort Ion père voulut prendre,
A luy, par droid, le Ropume furvint,
Et fut receu , dès que fur terre vint.
Entre les mains d'amiable Fortune,
Qui ne fut onc en fès fâiâs importune:
Et s'il veut dire avoir vaincu les Rois
Dare, & Pyrrhus, par millitans arrois,
Audi fut-il vaincu en ks délices
D'immoderez, 6c defbrdonnez vices:
Car fi Ion père aima bien en fon cucur
Du Dieu Bacchus la vineufe liqueur ,
Auffi feit-il: & fi bien s'en troubloit.
Que non pas homme , ains befte reflcmbloit.
N'occit-il pas (efbnt yvre à fa table}
Callifthenes Philofophe notable , , .
Qui reprenoit, par difcretes pàroHesi
Les fiennes moeurs, viciéufes & folles?
Certainement vice fi deteftabfe
En moy ( pctit-eflre} euftî cûé excufable,
Ou quelcun autre, en mœurs, & difciplincs
Peu introduit : mais les faindes dodtrines
Leuës avoit d'Ariftote fon maiftre.
Qui pour rinftruire, & en vertuz akrcroiftre.
Par grancf defir nuiâ: & jour rravailloit.
Et après luy trop plus qu'autre veiHoir»
»4J
Et
\^i£kA^
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144 LE JUGEMENT
Et fi ^us haut efleve ùl perfonae,
Dont en Con chef il a porté couronne.
Pourtant ne doit homme Duc dcCprifet,
Qui a vouhi entre vivans u(èr
De feas exquis, & proueflè louable,
Hus que du bien de Fortune amiable.
MIN O S.
Certes, ces faiâs de très-clere vertu
Sont décorez.. En après, que dis-tu,
Rjoy Alexandre.^
-ALEXANDRE.
A homme plein d'outr^
K'eft de beibin tenir aucun langage:
Et mefmcment la riche renommée
De mes hautz faits aux aftres fublimée,
Allez & trop te peuvent informer,
Que par fus moy ne fc doit renommer.
Aufli tous ceux de la vie mortelle
Sont cognoiflàns la raiibn eftre telle:
Mais neantmoins, pouroe qu'à maintenir
Los & honneur je veux la main tenir,
Sçache, Minos , juge plein de prudence,
Qu'en la verdeur de mon adolcfcence,
Portant en dief ma couronne invincible.
Au glaive ai^ prins vengeance terrible
(Comme vray fils) de ceux qui la main «leirent
Defliis mon père, U à mort le fubmirent:
/•.
Et
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'S^^Ê^m^m^m(-
DE M I N O S.
^Et non content du Royaume qu'avoye,
iCerchant honneur, mis & jettai en voyc
^4 es eflendars, & à flotte petite
K>c combatans, par moy fut dcfconfite
^t mife au bas en mes premiers aflàux ,
_I hcbes cité antique, & fes vafïàux:
Puis fubjugay, par puiflance Royalle,
ZToutcs citez d'Achaye, & Thcflàle,
Ec dëcouppay à foifon par les champs
Ellyriens, de mes glaives trenchans ,
ZI>ont je rendi toute Grèce esbahyc.
Par mon pouvoir fut Afîe envahie:
Lribye prins, le Pbafè furmontai:
Bref, tous les lieux où pafTay & plantai
^/fcs eftendars, redoutans ma puiilàncc,
Purent fubmis en mon obeiflance.
Le puiilant Roy Dare congnut à Tarfêt
Par quel' vigueur fut ma puiflance eiparfe
■Blncontre luy , quand ibus luy chevauchèrent
Z3cnt mil Perfbis, & fièrement marchèrent
^Ters moy de front deflbus fès eftendars
iSien trois cent mil piétons hardis ibuldars.
fuc dirai plus? quand vint à l*efchauflx:r,
vieil Charon, grand nautonnier d*Enfer,
Bien eut à faire à gouverner (a peautrc
pour celuy jour paflcr de rive en autre
Tous les efprits, qu'à bas je luy tranfmis
TDes corps humains qu'à l'efpée je mis.
A celuy jour, en la mortelle eftorce.
Pas n'efpargnay ma corporelle force.
Car aux Enfers quatre vingts mil efprits
oME m. T
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fiîkf^
1^6 LE JUGEMENT
J'envoyai lors: & fi haut cucur je pris,
Que me lançai par les flottes mortelles:
De ce font foy mes playes corporelles.
Et jà ne faut laiflèr anéantir
Mes grans combats exécutez en Tyr:
Et ne convient que le los on me raie.
D'avoir paflS le haut mont de Caucafe.
Un chacun fçait , qu'y fus tant employé.
Que tout fous moy fut rafé & ployé.
En Inde feis aborder mon charroy
Triomphamment, où Porus le fier Roy,
A fon mefchef , de mes bras efprouva
La pefanteur, quand de moy fe trouva
Prins & vaincu. Qui plus eft , je marchay
En tant de lieux, qu'à la fin detranchay
Le dur rocher , où Hercules le fort
Pour le pafler, en vain mit fon effort.
Bref, tout battis, & vainquis fans propos,
Jufques à tant que la fiere Atropos,
Seule cruelle ennemie aux humains.
Mon pouvoir large ofta hors de mes mainsi
Et s'ainfi e(l, que jadis en maint lieu
Fuflc tenu des mondains pour un Dieu,
Et du party des Dieux immortels né.
De tel* erreur pardon leur foit donné:
Car la hauteur de mes faids , & la gloire
Qu'cuz en mon temps, les mou voit à ce croire.
Encores plus: tant fuz fier belliqueur.
Que j'entreprins , & euz vouloir en cueur.
De tout le monde embrafièr & faifir.
Si fiere mort m'euft prefté le loifir. -
Or
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DE M J N O S.
Or ça, Minos, je te fuppljr, demande
A Annibàl (puis qu'il me vilipende
De doux plaifirs) fi plus il cft reçors
De fes delids de Capuë, où fbn corps
lus debrifà aux amoureux alarmes,
'à (buftenir gros bois, haches, Se armes.
e fut (a mort mefchante & furibonde,
uand par defpit de vivre au mortel monde
ut homicide & bourreau de (by-mefines ,
n avallant les ords venins extrefmes?
t pour monftrer fa XQefchance infinie»
oit demandé au Roy de Bithynie, •
it Prufias, vers lequel s'enfuit,
'il fut jamais digne de los 6c bruit,
n chafi:un fçait, qu'il fiit le plus poilu
tous plaifirs, Ac le plus difiblu:
t que par fraude, & fès trahyfbns fainâes,
1 eft venu dé fbn nom aux attainâres.
lufieurs grans faiâs il fit en maintes terres:
ais qu'efi:-ce au prix de mes bruits & tonner
tous mortels le cas eft évident,
te fi jugé n'eufile tout Occident
ftre petit , ainfi que Thefialie,
cufle pour vray (en vainquant l'Italie}
but conquefté fans occifion nulle,
ufques au lieu des colomnes d'Hercule,
ais (pour certain) je n'y daignai defcendre:
ar feulement ce haut nom Alexandre
es fit mes fèrfs redoutans mes merveilles:
arquoy, Minos, garde que tu ne vucilles.
vant le nûen fi?o honnei^ préférer.
T 2
V)\n\ï\7f^.d hv
GooQle
J U G E M EN T
S C IPIC^N.
e que veux proférer,.
sm
Wl'
M I N O s.
me es-tu nommé?
S C I P I O N.
fricain iurnommé^
i de noble expérience.
M I N O S.
je te donne audience.
5 C I P I O N.
ir ne veut dire ou pénfèr
jT je defire exaucer
ur de mes ftiiârs finguliers,
[ belliqueux chevaliers:
z de vaine gloire envie:
ft, MinoS, cntens ma vie.
que de mes jeunes ans
le furent delplaifans,
voulus tant chérir,
njeur fe mit à Tacquerir,
fcicnce peu valoir,
cil, & par ardent vouloir
6 renom vertueux,
en oeuvres frudueux.
^*
^M
Bref,
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f
DE. M I N O.S.
cf , tant aimai vertu , que dès enfance
fus nommé des Romains Teiperance.
ir quand plufieurs du Sénat esbahis
De craindc , & peur, à rendre le pays
Par maintes fois furent condefixndans >
Je de haut cueur , & aflèz jeune d'ans ,
Sailli en place, ayant le glaive au poing.
Leur rcmonftrant que pas n'cftoit befoing.
Que le der nom que par pemc & vertu
Avions acquis , fiift par honte abbatu :
Et que celuy mon ennemi feroit ,
Qui la fcntcnce ainfî prononccroit.
Lors eftimansL cela eftrc un prefage, (*)
Et que les Dieux ppur le grand advant:^
Du bien pubUc, m'avoient donné haut cueur
En aagp bas , comme un fort beUiqueur ,
Fus efleu chef de l'armée Romaine :
Dont fur le champ de bataille inhumaine
Je fis jctter mes bannières au vent.
Et Hannibal prcflày tant & fouvent.,
Qu'avec bon cueur , & bien peu de conduire
Le fis tourner en trop honteufe foitte ,
Tant qu'en la main de Rome l'excellente
Serve rcndi Carthage l'opulente :
Et toutesfois les Romains çonfiftoircs,
Après mes grans & louables viôoiïcs ,
I4P
(•) L'Edition àe Bonncmere met amfi ces vers :
Lirs coHgntiJfMm que Us divins stugstrts
tottrfubvtnir k Iturs chofts futÊsrtf ,
M»v«iertt Jmni huriitfft dt csstur
X» jtunif Mt , Mnmt »nf«rt itUiqmtssr.-
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I50 LE JUGEMENT
Auffi humain & courtois m'ont trouvé s
Qu'avant que fiiflc aux armes efprouvé.
Tous biens mondains prifai moins que petit ,
L'amour du peuple eftoit mon appétit ,
Et d'acquérir maints vertueux offices
A jeune Prince honneftes & propices.
Et d'autre part » de Carthage amenay
Maints. priforaiiers , lors que j'en retoumajr
Viftorieux : defquelz en la prefencc
Par moy fut pris le Poète Térence :
Dont aux Romains mon fâiâ: tant agréa >
Qu'en plein Sénat Cênfeur on me créa.
Ce faid , Afie , & Lybîe courus v
D'Egypte, & Grèce à force l'amour eus.
Et qu'ainfi foit , fous querelle trcs-jufte
Par plufieurs fois ma puiflance robude
Ont efprouvé. Puis je Conful voyant
Le nom Romaih jadis reflamboyant
Lors chanceler > foy ternir & abattre ,
Pour l'eflever fus conquérir & battre
Une cité de force ôc biens nantie >
DiGtc Numance > es Efpagnes baftie.
Trop long feroit (^Minos) l'entier déduire
De mes hauts fzidts » qu'on verra tousjours luire
Et d'autte part , iimple vergongne honnefte
D'en dire plus , en rien ne m'admonnefte :
Parquoy à toy en laiflc l'achoifon»
Qui içais , où font les termes de raifon.
Si t'advertis , qu'onques malheur en riens
Ne me troubla : ne pour comble de biens y
Que me donnait la Déeilè Fatale >
Clofe
V
LÏTOI
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DE M I N O S.
Clofe ne fiit ma main très-Iiberale.
Bien Vont cognu » & aflèz le prouvèrent
Après ma mort ceux qui rien ne trouvèrent
En mes trefors des biens mondains délivres.
Fors feulement d'ai^nt quatre vingts livres.
Des Dieux aufli la bonté immortelle
^'a bien voulu douer de grâce telle,
.Que cruauté & injuftice au bas
Je dejé&ay , & ne mis mes esbats
Aux vanitez & doux plaifirs menu6
De Cupido le mol fils de Venus,
Dont les déduits & mondaines enquedes
Nuifàntes font à louables conquefles.
Tous iefquels mots je ne di pour tafcber
, A leur honneur confondre .ou furmarchcr :
Ainçois le di , pour tousjours en proueflè
Du nom Romain ibuftenir la bauteflè :
Dont tu en as plus ouy referer ,
Que n*en pourroit ma langue proférer.
15 «
r«û;
LA SENTENCE DE MINOS.
CErtainement vos Martiaux ouvrages
Sont achevez de très-ardans courages :
Mais s'ainfi eft , que par vertu doive eftre
Honneur acquis , Raifon donne à cognoiftre
Que Scipion jadis foyant délices.
Et non faillant de vertu hors des lices >
D'honneur deflèrt le titre précieux
De.
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ijx LA SENTENCE DE MINOS.
Devant tous deux^ qui fuftes vicieux.
Parquoy jugeons Scipion précéder ,
Et Alexandre Annîbal excéder.
Et fi de nous la icncence importune
Eft à vous deux , demandez à Fortune,
Scelle n'a pas tousjours fâvorifé
A voftrc part. Après (bit advifë
Au trop ardant & outrageux defir ,
Qu'eufles jadis de prendre tout plaifir
A (fansceflcr} efpandre fang humain ,
Et ruyner de foudroyante main ,
Sans nul propos > la fabricque du monde :
Où Raifon feut , Vertu plus n'y abonde.
DE L'AMOUR FUGITLF
h
D E
L U C I A N.
Fiiyez cette pièce au Tome i. ^s le Chant FIIL
mWj
DES
i>*e
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f^
!««0
»55
DES VISIONS
D E
PETRARQUE,
De Thufcan en Fr an fois, (^)
N jour eftant (êulet à la fèneftre
Vei tant de cas nouveux devant mes yeux,
Que d'en tant voir fafcbé me convint cftrc.
Si m'apparut une bifche à main dextre,
Belle pour plaire au (buverain des Dieux.
Chaiëe eftoit de deux chiens envieux,
Un blanc , un noir , qui par mortel efFort
La gente befte aux flans mordoient fi fort,
Qu*au dernier pas en bref temps l*ont menée
Choir fous un roc. Et là, la cruauté
De mort vainquit une grande beauté.
Dont foufpirer me fit fa deftinée.
Puis en mer haute un navire advifoye.
Qui tout d'hebene & blanc yvoire eftoit,
A voiles d*or , & à cordes de foye :
Doux fut le vent, la mer paifible & coye ,
Le ciel par tout cler fc manifeftoit.
La
r«l Tiré d'anciennes éditions de Ckment Marot.
Tome HI. V
mw^!^
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U4
DES VISIONS
La belle nef pour fà charge portoit .
Riches trefbrs , mais tempeile fubite
En trouUant Pair» cefte mer tant irrite»
Que la nef heurte un roc caché fous l'onde.
O grand' fortune ! ô crevecueur trop gref ^
De voir périr, en un moment fi bref,
La grand' richeflè à nulle au&re féconde !
Après je vi fortir divins rameaux
D'un laurier jeune , en un nouveau bofcagç»
Et me (èmbla voir un des arbriflèaux
De Paradis , tant y avoit d'oifeaux
Diverfçment cbantans à fon ombrage:
Ces grans deliéîrs ravirent mon courage <
Et ayant l'œil fiché fur ce laurier.
Le ciel entour commence à varier ,
Et à noircir : dont la foudre grand' erre .
Vint arracher celuy plant bien heureux,
vQui me faidl: eftre à jamais langoureux ,
Car plus telle ombre on ne recouvre en tcrrc^
Au mefme bois fourdoit d'un vif rocher
Fontaine d*eau murmurant foefvfement :
De ce lieu frais tant excellent & cher ,
N'ofoient pafleurs ne bouviers approcher :
Mais mainte mufe , Se nymphe feulement ^
Qui de leurs voix accordoient doucement
Au fon de l'eau. Là j'afiis mon defir^
Et lors que plus j'y prenois de plaifir ,
Je vi , helas , de terre ouvrir un gouffre >
Qui la fontaine & le lieu dévora :
Dont le mien cueur grand regret encor a %
Et y penfant > du fèul penfer je fouf&e.
Au
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CcXki^
DE PETRARQUE.
Au bois je vi un fcul Phénix partant
Eflcs de pourpre , & le chef tout doré :
Eftrange cftoit , dont penfai en Tinftant
Voir quelque corps celefte, jufqu'à tant i
Qu'il vint à Tarbre en pièces ^ierûouré ,
Et au ruiflcau que terre a dévoré.
Que dirai plus ? Toute chofe enfin paflc.
Quand ce Phénix vit les rameaux en place >
Le tronc Tompu , Teau fèche d'autre part ,
Comme en defdain de fon bec s'eft féru 9
Et des humains fur Theure difparu :
Dont de pitié & d'amour mon cueur ard.
Enfin je vi une Dame fi belle.
Qu'en y fongcant tousjours je brufle & tremble
Entre herbe & fleurs penfive marchoit elle ,
Humble de Iby > mais contre amour rebelle :
Et blanche cotte avoit, comme il me femble ,
Faifte en tel art, que neige & or enfemble
Semblôient méfiez : mais en fiis la ceinture.
Couverte eftoit d'une grand' nuë obfcure.
Et au talon un ferpenteau la bleflè ,
Dont languiflbit comme une fleur cueillie :
Puis aflcurée en lieflc eft faillie.
Las rien ne dure au monde , que trifteflc.
O Chanfon mienne, en tes conclufîons
Di hardiment, ces fix grans Vifions
A Monfeigneur donnent un doux defir
De brcfsrement fous la terre gefîr.
I5T
SIX
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i5tf
SIX SONNETS
D E
PETRARQUE,
Sur la mort de fa Dame Laure.
Voi ch* afcolate in ryme fiarfe il fumo.
Ous qui oyez en mes rimes le fon
D*iceux foufpirs , dont moncueurnourriflbye,
Lors qu'en erreur ma jeunefle paflbyc,
N*eftant pas moy , mais bien d'autre façon :
De vains travaux dont fis rime & chanfon.
Trouver m'attens (mais qu'on les lilc & voye.}
Non pitié feule , ains excuiè en la voye ,
Où l'on cognoift Amour ce faux garfoa
Si voy-jc bien maintenant , & entens
Que long-temps fus au peuple pafletemps.
Dont à part moy , honte le cueur me ronge :
Ainfi le fruift de mon vain exercice
C'eft repentance , avec honte , & notice »
Que ce qui plaift au monde n'eft que fbnge.
Opaf
'kSSS^
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SIX SONNETS DE PETRARQ- 157
0 pafft fparjiy 0 penjier vaghi e frampti.
OPas cfpars ! O pcnfécs foudaincs !
O afpre ardeur ! O mémoire tenante !
O cueur débile ! O volonté puiflantc !
O vous mes yeux ! non plus yeux, mais fontaines.
O branche, honneur des vainqueurs capitaines!
O feule enfcigne aux Poètes duifante !
O douce erreur ! qui fous vie cuifante
Me faid aller cerchant & monts & plaines. .
O beau yiûge où amour met la bride !
Et l'efperon, dont il me poind & guide
Comme il luy plaift, & defence y eft vaine.
O gentils cueurs , & amcs amoureufcs
.- S*il en fut onc ! & vous ombres paourcufes,
Arreftez vous pour voir quelle eft ma peine.
Chi ^vuol veder fuantuih fie puo Natura. «
Qui voudra voir tout ce que peut Nature,
Contempler vienne une qui en tous lieux
iift un foleil , un foleil à mes yeux ,
Voire aux ruraux qui de vertu n'ont cure.
V3
KîCra
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i:;» SONNETS.
Et vienne tx)ft, car mort prend (tant eft dure)
Premier les bons, laiflant les vicieux,
Puis cefte-cy s'en va du reng des Dieux:
Chofe morteUc & belle bien peu dure.
S'il vient à temps verra toute beauté.
Toute vertu, & mœurs de royauté.
Joints en un corps par merveilleux lècret:
Alors dira que muette eft ma rime.
Et que clarté trop grande me fupprime.
Mais iî trop tarde, aura tousjours regret.
Lafciato hai marte fenza Sole il manJo,
MOrt, fans foleil tu as laiflë le monde.
Froid, & oblcur, fans arc Tavcugle archer.
Grâces, beautcz, preftes à tresbucher,
Moy deiblé en angoifle profonde.
Bas, & bannis font honneur & faconde.
Seul fa(ché fins, fèul.n'ai à me fàfcher:
Car de vertu fis la plante arracher,
Ceft la première, où prendrons la icconde.^
Plaindre devroicnt Pair, la mer, & la terre,
Le ggnr^ hwnain % qui comme ;»inçay fans pifrre
Eft demeuré, ou comme un pré fans fleurs:
Le
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k"^
DE P É T R A R CLU
Le monde l'eut fans la çognoiftce à l'hei
Je la cogneus, qui maintenant la pleui
Si fit le Cid» qui s'orne de mes pleui
GH Angeli eUtti è f anime heat
LE premier jour que trefpaflà la bdle
I Les purs efprits,- les Anges preciei
Sainâes, & Sainâs , citoyens des hau
Tous esbahys vindrent à l'entour d'cll'
Quelle clarté, quelle beauté nouvelle,
(Ce difoient-ils) apparoift à nos yeux
Nous n'avons veu du monde vicieux
Monter çà haut encor une ame telle.
Elle, contente aivoir changié demeure.
Se parangonne aux Anges d'heure à h
Puis coup à coup dejrricrc foy r^ardf
Si je la fuy: il femble qu'elle attend.
Dont mon dcfîr ailleurs qu'au Ciel ne
Car je l'oy bien crier que trop je tari
'im^m^i
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i6o
SONNETS
Va fiu heîU ocbi e dal fiu cbiaro vifo.
DEs plus beaux yeux, & du plus clair vif;^,
Qui onques fut, & des beaux cheveux longs.
Qui fàifbienc l*or, & le Soleil moins blonds.
Du plus doux ris, & du plus doux langage.
Des bras & mains, qui euilênt en fèrvage.
Sans fè bouger, mené les plus fêlons,
De celle qui du chef jufqu'aux talons
Sembloic divin, plus qu'humain perfbnnage^
Je prenois vie. Or d'elle iè confblent
Le Roy cclefte, & fcs courriers qui volent,
Me laiflànc nud, aveugle-en ce bas eftre:
Un fèul confort attendant à mon dueil,
Ceft que là haut, die qui i^ait mon vucil,
M'knpetrera qu'avec die puiflè eftre.
E;/-
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?x^
PIGR- DE SALMONIUS
s'attend le tien image avoir,
dis-to, la place à moy proinifè,
cefte chair au tumbeau fera mife.
: demande,, en tenant ce propos,
îfmeu de la peur d'Atropos?
ar tu as, maugré mort , afièurance
s les Dieux fera ta demeurance*
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164 LES TRISTES VERS
C'cft le jour noir, auquel faut pour painôure
De dueil monftrcr , porter noire tainfture.
Soient donc veftus de couleur noire & brune
Princes , Prélats , & toute gent commune :
Viennent auffi avec robe de dueil,
Jeunes & vieux, en plourant larmes d*œil ,
Et toute femme où Ueflc cft aperte.
De noir habit foit vcftuc & couverte.
Rivières, champs, forefts, monts & vallées.
Ce jourd'hui fbient triftcs & delblées.
Belles auilî privées & fauvage»
En douleur foient. Par fleuves & rivages
Soient gemidàns poiflbns couverts d'efcaille.
Et tous oilèaux painâ:s de diverlè taille.
Les elémens, la terre, & mer profonde,
L'air, & le feu, lune, fbleil , le Monde,
Le ciel auflî de hauteur excellente.
Et toute chofe à prefent ipit dolente :
Car c*eft le jour dolent & douloureux,
Trifte, terni, trop rude, & rigoureux:.
Maintenant donc faut ufurper & prendre
Les larmes d'œil, qu'Heracle fceut efpandre:
De Xenocrate ou de Cradùs doit-on .
Avoir la face, & le front de Caton:
La barbe aufli longue, rude, & femblable
A celle-là d'un priibnnier coulpable.
^ Porter ne vucille homme ou femme qui vive.
Robe de pourpre, où d'efcarlate vive:
Ne fbit luifant la chaine à grofle boucle
Defïîis le col, ny l'ardente efcarboucle:
Ne vueille aucun autour des doigts cercler
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DE BEROALDE. ^
, Verte eftneraudc , ou diamant^ très-cler :
Sans pigner foie le poil au chef tremblant ,
£t aux cheveux fbit la barbe fèmblant :
Ne (bit la femme en (on cheminer grave,
Et d*eau de fard (on vifage ne lave :
Ne (bit fa gorge en blancheur décorée,
Ne d'aucun art fa bouche colorée :
Ne (bient les chefs des grands Dames coifftz
D'omemens fins, de gemmes eftoffez:
Mais (ans porter braflelets ne carcans ,
Prennent habits, figne de dueil marquans.
Car c'eft le jour auquel le Rédempteur,
De toute choie unique Créateur,
Après tourmens , labeurs de corps & veines ,
Mille (bufRets, flagellemens, & peines,
niufions de ces Juifs inhumains ,
Pendit en croix endoué pieds & mains.
Piquant* couronne au digne chef portant.
Et d'amertume un breuvage gouttant.
O jour funèbre ! ô lamentable mort !
O cruauté , qui la pen(ëe mord
De cette gçnt prophane & incrédule !
O fîere tourbe emplie de macule.
Trop plus (ujctte à rude felonnie ,
Que ours de Lybie, ou tigres d*Hircanie,
Ne que le fale & cruel domicile.
Où s'exerçoit tyrannie en Sicile !
Ainlî avez , facrileges , mouillé
Vos mains au (ang qui ne fut onc (buiUé :
Et icelui mis à mort par envie ,
Qui vous avoit donné lumière & vie ,
X 3
iCs
Ma-
"^i
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DE BEROALDE^
Tant t'es voulu à durté provoquer.
O gent fans cucur , gent de faUfle Mâture,
Gent aveuglée en ta perte future ,
En meurdriflant par pekei Se féibleflès
Un fi grand Roy , de tofl couftéaû te bltffks :
Et qu^aitifi foit i à prefent tu en foufftes
Cruelle géhenne en feu^ flambes, & fouffres:
Si qu'à jamais ton toUrihent ttiérité
Vois & verras : & ti poftcrité ,
Si elle adhère à ta faute iftiportune.
Se fentira dà (èftiblable fortune :
Car il n'y à que luy qui feeùft purger
Le trop cruel & horrible danger
De mort féconde , & fanS luy n'auront grâce
Vos fils vivans , n'auçune humaine race.
Quelconque Juif pour tel' faute ancienne
N'a ficgc , champ , ny maifbn qui foit fiènne.
Et tout ainfî que la forte tourmente
En pleine mer la naflèlle tourmente.
Laquelle eftant fans maft, fans voile, & maiftre,
De tous les vents à àtxttt & à £ènefl:re
Eft agitée : ainfi eftés , Juif^c ,
De tous coftez dechafïez & fuiz ,
Vivans tousjours fous tributaire reîgle.
Et tout ainfi que le cigne hait l'aigle ,
Le chien le loup, Hannuier le François,
Ainfi chafcun , quelque part que tu fois ,
Hait & hairra ta fauflè progenie.
Pour l'inhumaine & dure tyrannie ,
Que fis à cil qui tant de biens t'offrit,
Quand Paradis & les enfers t'ouvrit-
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m
U8 TRIST. VERS DE BEROALDE.
O douce Mort y par falut mahifcftc
Tu nous repais de viande celcfte :
Par toy fuyons Ie,regne Plutonique:
Par toy gift bas le fcrpcnt draconique:
Car le jour vient agréable fiir terre ,
Le jour qu'on doit noter de blanche pierre :
Le jour heureux en trois jours furviendra ,
Que Jefus Chrift des Enfers reviendra.
Parquoy, pécheur dont l'ame cft délivrée,
Qui ce jourd'huy portes noire livrée ,
Resjouy-toy , pren plaifir pour douleur :
Pour noir habit , rouge & vive couleur :
Pour pleurs , motetz de lieflè aflîgnée :
Car c*eft le jour d'heureufe deftinée,
Qui à Satan prépare afRiftion ,
Et aux mortels feure falvation.
Dont cognoiflànt le bien de mort amere ,
Doux Je sus-Christ, né d'une Vierge mère,
S'il eft ainfi que ton pouvoir honore,
S'il eft ainfi que de bon cueur t'adore ,
S'il eft ainfi que j'enfuive ta Loy ,
S'il eft ainfi que je vive en ta Foy ,
Et comme croy qu'es aux Cieux tniomphant.
Secours , helas , im chafcun tien enfant :
Si qu'en vivant fbit en fanté la vie ,
Et en mourant aux Cieux Tame ravie.
COL-
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i6p
OLLOaUE D'ERASME,
Traduia de Latin en François^
PAR
CLEMENT MAROT.
INTITULE
Mbatis if Erudita.
AUX LECTEURS.
Ui le içavoir d'Erafme vouldra voir,
Et de Marot la rymc enfèmble avoir ,
Lifè ceftuy Colloque tant bien fait ,
Car c'eft d'Ërafine & de Marot le fait.
Tome m.
AU
^
V
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^^!^^^^rj^S&^J^^\
17©
AU LECTEUR.
ENtens (Lefteur) que ce Colloque,
Qui eft d'un Abbé ignorant »
Duquel une femme fë mocque ^
Religion ne met à néant :
Mais l'abus un peu defcourrant ,
Des gens fçavans l'honneur ne touche :
Ainfî l'entends en le lifant.
Qui fera morveux , û fe mouche.
COL.
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174 COLLOCLUE
VJbbé.
Il ne vient) fors
De ce que je fens & faveurc,
Ou que je voy.
Je vous aflèure.
Que ne vous elles dcftourbé.
Et efles un fubtil Abbé,
Mais un très-lourdault philoibphe:
Répondez moy, de quel eftophc
Eft le grand aife? à voftre avis
Où le prenez-vous?
. VAbbé.
En convis,
A boire & dormir tant qu*oa peult,
A faire tout ce que Ton veult.
En argent, honneur, tout cela.
Ifabeau.
Et fi Dieu en ces chofes-là.
D'aventure avoit mis fcience.
Et ce beau don de fapicnce.
En vivriez-vous moins plaifamment?
VAbbé.
Qu'appellez-vous premièrement
Sapience? afin qu^on le fçache.
Ifabeau.
Chofe dont vous ne tenez tache:
C*eft-à-fçavpir cognoiftre en (bmme
Que la félicité de l'homme
Ne gifl: fors qu'aux biens de Pefprit,
CS'îJ
Et
^iS^
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^^^^fi
SV!£«
D'ERASME.
Et que tout le bien qui périt ^
Comme argent, honneur, noble race,
Ne le rend (fauve voftre grace^
Plus heureux, ne meilleur auilL
Ceft le moindre de mon ibucy,
Que cette fàpience.
Ifaàeau.
Voire:
Or ça, pourriez-vous jamais croire
Que je fens plus d'aife & grand heur
A lire quelque bon Autheur .
Moral, naturel ou divin,
Que vous à boire de bon vin.
Ou jouer quand on a di£bé?
Que vous en femble, ^çminé ?
Ne Vîs-')C pas en grands ébas?
Quant à moy, je n'y en voi pas
Sans mentir.
Ifateau.
Je ne m'enquio? point
Qui vous délefte, ou qui vous ftoint,
Mais de. ce qui doit délefter.
Je ne vouldrois point alefter
Mes Moines difpos & délivres
Ordinairement en ces livres:
C'eft bien livré:
^Ifabeau.
Et mon mary ,
'75
Tant
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PJr
i7tf
C O L L O
Tant s'en fâuk qu'il en Ibit many»
Qu'il m'en aime mille fois mieulx:
Pourquoy en vos Religieux,
Les livres doncques n'approuvez?
VAbbé.
Je les en ay toujours trouvez
Moins obéïflans la moitié.
Et fi hardis que c'eft pitié
A me répondre: ils me répliquent
D'un tas de décrets qu'ils expliquant.
De Sainâ Pierre & de Sainft Mathieu
Et de Saind Paul.
Ifakeau.
Ho de par Dieu:
Vous leur commandez donc de lire
Chofès qui peuvent contredire
A Saina Pierre & Saind Paul l'Apoftre?
DAbbé.
Par mon ame, fauve la voftrc,
Je ne fçay qucU' doârine ils ont>
Mais je hay les Moines qui font
Repliquans, & vouldrois n'avoir
Moine qui euft plus de fçavoir
Que j'en ay.
Ifabeau.
Pour y obvier.
Il ne fault rien qu'efludier
Si bien que fbyez fort fçavant
VAbbé.
Jà n'ay loifîr mettre en avant
Toutes ces chofqs.
lA
(U
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Ifabeau,
La raifon?
VAbbé.
Pour autant qu^en nulle faifbn
N*y puis vacquer.
Ifabeau.
Quoy! noftrc maiChrCi^
Ne pouvczrvous vacquer à eftre
Prudent & fagp ?
VAbbé.
Ma foy non.
Ifabeau.
Vous n'en aurez donc point le nom :
Et qui vous garde d*y entendre?
VAbbé.
Tout plein de (oing qu'il me fault prendre
Pour ma maifbn , faire fa cour :
Mon fer vice qui n'eft pas court,
Chevaulx, chiens , oifcaux, choies telles.
Ifabeau.
Ces chofcs-là vous ferhblent-ellcs
Meilleures , que devenir fage ?
VAbbé.
Que voulez-vous ? c'eft un ufagc
Que nous avons.
Ifabeau.
Je vous demande,
Si vous aviez vertu fi grande
De muer les corps & les i^^ts
De vous & vos Moines en beftes ,
Les feriez- vous pas eftre veaux ,
Tome IIL Z
S
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^
P ' E R A S M E.
En fi grand danger ne feront
Des Preftrcs , quand point ne fçauront
Parler latin»
Ifabeau.
En bonne foy ,
Le moindre danger que j*y voy ,
Ceft ceftuy-là : car du latin
Vous travaillez foir & matin
A rien n'en fçavoir. Dieu mcrcy.
VAbbè.
La commune Teftime ainfi ,
Que je le vous ay recité ,
Parce qu'il n'eft pas ufité ,
Ne commun qu'une femme ou fille
Sçaiche tant > ne qu'elle babille *
Latin , ne gros , ni élégant.
Ifabeâu:
Pourquoy m'allcZ-vous allcgant
La commune qui eft le pire
Auteur que vous me fçauriez dire
Pour faire bien ? Et d'avantage ,
Pourquoy m'alleguez-votls l'ufage
Et la couftume qui s'oppofe
Tousjours à faire bonne chofe ?
Aux bonnes chofes conviendroit
S'accouftumer, lors adviendroit
Qu'on verroit la chofe en ufance ,
Qui eftoit hors d'accouftumance >
Ce qui eftoit amer à tous y
Seroit d'un chacun trouvé doux :
Ce qui femblc laid fi long-temps i
Z 3
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iSi. c o
Scroit fort bc
Par voftrc fbj
Sicd-il mal à
Sçavoir France
!
r
N
DAbbé.
Et que if ay je moy , afin qu'elle
Parle aux François , ou leur reiponde
Dis-je pas bien ?
Ifabeau.
Le mieulx du monde
Pourquoy donc me venez reprendre
Si le Latin je veux apprendre.
Pour parler avec tant d'autheurs
Sages 9 içavans , confblateurs ,
Tant bien dilàns , tant ^ien veuiUans ,
Et en tout fi bien confaUans
Ceux qui les liient ?
DAbbè.
Je vous jure
Que de ces livres la leâure
Diminue merveilleufèment
A la femme l'entendement :
Avec ce qu'elles n'en ont gueres >
Et qu'elles font un peu legieres
Cï^
^^£^
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^^
D'ERASME. 18) m
Du cerveau. yj
Ifabeau. ^g
De dire combien ^5
Vous en avez, je n'en fçay rien : yjO
Si peu que j'en ay t(Nitesfois, ^9
J'aimerois mieulx cent mille fois V3
L'ufcr en quelque bonne eftude ïjj
Qu'en une grande multitude ^^
D'oraifons fans coeur barbocées , Sfj
Ou en jambons , ou en toftées , h^
"
~ Toutes nuits après qu'elles yvres. l^R
L'Abbé. ^
_La fréquentation des livres ^3
_
Pour vray engendre firenaifie. ||v[
Ifabeau. ^'
Voicy cftrange fantàifie : ^^
JXes propos de toiis ces beuveurs , ifj
•<^e vous avez , bufFons , baveurs > Ç^
Vous fbnt-ils frénatique ? ^
L'Abbé. Jîj'
Moy ? 1^
IMais bien me mettent hors d'efmoy , ^^^
lEt d'ennuy , c'eft bien le contraire H«
Ifabeau^ |^
Comment donc fe pourroit-il faire, ^5
Que fi honneftes devifeurs > ÎH?
Que mes livres tant beaux difeurs !^
Me feiflènc nuifance ? ^
L'Abbé. ^
On le dit ^^
ïsT
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i^o
GOLLOaUE D'ERASM
Traduiâ de Latin en François,
PAR
CLEMENT MAROT
INTITULE
AU LECTEUR FRANÇOIS.
Vly LcQwir, fois advcrty,
Qu'au Latin n'a rien davantage
Que ce qyi eft icy vertjr'"
Par Marot en noft^c langage.
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^:
COLLOQUE DE LA
Mefprifint mariage
INTERLOCUT
CLEMENT & C A TH
Clément.
Bien aife fuis de voir la fin
Du (buper (Cathcrine)^ à fin
.D'aller fc pourmener enfemblci
Car veu la faifon , il me femblc
Qu'il h'cft chofe plus déleftable.
Catherine.
Je vieilliflbis aufli à table:
Et fi m'ennifyois d'eftre affiie.
Clément.
Qu'il fait beau temps, quâtid je m
Voyez, voyez tout à la ronde.
Comment le monde rit au monde j
Aufli eft-il en fa jeunefïè.
Catherine.
Vous dites vray.
\ V^ Tiré de la même édition que le Colloque précèdent»
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i
s
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C O L L
Qu'on ne voit point.
Catherine.
Là Dieu mercj
Je n^ay rien eu jufques icy
De mal caché.
Clément.
Quant au renom ,
Il n'eft point mal.
Catherine.
Je croy que non»
Clément.
Puis vous avez , je fuis records ,
Un efprit digne de ce corps :
Voire tel fur ma confcience ,
Que pour moy en toute fcience
Je le vouidrois.
Catherine.
S'il y en a ,
n vient de Dieu qui le donna >
Et en loue fa bonté haulte.
Clément.
Au refte , vous n'avez point faultc
De cette bonne grâce cxquifc ,
Laquelle eft tousjours tant rcquifc
En la beauté.
Catherine.
Je, vous aflcure
Que je vouidrois bien cure feurc
D'avoir bonnes moeurs.
Clément.
Au furplus
U
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IS»«
50
C O L L O Q^ U
Si je vous mecs le doigt defliis ,
Ne vous en &chcrcz-vous jà ?
Catherine.
Je vous Tay accordé desji :
Bcfbngnez.
Clément.
Sans mentir je fçay y
Et de fait j'en ay fait Teflay ,
Combien le mal d'amour courmente :
C'eft voftre douleur véhémente ,
Confeflèz i vous l'avez promis.
Catherine.
Je confeflè qu'Amour a mis
En mon coeur Tennuy que je porter
Mais non pas amour de la forte
Que celle que vous entendez.
^Clément.
Si plus grand d«c ne me rendez »
Garde n'ay que plus en devine.
Quelle amour eft-ce >
Catherine.
Amour divine.
Clément.
Brief , quand dix ans je pcnfèrois ^
Plus deviner je ne Içaurois :
Mais voftre bouche fc dira ^
Ou cefte main ne partira
Jamais de la mienne.
Catherine.
Quel homme !
Vous me prcflèz auffi fort, comme
ïj^if?^
S'il
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D * E R A S ME.
Entre les murailles enclofes,
Et IcfqucUes vos yeux y veirenc
Ne vous riront comme elles firent
Toutes celles qui voiles ont.
Et m'en croyez, vierges ne font
Catherine.
Voilà bons mots.
Clément.
Bons & notables
ScHît \çs mots qui font véritables:
Sinon qu'à maintes du Chapitre
Soit permis de prendre le titre
De Marie mère pucelle:
A celle fin qu'on les appelle
Vierges après Tenfàntement.^
Catherine.
Vous parleriez bien autroaenr
Si vous vouliez.
Clément.
Propos final
Souvent tout n'eft pas virginal
Parmy ces Vierges.
Catherine.
Non, beau^ Gx^y
Et pourquoy.^
Clémente
Je le vous voys dire :
Pour ce que parmy ces pucelles.
Se trouvent grand nombre de celles
Qui de mœurs reflèmblent Sapho>.
Plus que d'entendement.
407
C^
<^ «il
.JM
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L L O d U E
• Catherine.
Ho, ho!
Quel jargon! je ne Tentens point.
Clément.
Auflî Tay-je dit tout à poinft,
Afin que ne fuft entendu.
Catherine.
Or voilà, mon cœur eft rendu
A ce defir: il fault bien dire
Que l'efprit qui à ce me tire-
Vient de Dieu, puifqu'il continue
Depuis tant d'ans que m*a tenue:
Et ne fait que croiftre & m'attrairc
De jour en jour.
Clément.
Mais au contraire,
Ccft elprit là fufpeft me fcmblej
Veu que tous vos parens enfcmble
Fuyent à ce que dcfirez.
Ils euflent efté infpirez,
Si voftre defir fuft de Dieu.
Mais la plaifance de ce lieu,
Que vous viftes petite fille.
Des nonnàîns la doulce babille.
Leur habit Sainft, le chant d'icclles^
Leurs cérémonies tant belles,.
Voilà Pefprit qui attira
Voftre cœur, & qui Pin(pira:
Avec les caphardes^ paroles •
De ces moines à t^^çs folles
Qui vous chevalent pour leur bien.
Et
wn
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f
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E
Sis
Mais
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114
COLLOCLUE
Maintenant il vous eff licite ^
Dedans voftrc chambre petite
Rire à part vous » eftudier ,
Faire oraifbn ^ pÊdmodîer
Quand & autant ^*il vous platrx:
Et dès qu'il vous y faichera ^
Vous povez ouir les candqoes 9
Et h3rmnes ecclefialtiques :
Au fèrvice. dij^ia aller ^ -
De Dieu en chaire ouir parler.
Ou bien fi quelque fille ou dame
Qui (bit bonne de corps/» ou d*ame
Vous trouvez , ou homme içavant»
Ils vous pourront mettre ei> avant
Cent bons propos » delquels à l'heuœ
Vous pourrez devenir meilleure.
Et pourrez eslire, ou chercher
Homme qui fçache bien pisichar
Jefiis-Chrift fans çapharderie^
Si une fois en moinerie
Vous entrez , perdre vous convient
Ces chofes-là , defquelles vient
Un grand prouffit quant à la fi>y.
Gatkfrim.
Mais tandis , à ce que je voy ^
Je ne feray point nonnaia
Clément:.
Nom
Et fi ferez , puiCque ce nom
Vous plaift fi fort, & audience.
Elles s'enflent d'obédience :
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V
D'E R A $ M E.
Et TOUS » n'avcz-vous pas ceft heur
D'obéir à voftre pafteur >
Et aux parens , comme eft efcrit
En la reigle de Jefus-Chrift ?
Quant à pouvreté qu'elles vouent ,
Et dont tant* s'eftiment & louent ,
Ne Tavez-vous , quand tous vos biens
Vos parens les ont , & vous riens?
Toutesfbis les vierges vouées
Jadis eftoient fur tout louées
Des doâies & des fainâes gens ,
De iubvenir aux indiens »
Selon la fortune & l'aflàire.
Ce qu'elles n'euflènt pas fçeu fâice»
Si leur bien euilènt rejette.
Au refte , quant à chafteté ,
La voftre n'empirera point
A voftre maUbn : par ce poiiit
Vous voilà nonnain, autant vault.
Dites moy que c'eft que s'en fâult f
Un certain voile, une chemifè.
Qui deflus la robe (bit mile ,
En lieu que deilbus on la porte ,
Et des mines de mainte forte ,
Qui de foy ne font valoir mieux
La perfbnne devant les yeux
De Dieu» qui noftrc coeur regarde ?
Catherine.
Vous me comptez , quand j'y preps gard& ,
Chofès eftranges & nouvdles,.
^n
Cle.
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D * E R A s M E.
De Dieu n'cft fait , ni approuvé ',*
Mais par les Moines controuvé.
A ce propos plufieurs le trouvent
Qui les mariages approuvent
Des jeunes gens , lesquels s'attachent ,
Sans que perc & mère le (cachent ,
. Voire malgré eux plufieurs fois :
Raifbn humaine toutesfois,
Ne les loix les plus anciennes ^
Ne Moyfe dedans les fiennes.
Ne TEvangilc, ne Canon
Ne tient cela.
Catherine.
Je croy que non.
Pour ce donc voulez propofer
Que je ne fçaurois efpoufer
Jefus-Chrift , s'il ne vient â plaire
A mes parens ? ^
Clément,
Je vous déclairc
Que desjà efpoufé Tavez y
Qyand tous par luy fufmes lavez
. Au baptefme. Et qui eft Pefpoufc
Qui deux fois un mary efpoufe?
11 n'eft queftion feulement
Que du lieu , de Thabillement ,
Des cérémonies enfemble.
Pour cela ne feult , ce me femble ,
Perc & mère ainfi mefprifer.
Et puis, il faut bien advifer ,
oME UI. Ec
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£
^i8 COLLOQ^UE
Qi'cn voulant cncor entreprendre
De Jefus-Chrift pour mary prendre t
A d'autre ne vous mariez.
Catherine.
A les efcouter, vous diriez
Qu'on ne peut plus fàindement faire »
Que ne tenir en ceft affaire
Conte de parens ne tuteurs.
Clément.
Priez doncques ces beaux doâeurs
Qu'aux fainfts efcrits ils vous en treuvent
Quelque paflàge : & s'ils ne peuvent.
Commandez leur de boire un voirre
De bon vin de Beaune, ou d'Auxerre^
Ds pourront bien faire cela.
Quand fës parens on laide là
Infidèles , pour Jcfus fuivre ,
Cela , c'eft fon falut pourfuivre :
Mais fês parens chreftiens quitter.
Pour en moinerie habiter ,
(Qui eft (buvent, & )^tïi répons ^
Four les mauvais kiflèr les bons:}
Quelle dévotion peult-ce eftre ?
Ëncores ceux que le bon mai(bre
Jefus-Chrift avoit convertis
A la foy du temps des Gentils >
£ftoient tenus par tous moyens
Servir à leur père & parens ,
Autant comme il fc povoit faire >
Sans la loy chreftienne forfaire.
Ciu
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jLio C O L L O CL D^ E R A S M E.
Si attirer je ne puis mie
Voftre volonté à la mienne ,
A tout le moins , qu'il vous fbuviennc
Des propos tenus en ce lieu.
Ce temps pendant je prie à Dieu ^
Que l'afFeftion defîreufe
Que vous avez , foit plus heureufe
Que mon confeil n'a pas efté ,
De n'avoir fçeu eftre accepté.
vl^
CIN-
^^^^c/S
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tzi
CINQUANTE PSEAUMES
D E
D A V I D
Traduits en François par Clément Marot.
CLEMENT MAROT
AU ROr TRESXHRESTIEN FRANÇOIS I.
de ce nom^ fur la traduit im des Tf aimes de David.
SALUT.
A n'eft befbijng» Roy qui n'as ton pareil,
Me fbucier, ne demander confeil
A qui je doy dédier ceft ouvrage:
Car outre encor qu'en toy gift mon courage,
Tant eft ce^ œuvre & Royal & Chreftien,
Que de fby-mefine il fc dit eftre tien,
Qui as par droiâ: de Très-chreftien le nom ,
Et qui es Roy non de moindre renom
Que ceftuy-là, qui meu du fainfl: Efprit,
Tome IlL Ee 3 A
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1.14 E P I S T R E
A le difter & le chanter fc prit.
Certainement la grande conférence
De ta hauteur^ avec fa préférence ,
Me monftrc au doigt, qu'à toy le dédier,
Ceft à foft point la chofè approprier.
Car il fut Roy de prudence veftu,
Et tu es Roy tout orné de vertu.
Dieu le donna aux peuples Hebraiques,
Dieu te devoir 5 ce penïè«)e, aux Galliques: ç\n
n efloit Roy des fiens fort honoré ,
Tu es des tiens peu s'en fâult adoré:
Fort bien porta fës fortune^ adverfès »
Fort conftamment les tiennes m renverfcs :
Sçaroir voulut toutes fciences bonnes ,
Et qui eft celle à quoy tu ne t'adonnes?
En Dieu remit & fby & fbn afïairei
Tu as très-bien le femblaWe Iceu faire:
Il eut enfîn la paix [^r luy âequifè,
Tant quife Pas, qu'enfin tu Tas acqui/e.
Que diray plus? vous eftes les deux Roîs^
Qui au milieu des Martiaux defrois
Avez acquis nom d'immortalité:
Et qui durant paix & tranquilité
L'aveÈ acqtiis par fciences iirfixfes ^
Daignans tous deux tant honorer les Mq&s^
Que d'empfoycr la mdfme forte dextrt Ç}^
Sceptre portant, & aux arm^s adextrc:
A faire efcrits, qui fi grande force <mt^
Qu'en rien fubjcts â la mort ils ne font,
O donques, Roy, prens Tctuvre de David >
Oeuvre pluftoft de Dieu, qui le ravit.
D'au-
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^
<s^
AU ROY FRANÇOIS
D'autant que Dieu fon Apollo cftoit,
Qui luy en traiii"& fit harpe mettoit.
Le fainâ: Ëfprit edoit fa Calliope :
Son Parnaflus > montagne à double cœpei
Fut le ibmmet du haut ciel cryftalin :
Finalement , fbn ruiflëau Cabalin
De grâce fut la fontaine profonde >
Où à grans traits il beut de la claire onde.
Dont il devint Poëte en un moment.
Le plus profond defibus le firmament :
Car le fubjet, qui la plume en la main
Prendre luy fit, eft bien autre qu'humain.
Icy n'eftpas Pavanture d'^Enée,
Ne d'Achilles la vie démenée :
Fables n'y font 5 plaidantes menfongeres,
'Ne des mondains les amours trop légères :
Ce n'eft pas cy le Poëte efcrivant
Au gré du corps, à l'elprit eflrivant.
Ses vers divins , fes chanfons mefurées ,
Flaifent , fans plus , aux âmes bien-heurées :
Pource que là trouvent leur doux amant >
Plus ferme & clair que nul vray diamant :
Et que fos faits , fa bonté , & fon pris
Y font au long recitez & compris
Icy font donq les louanges dfcrites
Du Roy des rois , du Dieu des exercites.
Icy David le grand Pro{Aetc Hebrieu ,
Nous chante & dit quel eft ce puiflànt Dieu^
Qui de berger en grand Roy Périgea>
Et (à houlette en foeptre luy changea.
Vous y orrez de Dieu la pure Loy
L
xzj
Plus
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ii4
E P I T R E
Plus clair fbnner qu'argent de fin alloy:
Et y verrez quels niaux & biens adviennent
A tous ceux-là qui la rompent & tiennent
Icy fa voix fur les reprouvez tonne.
Et aux efleus toute afièurance donne,
Eftant aux uns auffi doux & traittable.
Qu'aux autres eft terrible & redoutable:
Icy oyt on l'Elprit de Dieu qui cric
Dedans David, alors que David prie:
Et fait de luy ne plus ne moins que fait
De fà mufètte un bon joueur parfait
Chrift y verrez par David figuré,
Et ce qu'il a pour nos maux enduré.
Voire mieux pein£t mille ans ains (à venue.
Qu'après la chofè efcrite & advenue
Ne la peindroyent (qui eft cas bien eftrange^i
Le tien Janet, ne le grand Michel l'Ange.
Qui bien y lit, à cognoiftre il apprend
Sby & celuy, qui tout voit & comprend:
Et y orra fur la harpe chanter.
Que d'eftrc rien, rien ne fe peut vanter.
Et qu'il eft tout en fcs faits. Quant au reftc.
Fort admirable icy fc manifefte:
Soit pafl'efFe£t des grans fignes nionftrez
Aux fiens eftans par Pharaon outrez:
Soit par le grand & merveilleux chef d'oeuvre
Du ciel voufté, qui toutes chofès cœuvre:
Ou par le cours, que fait l'obfcure nuift.
Et le clair jour, qui par compas la fuit:
Soit par la terre en l'air efpars pendue.
Ou par la mer autour d'elle efpandue:
Ou
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,r
mp^.
3^
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iitf E P I s T R E
Soit à toucher la lyre en (bns divers.
N'a-il fouvent au .doux fon de fa Lyre
Bien appaifë de Dieu courroucé l'ire?
N'en a-il pas fouvent de ces bas lieux
Les efcoutans ravy jufques aux cieux,
Et fait ceflèr de Saul la manie,
Pendant le temps que duroit Tarmonie?
Si Orpheus jadis l'euft entendue,
La fienne il euft à quelque arbre pendue:
Si Arion Teuft ouy refonncr,
Plus de la fienne il n'euft voulu (bnner :
Et fi Phebus un coup Teuft efcoutée,
La fienne il euft en cent pièces boutée:
Au moins laifle de fbnner pour l'ouyr.
Afin d'apprendre, 8c de (c resjouyr.
En luy quittant fon Laurier de bon cueur.
Comme en efcrits & en armes vainqueur.
Or font en l'air perdus les plaifans fons
De cefte lyre , & non pas Tes chanfons.
Dieu a voulu jufque icy qu'en fon Temple
Par ces beaux vers on le ferve & contemple.
Bien eft-il vray, comme encore fe voit.
Que la rigueur du long temps les avoir
Rendus obfcurs , & durs d'intelligence.
Mais tout ainfi qu'avecques diligence
Sont efclaircis par bons efprits fufez
Les efcriteaux des vieux fragments ufcz,
Ainfi, ô Roy, par les divins efprits
Qui ont fous toy Hebrieu langage appris.
Nous font jettez les pleaumes en lumière,
Clairs, & au fèns de la forme première.
Dont
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AU ROY FRANÇOIS L 117
Dont après eux, fi peu que faire fçay ,
T*en ay traduit, par manière d'eflày
Trente, (ans plus, en ton noble langage.
Te fuppliant les recevoir pour gage
Du refidu qui jà t'eft confacrc.
Si les voir tous il te venoit à gré.
AUX DAMES DE FRANCE
'}
touchant lefdits Pfeaumes.
QUand viendra le fiecle doré.
Qu'on verra Dieu fèul adoré.
Loué, chanté, comme il ordonne.
Sans qu'ailleurs fa gloire Ton donne?
Quand n'auront plus ne cours ne lieu.
Les. chanfbns de ce petit Dieu
A qui les painftres font des efles?
O vous Dames & Damoifelles,
Que Dieu feit pour eftre fon Temple ,
Et faites fous mauvais exemple.
Retentir & chambres & falles
De chanfbns mondaines & fales.
Je veux icy vous prefenter
Dequoy, fans ofFenfe, chanter:
Et fçachant que point ne vous plaifent
Chanibns qui de l'amour fe taifent.
Celles qu'icy prefenter j'ofe
Ne parlent , certes , d'autre chofe.
Ff 2
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Ce n'cft qu'Amour: Amour luy mefîne.
Par fà fàpience fuprcfinc
Les compofa, & Thommc vain
N'en a efté que Pcfcrivain.
Amour, duquel parler je vois
A fait en vous langage & voix
Pour chanter (es hautes louanges.
Non point celles des Dieux eftranges.
Qui n'ont ne pouvoir ny adveu
De faire en vous un fèul cheveu.
L'amour dont je veux que chantez
Ne rendra vos cueurs tourmentez,
Ainfî que l'autre, mais fans doute.
Il vous remplira Tame toute
De ce plaifîr folacieux
Que Tentent les Anges aux cieux :
Car fon Efprit vous fera grâce
De venir prendre en vos cueurs place >
Et les convertir & muer,
Faifant vos lèvres remuer.
Et vos doits fur les efpincttes,
Pour dire fainûes chanfonnettes.
O bien-heureux qui voir pourra
Fleurir le temps, que l'on orra
Le laboureur à fa charrue ,
Le charretier parmi la rue.
Et Tartifan en fa boutique,
Avecques un Pfeaume ou Cantique
En fon labeur fe foulager:
Heureux qui orra le berger.
Et la bergère aux boys eflants.
Faire
■v*'j2>>jn'x*
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vJ^
-dSi
DE FRANCE.
Faire que rochers & eftangs
Après eux chantent la hauteur
Du fainâ: nom de leur Créateur.
Souffrirez-vous qu'à joye telle,
Pluftoft que vous, Dieu les appelle?
Commencez, Dames, commencez.
Le fiecle doré avancez.
En chantant d'un cueur débonnaire
Dedans ce fainâ: Cancionaire:
Afin que du monde s'envole
Ce Dieu inconftant d'amour foie.
Place faifant à Pamiable,
Vray Dieu d'amour non variable.
^ 1a premier jour ctAouft. 1545.
AU ROT encore.
Puis que voulez que je pour fuive, ô Sire,
L'œuvre royal du Pfcautier commencé:
Et que tout cueur aimant Dieu le dcfire,
D'y befongner me tiens pour difpenfé.
S'en fente donc qui voudra ofFenfë,
Car ceux à qui un tel bien ne peut plaire
Doivent pcnfcr, fi jà ne l'ont penfé.
Qu'en vous plaifant me plaift de leur défplaire.
z%9
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Z}0
Le fuinziefme jour de Mars 1545.
Nicolai Borbonii Vandoperani Pocta; Tctrafticon.
NEmo negatj ni h il ejfe facris divinius odis
^uas canit Hebrai Regia mufa fenis.
Has patrie interpres ita tranftuUt ore Marotus^
Trorfus ut Authoris pedfus adcjfe putes.
Ejietme Pafquier en fan 1544.
CLemcnt Marot en rendant fon Autheur,
De fî très-près Ta fuivi à la trace,
Qu'on jugeroit, tant il a bonne grâce,
Qu'il a efté luy'-mefine Tinvcnteun
Tetrajlicon.
DUlcia Dofvidis qui cœpit vertere Clemens
Aut idem^ aut nullusj car mina perficiet.
Ne priusy â Super i^ vitam finit e marot 0^
§luam finem cœptis fecerit ipfe fuis.
8
T)if.
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k>r»W5»)f
151
Vifticon.
ËJtnite Hebraam jam Galli difcere linguam ,
Difcunt Hebrai Gallica verba loqui.
TradtMion far François Miziere Poitevin. V. M.
D
G
Eflez, François, d'apprendre or* la langue Hébraïque,
Car desjà les Hebrieux apprennent laFrancifque.
Autre "verjton.
CElIez, François, d'eftre envieux
D'apprendre la langue Hébraïque,
Car les Hebrieux font curieux
D'apprendre la voftre Galllque.
Au LeBeur.
PEuple chreftlen,ne chante déformais
Folles cbanfons lafclves & lubriques.
Qui te pourrolent faire perdre à jamais 5
Chante pluftoft ces Fieaumes & Cantiques j
Tu y verras les œuvres magnifiques
De l'Eternel, qui te feront fa voir
Far quel moyen tu peux fa grâce avoir.
Et quel chemin pour ton falut faut prendre.
O fiecle heureux qui tel bien nous fait voir.
Et plus heureux fi le pouvons entendre.
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k"*^
XJX
Scrvole de SainUe marthe.
UN David a efté Roi, Poëte , & Pafteur,
Et maintenant encor icrt d'exemple à ces trois.
Car il aprendaux Rois à rendre un jufte honneur
A celui qui eft Roi par deflus tous les Rois.
Il apprend au Poëte à n'employer fa voix
Qu'à chanter du Très-haut l'excellente grandeur,
Et apprend aux Pafteurs les chemins les plus droits
Pour guider leurs troupeaux es voyes du Semeur.
i
ODE,
CEluy qui gouverne les cieux,
Et d'un clin d'œil la terre baflè ^
Contre (on fcin tousjours embraflc
La plainte d'un devotieux:
11 prend à gré toutes complaintes
Faiftes par les nations faindes,
Qui doivent deflus fon autel
En temp6 de joye & de dettreflc
Chanter & refonner (ans cefle
Le tos de fon nom immortel
Non , ces impudiques chanfbns
Ou'on fait feulement pour complaire
Aux oreilles du fbt vulgaire.
Fre-
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ODE.
Fredonnées par divers Ions,
Et dont le peuple hors de crainte
Va ^fouillant la parole fainftc.
Laquelle fut premièrement ,
Non point d'une bouche orde & falle,
Mais fus une liarpe royalle
Compaflëe plus fkinâement.
Mais ainfi que Phomme mortel
De foi ne fcnt que poiuriture.
Et non plus qu'un printemps ne dure,
n chante un fujet qui (bit tel
n detefte, il fuit ; il defprife
Tout ce que la première Eglifè
Sainâe & catlu^cque approuva ,
Et rien que les farces mondaines
De mille paillardifès pleines
A fbn plaifir il ne trouva.
Qui pis eft ,il a detefté
Ce que Pefprit du Dieu cdefte
A voit chanté par fop Prophète:
Et ami d'une liberté.
Il s'arma contre fa parole.
Qui de l'un jufqu'a l'autre pôle
Se doit rendre, comme efl: pouflë
De port en port un grand navire.
Que le pilote (ait conduire
Dedbus un grand vent courroucé.
Ainfi Gt Artus, qui premier
Tome WL Gg
Ofa
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;^^g;^;^@ig^i^i^^^^^£5s^
2}4 O D E.
Ofa profaner Pefcrirurc,
Et fous fbn infâme mefure,
Le bon au mauvais allier:
Mais une divine vengeance
Fut enfuivant (a repentance,
Car Pinfamie le fuivit,
Pour avoir en fes chanfons folles
Abufé des (àinâes parôlles.
Et du fainâ: nom du Roi David
Or fes chanfons & fon vouloir,
Ainfî qu'une grande tempefte.
Sont retombez deflîis (a tefte,
Et ne le fceut onques prévoir :
Doncques très-heureux je te nomme
De maintenant comme un tel homme
Défendre le droit juftemcnt,
Que Marot d'un zèle admirable
A faid à jamais perdurable,
Et compofë plus fainftement.
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*55
A TRES-ILLUSTRE PRINCE, (i)
MONSEIGNEUR
Le Reverendifftme Cardinal de Lorraine , ^rcbevê^ue de
Reims , Perpétuelle' félicité.
COnfîdcrant , Monfeigncur , en quelle faveur ont été re-
ceus les Cinquante t^feauoies de David , traduits en
notre vulgaire par (2) Clément Marot, j*ay bien voulu
parachever le refte du Pfeautier , non pour me mefurer
à Poëte fi excellent, mais afin que continuant l'entreprifè laquel-
le prévenu de mort il n'avoit entièrement exécutée , je peuflè
. foire quelque fruit , au contentement des amateurs de TEfcriture
fainte , & en cela me défiant du peu de mon jugement , j*ay
fuivi les anciens Interprètes Hcbrieux , Grecs & Latins , de
faine & approuvée opinion. Monfcigneur , je dédie & confa-
cre ce mien labeur à V. R. S. Et ores que le prefent fbit pe-
tit , fi eft-il apte , & duifant non feulement à celle grande di-
gnité en laquelle Dieu vous a conftitué, mais aulfi à Ta nobleflè
de celle ancienne Maifbn dont eftes iflîi. A qui pourrois-jc
mieux & à propos adreflèr les oeuvres d'un Roy , qu'à un Prin-
ce, le livre d'un fidèle & bien aimé de Dieu , au'à un Cardinal
Protedtcur de la Religion Chreftienne ? D'abondant ccft albaftre
plein
f t^ Tiré de la vcrlîon des Pfeiumes de Marot de rEdiiion de Lyon de i j'j'f . Chez Mi-
ch'l du Bois in 16.
(i) J'ai cru devoir mettre ici cette Epître qui fait voir que la profcriptioa de Clément
Marot n*empêchc point que (es Plcauraes ne fliflcnt approjvés,& roefhie en i)6o. ils £u-
rcût réimprimer en vertu d'un privilège de Charles IX. qui cil rapporte cy après.
Gg j
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plein d'onguent précieux (remède prompt à toutes maladies fpi-
rituelles} qu'à P Archevêque de Reims, qui feulement h'eft oinû:,
nxais auflî efleu pour oindre les Très-chretiens Roys de France ?
Vous plaife donc ^ Monfeigneur , le recevoir (bus la protedion
& fauvegarde de voftre aumorité. La dodbinc ferme & fblide
3u*on )r trouvera eft due à Tefprit de Dieu qui conduifoit celui
e David, la facile intelligence aux Saints Interprètes, kfquels
j*ay fuivi. Mais de ce qu'ils auront vie , qu'ils feront bien ve-
nus & receuz , cela dépendra de Voftre grandeur & excellen-
ce. ' Quant à moy en tout cecy , je n'y congnois du mien ,
que le labeur lequel d'ores en avant je referve pour employer
où V. R. S. commandera 5 à laquelle pouvoir faire lervïce
agréable feroit le comble de mon heur. Voftre très-huinble
Serviteur Jan Poitevin.
y^iSBAfiOt*
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A^'
A TOUS CHRESTIENS (■)
£/ Amateurs de la farole de Dieu,
SALUT.
COmme c'cft une chofc bien requifc en la Chreftienté, &
des plus neceilaires que chacun fidde obferve & entre-
tienne la communion de l'Ëelile en (on endroit , fre*
quentanc les aflemblées qui le font tant le Dimancbeque
les autres jours, pour honorer & fenrir Dieu: aufli eft-il expe*
dient & raifonnable , que tous cognoif&nt & entendent ce qui
fc dit & fait au Temple , pour en recevoir fruiâ: & édifica-
tion. Car notre Seigneur n'a pas inftitué Pordre que nous de-
vons tenir > quand nous convenons en fon nom, feulement pour
amufèr le monde à voir & regarder : mais pluftoft a voulu
qu'il en revinft profit à tout ion peuple , comme S. Paul tef-
moigne , commandant que tout ce qui ie fait en l'Eglifè fbit
rapporté à l'édification commune de tous : ce que le ferviteur ne
commanderoit pas, que telle ne fîift l'intention du maiftre; Or
cela ne fè peut faire que nous ne fotons inftruits pour avoir
intelligence de tout ce qui a eflé ordonné pour noftre utilité.
Car de dire quç nous puiifîons avoir dévotion , ibit à prières,
£bit à cérémonies , fans y rien entendre , c'eft une grande
moquerie , combien qu'il ie die communément. Ce n'eft pas
une chofè morte ne brutive , que bonne af&éhon envers Dieu :
mais eft un mouvement vif, procédant du S. £iprit, quand le
coeur
(i) Cette Préface qui eft de |ean Ctlyîii iê trouve à la tête de l'Edition des cinquante
Pftaumes de David de la Traduâion de Clément Marot imprimez à GenêTe en i f 43 . ^
dtns l'Edition in i^. de tous 1m Picaïuaes imprimez pv Antoine Vincent de Ljoo
ea \s^i*
\m
rvv3
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coeur eft droitement touché , & Pentcndemcnt illuminé. Et de
faift , fi Ton pouvoit eftre édifié des chofcs qu'on voit , fans
cognoiftre ce qu'elles fienifient , Sainct Paul ne dcfFendroit pas
fi ngoureufement de parler en langue incognuë : & n*uferoit de
cefte raifon , qu'il n'y a nulle édification , finon où il
y a dodrine. Pourtant , fi nous voulons bien honnorer les
faintes Ordonnances de noftre Seieneur , defquelles nous
ufi>ns en PEglife , le principal eft de fçavoir qu'elles con-
tiennent , qu'elles veulent dire , & à quelle fin elles ten-
dent : à fin que l'ufàge en Ibit utile & falutaire , & par
confequent droitement réglé. Or il y a en fomme trois chofcs
que notre Seigneur nous a commandées d'obferver en nos aflèm-
blées fpirituelles , à fçavoir , la prédication de (a parole , les
Oraifons publiques , & (blemnelles , & l'adminiftration de (es
^acremens. Je me déporte de parler des prédications pour cefte
heure ) d'autant qu'il n'en eft pas queftion. Touchant les deux
autres parties qui reftent, nous avons le commandement exprès
du S. Efprit , que les Oraifons fe faflènt en langue commune
& cognuc au peuple. Et dit l'Apoftre que le peuple ne peut
répondre Amen, à la prière qui a efté faite en langue cftrange.
Or eft-il ainfi , que puifqu'on la fait au nom & en la perfbnne
de tous , que chacun en doit eftre participant. Par quoy c'a
efté une trop grande impudence à ceux qui ont introduit la
langue J^atine par les Eglifès , où eHe n'eftoit communément
entendue. Et n'y a fubtilité ne cavillation qui les puifle excu-
fer, que cefte façon ne (bit perverfe & defplaifante à Dieu.
Car il ne faut prefumcr , qu'il ait agréable ce qui le fait di-
reélrement contre fon vouloir , & comme par dcfpit de luy. Or
on ne le fçauroit plus defpiter que d'aller ainfi à l'encontre
de fa deffenlè , & fè glorifier en cefte rébellion , comme fi
c'eftoit une couftume perverfe de les célébrer en telle forte que
le peuple n'en ait finon la veuë , fans expofition des myfleres
qui y font contenus. Car fi ce font paroles vifibles (comme
S. Auguftin les nomme) il ne faut pas qu'il y ait feulement un
fpeftacîe extérieur « mais que la doftnne fbit conjointe avec ,
pour en donner l'intelligence. Et auflî noftre Seigneur en les
mftituant , a bien démonftré cela : car il dit que ce font tcC-
œoignages de l'alliance qu'il a faite avec nous , & qu'il a con-
fère
w^^^^^m^jm^w^^^
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X5P
fermée par fa mort H faut bien donc pour leur donner lieu,
que nous (cachions & cognoiffions ce qui s'y dit : autrement ce
ièroit en vain que notre Seigneur ouvriroit la bouche pour par-
ler, s*il n'y avoit oreilles pour écouter. Combien qu'il n'eu jà
meftier d'en faire longue difpute. Car quand la chofe fera ju-
gée de fcns radis, il n'y aura ceïui qui ne confeflè que c'eft une
pure batellerie, d'amuler le peuple en des fignes, dont la figni-
fication ne lui foit point expofée. Parquov il eft facile de voir
qu'on profane les Sacremens de JefusiChrilt , les adminiftrant
tellement que le peuple ne comprenne point les paroles qui y
font dites. Et de feid , on voit les fuperftitions qui en font
forties. Car on eftime communément que la confecration, tant
de l'eau du baptême, que du pain & du vin en la cène de notre
Seigneur, foit comme une efpece d'enchantement : c'eft-à-dire,
quand on a foufBé & prononcé de bouche les paroles , que les
créatures infenfîbles en fontent la vertu, encores que les hommes
n'y entendent rien. Or la vraie confecration eft celle qui fc fait
par la parole de foy» quand elle eft déclarée &c reçeuë , comme
dit S. Auguftin : ce qui eft expreflement compris aux paroles de
. Jcfiis-Chrift. Car il ne dit pas au pain , qu'il foit fait fon corps :
mais il a adrefïë fa parole à la Compagnie des fidèles , difant ,
prenez , mangez , &c. Si nous voulons donc bien célébrer le
Sacrement, il nous faut avoir la doftrine , par laquelle ce qui y
eft fignifié nous foit déclaré. Je (çai bien que cela fcmble fort
eftrange à ceux qui ne l'ont pas accoutumé : comme il advient en
toutes chofes nouvelles. Mais c'eft bien rai fon , fi nous fommes
difciplesdeJefiis-Chrift , que nous préferions fon inftitution à
noflre coufhime. Et ne nous doit pas fembler nouveau ce qu'il a
inftitué dès le commencement.
Si cela ne peut encore entrer en l'entendement d'tm chacun , il
nous faut prier Dieu qu'il lui plaifc d'illuminer les ignorans, pour
leur faire entendre combien il eft plus fàge que tous les hommes
de la terre : à fin qu'ils apprennent de ne s'arrefter plus à leur
propre fens , ni à la fageflc folle & enragée de leurs conducteurs
qui font aveugles. Cependant pour l'ufage de noftre Eelife , il
nous a fèmblé bon de faire publier comme un formulaire des
prières & des Sacremens , à fin que chacun ïecognoiflè ce qu'il
oit dire & faire en l'aflembléc Chreftiennc: combien que ce livre
ne
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1
lïe profitera pas (eidemcnt au peuple de cette Eglife.j mais auffi à
tous ceux qui délireront fçavroir quelle forme doivent tenir &
fuivre les fiddes , quand ils conviennent au nom de Jefus-
Chrift.
Nous avons donc recueilli en un Ibmmaire la façon de célé-
brer les Sao^mens, & fandifier le mariage , femblabtement des
prières & louanges, defquelles nous ufbns. Nous parlerons puis
après desSacremcns, Qiiant eft des prières publiques, il y en a
deux efpeces. Les unes fe font par fimple parole: lœ autres avec
chant. Et n'eft pas chofe inventée depuis peu de temps. Car
dès la première origine de l'Eglife cda.a efté, comme il appert
par les hiftoires. Et mefmc S. Paul ne parle pas feulement de
prier de bouche , mais auffi de chanten Et. à la vérité nous con-
noiflbn^ par expérience , que le chant a grande force ^ vigueur
d'efmouvoir & enflamber fe coeur des hoftunes , pour invoquer
& louer Dieu d*un zèle plus véhément & ardant II y a toujours
à regarder que le chant ne (bit Icgpr ni volage : mais qu'il ait
poicfc & majefté (comme dit S, Auguftin) & ainfi , qu*il y ait
grande différence entre la mufique qu'on fait pour resjouir les
hommes à table & en leurs maifons : & entre les pfeaumes qui
fè chantent en PEclife , en la (M^cnce de Dieu & de fes Anges.
Or quand on voudra droitcmcnt juger de la forme qui eft ici ex-
pofée , nous efpcrons qu'on la trouvera fainfte & pure : veu
qu'elle eft fimplement reiglée à l'édification dont nous avons par-
lé , combien que l'ufage de la chanterie s'eftende plus loin. C'eft
que même par les mailons & par les champs ce nous foit une m-
citation & comme un organe a louer Dieu, & eflever nos cœurs
àluy, pour nous confofcr, en méditant fa vertu , bonté, fagefle
& juftice, ce qui eft plus néceflàire qu'on ne fcauroit dire. Pour
le premier, ce n'cft pas fans cauiè que le S. E^rit nous exhorte
fî fongneufcment par ks fainÛes Efcritures, de nous resjouir en
Dieu , & que toute noftre joye (bit là réduite , conime à fa vraye
fin : car il ccgnoift combien nous fommes enclins à nous resjouir
en vanité. Tout ainfi donc que notre nature nous tire & induit
à cercher tous moyens de resjouiflànce folle & vicieufe : aùffi au
contraire , notre Seigneur, pour nous diftraire & retirer des al-
lechemens de la chair & du monde, flous prefènte tous moyens
qu'il -feft poffible , à fin de nous occuper, en ccfte joycipirituelle^
la-
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laquelle il nous recommande tant Or entre les autres choies qui
font propres pour recréer Phomme & luy donner volupté , la
Mufîque eft la première, ou Tune des principales , & nous faut
eftimer que c'eA un don de Dieu député à ceft ufage. Eourquoy
d'autant plus devons-nous regarder de n'en point abufer , depeur
de la fouiller & contaminer , la convertiflant en noftre condam-
nation , où elle eftoit dédiée à noftre profit & falut. Quand il
n*y auroit autre confideration que cefte feule , fi nous doit-elle
bien efinouvoir à modérer l'ufage de la mufîque , pour la faire
fervir à toute honnêteté, & qu'elle ne foit point occafion de nous
lafcher la bride à diflblution , ou de nous eflfeminer en délices
defordonnées, & qu'elle ne foit point inftrument de paillardife,
ne d'aucune impudicité. Mais encore y a-t-il davantage : car à
grand' peine y a-t-il en ce monde chofe qui puiflè plus tourner
ou fléchir çà & là les mœurs des hommes y comme Plato l'a
prudemment confideré. Et de fai6t, nous expérimentons qu'elle
a une vertu fecrette & quafi incroyable à efmouvoir les cœurs en
ime forte ou en l'autre. Parquoy nous devons eftre d'autant plus
diligens à la reigler, en telle forte qu'elle nous foit utile, & nul-
lement pemicieufe. Pour cette caufe les Dodeurs anciens de PE-
glifc fc complaignent fouventesfois de ce que le peuple de leur
temps eftoit adonné à chanfons deshonnêtes & impudiques, le£>
Î[uelles non fans caufe ils eftiment & appellent poifbn mortelle &
atanique, pour corrompre le monde. Ôr en parlant maintenant
de la mufîque, je comprens deux parties, à Savoir la lettre , ou
fiibjeâ- & matière : fecondemcnt le chant ou la mélodie. Il eft
vray que toute parole mauvaife (comme dit S. Paul) pervertit les
bonnes mœurs : mais quand la mélodie eft avec , cela tranfperce
beaucoup plus fort le coeur & entre au dedans : tellement que
comme par un entonnoir le vin eft jette dedans le taiflèau : auffi
le, venin & la corruption eft diftillée jufques au profond du cœur
par la mélodie. Qu'eft-il donc queftion de faire > Ceft d'avoir
chanfons non feulement honnêtes, mais auftî faindes, leiquelles
nous foyent comme aiguillons pour nous incitei' à prier & louer
Dieu, à méditer fes oeuvres à fin de l'aimer , craindre, honorer
& glorifier. Or, ce que dit Sainft Auguftin , eft vray , gue nul
ne peut chanter chofes dignes de Dieu , finon qu'il l'ait receu
d'iceluy. Parquoy quand nous aurons bien circui par tout pour
Tome III. Hh cer-
L
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'^SS@^
cercber^à4klà>iiotisnctraUvefwisi»eîlfeu^ «lei^
prof)ros pour ce faire » qtse les Pfeautnes tk David : kfqjOG^ \t
ùiûS: Esprit luy a diâcE & fakh. Et pourtant ^ qUi&d nous les
diaoton$9 nous fomm&s œrtains que Dieu nous met en ht bouche
les paroles , comme fi kiy-même chanooit en nous ^ pour exalter
ià gloire. Parquoy Chryibflome exhorte tant hoftimes que fem-
mes 6c petits enfàtis, de s'accoufhimer à les cfaaùtsr ^ à fin que
cela ibk comme une méditation pour s'aiKxier à la Coinpagnic
des Aâges. Au refte^ il nous faut Ibuvenir de ce que dk S.!l^uil^
que ks chanibns ipirituelles ne ib peuvekit bien chanter que de
coeur. Or le coeur requiert TintelllKnce. £t en cela (dit S. Au-
guftin) gift la différence entre le cùant défi hommes Se cdui da
oiieaux. Car une linote , un roffignol , un papcfjay chanteroic
bien) mais ce fera fans entendre. Or k propre don de l'homme
eft de chanter I en Cachant oe qu^il dit. Après Tintdligcnce doit
iuivre le cœur & Tafteâion : ce qui ne peut cAre que mms n'ayons
le Cantique imprimé on noftre menK>n^ ^ pour jaibarô ne exiler
de chanter. Pour ces raLi&ms , ce pirefent livre 3 mefine à ccâe
<zn{c I outre le reile qui a c&é dit , doit eftrc en fingulsere r6-
commandatioQ à chacun qui deiire iè resjouir honneirement fit
ièlon Dieu, voire à ion faiut, fit au profit de fes prochains : êc
aiûû n'a point de mefticr d'eftre beaucoup recommancfê de par
moy f vcu qu^en iby-meiii* il ponte ion prix & ^n los. Seule-
ment que le monde ibit û bien adrifé, qu'aulieu de chanibns en
Srtîe vaines & frivoles ^ en partie ibttes 6c lourdes , en partie
es & vilaines 9 6c par confequent mauvaiiès & nuifibles , donc
il a ufè par cy^devant, il s'aooouftume cy après à chanter cet di-
vins & celeftcfi Cantioues avec le bon Roy David. Touchant bi
mélodie» il a iëmblé le meilleur^ qu'elle fliil moderàc en la ibrtt
que nous l'avons miic 1 pour emporter poids 6c majeflé convena^
t^ au fubje^fc» & même pour eftre propre à chanta" en VEglife^
fdon qu'il a cfté dit. De <jcnevc ce la do Jain if^^.
ÉX.
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»45
E X T R A I T
Du Prhikge à^ Roy^ Charles IX (i)
PAr gfacc fpeciale % pleine pMjîflance & autorité Royale , a
efté donné 8c oftroyc à Antoine % fils d'Antoine Vin-
cent, mardiand libraire à Lyon. > privilège^ congé, li-
cence & permiiïïon pour le temps ce terme de oix ans
prochains venants enfuivans & conftcutifs , d'imprimer ou faire
imprimer quand ôc où bon lui fembkra » tous les Pfèaumes du
Prophète David y traduids félon la vérité hébraïque 3^ & mis
en rime Françoifc & bonne mufique : comme a été bien veu
& cognu par gens do&cs en la Sain6te Efcriture 6ç ezdite$ lian-
gues, & auflî en Tart de mufique. Que nuls en ce royaume,
pays 5 terres & feigneuries , puiOènt imprim^er , faire imprimer ,
vendre & diftribuer Icsdits Pfcaumes delà didetraduftionji pov
dant & durant le did temps, & jufques après icclui fini & ac-
compli , fi ce n'eft du confentement dudift Vincent. Avec in-
hibition & deftenfes à tous Iniprimeurs, libraires ôc autres per-
fbnnes quelquonques, que le didl Vincent & les Cens, & ayans
de lui caufè, ou ceux qui feront de luy avouez , de faire ou
faire faire pendant le didt temps de dix ans, amender , aug^
menter, diminuer, imprimer, ou faire imprimer, vendre &
difl:ribuer en ce Royaume, pay^s, terres & feigneuries, en quel-
que forte ou manière que ce foit, ou puiflè eftre , lesdidspfeau-
mes de la difte Traduélion, ne d*en apporter & vendre en .ce
royaume-, pays, terres & feigneuries , d'autres par autres, &
ailleurs imprimez , fi ce n*eft du vpuloir , congé & confente-
ment du aiSt Vincent. Et ce fur peine de confifcation des-
dits
(i) Tiré de l'Edition de Lyon de 1/63. chez Antoine Vincent in 16. petites lettres.
Hh 2
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dits livres , formes ou caraftcres qui fe trouveront avoir efté
fai^ au contraire , & d'amende de dix marcs d'or envers le
Roy , & arbitraire envers lediâ: Vincent , iesdites inhibitions &
deffenfes tenans , & les contrevenans à icelles à ce contrain£ts
fur les peines deflîis dides^ ledift temps durant. Nonobftant
oppofitions.ou appellations quelconques y faites oa à &ire y re^
levées ou à relever, & Lettres quelconques impetrées ou à im-
petrer à ce contraires , fans qu'il Ibit beibin d'autre vérifica-
tion, émologation, publication ou interinement , finon d'inférer
lesdiftes Lettres de privilège , & lettres de déclaration d'ice-
luy, ou le bref & abrégé d'icelles, au commencement ou en
la fin de chacun livre desdifts Pfeaumes. Lequel abrégé veut
& entend ledift Seigneur Roy, qu'il vaille & fer ve autant que
s'il eftoit particulièrement fignifié à im chacun de ceux aux-
quels il pourroit appartenir & toucher. Comme plus à plein
eft contenu & déclaré par lesdidtes Lettres de privilège fur ce
données & expédiées à Sainâ Germain en Laye, le dixneufié-
me jour d'oftobre , l'an de grâce mil cinq cens fbixante & du
Reigne dudi£t Seigneur 4e premier. Signées fur le reply.
rar le Roy. Robertet , & fcellées du grand fcel dudiâ: Sci-^
{;neur, en cire jaune & queue double pendant, &par lesdiftes
ettres de plus ample déclaration au profit & faveur dudift
Vincent fur ce données & expédiées audift Sainft Germain en
Laye, le vingt fixiefme jour du mois de Décembre, l'an de grâ-
ce mil cinq cens (bixante & un, & du Règne dudift Seigneur
le deuxiefme , fignées par le Roy en (on Confeil , Coignet , &
fcellées du dit grand fcçl royal, en cire jaune, Ôcfim^e queue
pendant.
CIN.
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*45
CINaUANTE PSALMES M
DE
D A V I D.
P S A L M E L
Beatus vir , qui non abiit.
Argument.
Ce Tfalme chante , que ceux font bienheureux qui rejet tans
isj s^addonnent àcongnoijire
& malheureux ceux qui font
tes mœurf & le confeil des mauvais^ s^addonnent à congnoiftre
ér mettre à effe£i la loyde l^ieu
au contraire.
1^40.
Ui au confeil des malins n*a eftéi
Qui n*eft au trac des pécheurs arrefté i
Qui des moqueurs au banc place n'a prifc :
Mais nuit & jour la Loy contemple & prifc
De PEtemel , & en eft defireux :
Certainement ceftui-la eft heureux.
Et fcmWera un arbre grand & beau.
Planté au long d'un clair courant ruiflèau»
Hh 3 Et
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?
p s A L ^
Et qui foîi fnnGt en fa iàifbn
Duquel auffî b. fueitie ne chet
Si qu'un td homme) & tout c
Tousjours heureux & profpcre
Mais ks penrera n'auront tel
Ainçois feront femblables aux i ^
Et à la poudre au gré du vent chaflèe,
Parquoy fera leur caufe renverfëe
En jugement, & tous ces reprouvez
Au rang des Jbons ne feront point trouvez.
Car l'Eternel les juftés cognoift bien.
Et eft foigneux & d'eux & de leur bien :
Pourtant auront félicité qui dure.
Quant aux mefebans qui n'ont ne foin , ne cure
De s'amender, le chemin qu'ils tiendront.
Eux £c leurs faica «o ruine viendront.
Vl^
P S A L M E IL
Quare fomnetent gentes ?
Argument.
Icy void-on cêmment Tiavid&fin Royaume fmt vraye &».
te^ & indubitable Trof^etie de Jefut Chrijt &fm Règne.
F^rquoy font bruit & tfaflembfent les gens ?
QucBc folie à murmurer les mfine >
Pourquay font tant les peuples diligcns,
A mettre fus une cntrcjMÎfe vaine >
Bandez fe Sont les grands Rois de ta terre.
Et les primats^ ont bien tant preiumé>
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i48 P S A L M Ë S
Plus entendus & fagcs devenez :
Juges auflî des terres &^ provinces ,
Inftruâion à cefte heure prenez.
Du Seigneur Dieu fcrviteurs rendez- vous,
Craignez ion ire , & luy vueillez complaire :
Et d^eibe à luy vous resjouiflez tous,
Ayant tousjours crainte de luy defplairc.
Faites hommage au Fils qu'il vous envoyé,
Que couroucé ne (bit amèrement :
Afin auflî que de vie & de voye
Ne periflîez trop malheureufement.
Car tout à coup (on courroux rigoureux
S'embra(èra, qu'on ne s'en donra garde :
O combien lors ceux-là (èront heureux,
Qui (c feront mis en fa fauve-garde !
P S A L M E IIL
Domine quàm muitiplicati funt
Argument.
^avid ajfailly d'une gfojfe armée ^ s'eftmne du commence-^
ment : puis prend une fi grande fiance en T)ieu , qu^ après l'a^
voir imploré^ il s'afieure de la viSioire.
O Seigneur que de gens
A nuire diligens.
Qui me troublent & grèvent!
Mon Dieu que d'ennemis.
Qui aux champs (è (ont mis.
Et contre moy s'eflevent !
Cer.
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\
JS
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D E
D A V I D.
Sachez y puis qu*il le convient dire
Que Dieu pour fon Roy gracieux ,
Entre tous m'a voulu eflire ,
Et fi à luy crie & (bufpire ,
Il m'entendra de les hauts deux.
Tremblez donques de telle çhqfe ,
Sans plus contre fon vueil pécher :
Penfez en vous ce que propofe ,
Deflîis vos lifts en chambre clofè »
Et ceflèz de plus me fafcher.
Puis offrez jufte facrifice >
De cœur contrit , bien humblement.
Pour repentance d'un tel vice :
Mettant au Seigneur Dieu propice
Vos fiances entièrement.
Plufieurs gens difènt , Qui fcra-ce
Qui nous fera voir force biens ?
O Seigneur , par ta fainfte grâce,
Vueilles la clairté de ta fiice
Eflever fiir moy & les miens.
Car plus de joye m'eft donnée
•Par ce moyen, ô,^Dieu très-haut,
Que n'ont ceux qui ont grand' annô:
De froment & bonne, vinée ,
D'huilles , & tout ce qu'il leur faut :
Si qu'en paix & en (eurté bonne
Coucherai & repoferai :
Car, Seigneur, ta bonté l'ordonne,
*" " feule efpoir me donne,
ir & fcul régnant fcray.
li 2
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/-ill^ù
XS2.
P S A L M E S.
P S A L M E V.
Verba mca auribus pcrcipe.
AlLGOMBNT.
7)étuid en exil ayant beaucoup fauffert , & fat tendant de
fouffuT davantage par les flatteurs qui eftoient autour deSakl^
dren^e fa prière à T^ieu : puis fe c on foie , quand il penfe que
le Seigneur a tousjours les mauvais en haine ^ & qu^ il favori*
fêles bons.
AUx paroles que je veux dire ^
Plaife toy l*oreille prefter,^
Et à cognoiftre s'arrefter , ^
Pourquoy mon cœur penfe & fbu(pire>
Souverain Sire.
Enten à la voix très-ardente
De ma clameur > mon Dieu , mon Roy %
Veu que tant feulement à toy
Ma fupplication prefènte
J'offre & prefente.
Matin devant que jour il face >
S'il te plaid , tu m'exauceras :
Car bien matin prié feras
De moy , levant au Ciel la face >
Attendant graca
Tu es le vrai Dieu qui mefehance
N'aimes point , ne malignité :
Et avec qui en vérité ^
Malfaiteurs n'auront accointances
Ne demourance.
Ja-
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Les abomine.
Mais moy en la grand' bonté mainte.
Laquelle m'as fait favourer,
Iray encore t'adorer
En ton Temple, en ta maifbn fainte,
Deflbus ta crainte.
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f
?•
DE DAVID.
Tous mes os & mes fens.
Et mon efprit (è trouble
Grandement & au double »
En extrême fouci
O Seigneur plein de grâce »
Jufques à quand fera-ce
Que me lairras ainfi ?
Helas , Sire, retourne ,
D*entour de moy deflourne
Ce merveilleux efmoj.
Certes grande eft ma Êiute^
Mais par ta bonté haute,
Je te pry' fauve moy.
Car en la mort cruelle'
Il n'eft de toy nouvdle
Mémoire , ne renom :
Qui penfès-tu qui die.
Qui loue & pfalmodiè
En la foflè ton nom ?
Toute nuit tant travaille ,
Que lia , châlit > & paille
En pleurs je fay noyer.
Et en eau goutte à goutte
S'en va ma couche toute,
Par fi fort larmoyer
Mon oeil plorant (ans ceiiè
De defpit & deftreflc
En un grand trouble eft mis :
H eft envîeilli d'ire i
De voir entour moy rire
Mes plus gr^s ennemis.
li<
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r^^
zs£ P S A L M £ S
SùSj fus, arrière iniques »
Deilûgez tyranniques
De moy tous à la fois :
Car le Dieu débonnaire
De ma plainte ordinaire
A bien ouy la voix.
Le Seigneur en arrière
N'a point mis ma prière,
Exaucé m'a des deux,
Receu a ma demande:
Et ce que luy demande,
Accordé m'a 6c mieux.
Donques honteux deviennent
Et pour vaincus (è tiennent
Mes adverlàires tous:
Que chacun d'eux s'cflongne
Subit en grand vergpngne,
Puis que Dieu m'eft fi doux.
P S A L M E VIL
Domine Deus meus in te fperavi-
Argument.
// firie étefire prefervé de la grande ferfecution de Saiil:
met en avant fon innocence : requiert le Râjaume à luy pro^
mis , & cmfujton à fes adverf aires. Finalement il chante
qu^ils périront de leurs propres glaives , à' en loué T)ieu.
M
On Dieu, j'ai en toy cfperance,
Donne-moy donc fauve aflëuranœ
De
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x5« P 'S A '^L M E S
Et fouftien le droiâ & jufte hommSf
Toi jufte Dieu 3 qui jusqu'au fons .
Sondes les cueurs mauvais & bons» .
Oeft Dieu qui eft mon ai&urance»
• Et mon pavois : j'ay efperance
En luy» qui garde & faidb vainqueur
Un chacun qui eft droidfc de cueur.
Dieu eft le Jugp véritable
De celuy qui eft équitable »
Et de celuy ièmblablement
Qui l'irrite jouraellemenL
• Si Phomme qui taiche à me nuirc^
Ne fc veut changer & réduire.
Dieu viendra fon glaive aiguifer.
Et bander ion arc pour vifèr.
Desja le grand Dieu des alarmes
Luy prépare mortelles armes»
n fait dards propres & iervans
A pourfuivre mes pourfuivans.
Et l'autre engendre chofe vaine>
Ne conçoit que travail & peine
Pour enfanter (quoy quiil en (bit^
Le rebours de ce qu'il penfbit.
A caver une grande foflè
n met fi)licitude groflè:
Mais en la foflè qu'il fera
Luy-mefmes il tresbuchera.
Le mal) qu'il me forge & appreftcjr
Retournera deflus fa tefte:
Bref, je voy le mal qu'il commet
Luy defcendre fur le fomimet
Dont
4h*.
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r^
S
il
i6Q P S À L M ^ S
Et de vouloir en ton foin le tenir.
Tu l'as fait tel, que plus il ne luy refte
Fora eftre un Ange, en l'ayant quant au refte.
Abondamment de gloire environné j
Rempli de biens, & d'honneur couronné.
Régner le fais fur les œuvres tant belles
Dé tes deux mains, comme (èigneur d'icelles:
Tu as de vray, fans quelque exception,
Mis fous fos pieds tout en fujedtion.
Brebis & bœufs, & leurs peaux & leurs laines.
Tous les troupeaux des hauts monts & des plaines:
En gênerai , toutes beftes cherchans
A pafturer & par bois & par champs.
Oifeaux de l'air, qui volent & qui chantent,
Poiflbns de mer, ceux qui nagent & hantent
Par les fentiers de mer grans & petits ,
Tu les as tous à l'homme aflujettis.
O noftre Dieu, & Seigneur amiable.
Comme â bon droid eft grand & admirable
L^cxcellent bruit de ton nom précieux.
Par tout ce val terrcftre fpacieux !
S
tf*
PSAL-
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.'^^^
a
fi*
fMMUJMI -/ ,
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SALUES
tnais leur renommée ^t
te &: condQmiée.
inemi cauc & fin»
m emprifc à fin?
os cités bdies?
ft-il mort avec elles?
i: le Dieu qui eft là hauc>
li jamais ne faut,
a dreflë tout propice ^
aifbn & juftice.
-il juftement
ide entièrement,
lufes en droi£hire
maine créature.
a retraite fera
/on pourchaflera >
raite & adreflè, f
temps de fa deftrefïe.
i qui ton nom cognoiftront,
[îce en toi mettront: ^
ur, qui à toi s'adonne 9
)int ne l'abandonne.
m exultation
i habite en Sion:
;ens de toutes guiics
grandes & exquifès.
ng du jufte il s'enquicrt ,
ient & le requiert:
clameur n'oublie
qui le fupplie. -
)ieu (ce difois-je en moi)
• Voi
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m^^^^s^^s^^^^m^msm^.
1^4
P S A L M E S
P S A L M £ X.
domine , ut quid tecejjîjii Imge.
Argument.
Ce Vfeaume efi une prière contre les pervers nui fans , ér
malicieux hommes , qui par dol , & par force , opprejfent les
bons y & les plus foibles : &y font de fer it s , l* orgueil ^ & les
moyens dont envers eux ufent les mal vivans.
D'Où vient cela, Seigneur, je te fuppli,
Que loin de nous te tiens les yeux.couvers?
Te caches-tu pour nous mettre en oubli ?
Mefmes au temps qui eft dur & divers?
Par leur orgueil font ardants les pervers
A tourmenter Phumble, qui peu fè prife:
Fais que fur eux tombe leur entreprife.
Car le malin fè vante , & fe faiâ fèur^
Qu'en fes defirs n'aura aucun défaut:
Ne prifant rien que l'avare amaflèur.
Et mefprifant l'Etemel de là haut ,
Tant il efl fier que de Dieu ne luy chaut:
Mais tout cela qu'il penic en fa mémoire,
C'eft, Dieu n'eft point, & fi ne le veut croire.
Tout ce qu'il fait tend à mal fans céder,
De fa penfée eft loin ton Ji^gemcnt :
Tant eft enflé, qu'il cuide rcnverfcr
Ses ennemis à fbuffler feulement.
£n fon cueur dit: d'eshranler nullement
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D E D A V I D.
Garde je n'ay: car je fçay qu'en nul aag<
Ne peut tomber iîir moy aucun dommage
D'un parler fainft^ plein de déception,
Le faux parjure eft tousjours embouché
Defibus (a langue, avec oppreflîon,
Defîr de nuire eft tousjours embufché.
Semble au brigand, qui fur les champs a
L'innocent tue en caverne fècrette.
Et de qui l'oeil povres paflàns aguette.
Aullî l'inique ufe du tour fccret
Du lyon caut en fà tafhiere, helas.
Pour attraper l'homme fîmple & pôvret.
Et l'engloutir quand l'a pris en (es laqs.
n fàift le doux, le marmiteux, le las:
Mais fous cela, par fa force perverfc,
Grand' quantité de povres gens renverfc.
Et dit ertcor en fon cueur vicieux ,
Que Dieu ne veut la fouvenance avoir
De tout cela: & qu'il couvre fes yeux,
A celle fin de jamais n'en rien voir.
Xeve-toy donc. Seigneur, pour y pourvoi
Haufïc ta main deflîis, je te fupplie,
]Et ceux qui font perfècutez n'oublie.
Pourquoy irrite & contcmne en (es fai
X'homme mefchant le Dieu doux & huma
In foif cueur dit, qu'enqueftes ta n'en fâ
l^ais tu vois bien fon mefFaiél inhumain.
Et voyant tout, prens les caufès en main:
Voilà pourquoy s'appuye le débile
Sur toy, qui es le fupport du pupile.
Brifè la force, & le bras plein d'excès j
'OME IIL LI
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xC6 P S A L M E S
Du malfaiteur, inique & reprouvé,
Fay de fès maux l'enqueflc & le procès.
Plus n'en fera par toy un fèul trouvé.
Lors à jamais, Roy de tous approuvé.
Régnera Dieu, quand en fa terre fainde
De ces mefchans fera la race efleinte.
O Seigneur donc, s'il te plaid, tu orras
Ton povre peuple en cefte afpre fàifbn:
Et bon courage & efpoir luy donras,
Preftant Toreille à ion humble oraifbn:
Qui eft de faire aux plus petis raifbn,
Droiâ: aux foulez, fi que l'homme de terre
Ne vienne plus leur faire peur ne guerre.
P S A L M E XL
In domino canfido.
Argument.
Il fe complaint de ceux qui h chajfoient de toute la terre
étifraél , puis chante fa confiance en T^ieu , à* le jugement
d'iceluy fur les bons & fur les mauvais.
VEu que da tout en Dieu mon cueur s*ap|Kiye>
Je m'eshabi comment de voflre mont
Plufloft qu'oifèau dites que je m'enfuyc.
Vrai efl que Tare les malins tendu m'ont >
Et fur la corde ont afiîs leurs fàgettcs,
Pour contre ceux qui de cueur juftes font ,
Les defcocher jufques en leurs cachettes.
Mais
XMk
S5^
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DE DAVID.
Mais on verra bien-toft à néant mife
L'intendon de tels malicieux :
Car quelle faute a le jyfte commifè?
Sachez que Dieu a fbn palais aux cieux ;
Deflûs ion throne eft rÊtemel Monarque:
Là haut affis il voit tout de ies yeux,
Et fbn regard les humains note & marque.
Tout il efprouve, & le jufte il approuve,
Mais fbn cueur hait qui aime extorfîon.
Et l'homme en qui violence fe trouve.
Pleuvoir fera feu de punition
Sur les malins fbupJire chaud, flamme ardente,
Vent foudroyant: voilà la portion
De leur bruvage, & leur paye évidente.
Car il efl jufle, & pource aime juftice.
Tournant tousjours, par douce affedion.
Vers Phomme droift fon oeil doux & propice.
zCj
P S A L M E XII.
Salvum me foc ^ domine.
A IL G U M E N T.
// parle contre les flateurs de la cour de Saiil , qui par
flateries , dijjîmulations & arrogances eftoient molefies à cha-
cun , & prie "Dieu y donner or are.
DOnne fecours. Seigneur, il en efl heure:
Car d^hommes droifts fbmmes tous defhuez.
Entre les fils des hommes ne demeure
Ll 2 Un
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Un qui ait fby> tant font diminuez.
Certes chacun vanité, menteries
A (on prochain dit ordinairement:
Aux lèvres n'a l'homme que flateries:
Quand il dit Pun , ion cueur penfè autrement
Dieu vueille donc ces lèvres blandiflàntes
Tout à travers pour jamais incifer :
Pareillement ces langues arrogantes,
Qui bravement ne font que devifer.
Qui mefmement entr'eux ces propos tiennent,
Nous ferons grans par nos langues fur tous:
A nous de droiSt nos langues apartiennent :
Flatons, mentons, qui eu maiftre fur nous?
Pour TalHig^, pour les petis qui crient.
Dit le Seigneur, ores me lèverai:
Loin les mettray des langues qui varient.
Et de leurs laqs chacun d'eux fauverai.
Certes de Dieu la parole fc treuve
Parole nette, & très-pure eft fa voix^
Ce n'efl qu'argent affiné à Tefpreuve,^
Argent au feu efpuré par fcpt fois.
Or donc. Seigneur , que ton peuple & tes hommes
Soient maintenus par ta gratuité :
Et de ces gens, dont tant moleflez fbmmes.
Délivre nous à perpétuité.
Car les malins à grans troupes cheminent ,
Deçà, delà, tout eft plein d'inhumains,
Lors que d'iceux les plus mefchans dominent.
Et qu'ellevez font entre les humains.
PSAL.
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Ue
I
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En toy gift tout Pefpoir de moy:
Par ton iecours fày que refinoy
De mon cueur en plaifir fe change:
Lors à Dieu chanteray louange.
Car de chanter j'aurai dequoy.
P S A L M E XIV.
©/>// injtpiens m corde fuo.
AUGITMENT.
^iL 11 dit que tout eft plein d^ infidèle s ér ethniques : defcrit
^^ leur enterrement corrompu: fouhaitte à' Prédit leur ruine ^ &
la délivrance du peuple de ^ieupar eux dévoré.
LE fol malin en fbn cueur dit èc croit
I Que Dieu n'eft point > & corrompt & renverfe
Ses meurs t ià vie^ horribles faiâ:s exerce:
Pas un tout ièul ne fait rien bon ne droiâr^
N'y ne voudroiâ:.
Dieu du haut ciel a regardé içy
Sur les humains ) avecques diligence»
S'il en verroit quelqu'un d'inteUigertce»
Qui d'invoquer la divine merci
Fuft en (buci.
Mais tout bien veu, a trouvé que chacun
A fourvoyé 9 tenant chemins damnables:
Enfèmble tous font faits abominables:
Et n'efl celuy qui face bien aucun.
Non jufqu'à un.
N'ont-
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i^A*.^
D E D A V I D.
N'ont-ils nuls fens, tous ces pernicieux,
Qui font tout mal) & jamais ne fe changent?
Qui comiàe pain mon povre peuple mangent,
Et d'invoquer ne font pojint fbucieux
Le Dieu des cieux?
Certainement tpus esbahis feront.
Que fur le champ ils trembleront de crainte:
Car TEternel par fà faveur trefïàinte
Tiendra pour ceux qui droits fè trouveront^
Et Taimeront*
Hà, malheureux, vous vous efhidiez
A vous mocquer de l'intention bonne.
Que Pimmortel au povre affligé donné,
Pource qu'ils font fur luy tous appuyez,
Et en riez.
O qui, & quand de Sion fortira
Pour Ifi-ael fècours en fa fpuffrance ?
Quand Dieu mettra fon peuple à dâivrance.
De joye adonc Ifrad jouira,
Jacob rira.
PSAL.
"^à
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X7*
P S A L M E S
P S A L M E XV.
Domine quis habitabit.
Argument.
Cepfalme chante de quelles mœurs doivent eftre ornez les
citoyens des deux.
Qui cft-ce qui converfcra, '
O Seigneur, en ton tabernacle?
Et qui eft celui qui fera
Si heureux que par grâce aura
Sur ton fainâ: mont fèur habitacle?
.Ce fera celui droitement
Qui va rondement en befongnc,
Qui ne fait rien que juftement,
Et donc la bouche ouvertement
Vérité en £on cueur tefmoigne.
Qui {>ar fa langue point ne fait
Raport qui los d*autruy efïàce:
Qui à fbn prochain ne mesfait.
Qui aufli ne fouflre de faiA,
Qu'opprobre à fbn voifin on face.
Ce fera Phomme contemnant
Les vicieux , auflî qui prife
Ceux qui craignent le Dieu régnant:
Ce fera Phomme bien tenant
(Fufl-cc à fbn dam) la foy promife.
• " Qui
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•«Aj^
«74
P SA L
Mon cri au ciel jufqu^à luy pénétra.
Si que ma voix en fbn oreille entra.
Incontinent tremblèrent les campagnes,
Les fondemens des plus hautes montagnes
Tous esbranlés s^efmeurent grandement.
Car il eftoit courroucé ardemment
En fès nafeaux luy monta la fumée:
Feu afpre iflbit de fa bouche alluiq^ée:
Si enflambé en Ton courage efloit,
Qu*ardans charbons de toutes pars jettoît:
Baiflà le ciel, de defcendre print cure.
Ayant fous pieds une brouée obfcure:
Monté eftoit fur Chérubin mouvant,
Voloit guindé Air les ailes du vent.
£t ië cachoit dedans les noires nues
Pour tabernacle autour de luy tendues:
Enfin rendit par fa grande clarté
Ce gros amas de nues efcarté:
Grefle jettant & charbons vifs en terre.
Au ciel menoit l'Etemel grand tonnerre,
L'Altitonnant fa voix grofic hors mit.
Et grefle & feu fur la terre tranûnit
Lança fes dards, rompit toutes leurs bandes.
Doubla Tefclair, leur' donna frayeurs grandes.
A ta menace, & du fort vent pouffê
Par toy. Seigneur, en ce point courroucé j
Furent canaux defhuez de leur onde.
Et defcouvers les fondemens du monde.
Sa main d^enhaut icy bas me tendit.
Et hors des eaux fain & fauf me rendit.
Me recourut des puiflàns & hauflàires
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%^6 P S A L M E S
De hardiefle & force il m'environne, *
Et (eurc voye à mes emprifes donne:
Mes pieds à ceux des chcvrcux fiiit égaux 5
Pour monter lieux difficiles & hauts.
Ma main par lui aux armes cft apprife.
Si que du bras un arc d'acier je bri(e.
De ton fècours Tefcu m*as apporté »
Et m'a ta dextre au befoin fupporté.
Ta grand' bonté, où mon efpKîir mettoye.
M'a fait plus grand encor' que je n'eftoye :
Préparer vins mon chemin fous mes pas,
Dont mes talons gliffans ne furent pas :
Car ennemis fçeu pourfuivre & atteindre
Et ne revins fans du tout les efteindre:
Durer n'ont peu , tant bien les ay fecous,
Ains à mes pieds tresbufcherent de coup^
Circui m'as de belliqueufc force ,
Ployant fous moi qui m'envahit s'efforce:
Tu Ihe monflras le dos des ennemis.
Et mes haineux j'ai en ruine mis.
Ils ont crié, n*ont eu fecours quelconques,
Mefmes à Dieu, & ne les ouït onques.
Comme la poudre au vent les ay rendus.
Et comme fange en la place eftcndus.
Délivré m'as du mutin populaire,
Et t'a pieu chef des nations me faire :
Voire le peuple, à moi peuple incogneu.
Sous mon renom obeïr m'eft venu.
Maints eftrangcrs par fervile contrainte
M'ont fait honneur d'obeiflànce feinte:
Maints eftrangcrs rcdoutans mes efforts,
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Z78 P S A L M E S
Nonce de toutes pars
L'ouvrage de fès mains.
Jour après jour coulant,
Du Seigneur va parlant
Far IcMigue e3q)erience:
La màStt fuivant la nmâ.
Nous preiche, & nous inâniic
De fa grand' fàpience.
Et n*y a nation.
Langue, prolation,
Tant fbit d'eftranges lieux.
Qui n'oye bien le fon,
La manière & façon
Du langage des Cieux.
Leur tour par tout s*cftend.
Et leur propos s'entend
Jufques au bout du monde :
Dieu en eux a pofë
Palais bien compofë
Au (bleil der & monde.
Dont il fort ainfi beau
Comme un efpoux nouveau
De fon paré pourpris.
Semble un grand prince à voir,
S'e%ayant pour avoir
D'une couriè le prix.
D'un bout des cieux il part.
Et atteint l'autre part.
En un jour tant eft viftc:
Outre plus, n'y a rien
En ce val terrien.
Qui
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wm/mM
DE DAVID.
Qui fa chaleur évite.
La très-entière Loy
De Dieu fbuverain Roy^
Vient Pâme reftaurant j
Son tefmoignage feur
Sapience en douceur
Monftre à Phumble ignorant.
D'iceluy Roy des Rois ,
Les mandemens font droits, *^
Et joye au coeur affignent^
Les commandemens fai^s
De Dieu font purs 6c fions.
Etales yeux illuminent.
L'obeïflànce à lui
EA un treflàinâ: zppm
A perpétuité:
Dieu ne fait jugement^
Qui véritablement
Ne fbit plein d'équité.
Ces chofès font encor*
Plus defîrables qu'or,
Fuft-ce fin or de touche:
Et en un cueur fans fiel
Sont plus douces que miel.
Ne pain de miel en bouche.
Qui fcrvir te voudra,
Par ces poinds apprendra
A ne fè fourvoyer,
Et en les obfèrvant.
En aura t^ fèrvant
Grand & riche loyer.
^79
Mais
s^^^sii^^g^^s^sii^^ihl
iiS&i
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x8o
P S A L M E S
Mais où fb trouvera^
Qui fès fautes faura
Nombrer, pcnfer, ne dire?
Las ! de tant de péchez ,
Qui me font tous cachez »
Purge-moi y très-cher Sire.
Auifi des grans forfaits
Témérairement faits,
Soit ton ferf relâché $
Qu'ils ne régnent en moi.
Si ferai hors d'efmoi.
Et net de grand péché.
Ma bouche prononcer.
Ne mon cueur rien pépier
Ne puific , qui ne plaife
A toi, mon défendeur.
Sauveur & aijiandeur
De ma vie mauvaifc.
'à
'^
P S A L M E XXIL
^eusy ^eus meus y refpice in me.
Argument.
Trophetie de Jefus Chrifi , en laquelle T>avid chante à
tréey fa baiïe &honteufe déjehion: fuis f exaltation & Peji
due de fan Royaume jujque s aux fins de la terre , ér lape\
tuelle durée d^iceluy.
M
On Dieu, mon Dieu , pourquoy m*as-tu laifle.
Loin de fècours, d'ennui tant oppreffê;
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7>t^rS
zU P S A L MES
Caufc d'cfpoir ta me fus apportant
Dès que j'eflois les mammdles tettant
De ma nourrice.
Et qui plus tûy jfbrtanc de ia matijcc
Me recueillit ta fainâe maîn tutrice »
Et te monftras eftrc mon Dieu propice
Dès que fus né.
Ne te tien donc de moi fi ddftoomé ,
Car le péril m'a de près adjoumé,
Et n'eft aucun par qui me ibit donné
Secours ne grâce.
Maint gros taureau m^enviionne & menace »
Les gros taureaux de Ba(àn terre grade
Pour m*a(Iîeger m'ont fuiri à la trace ^
En mé prcflant.
Et tout ainll qu'un lion ravi&nt»
Après la proye en fiitcur rugiflant.
Ils ont ouvert deflûs moy languiflànt.
Leur gueule glouêc.
Las! ma vertu comme eau «'e(cpule toute:
N'ai os qui n'ait la jointure didbute;
Et comme cire en moi fond goûte à goûte
Mon cueitr fàché.
D'humeur je fuis comme tuile afloché.
Mon palais eft à ma langue attaché:
Tu m'as fait preft d'eftre au tombeau couché.
Réduit en cendre.
Car circui m'ont les chiens pour me preadre:
La fauflc troupe eft venue m'offendre,
Venue elle eft me tranlpercer & fbndre
Mes pi^s 6c mains.
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Conter je puis mes os du plus au moins:
Ce que voyans les cruels inhumains,
Tous resjouis me jettent regards maints
Avec riféc-
Jà ma defpouille efltr*eux ont divifée:
Entr*eux desjà ma robe depofée
Ils ont au fort hazardcox «poieé,
A qui l'aura.
Seigneur, ta main donc ne s^eflongnera,
Ains par pitié fecours me donnera:
Et s'il te plaift, elle fe haftera,
Mon Dieu, ma force.
Sauve de glaive & de mortelle eftorcc
Mon ame, helas ! que de perdre on s'efforce:
Délivre-la, que du chien ne (bit morfe.
Chien enragé.
Du léonin gofier encouragé
Délivre-moy, refpon à l^affligé ,
Qui eft par grandes licornes aiïïegé.
Des cornes d'elles.
Si conterai à mes frères fidelles
Ton nom très^hautj tes vertus immortelles
Dirai parmi les aflèmblées belles,
Parlant ainfi:
Vous craignans Dieu, confeflèz-lc fans fi,
Fils de Jacob, exaltez fa merci:
Crains-le tousjours toi, d'Ifrael aulîi
La race entière.
Car rebouté n*a Thumble en fa prière,
Ne deftourné de lui fa face arrière.
S'il a crié, fà bonté fingulierc
Nn 2
L'a
à
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D E
D A V I
— ''^-^^r.^.'.^r.
P S A L M E XXi:
Dominus régit me ^ & a
Argument.
chante les biens ér la félicité qu^il a
fiance fe promet que T)ieu^ duquel c
era tous jour s de mefme.
On Dieu me paift 3 fous fa puii
Ccft mon berger», de rien je \
n teft bien fcur , joignant les beaux
ucher me fait, me meine aux clai
raide ma vie en douceur très-hums
t pour fbn nom par droifts fëntiers
Si feurement que quand au val vie
'ombre de mort, rien de mal ne cra
ar avec moy tu es à chacune heun
uis ta houlette & conduite m^afleuK
\x enrichis de vivres neceflâires
^^da table, aux yeux de tous mes zA\
Tu oings mon chef d'huiles & fèn
lit jufqu'au bords pleine taflc me doi
Voire & feras que cefle faveur tienne
Tant que vivrai compagnie me tienne
Si que tousjours de (aire ay efperana
£n la maifon du Seigneur demeuranc
Nn 3
kV»
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Yl:
lie
P S A L M E S
P S A L M E XXIV.
Domini eft terra , Se plenitudo.
Argument.
T^avid fit ce Tfalme , pour le chanter quand on amener oit
t Arche ou habitoït la T)ivinitê , dedans le Temple que Salo^
mon devoit faire.
LA terre au Seigneur apartient,
Tout ce qu*en fè rondeur contient.
Et ceux qui habitent en elle :
Sur mer fondement luy donna ,
L'enrichit & Tenvironna
De mainte rivière très-belle.
Mais fa montagne eft un (àindl: lieu :*
Qui viendra donc au mont de Dieu ?
Qui efl:-ce qui là tiendra place?
L*hommé de mains & cueur lavé.
En vanité non eflcvé.
Et qui n'a juré en fàllace«
L'homme tel Dieu le bénira:
Dieu fbn fauveur le munira
De mifericorde & clémence.
Telle eft la génération
Cherchant, cherchant d'affedion,
O Dieu de Jacob la prefcnce.
Hauflez vos teftes , grans portaux :
Huys étemels, tenez- vous hauts ,
Si entrera le Roy de gloire.
y^L-»
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i88 P S A L M E S
Vueilles moi eftre enfeigneur ^
Achemine moi au cours
De ta vérité patente ^
Comme Dieu de mon fecours ,
Où j*ai chacun jour attente.
De tes bontez te recorde ,
Mets en mémoire » & eftens
Cefte grand' miiericorde^
Dont ufê as de tout temps.
Oublie ma mauvaiftié
Dès ma première jeunefle :
De moy, felon ta pitié ,
Te ibuvienne en ma détreflè j
Dieu eft bon & véritable,
L'a efté , & le fera
Parquoi en voye équitable
Les pécheurs radreflera.
Les povres fera venir
A vie jufte & décente :
Aux povres fera tenir
L'Eternel fa droide fente^
Bonté > fëurté > fbuvenance 5
Sont du Seigneur les (entiers »
A ceux qui fa convenance
Gardent bien 8c volontiers;
Helas ! Seigneur tout parfait
Pour l'amour de ton nom mefme
Pardonne-moi mon forfait y
Car c'eft un forfait extrefme.
Qui fera l'homme, à vray dire,
Qui ion Dieu délirera ,
Du
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GoÔgl
gie
f
DE DAVID,
Du chemin qu'il doit eflire
L'Etemd ravcrtira.
A rqx)S parmi fcs biens
Vivra (on cucur en grand aagc :
Puis auront les enfans fiens
La terre pour héritage.
Dieu fiadt (on fecret paroiftre
A ceux qui Tont en honneur :
Et leur mon(h'e & fait connoiftre
De (on contrat: la teneur.
Quant à moy y yeux & e(prits
En tout temps à Dieu je tourne :
Car mes pieds , quand ils fent pris j
Du filé tire 8c deftoume.
Jette donc fur moy ta veuë,
Pren de moi compaffion :
Perfbnne fuis defpourveuë,
Seule , & en afHiârioa
Jà mon cueur (ens empirer ^
Et augmenter fes deflreflcs :
Las ! vueiUe-moi retirer
De ces mienes grand's opprefles.
Tourne à mon torment ta face :
Voi ma peine & mon fpuci :
Et tous mes péchez efface >
Qiii (ont caufe de ceci
Voi mes ennemis qui font
Non feulement groflè bande :
Mais qui fur moi certes ont
Haine furieufe & grande.
Prefèrve de leur émbufche
ME IH Oo
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D E
D A V I I
Tes jugemens iëmblenc hauts monts^
Un abifme tes aâes bons,
Tu gardes homme & beftc
O que tes grâces nobles font
Aux hommes ) qui confiance ont
En l'ombre de tçs ailes!
De tes biens iaoules leurs defirs>
Et au fleuve de tes plaifîrs
Pour boire les appelés.
Car fburce de vie en tçi gîfl.
Et ta clarté nous cflargit
Ce qu'avons de lumière;
Continue > ô Dieu tout-puiflant»
A tout cueur droit te cc^noiflànt»
Ta bonté couflumiere.
Que le pied de Thomme inhumain
De moi n'approche > 8c que fa main
Ne m'esbranle ne grève.
C'eft fait, les iniques cherront f
Et repouflez tresbufcherpnt»
Sans qu'un d'eux fe relevé.
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D E D A V I
Laiflè Dieu faire, atten-lc, 8c ne tt ^
Souci aucun, regret, ne defJ3laifir
Du profperant qui à fraude s'adonne.
Si dueil en as, vueille t'en deflaifir:
Et de te joindre à eux n'ayc courage.
Pour faire mal & fuivre leur defîn
Car il cherra fur les malins orage:
Mais ceux qui Dieu attendront conftami
Poflèderont la terre en héritage:
Le faux faudra fi toft, & tellement.
Que quand fà place iras chercher & qu
N'y trouveras la trace feulement.
Mais les bénins hériteront la terre >
Et y auront fans molefte d'autruy.
Tout le plaifir que l'homme fauroit quer
Il eft certain que tout mal & ennui
L'homme pervers au bien vivant machin(
Et par fureur grince les' dents fur lui.
Mais cependant la Majefté divine
Rit du mefchant: car de fcs yeux ouver
Voit bien venir le jour de fa ruine.
Tirer leur glaive on verra les pervers,
Ec bander l'arc, pour l'humble & povre
Et pour les bons ruer morts à l'envers.
Mais leur coufleau fera pour les comb;
Et percera leur cueur, tant fbit-il caut:
Verront leur arc auflî rompre & abatre.
Certes le peu de l'homme jufte vaut
Mille fois mieux que la riche abondance
Du mal vivant, tant foit eflevé haut.
. Car du mefchant le bras & la puiflanc
Pp 2
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è
^
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308 P S A L M E S
Au Dieu de ma joye & licfle:
Et fur la harpe chaoteredë
Confeflèrai -qu'il n'eft Dieu tel
Que toi, Dieu immortel.
Mon cueur, pourquoi t'ébahis ores?
Pourquoi te débats dedans moi?
Atten lè Dieu que tu adores,
Car grâce lui rendrai encores
Dont il m'aura mis hors d'efmoy.
Comme mon Dieu. & Roy.
i
1
P S A L M E XLV.
EruEîavit cor meum verbum bonum.
A R G u M
E N T.
Ceft le chant nuptial de Jefus^ChriJl & de fon Eglife^
és la figure de Salomon & de fa principale femme fille de
fous
Tharaon.
PRopos exquis faut que de mon cueur forte:
Car du Roy veux dire chanfon de forte.
Qu'à celle fois ma langue mieux dira,
Qu'un fcribe prompt de plume n'efcrira.
Le mieux formé tu es d'humaine race:
En ton parler gift merveilleufe grâce,
Parquoi Dieu fait que toute nation.
Sans fin te loue en bénédiction.
O le plus fort que rencoritrer on puifle!
Accouflre & ccin fur ta robuftc cuiflc
Ton
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Moue ardemmeac ca grand' bemté deCtrci
Dorefnavanc ton Seigneur it fera
Et de t(À hum^ obeïflmce aura.
Peii^tos ée Tyr, peuples pleine de richeflcs.
D'honneurs & dons te feront grandes laigefleS)
Ce ne fera de ta fille du Roy^
Sous manteau d'or, (mm tout noMe amoy;
D'habits brodez rkhement atournée
Elle fera devers le Roy menée,
Avec le train de vierges la ^vans.
Et de fès plus procitaines la iervam.
Pleines de joye & d'ennui exemptées,
Au Roy feront enfemUe prcfentées:
Elles & toy en triomphe & bonheur,
L'irez trouver en fon palais d'honneur.
Ne ptain donc point de laiflêr mère Se pefe,
Car en lieu d'eux, mariage pro(pere
Te produira beaux & nc^es enfims.
Que tu feras paMout Rois triomphans.
Quant eft de moy, à ton nom Se ta gloire
Ferai efcrits d'éttmdle mémoire.
Et par lefquels les gens à Tadvemr,
Sans fin voudront te chanter le bénir.
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31Z
P S A L M E S
Troupes de gens fur nous coururent,
Meuz contre nous Royaumes furent,
Du bruit des voix tout l'air fendoit.
Et fous eux la terre fondoit.
Mais pour nous en ces durs alarmes.
Ha efté le grand Dieu des armes,
Le Dieu de Jacob : c'eft un fort
Pour nous encontre tout effort.
Venez , contemplez en vous-mefines
Du Seigneur les aâes fuprefmcs,
Et ces lieux terreflres voyez.
Comment il les a nettoyez.
11 a efleint cruelle guerre.
Par tout jufqu'aux fins de la terre,
Brifë lances, rompu les arcs.
Et par feu les chariots ars.
Cédez, dit-il, & cognoiflànçe
Ayez de ma haute puiflànce.
Dieu fuis, j'ai exaltation
Sur toute terre & nation.
Conclufion, le Dieu des armes
Des noflres eft en tous alarmes:
Le Dieu de Jacob c'efl un fort
Pour nous encontre tout effort*
PSAL-
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DE DAVID.
5^5
P S A L M E L.
^eus deofum ^ominus locutus eji.
Argument.
M prophetife comment T^ieu devait appeler à foi toutes na^
:7is par V Evangile , & ne demander aux fiens pour tous
rifices , ^non confejpon & prédication de fa bonté , detef
\t ceux qui fe vantent dobferver fa Religion^ fans que leur
r foit touché de z^ele^ ne d amour en lui.
LE Dieu, le fort, PEterncl parlera,
I Et haut & cler la terre appelera
De rOrient jufques à rOccidenf,
Devers Sion Dieu cler & évident .
Apparoiftra, orné de beauté toute:
Noftre grand Dieu tiendra, n'en faites doute.
Ayant un feu dévorant devant luy.
D'un véhément tourbillon circui,
Lors huchera & terre & Ciel luifant
Pour juger là tout fon peuple en difànt:
Aflèmblez moi mes Sainfts, qui par fiance
Sacrifians ont prins mon alliance.
Et vous, les deux, direz en tout endroit
Son jugement, car Dieu eft juge droit:
Enten mon peuple, & à toy parlerai j
Ton Dieu je fuis, rien ne te cèlerai:
Par moi reprins ne feras des offrandes.
Qu'en facrificc ai voulu que me rendes,
oME IIL Rr
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'^iSL^I
3^4
P S A L M E S
j€ n'ai bcfbin prendre en nulle ùîfon ,
Boucs de tes parcs, ne boeuf de ta maifbn:
Tous animaux des bois font de mes biens:
Mille troupeaux en mille monts font miens:
Miens je cognois les oifëaux des montagnes 9
Et Seigneur fuis du beftail des campagnes.
Si j'avois faim> je ne t'en dirois rien:
Car à moi eft le monde , & tout fon bien.
Sttis-je mengeur de chair de gras taureaux?
Ou boi-je fang de boucs ou de chevreaux?
A l'Etemel louange facrifie.
Au Souverain rens tes vœus, & t'y fie.
Invoque-moi , quand opprefle feras y
Lors t'aiderai, puis honneur m'en feras.
Aufïï dira l'Eternel au mefchant,
Pourquoi vas-tu mes edits tant prefohant,
Et prexis ma Loy en ta bouche maUne,
Veu que tu as en haine difcipline ,
Et que njes dits jettes & ne reçois?
Si un larron d'adventure apperçois.
Avec luy cours , car autant que luy vaux»
T'accompagnant de paillars & riba^x»
Ta bouche mets à mal & mefdifances.
Ta langue braflè Se fraudes & nuifanœs.
Caufant aflîs pour ton prochain blafinor»
Et pour ton frère o» coufin diffamer:
Tu fais ces maux , &, cependant que rieas
Je ne t'en di, tu m'eflimes & tiens
Semblable à toi: mais quoi que tard le faoe>
T'en reprendrai quelque jour à ta faoa
Or entendes cela^ je vous fupf^'»
Vous
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En ta prefencc, à toi fèul j*aî forfait:
Si qu'en donnant arreft pour me desfaire.
Jugé feras avoir juftement fait,
Et vaincras ceux qui diront du contraire.
Helas! je (çay, & fi l'ay tousjours fceu.
Qu'iniquité print avec moy naiflance:
J'ay d'autre part certaine congnoiflànce.
Qu'avec péché ma mère m'a conccu.
Je fçay aulTî, que tu aymes de fait
Vraye équité dedans ma confeience :
Ce que n'ay eu, moy à qui tu as fait
Voir les fecretz de ta grand' fapience.
D'yfbpe donq, par toy, purgé feray:
Lors me verray plus cler que chofe nulle:
Tu laveras ma trop noire macule:
Loif en blancheur la neige paflèray.
Tu me feras joye & liefle ouïr.
Me révélant ma grâce interinée:
Lors fcntiray croiftre Se fe réjouir
Mes os, ma force, & vertu déclinée.
Tu as eu rocil'aflez fur mes forfaits:
Deftourne d'eux ta courroucée face:
Et te fuppli' non feulement efface
Ce mien péché, mais tous ceux que j'ay faits:
O Créateur, te plaife en moy créer
Un cœur tout pur, une vie nouvelle.
Et pour encor* te pouvpir agréer.
Le vrai Efprit dedans moi renouvelle.
De ton regard je ne foy' reculé,
Et te fupply', pour finir mon martire.
Ton fainft Efprit de mon coeur ne retiré.
Quand
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,i8
Adonc les bœufs, ainfi que tu commaïKleSs
Sur ton autel feront mis &c pofez.
P S A L M E LXXII.
fDfus y juiiicium tuumregi da.
m
Argument.
Il prie que le règne de ^ieu advienne par JefusrChrift y
prophetifant Pejlenduë , Péquité , & félicité , ^ longue
durée d^iceluy règne : ''& le tout fous la figure de celuy de
Salomon.
TEs jugemens, Dieu véritable.
Baille au Roy pour régner:
Vueille ta juftice équitable
Au fils du Roy doniYer.
Il tiendra ton peuple en juftice >
Chaflant iniquité.
A tes povrcs fera propice,
Leur gardant équité.
Les peuples verront aux montagnes
La paix croiftre & meurir.
Et par coftaux & par campagnes
La juftice fleurir.
Ceux du peuple eftant en deftreftès
L'auront pour defènfeur:
Les povres gardera d*oppreflc>
Reboutant Toppreilèur.
Aufli
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E%^^
3X0
P S A L M E S
Qui lui ibit iècourant.
Aux calamiteux & plorables
Sera doux & piteux»
Sauvant les vies miferables
Des povres foufrcteux.
Les gardera de violence
Et dol pernicieux, ^
Ayant leur fang par fa clémence»
Moût cher & précieux.
Chacun vivra , Tor Arabique
A tous départira»
Dont» fans fin, Roy tant magnifique»
Par tout on bénira.
De peu de grains» force blé (bmme»
Les efpics chacun an
Sur les monts bruiront en Pair» comme
.Les arbres du Liban.
Florira la tourbe civile
Des bourgeois & marchands »
Multipliant dedans la ville»
Comme herbe par les champs.
Sans fin bruira le* nom & gloire
De ce Roy nompareiL»
De ion renom fera mémoire»
Tant qu'y aura Soleil.
Toutes nations» aflèurées
Sous Roy tant valeureux»
S'en iront vantans bien-heurées »
Et le diront heureux.
Dieu» le Dieu des Kraëlites»
Qui iàns fecours d'aucun
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Fait des merveilles non petites.
Soit loué de chacun.
De (a gloire très-accomplie
Soit loué le renom.
Soit toute la terre remplie
Du haut los de fon nom.
P S A X M E LXXIX.
^eus^ veneruht genUs in h et éd.
Argument*.
fe complaint de la calamité advenue en Jerufalem^ par
JochùSy contre lequel il demande aujjî Paide de T)ieu.
LEs gens entrez font en ton héritage,
I Ils ont poilu, Seigneur, par leur outrage.
Ton Temple Sainft, Jerufalem deftruite.
Si qu'en monceaux de pierre Pont réduite.
Ils ont baillé les corps
De xss forviteurs morts
' Aux corbeaux pour les paiftre:
La chair des bien vivans
Aux animaux iuivans
Bois & plaine champeftre.
Entour la ville où fut ce dur efclandre.
Las, on a veu le fàng d'iceux efpandre
Ainfi comme- eau jettée à l'aventure.
Sans que vivant leur donnait %)ulture.
Tome. nL Ss Ceux
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GoQgk.
En opprobre nous
Nous moquent y
Ores fommes blafma>
Et par ceux difBuBcx
Qui entour net»
Heias! Seigneur, julques à quand fèra-ce?
rions CKodras-tt pour jawMis oon de gfsct?
Ton ire , ainfi embraiëe» ardra-elle
Comme une grand' ftanune pcrpemdlir?
Tes indignations
Efpsm lèr iMtkMV»
Qui n'ont ta cognoiflànce:
Ce mal viendroic ^jpoinc
Aux Royaumies qui poijtt
N'iovoqiKnt ta piiifl^war,
Car ceux-là ont toute prefques eftainte
Du bon Jacob h. paêgxké ùàÊnEtct
Et en deicKt «ocalenenr temaêt
La demouraaoe i )uj pat tof âooaèc
Las ! ae nous lamono^r
Les vieux maux contre fiojr
Perpétrez à grans fi»nMs:
Hafte-toi , rkaae. amne
Ta bonté nous ùtmatÊt,
Car moût affligez fonunes.
Affiftfr.nous , noftrc Dieo ftcounbk'.
Pour l'hoaaew baat dt nm Nooi ▼enenbfe»,
Delivre-nous, loi* piew & pwfiUe
En nos pechez^, par «i gloire mdicibfe:
â^
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W^^m^M^mf^^^ms'^^mm
3x4
P S A L M E S
P S A L M E LXXXVL
Inclina domine aurem tuam , é^ exaudi me.
Argument.
T^avid requiert à T>ieu , premièrement qu'il le face vivre
fans péché , fecondement qu'il Vaffeure de fes ennemis , luy
donnant vie heureufe : put s raconte la puijfance & bonté de
i>teuja manifefté , & qv^il doit encores manifefier à luy &
aux autres.
M On Dieu, prcftc-moi Porêille,
Par ta bonté nonjparcille :
Relpons moi > car plus n'en puis^
Tant povrc & affligé fuis.
Garde , je te prie > ma vie ,
Car de bien faire ai envie :
Mon Dieu, garde ton fèrvant.
En l'cfpoir de toi .vivant» ' . • -
Las ! de faire te recordc
Faveur & milèricorde
A moi qui tant humblemenc'
T'invoque journellement, v. ;
Et donne liefle à Pamc";
Du ièrf , qui Seigneur te clame y
Car mon cueur , ô Dieu des Dieut>
J'efleve à toi jufqu'aux Cieux.
A toi mon cueur fc tranfporte>
Car tu es de bonne forte ,
Et à ceux plein de fecours ,
fidby Google
DE DAVID.
Qui à toi vont à recours.
Donques la prière mienne
A tes oreilles parvienne :
^Entens , car il eft fàifbn ,
La voix de mon oraifbn.
Dès qu*angoiflè me tourmente >
A toi je crie & lameiite ,
Pource qu'à ma çrifte voix
Tu refpons fouventes fois.
n n'eft Dieu à toi fèmblable »
N'y à toi accomparable ^
Ne qui fe fceuft ufîter
A tes œuvres imiter.
Toute humaine créature
Qui de toi a prins fadure
Viendra te glorifier , ^
Et ton nom magnifier.
Car tu es grand à merveilles,'
Et fais choies nompareilles ,
Audi as-tu l'honneur tel ,
D'eftre lèul Dieu immortel
Mon Dieu , montre-moi tes vôyes.
Afin qu'aller droift me voyes ,
Et fiir tout mon cueur non feint
Puiflè craindre ton Npm faint. _
Mon Seigneur Dieu, ta hauteflè
Je veux célébrer fans cefle ,
Et ton faint Nom je pretens
Glorifier en tout temps.
Car tu as à moi indigne 5*
Montré grand' bonté bénigne >
Ss 3
3^5
Ti:-
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2S
l»<r r S A L M E S
Tirant ma vie du Ixxid
Pu bas tombeau de h mtut
Mon Dieu les pervets taùiËûÊkat
A grand's troupes (iir juoi Aillent
Et cherchent à mort me voà*.
Sans à toi regaed 4iiMr.
Mais tu es Dieu pitafaUe»
Prompt à merd, & ployafafe ,
Tardif à cftrc irrité , .
£t de grand' fèlictcé.
En pitié donq me rqgnfe»
Baille ta force & ta garde
Au foible (èrviteur tien.
Et ton efclave iouden.
Quelque bon figne me domie»
Qui mes omemis eftonne>
Quand verront que toy , Sauveur,
Me prefteras ta ù,vçur.
P S A L M E XCX
^«i Aakitat m adjutorio Altijfmi.
Ar«umibivt.
Le Traphete chante en quelle fieurtté ^^ ^ 4e combien
de nyutx eft exempt celuy ^m étune ferme JÎMce fe foufmet
du tùut à ^ieu.
X^
Q
Ui en la garde du haut Dîea
Pour jamaif fe retire ,
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i
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518
P S A L M E S'
Recevoir leur iàlaire.
Et tout f pour avoir dit à Dieu 9
Tu es la garcfe mienne »
Et cPavoir mis en fi haut lieu
La confiance tienne 9
Malheur ne te viendra cercher 9
Tien-le pour chc^ vraye >
Et de ta maifbn approcher
Ne pourra nulle playe.
Car il fera conunandemenc
A fës Anges très-dignes
De te garder ibngneufèmeot ,
Quelque part que chemines.
Par leurs mains feras ïbuslevé.
Afin que d'adventure
Ton pied ne choppe , & Ibit grevé
G>ntre la pierre dure.
Sus lionceaux , &. fus afpics ^
Sur lions pleins de rage >
Et fur dragons 5 qui valent pis^
Marcheras fans dommage.
Car voici que Dieu dit de toi ,
D'ardente amour m-honore :
Garder & fècourir le doi ^
Car mon nom il adore
S'il m'invoque l'exaucerai :
Audi pour le défendre ^
En mal temps avec luy ferai :
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J
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DE DAVID.
Louez Ion Nom très-iàinft & accompli :
Prefente à Dieu louanges & fcrvices ,
O toi mon ame > & tant de bénéfices ,
<^*en as rcceu > ne les mets en oubli.
Ains le béni, lui qui de pleine grâce
■HToutes tes grand's iniquitez efface »
lEt te guérit de toute infirmité :
IHrui , qui racheté & retire ta vie
3D'entre les dents de mort pleine d'envie,
rr*environnant de fa bénignité*
Lui, qui de biens y à fbuhait , & largeflèf
'Emplit ta bouche en faifant ta jeuneflb
Renouveller , comme à l'aigle royal
C'eft le Seigneur, qui tousjours fc recorde
Rendre le droit , par fa mifericorde
Aux oppreflèz, tant eft Juge loyal*
Au bon Moyfe , de peur qu'on ne fourvoyé ,
Manifefter voulut fa droite voye ,
Et aux enfans dlfraël fes hauts faits.
Celî le Seigneur enclin , à pitié douce ,
Prompt à merci, & qui tard fe courrouce :
Cefl en bonté le parfait des parfaits.
Il eft bien vrai, quand par noftre inconftance
Nous TofFenfons , qu'il nous menace & tance :
Mais^ point ne tient ion cueur inceflamment.
Selon nos maux point ne nous fait, mais certes
11 eft fi doux , que félon nos deflertes
Ne nous veut pas rendre le chaftiment.
Car à chacun qui craint lui faire faute ,
La bonté fienne il demonftre auilî haute,
Comme font hauts fur la terre les deux :
Tt 2
Aufli
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33^ P S A L M E S
Auffi loin qu'eft la part Orientale
De POccident , à la diftance égale ,
Loin de nous met tous nos fiiits vicieux.
Comme aux enfâns eft piteux un bon père,
Ain(l pour vrai à qui lui obtempère,
Le Seigneur eft de douce afFeftion :
Car il cognoift de quoi font faits les hommes,
n fait très-bien, helas ! que nous ne foiQmes
Rien, iinon poudre & putrefaâion.
A herbe & foin fcmblent les jours de Phomme>
Pour quelque temps il fleurit ainfi comme
La fleur des champs, qui nutriment reçoit,
Puis en Tentant d'un froid vent la venue.
Tourne à néant, tant que plus n*eft cogneuc
Du lieu auquel n'agueres flleuriflbit
Mais la merci de Dieu eft éternelle
A qui le craint, & trouveront en elle
Les fils des fils juftice & grand* bonté.
J'enten ceux-là qui fon contraft obfervent^
Et qui fa loy eh mémoire refervent , •
Pour accomplir fa fainde volonté.
Dieu a bafti, fans qu'il branle, n'empire.
Son throne es cieux , & deflîis fon empire
Tous autres font & fubmis & ployés.
Or louez Dieu, Anges de vertu grande.
Anges de lui , qui tout ce qu'il commande
Faites fî-toft que parler vous Toyez.
Beniflez Dieu tout fon bel exercite,
Miniftres ficns, qui de fon vueil licite
Exécuter , ne fuftes onq oifeux.
Tous ics hauts faits, en chacun fîçn royaume
Be-
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-r-»?^
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J34
P S A L M E S
Si qu'à jamais fera ferme en (on eftre ^
Sans (è mouvoir n'a dcxtre n'a icneftrc
Auparavant de profonde & grand' eau.
Couverte eftoit , ainfi que d'un manteau :
Et les grans eaux faiibient toutes, à l'heure ,
Deflus les monts leur arreft & demeure.
Mais auffi-toft que les voulus tancer,
Bien-toft les fis de partir s'avancer :
Et à la voix qu'on oit tonner en terre,
Toutes de peur s'enfuirent grand' erre.
Montagnes brs vindrent à fè drefl^r :
Pareillement les vaux à s'abaifler ,
En fè rendant droit à la propre place
Que tu leur as eftabli de ta grâce.
Ainfi la mer borna, par tel compas.
Que (on limite elle ne pourra pas
Outrepafler : & fis ce beau chef-d'œuvre ,
Afin que pluis la terre elle ne coeuvre.
Tu fis defcendre aux vallées les eaux:
Sortir y fis fontaines & ruifleaux ,
Qui vont coulant, & paflènt & murmurent
Entre les monts , qui les pleines emmurent
Et c'en afin que les beftes des champs
Puiflënt leur fbif eftre là eflanchans,
Buvahs à gré toutes de ces bruvages.
Toutes, je di, jufqu'aux afiies fauvages.
Deflus, 6c près de ces ruifieaux courans.
Les oifèlets du cid (ont demourans »
Qui du milieu des fueilles & des branches
Font refonner leurs voix nettes & franches.
De tes hauts heux par art autre qu'humain
Les
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't
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Que
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'ùsy
P Ç A L M E s
P S A L M E ÇVIt
Confitemini^omineyquoniam bonus.
Argument,
Le Tfalmijle dit que toutes affligions viennent & s^en vont
par la volonté divine^ & allègue fur ce les périls & cdlami-
tez des errans aux de fer ts y des prifmniers y des malades y &
des agitez fur la mer : la requejte qu'ils font à %)ieuy corn-
ment ils l'obtiennent y comment ils en rendent grâces , éy com^
ment ^ieu tient toutes chofes en fa main , & l^i change
comme il luy plaift.
Donnez au Seigneur gloire ,
Il eft doux & clément.
Et fa bonté notoire
Dure éternellement.
Ceux qu'il a rachetez,
Qu'ils chantent fa hautefle ,
Et ceux qu'il a jettez
Hors de la main d'oppreflc.
Les ramaflant enfèmble
D'Orient , d'Occident ,
De l'Aquilon qui tremble.
Et du Midi ardent.
Si d'avanture errans
Par les deferts fè treuvent ,
Demeurance querans ,
Et que trouver n'en peuvent
Et fi l'afpre famine ,
" : ' V ' '■ :-Et
â
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, D E
Et la foif £xtk3 liqueur
Les travaille & leur mine
Et le corps & le cœur.
Pourveu qu'à tel feefbinr
Crians à Dieu lamenteiic s
Subit il les met loin
Des maux qui les taurmmtent
Et droit chemin paffifele
Leur monftre & fait tenir $
Pour en ville habitable
Les faire parvenir.
Lors de Dieu vont chantant
Les bontez nompareiHes,
Cà &c là racontai^
Aux hommes fès^ merveilles^
D^avoir Pâme aflb«vic
Qui de foif langmflbît :
Saoulant de bieos b vie >
Qui de faim periilbit
Ceux qui Ibnt refcarez
En tenebrcs^ mortelles ^
Enchainez, enferrez,
Et fbufirans peines telles ,
Pour avoir k pardb
De Dieu mife à mef^ris^^
Et tenu pour frivdiiB
Son conlèil de haut prk.
Quand par tormens leurs coeurs
Humiliez demeurent y
Âbbatus de langueurs,
Sans que nvis^ les fe^KOrent:
Vv z
s
Pour-
1%^^
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3.40
P S A L M E S
Pourveu qu'à Dieu s'adrcflent,
L'appellant au befoûi)
Tous les maux qui les preflcnt
Il les renvoyé au loin.
Des priions les met hors ,
Mortelles & obfcures ,
Rompant leurs liens forts ^
Cordes & chaines dures.
Les bontez nompareilles
De Dieu lors vont chanun^»
Cà & là fès merveilles
Aux hommes racontans :
D'avoir jufqu'aux courreaux
Brifé d'airain les portes 5
Et de fer les barreaux
Rompu de (es mains fortesL
Les fols qui les fupplices
Sentent de leurs péchez ,
Et qui font par leurs vices
Malades aàechez :
Dont leur cueur tout repas
Et viande abomine 9
Et qui font près du pas
De la mort qui les mine.
Pourveu qu'à Dieu s'adreflcnt,
L'appellant au befoin^
Tous les maux qui les preflcnt
Il les renvoyé au loin.
D'un feul mot qu'il tranfmet.
Leur donne fanté telle.
Que du tout hors les mec
K^^
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à
D E
DAVID.
De ruine mortelle.
Les bontez nompareilles
De Dieu lors vont chantans^
Cà & là lès merveilles
Aux hommes racontons:
A Dieu d'ardent defîr
Louange facrifient^
Et avec grand plaifîr
Ses oeuvres magnifient.
Ceux qui dedans gallées
Deflîis la mer s'en vont>
Et en grandes eaux fàlées
Mainte trafique font.
Ceux-là voyent de Dieu
Les oeuvres merveilleufcs.
Sur le profond milieu
Des vagues perilleufès.
Le vent s'il luy commande
Souffle tempeftueux.
Et s'enfle en la mer grande
Le flot impétueux.
Lors montent au ciel haut;
Fuis aux gouffres defcendent»
Et d'effroi peu s'en faut
Ope les âmes ne rendent.
Chancelent en yvrongne
Troublez du branlement,
Tout leur fèns les eflongne.
Perdent l'entendement.
•Mais n à tel befbin
Crians à Dieu lameotent>
Vv 3
;i
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^4» 1? S A L M E S
Subit il les met loin
Des maux qfui Fet tourmentent
Fait au vcnff de tetnpefte
Sa fureur rabaiflèr,
Fait que la mer s^arreffe,
Et fès ondes cefîèr.
L'orage retiré,
Chacun joye demcitie^
Et au port delîré
Le Seigneur Dieu les mcine.
Les bontez nompareilles
De Dieu lors vont çhantans,
. Cà & là fès merveilles
Aux hommes racontans.
Parmi le peuple bas^
Le furhauflent en gloire.
Et ne le taifënt pais
Des grands* au^ confifteire.
Lui qui les eaux ptôfcmâes
En defcrt convertit,
Et les fources des oadies
Aflcche 8c div»rit.
Lui qui ftcwletf hit
Terres grades & betfes.
Et tout pour le fbrfak
Des habitant dicettes.
Qui deferts dlïumetrr vuidcs
Convertit en grand^is caaoty
Et lieux fëcs & arid&s
En fources & ruiflèattx?,
Et qui là fm venif
Ceux
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r^
Ceux qui de faim Ianguiflenc>
Lefquels pour s'y tenir.
Des villes y baftiflent.
Y fèmer champs fe. peinent,
Et vignes y planter,
Qui tous les ara ameinent
Fruift pour les luftanter.
Là les fortune en biens.
Les croift, les continue,
Et leur befhiil en nens
Il ne leur diminue.
Puis décroiflàns de nombre
Viennent à rarité,
Par maux & par encombre.
Et par fterilité.
Riches, nobles , & grands
Melprifez il renvoyé
Par deierts lieux errans.
Où n*a chemin ne voye.
Et eflcve & délivre
Le povre hors d*ennui:
Et force gens fait vivre ,
Comm' un troupeau fous luy.
Ce voyans ont aux coeurs
Les juttes joyes cnclofes,
Et de Dieu les moqueurs
S'en vont la bouche clofè.
Qui a fens & prudence,
Garde à ceci prendra:
Lors la grande clémence
Du Seigneur entendra^
PSAL.
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344
P S A L M E S
P S A L M E ex.
2)/Ar/> ^ominus domino meo.
Argument.
// chante le règne de Jefus Chrift , lequel commença
en Sien , & de4à parvint jufqu'auM fins de la terre , &
continuera jufqu^à ce que Jejfusi Chrift: foit adoré univerfel*
lementy & que de f es ennemis il ayt fait fon marchepied.
L'Omnipotent à mon Seigneur & maiftre
Ha dit ce mot: à ma dextre te fîeds,
Tant que t'aurai renverfë, & fait eftre
Tes ennemis le fcabeau de tes pieds.
Le fceptre fort de ton puiflant Empire
En fin fera loin de Sion tranfmis
Par TEtemel , lequel te viendra dire :
Règne au milieu de tous tes ennemis.
De fbn bon gré ta g^nt bien difpofee
Au jour trcs-faint de ton facre courra:
Et aufli dru qu*au màtiii chet rofee,
Naiflre en tes fils ta jeunefle on verra.
Car l'Eternel fans muer de courage,
A de toi feul dit , & juré avec :
Grand preflre & Roy tu feras en ton aage.
En fuivant Tordre au bon Melchifedec,
A ton bras droit Dieu ton Seigneur & perc
Tafliflera aux belliqueux arrois,
" É
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DE DAVID. J45
Là où) pour toy, au jour de fa calerc
Rompra ia tcfte à Princes & à Rois.
Sur les Gend^ exercera judice^
Remplira tout de corps morts envahis:
Et flippera pour le dernier fupplice»
Le chef régnant fur. beaucoup de pay&
Puis en paflànt au mlUçu de la plaine »
Des grans ruiflè4ux de fang s*abrevera:
Par ce moyen ayant vidoire pleine,
La tefte haut > tout joyeux» levenu
P S A L; M E CXnL
Laudate pueri T^ominum.
A IL G U M E îJ T.
. . ■ ^ •.
Il invite à louer ^ieu , de ce qu^il regarde , gouverne &
mué toutes chofes félon fa prudence tousjours ejlevéïnt les bum^ ^m^^
blés y & reftablijfant les mif érables. ^*^
ENfens qui le Seigneur (êrvez,
Louez le,. & (on nom eflevez.
Louez Ton nom fie (à hautefle:
Soit prefché, foit fait (blennel
Le nom du Seigneur Etemel ,
' Par tout en ce temps fie fans cefle.
D'Orient jufqu*en Occident
Doit eftre le los évident
Du Seigneur fie fa renommée.
Sur toutes gens le Dieu des Dieux
Toj^E IIL Xx
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*
P s A L M E 6
»C9lté> & £ir les Cieux,
nre fa gloire eftimâe;
ai eft pareil à noftrc Dieu,
lel fait fâ demeute aa liea
»lus haut que Ton fçauroic queqre?
uis en b» iteoc <fender,
tooees phofès ipeculer,
fe font au ciel iç en terré?
; povre fur terre gt£uit,
leye en l'auâiorifànt,
i tiré hors de la boue»
' le coUoquer aux hcHineurs
feigneurs, j'entens des fèigneurs
peuple, que fien il advouë.
'eft luy» qui remplit à foifbn
rès-beaux enfàns la mai(bn
a femme qui eft fterile:
ay fait joy^ recevoir,
nd d'impuiftânce à conceroir»
«id d'^nfâns ^merç Icreik.
PSAL
1^'
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là
D E D I
P S A L 1
In exitu Ifn
A R G u
^e la délivrance ^Ifrdel i
des frincipaux miracles ^ que i
QUand Ifraël hors
Et la maifbn de
D'entre le peup
Juda fut fait la grand*
Et Dieu fe fît Prince (
Prince de granc
La mer le vid , qui
Et contremont Peau di
Retourner fut c
Comme moutons mont
Et fi en ont les coflau
Comme aignelei
Qu*avois-tu mer à t'
Pourquoy à mont Teau
Retourner fus <
Pourquoy avez monts (
Pourquoi toflaux en a'
Comme aignele
A
I
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S%3C^
M»
P S A L M ES
Devant la face au Seigneur 9 qui tout peut 9
Devant le Dieu de Jacob, quand il veut,
Terre tremble cr£ntive ! A
Je dy le Dieu , le Dieu convertiflànt
La pierre en lac, & le rocher puiflant
En fontaine d'eau vive.
P S A L M E CXV.
Non nobis domine , nm nabis , fed.
Argument.
Il prie TXittt t vouhir pour fa gloire , fi bien traitier fim
peuple^ quHl cùgnoiffe qu'il eji feul Dieu : & que les Idoles
des Gentils ne font rien qu'ouvrage dhommes.
NOn point à nous, non point à nous. Seigneur,
Mais à ton Nom donne gloire & honneur.
Pour ta grand* bonté fcure.
Pourijuoy diroyent les gens en fe mocquant.
Où eft ce Dieu qu'ils vont tant invoquant?
Où cft-il à ccfte heure?
Certainement noftrè Dieu tcnit parfait
Refide aux ^cieux, & de là haut il foit
Tout ce qu'il veut, en fomme:
Mais ce qu'adore, & fert toute autre gent.
Idoles font, faites d'or & d'argent.
Ouvrage de main d'homitie.
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is
DE DAVID. 54>
Bouche elles ont, <àns parler ne i^ouvoir :
Elles ont yeux^ & ne iî^iroient rien voir^
C'eft une chofc morte.
OreUles ont, Ce ne làuroyent ouïr:
Elles ont nez, & ne fauroient jouir
D'odeur douce ne forte.
Elles ont mains, ne pouvans rien toucher:
Elles ont pieds, & ne fàvent marcher:
Gofier , & point ne crient.
Tels & pareils font tous ceux qui les font,
, Et ceux lefquels à leurs recours s'en vont ,
Et tous ceux qui s'y fient ^
Toy, Ifracl, arrefte ton efpoir ,
Sur le Seigneur , Vfeft ta force & pouvoir
Bouclier & fauve garde.
Maifon d'Aron , arrefte ton efppir
Sur le Seigneur, c'eft ta force & pouvoir f
Lequel te fauve & garde..
Qui craignez Dieu , arreftez voftre efpoir
Sur tel Seigneur, car c'eft voftre pouvoir.
Sous quij'ennemi tremble.
Le Sdgneur Dieu de nous fouvenira:
Plus que jamais Iftaël bénira ,
Les fils d'Aaron enfcmble.
A tous qui font de l'ofïenfer craintifs >
rrans biens a fait, depuis les plus petits
Jufqu'à ceux de grand aage.
Xx 3 Les
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s
^^
150 DE D A V
Les biqis & dons « que pour vous
Il fera croiftre à vous & à ccwc^k
De vofbè pacentagii
Car fâvoriz eftes & bien aim
Du grand Seigneur» qui les deux
Et terre confinée.
Le Seigneur s^cfi refervé (culemenf
Les devûc pour foi: la terre entier
Aux hommes a donnée.
O Seigfteur Dieu, l'homme p
Ne dit ton k>s, ne quiconques au
En la foffe devalle:
Mais nous vivans , par tout où m
De bouche & coeur le Seigâeur 1:
Sans fin, fans iatervallei
'■«•
.::^
^^
y\^
p s A L M E i
Cên^Umni *Domaê^ q
A R G u M E K
Cefi un Hymme par lequel *David >
& ejlevé Roy fur tout Ifrail , rendit
^ieu MU tabernacle de P Alliance , là <
célébra la bonté dont il avoit ufe enver
clairement figure de Je/us Chrift.
R
Endez à Dieu louange Se g
Car il eft bénin ^ clemei
'S
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>J#0''/V/<^v'^
DE D A V I D. 551
Qui plus eft) & bonté nottuie
Dure parpçtvelleiaent
Qu'Ifraël ores & Mcordc
De cbmtfx foIenocUemeaty
Que fa grande mi&rioûixlc
Dure perpetueUement
La maifbn d^AacQO andcnnc
y ieaae tout liaut ptcfentemcot
Confeflër que la bonté iienne
Di|re perpétuellement.
Tous ceux qui du Seigneur oAt crainte
Viennent auifi chanter comment
Sa bonté pitoyable & faintCf
Dure perpétuellement
Ainiî que j'eilais en deftreflè
E9 ioToquant fa Majefléf
Il m'ouit & de cefte pre0c
Me mit au large » à fâuveéé.
Le Tout-puiflànt^ qui m'puit plaindre^
Mon parti tousjours tenir veut:
Qu'ay-)e donc que faire dfi cnûndtt
Tout ce que Phonme Eure peut ?
De mon codé il iè sccire
Avec ceujc qui me font amis:
Ainfî, cela que je defire
Je verrai en nMs cnacfnif*
Mieux vaut avoir en Dim êoDc^
Qu^en Phomme qui eft moins que riens:
Mieux vaut avdyr en Dieu $anee>
Qu'aux Princes & gcans tmnen&
Beaucoup de gens y c'eft choie leuseï
M'af.
..^4
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55^
. P S A L M E S
M'aflîcgcrcnt de tous coftcz ,
Au nom de Dieu, ce dy-je à llieure^
Ils feront par moi reboutez.
Us m'avoicnt enclos par grand* ire.
Enclos m*avoient tous mutinez:
Au nom de Dieu , ce vîns-je a dire.
Ils feront par moi ruinez.
Us m'avoient endos, comme abeilles i
Et furent les fols &r ^hautains.
Au nom du grand Dieu des menreiiles,
Conune feu d'efpirics eflcints.
Tu as, importun adverfaire,
Rudement contre m<n couru.
Pour du tout tresbucl^r me faire.
Mais rEtemei hfa ferauru.
Le Tout-puiflànt, c'efl ma puiflance,
C'efl: Targumcnt, c*eft le difcours
De mes vers pleins d'esjouiflance,
Cefl dé lui que )*ai ^ fècoi^s.
Aux maifbns de mon pet^ juffee
On n'oit rien que joye & confort:
On chante, on dit, le bras robufte
Du Seigneur a fait grand efïbrt.
De TEtemel la main adextre,
S'eft eflevée à cefle fois:
Dieu a fâiâ: vertu par fa dextre:
Telle eft du bon peuple la voix.*
Arrière ennemis & tnvic^ ^
Car la mort point ne ièntirai :
Ainçois demourerai en vie.
Et k$ faits du Se^oeur dirai.
Chtf. ^
k'V^fW
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EiïJ
DE DAVID-
Chaftié m'a, je le confeile,
Chaftié m'a , puni ,. batu>
Mais point n'a voulu fa hautefle,
Que par mort je f\i(Iè abatu.
Ouvrez-moi les grans portes belle*
Du iaind Temj^e aux juftes voué»
Afin que j'entre par îcelles,
. . Et que Dieu Ibit par moi loué.
Ces grandes portes fbmptueufes^
Sont les portes du Seigneur Dieu :
Les juftes gens & vertueuies
Peuvent pafler tout au milieu.
Là dirai ta gloire fuprême»
Là par moi leras célébré:
Car en adverfité extrême
Exaucé m'as & délivré.
La pierre par ceux rejettée.
Qui du baftiment ont le foin»
A efté aflife & plantée
Au plus haut du principal coin«
Cela, c'eft une oeuvre celcfte
Faite, pour vrai, du Dieu des Dieux,
Et un miracle manifefte,
Lequel fe preiente à nos yeux.
La voici Theureufe journée
Que Dieu a faifte à plein defir:
Par nous ïbit joye démenée
Et prenons en elle plaifir.
Or te prions. Dieu noftre Père,
En ta garde à ce coup nous tiens :
Et en fortune fi profpere
Tome III. Yy
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ims^^^^sm^m^mi
M4 P -SA L IM ï S
D^orefnavant'.nous entretiens.
Bénit foit, qui au nom très^gne
Du Seigneur eft venu icy:
O vous de la maifbn divine.
Nous vous beniflbns tous auflî.
Dieu eft puiiBnt, doux & propice.
Et nous donra lumière à gré :
Liez le boeuf du facrifice
Aux o^nes de l'Autel facré.
Tu es le fèul Dieu, que j'honore,
Audi fans fin te chanterai : .
Tu es le ftul Dieu , que j'adore,
Àuffî fans fiç t'exalterai.
Rendez à Dieu louange & gloire.
Car il eft bénin & clément:
Qui plus eft, fa bonté notoire
Dure perpétuellement.
P S A L M E CXXVm.
Beaff omnes qui tintent 'Dominum.
Argument.
Il dit que ceux qui vrayement craignent & amtnt Dieu^
font heureux , foit en public ^ foit en privé.
Bien heureux eft quiconques
Sert à Dieu volontiers;^
Et ne fè lailà onques
De fuivre fes fentiers.
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DE DAVID.
Du labeur que lais faire 5
Vivras commodément:
Et ira ton affaire
Bien fie heureufèment.
Quant à Theur de ta ligne,
Ta femme en ta maiibn
Sera comme une vigne
Portant fruiâ: à foifbn.
Et autour de ta table
Seront tes en&ns beauxj
Comme un rang deleâable
D'oliviers tous nouveauic
Ce font les bénéfices 5
Dont fera jouiflànt
Celui qui fuyant vices.
Craindra le Tout-puiflaht
De Sion Dieu fublime
Te fera tant de bien.
De voir Jerofblyme
En tes jours aller bieii.
Et verras de ta râcc
Double pofterité.
Et fur Ifraël grâce,
Paix & félicité.'
^^
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i5^
P s A L M E s
P S A L M E CXXX.
7)e ffofundis clamavi ad te.
AR-GUMENT.
A^eStueufe prière de celui qui par fan péché à beaucoup
d'adverjitez , & tout esf ois par ejperance ferme fe promet,
obtenir de ^ieu remiffîon de fes péchez ^ é' délivrance de
fes maux.
DU fonds de ma penfëc^
Au fonds de tous ennuis >
A toi s'cft adrcflëe
Ma clameur jours & nuits )
Enten ma voix plaintive,
Sdgneur , il eft faifbn ,
Ton oreille ententivc
Soit à mon oraifbn«
Si ta rigueur expreflc
En nos péchez tu tiens,
Seigneur, Seigneur, qui eft-ce
Qui demourra des tiens?
Or n'es-tu point (èvere.
Mais propice à merci,
C'eft pourquoi on révère
Toi, & ta.Loy auffi.
En Dieu je me confolef
Mon
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^ÏC
DE DAVID.
Mon amç s'y attend ^
En fa ferme parole
Tout mon efpoir s*eftend.
Mon ame à Dieu regarde ^
Matin & (ans fejour5
Plus matin que la garde
ASifc au poiçt du jour.
Qu*Ifracl en Dieu fonde
Hardiment fbn appui ,
Car en Dieu grâce abonde ^
£t fëcours efl: en lui
Ceft celui qui fans doute
Ifraël jettera
Hors d'iniquité toute f
Et le rachètera.
357
P S A L M E CXXXVII.
Super flumina Babilonis.
Argument.
Oeji le cantique des Treflres , Lévites , & chantres fa-^
crez, de Jerufalem , captifs en Babylone.
EStans aflîs aux rives aquatiques
De Babylon, plorions mélancoliques,
Nous fbuvenans du pays de Sion:
£t au milieu.de l'habitation ,
Yy 3 Où
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i
358 P S A L M E S
Où de regret tant de pkufs efpandiiines ,
Aux failles .verts nos harpes nous pendifines.
Lors ceux qui la captif^ nous emmenèrent
De les ibnner fort nous importunèrent 5
Et de Sion les chanfcbs rectfer:
Las, difmes^nous 3 qui pourroit inciter
Nos triftes coeurs à chanter la louange
De noftre Dieu , en une terre efltange?
Or, toutesfois, puifle oublier ma dextre
L'art de harper, avant qu'on te voye eftrc
Jerufalem, hors de mon ibuvenir !
Ma langue puiflè à mon palais tenir.
Si je foublie, & fi jamais j'ay joye.
Tant que premier ta délivrance j'oye.
Mais donc, Seigneur, ea ta mémoire imprime
Les fils d'Edom, qui fiir Jerofolime
Crioient au jour que l'on la deftruifbit:
Souvienne-toi que chacun d'eux difoit,
A fiic, à iac, qu'dle fbit embraiëe:
Et jufqu'au pied des fondemens rafëe.
Auffi feras, Babylon, mifè en cendre:
• Et très-heureux qui te faura bien rendre
Le mal dont trop de près nous viens toucher;
Heureux celui qui viendra arracher
Les tiens enfaîîs d'entre tes mains impures.
Pour les froiflcr contre les pierres dures.
PSAL.
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DE DAVID.
iSV-r
P S A L M E^ CXXXVni:
Cmfitibof tihi Rumine in toto ctnde.
A R. G U M E N T.
// célèbre la bonté de l^ieu^ qui P avait ^r et kté de tous f exils
& heureufement eflevé en dignité Royale. Tuis chante ^ qu^il
en rendra grâces à T)ieu^ & que mejfmes tous autres Rois luy
en donneront louenge : fe promet aujji qu*à tavfinir le fecours
de T)ieu ne luy faudra point.
IL faut que de tous mes efprit$
Ton los & pris
J'exalte & prife:
Devant les grans me prefenter
Pour te chanter
J'ai fait emprila
En ton faina temple adorerai^
Célébrerai " \
Ta renommée,
Pour l'amour de ta grand' bonté ^
£t feauté
Tant eftimée.
Car tu as fait ton nom moût grand ]|
Ep te montrant
Vrai en paroles:
Dès que je crie, tu m'entens:
^ Quand
l
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gTe
3^0
C>(*t
P S À L M E S
Quand il eft temps
Mon coeur confbles.
pont les Rois de chacim pays
Moût e^ahys
Pont loué, Sire,
Après qu'ils ont cogneu, que c*eft
Un vrai arreft
Que de ton dire.
Et de Dieu, ainii que je fais.
Chantent les ^ts
A fa mémoire,
Confeflànt que du Tout-puiflànt
Refplendiflânt
Grande efl la gloire.
De voir ci-bas tout ce qu'il faut.
De ion plus haut
Throne celefte:
Et de ce qu'eftant fî lointain.
Grand & hautain
Se manifèfle.
Si au milieu d'adverfîté
Suis agité.
Vif me prefcrvcs:
Sur îùcs ennemis inhumains
Jette les mains.
Et me conferves.
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D E D A V 1 D. 5tfi
Car ta douceur
jamais n*abaifl!es:
Ce qu'une fois as commencé»
£t avancé)
Tu ne delaiflès.
P S A L M E CXLIII.
domine ^ exaudi watimem fntam^ auribus percipe.
Argument.
ZO'efi la prière qu*il fit , quand par crainte de Saiil il fe «^^
-ha en une fojfe t oit il s'attendait é^efire pris ^ dont il ejloit
rrand' angoijfe.
S'
]Eigneur Dieu» oy l'orailbn mienne:
Jufqu^à tes oreilles parvienne
Mon humble fupplication :
Selon la vraye merci tienne
Refpons à mon afflidion.
Avec ton fcrvitcur n'eftrive,
Et en plein jugement n'arrive,
Pour fès ofFences luy prouver:
Car, devant toi, homme qui vive
Jufte ne fc pourra trouver.
Las! mon ennemi m'a fait guerre,
A proftcmé ma vie en terre,
Encor ne luy efl: pas aflcz:
En obfcure fofle m'enferre ,
Tome IIL Zz
Com-
L"**i
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^iJ^ss^^^s^^^i^^^n^^n^,
^6t
P S A L M E S
Comme ceux qui font trdpaflez.
Dont mon ame ainfî emprcfSc»
De douleur fè trourc oppreflëe.
Guidant que m'as abandonné :
J'en fcnSf dedans moi 9 ma pen^
TrouUée> & mon coeur edonné.
En cefte foflè d>icurc & noire»
Des jours paflez j'ai eu mémoire:
Là j*ai tes oeuvres méditez:
Et pour confort confolatoire.
Les faits de tes mains recitez.
Là dedans à toi je foufpire:
A toi je tens mes mains, ô Sire,
Et mon ame en fa grand* clameur,
A foif de toi , & te dcdre ,
Comme fcche terre l'humeur.
^Hafte-toi, fois-moi fècourable,
L'efprit me faut, de moi damnable^
Ne cache ton vifage beau:
Autrement, je m'en vpis fomblable
A ceux qu'on dévale au tumbeau.
Fay-moi donc ouyr de bonne heure
Ta grâce, car en toi m^afleure:
Et du chemin que tenir doi.
Donne m'en cognoiflance feure:
Car j'ai levé mon cueur à toi.
O Seigneur Dieu, mon efpcrance.
Donne-moi pleine délivrance
De mes pourfuivans ennemis:
Puis que chez toy, pour aflcurance, •
Je me fuis à refuge mis.
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DE DAVID.
Enfeigne-moi comme il faut faire
Pour bien ta volonté parfaire,
Car tu es mon vrai Dieu entier:
Fai que ton efprit débonnaire
Me guide & meine au droit {entier.
O Seigneur , en qui je me fie,
Reftaure«-moi & vivifie,
Par ton nom craint & redouté:
Retire de langueur ma vie.
Pour montrer ta jufte bonté.
Tous les ennemis qui m'aflaillent ,
Fai, par ta merci, qu*ils defïaillent:
Et rens confondus & deftruits
Tous ceux qui ma vie travaillent t
Car ton humble ferviteur fuis.
Les commandemens de Dieu.
Exode XX.
LEve le coeur, ouvre Poreille,
Peuple endurci, pour efcouter
De ton Dieu la voix nompareille.
Et ks commandemens goufter.
Je fuis, dit-il, ton Dieu celeftc,
Qui t'ai retiré hors d'efmoi ,
Et de fcrvitude molefte:
Tu n'auras autre Dieu que moi.
Tailler ne te feras image
De quelque chofe que ce fôit :
ZZ 2
Si
-#
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3^4 LES COMMANDEMENS.
Si honneur luy fais & hommage »
Ton Dieu jaloufie en reçoit.
En vain ion nom tant vénérable
Ne jureras, car c'eft mefpris:
Et Dieu ne tiendra incoulpablc
Qui en vain (on nom aura pris.
Six jours travaille, & au ièptierme
Sois du repos obfervateur,
Toi & les tiens: car ce jour mefmc
Se repofa le Créateur.
Honneur à père & mère porte ,
Afin de tes jours allonger ,
Sur la terre qui tout apporte,
Là où Dieu t'a voulu loger.
D'cftre meurdrier ne te hazarde:
Meis toute paillardife au loin:
Ne fois larron , donne t'en garde :
Ne fois menteur, ne faux tefmoin.
De convoitter point ne t'adviennc
La maifon & femme d'autrui.
Son fervant , ne la befle (ienne ,
N 'aucune chofo eftant à luy.
O Dieu , ton parler d'efficace
Sonne plus cler que fin alloy:
En nos coeurs imprime la grâce
De t'obeir félon ta loy.
LE
^
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ORAISONS.
3^:r
LE CANTICLUE DE SIMEON.
Luc IL
Nunc dimittis fervum tuum^ famine.
OR laides, Créateur,
En paix ton fcrvitcur
Enfuivant ta promefle:
Fuis que mes yeux ont eu
Ce crédit d'avoir veu
De ton falut Tadrefle.
Salut mis au devant
De tout peuple vivant ,
Pour Touir & le croire:
Refource des petis.
Lumière des Gentils,
Et d'Ifraël la gloire.
Voraifan de nojhre Seigneur Jefus Cbrifl.
PEre de nous, qui es là haut es CieuX9
Sanftifié foit ton nom précieux:
Advienne toft ton faindt règne parfait:
Ton vueil en terre, ainfî qu'au Ciel foit fait:
A ce jourd'huy fois nous tant dei^nnaire»
Pe nous donner noftre pain ordinaire:
Zz 3
'jSi
K
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O K A
^6€ U K A I S O N S.
Pardonne nous les maux vers toi commis.
Comme faifbns à tous nos ennemis:
Et ne permets en ce bas territoire
Tentation avoir fur nous vidoirct
Mais du malin cauteleux & fubtil
Delivre-nous. O Père , Ainfi fbit-il.
La faïutattcn Angélique.
Benoifte fait celle incarnation
Du haut des deux icy bas annoncée
7our nos fa/ut s y en falutation
^i fut ainfi far PAnge prononcée.
REsjouy-toi , vierge Marie,
Pleine de grâce abondamment:
Le Seigneur, qui tout (cigneurie,
Eft avec toi divinement.
Benoifte certes tu es entre
Celles deflbus le firmament,
Car le fruit qui eft en ton ventre,
Eft benic éterneltemenc.
j
Les Articles de la Toy.
E croy en Dieu le Père tout-puiflant,
Qui créa terre & Ciel refplendiflimt ,
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ORAISONS-
Et en ion filz unique Jefu Chrift,
Noftre Seigneur, conceu du faind Efprit,
Et de Marie entière vierge né^
Defibuz Filate à tort pafl[ionné9
Crucifié, mort, en croix cfteiniu.
Au tombeau mys, aux enfers defcendu,
Et qui de mort reprint vie au tiers jour:
Monta là fiis au cclefte fejour ,
Là où il fied à la dextre du Père,
Père Etemel, qui tout peut & tempère.
Et doit encor* de-là venir icy.
Juger les mortz & les vivans aulïï.
Au faina Efprit ma ferme foy eft mife:
Je croy la fainfte & catholique Eglife
Eftre des Sainârz & des fidèles une
Vraye union, entre eux en tout commune :
De nos péchez vraye (i) remiflion:
Et de la chair la refurreâûon:
Finalement croi la vie éternelle.
Telle eft ma Foy, & veux mourir en elle.
3^7
Prière avm$ k Repas, (x)
Notre bon père tout-puiflant ,
CJui gouvernes ta créature^
Ouvre ta main nous beni0ânt.
Pour
(i) Vraye 9 d'autres Editions mettent pleine.
(i) Cette prière, qui eft tournée autrement en plufieurs éditions d^ Marot><^iè trouve ainû
dans l'Edition de Bonnemere en 1^38. gc de Denys Janot.
^e^
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^^^^^^M^Sr^^^^i
ws*%
)tf8
ORAISON
Pour iobronent prendre palhire.
Donne-nous > par ton cfcripture^
Que nos efprits fbyent nourris.
Et les biens donnez par ta cure
Auffi de toy ibyent bénis.
Priflre devant k repas.
O Souverain Pafteur & Maiftre,
Regarde ce troupeau petit:
Et de tes biens (buffre le paiftre.
Sans defbrdonné appétit,
Nourriflànt petit à petit
A ce jourd'huy ta créature
Par celuy qui pour nous veftit
Un corps fujet à nourriture.
Prière après le repas.
PEre Etemel, qui nous ordonnes
N'avoir fbuci du lendemain ,
Des biens que pour ce jour nous donnes
Te mercions de coeur humain.
Or puis qu'il t'a pieu de ta main
Donner au corps manger & boire,
Plai(e-toi du celefle pain
Paiftre nos âmes, à ta gloire.
Gra^
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»^
ORAISONS-
^^9
Grâces four un Enfant.
NOus te remercions, noftre Père celcfte,
Du repas qu'avons pris, auflî de cour le refte,
Soit des biens, fbit des maux« Meilleurs, bon prou vous
face.
Priez Dieu qu'il me doint de bien croiftre la grâce,
A la gloire de luy, au prouffit de mon proche.
Tant que fur mes Parens il n'en tombe reprdch^.
Oraifon à Dieu pour dire ait matin quand an fe levé.
Charles Fontaine.
PEre Etemel, qui m'as gardé la nuiâ:
De mort fbudaine, & de longe qui nuit:
C'eft à favoir des fantafines no£hirneSj
D'illufions à refprit importunes:
Je te fuppli, prefèrve-moi ce jour:
Fai en mon coeur fpirituel Icjour.'
Ce jour, que di-je? helas! mais j'ai envie
Que tu lois mien tout le temps de ma vie.
Que tu fois mien! j*cnten que je foi tien,
Ainlt que j'ai defîr que tu fois mien.
Car (6 vrai Dieu, de qui dépend mon eftre)
Je croi que tien fans toi je ne puis élire,
G Seigneur Dieu, tu es un tout lans moi:
Tome IIL Aaa
tt
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\
Et moi helas! je ne fuis rien fans toi
Efi toi je fuîst je parle & je chemine:
En toi je vi, & en toi je dcffine.
En toi, de toi > par toi vivant ferai:
Et après mort en toi repoferaL
Petits Devis Chrefiens. (i)
CHrift eft-il mort? Ouy cereainemest;
Qui Pha tué? Parfeiac charité.
L'occafion? pour aymer ardemment.
Quoy? nous pécheurs qui l'avons irrité f
De quoy fcrt-il ? H nous a mérité
Son Fai^adiS) que fans lui nullement
Nous euflîons eu> mais par auflerité»
Jeufner, veiller, honte, croix & tourment ^
Le pauvie Adam damné très-juilement
Il ha fàuvé , & fa poftericé,
Luy acquérant le haultain firmament »
Dont par péché efloit déshérité.
Et qui croira en ccfte vérité
Par fby paflant fèns & entendement ^
Aimant d*un cueur rempli de purité»
En grant clarté cognoifha vivement
Que par Die» ieul il a fbn fauvement
Sans que jamais en rien Tayt merîtd
ADAM
(i) Tiré de PEdkmn de Paris thtz, Pierre Gcultier iff i. T. %. piç. 77. Et & trouve
auiTi parmi quelques pojè'il^ de Klarot dans k MS. de M* Beluze» Numao 4^. qd cft
âujourd'huy dans û mbliodieque du Koy.
■^ms^^^sÊn^s^Msm^m^^^
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î^
^^^^^^^^^^f^ÊsmM
57' i
ADAM ET EVE
CLercs Se Layz t nobles S^ gentil?
Sont de nous deux filles & fibs »
Et ny ha point de diiièrence ,
Sinon pauvreté ou chevance.
S'il y ha mal, il vient de noftre partj
S'il y ha bien, il vient dont le bien part;
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57*
P S A L M E S
Ce qui efl adjouflé de nouveau.
LcPfalmc XXXIII. & le Pfalmc XLI. Traduidz par CIc. k
Maîftrc Lyonnois.
Plus le Pfalmc LXII. traduift par Efticnne Pafquicr.
Et le Cantique de Moyfc , traduidt par B. de Pcriers.
P S A L M E XXXIU
Benedicam^ominùm > in omni t empote.
Argument.
^âvid eftant efihappi par la grâce de IDieu , du grand dan-
ger de mort y où il avoit efté entre les mains îtAchis Roy de
Gad , lors qu'il changea (t habit , faignant iteftre fol , rend
grâces au Seigneur , cr enhorte tous hommes à mettre leur ef^
perance enluy^ & le fervir de tout Uur cœur.
EN tout temps l'excellence
Du Seigneur chanteray :
Et fa magnificence
Par tout exalteray.
Ma bouche fans ceflcr
Son loz veulc annoncer.
L'homme doulx & paifible
Qui entendra cecy ,
D'une joye indicible
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D E
DAVID.
Le louera aufïï.
La mienne ame en tout lieu
Aura gloire en fbn Dieu.
Chafcun donc m'âccompaigne
A Ton nom fublimer 5
Et que rien on n'efpargne
Pour au cœur l'imprimer
Afin qu'il foit congneu»
£t fèul Seigneur tenu. '
Et à ce qu'on congnoifle
Qu'il eft doulx & clément >
Moy eftant en angoiflè
L'invoquay humblement :
Soudain fa grand bonté
Me meit en liberté.
Si aucun donc defîre
A eflre illuminé y
Qu'il s'adreflè & rétire ,
Au but déterminé
Et jamais par refus
Ne fc verra confus.
Quiconques en trifteflc
Se trouve languiflànt ,
Qu'il invoque fans ccflè
Le Seigneur tout-puiflànt :
Car fon cœur afflige
En fera foulage.
L'ange de Dieu fupremc
Le ficn rempart fera
Et au danger extrême
Point ne le laiflera.
Aaa 3
>tir
Qui
^
cs^.
y^
J3' .
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vT^
174 P S A L M E S
Qui craint le Dieu très-haulc
De iccours n'ha defïàulr.
Or goudez un peu quellç
Eft la Henné doulceur ,
Et fâchez qu'en icelle
Voftre efpoir eft très &w,
O bien-heureux celuy ^^
Qui en faiâ: (on appuy.
O compaignie heureuiè
De Ces ùdaEtz à bon drcnSt ^ '
D'une craince amoureufè
Servez-le en couc endroiét ,
Neccfficé , ny mort ,
Soubz fbn aiîle ne voxxà.
Les riches de ce monde
On voie bien defhuer ,
- Mais qui en luy iè fonde
. Ne peult diminuer.
Ains cousjours haulièrà
Tant que le bien fera.
O enfans, fi peribnne
D'entre vous veult fçavw^
Comment c'eft qy'il ordonne
De craindre ion pouvoir ,
Vienne à moy uns doubtcr
Pour me bien efoouter.
Qui veule longuement vivre
En repos gr»cieulX)
Qu'il fc garde d'çofpyvre
Propos malicieulx >
De luy ne force poiix
De
'^^^^i^^Ê^SÊ^mr^^^m
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57^
P S A L M E S
Des maulx uns aucun nombre
Les juftes foufïriront »
Mais pour dueil nj encombre
Point ilz ne périront :
Car Dieu qui en ha ibing f
Ne les laide au befbing.
De tous leurs os le moindre
Ne fera point brifé ,
Et fi mort les vient poindre
Son dart eft meTprifë :
Car fa force ne peulc
Sinon ce que Dieu veult
Or eft horrible & vaine
La fin des mal vivans
Et de ceulx qui par haine
Les bons font pourfiiyvans f
Et leur cœur endurcy
N'aura bien ne mercy.
Parquoy donc Dieu prefervc
Tous les ièrviteurs fiens
Et en fin leur reforve
De tes fouvo^ains biens :
Et qui en luy s'attend
Se trouvera content
PSAL.
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i^s^^^smsm^m^sm^i^m
! P S A L M E S
Et confeflanc ta majefté divine
Dont mes eîprkz premiront nourriilement
Fourquoy mon ame es-tu donc ainû trifle
Si tu cognois un tel bien advenir .^
Ton dueil en moy la raifbn tant contrifte
Qu*à peine puis de Dieu me fbuvenir.
Efpere en Dieu falut (ëur & certain
Car après mort encor en ma chair mefmc
Confèfïèray le fîen empire haultaip ,
£t de mes yeulx verray (on bz fiipreme.
Mon ame en fby refpond qu'elle eft troublée
De les defirs. Pourquoy me fouviendra
Du mont Hermon , aufïï de Paflèmblée
Des eaux Jourdain jufques le temps viendra.
Qu'à haulte de ces catharaârres
Que Pon verra en ton corps hault pendu
De ta pitié rabyfme des miferes
Appellera Pabyfme confondu.
Las! tes ruiflèaux, ^ gros âeuvçs puiflâns»
Petis travaulx, & peines fans mefure ^
En leur fureur terrible fremiflans
Ont tous paiîë fur moy ta créature.
Le jour, Dieu veult que fa mifèricorde
L'on recognoifle^ & qu'on luy foit fervant.
Et que la nuiSt notre langue s'^cpordc
Mettre à fon loz cantiques en avant. .
Doncques il fault, Eternel & vxay Juge^
Que devant toy face mon oraifbn,
Difant : O Dieu, tu es mon fcul refuge.
Que je t'honore, helas! c'eft bien raifon.
Mais pourquoy donc m'as tu mis en. oubly^
se-
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Dont en ce poinâ: travaillé je chemine
Quand Tadverfaire en tout mal acçomiply
Faift fon effort à fin qu'il me domine ?
Quand à telz gens je ne puis rcfîfter >
Et que mes os deflbubz le faix fè ployent»
Leur grand orgueil ne fè peult defifter ,
Ains contre moy leur reproches employent*
En me difànt tousjours par mocquerie >
Ou eft ton Dieu > en qui tu as é(poir ?
(Certainement ou fa force eft perie f
Où de t*aider il n^ha aucun vouloir.
Ceft pour cela que mon ame eft troublée >
Et qui me rend ainfi trifte & dolent :
Voire & pourquoy ma peine eft redoublée t
Et ition efprit aflbupy j foible & lent.
Mais, O mon ame en toute àfHidlian
Efpere en Dieu , &c te tiens afieurée.
Que luy feray encor confeflîon ,
Qiii à jamais aura ferme durée.
Bbb 2
PSAL.
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:sXLiii
580
P S A L M E S
^:s\-x^.-j.
P S A L M E LXII.
Norme T)eo fubjeBa erit anima mea.
Argument.
T)avid délivré de la main de fes ennemis par la grâce de
^ieu y luy en rend grâces ^ & exhorte par fon exemple , tous
peuples y ^ofter leur efperance des hommes &, la mettre en
^ieu , lequel feul peult fauver. vrj
N'Eft'Ce raifon que mon amc regarde
Au feul Seignpur, tant que vivant feray?
C'cftmon rcxrher & fèure fauv^arde
Dont un faulx pas feulement ne fî^ray.
Jufques à quand le mal machinerez
Contre le faind qui (femble à veoir) fuccombre?
O malheureulx , ruinez vous ferez,
Comme le mur & la paroy qui tombe.
Voftre confeil rien ne fera que fonge
Envers les Sainftz , lefquelz vous benidcz
De voftre bouche addonnée à menfonge.
Mais au dedans de cœur les mauldidez.
Quant à mon Ame, il fault qu'elle regarde
Au feul Seigneur : tant que vivant fcrây,
Ceft mon Rocher & feure fauvegarde
Dont un fâulx pas feulement ne feray.
C'cft luy, c'eftluy, qui tout feul eft ma gloire
C'cft le rempart dont defpcnd mon pouvoir
Ceft luy, c*eft luy, par qui j'auray viûoire,
' '• •■ '^ — ^— 'Car
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DE D A V I D.^
Car en luy fcul, j'ay fondé mon efpoir.
Ayez en luy, ô peuple, efperance
Et voftre cœur devant luy defchargez :
Allez à luy en certaine afièurance,
Et vous ferez de luy toft foulagez.
L'homme n'eft rien , mefme fon excellence
N'eft envers Dieu que pure iniquité :
Que fi Ton met Pun & Pautre en balance
n haulfera plus fort que vanité.
Ne convoytez les chofes de ce monde
Et ne foulez le prochain d'un feul poinft :
Et fi richeflè en voz coffres abonde ,
Que voftre cœur addonné n'y (bit point
Dieu ha parlé cefte chofe certaine.
Que la puiflance eft à Dieu tout parfaid,
Et au Seigneur bénignité humaine ,
Qui le louera rendra felon le faid.
Fin des Psalmes.
581
v,T^
DEUTERON. XXXIL
Cantique de Moyfe lequel les enfans dlfraël èjloient te^
nuz; de fç avoir par cœur & de l'apprendre à leurs enfans^ à
celle fin qu^il fuft en leur bouche en tepmoignage contre ceulx
mefme s ^ comme il eft efcript au mefme livre, xxxi. chap.
EScoutez Cieulx , & preftez audience
A tous les motz lefquelz je parleray ,
Et au propos que de bouche diray,
La terre auffi oye y & face filencç.
Bbb 3
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m ^
DE M O Y S E. jS|
Comme de Pccîl on garde la pruiidfe; ^
A la façon que l'Aigle eflend iès 6(kf
Sur les pecis de ion nid hault pendu :
Aufli ha-il fes ailles eftendu , ^^
Et rha chargé, & porté for ipelies.
Le Seigneur Dieu fans autre Dku effars^nge,
Si rha conduift, pour le fairç ren^
En très-haultz lieux, & luy. lia faid manger
Des fruidz des champs la ipaiion & vendange ^
Il luy ha faia fuçer de pierre efpaiffe
L'huile & le miel , & le beurre mollet
De vaches pris, & de brebis le lai^,
Et des aigneaux la délicate graille.
Des gras moutons & bouez eut en viande.
Avec des dains la^ graillé & le froment.
Et le doulx jus du raifin largement
Dont il beuvoit la boillbn plus friande. !
Cil qui devoit eftre adroiâ: &: utile
S*eft engrailTé regimbaof , or t'es tu
Delailïant Dieu faiâ: gros, grand & telhi^ "^^^
De fon falut as éti la pieftre vile. .
Provoqué Pont par eftrange fervice-
Des Dieux gentilz, & Pont fort irrita
Et à courroux par tout Thi incité
De tclz mefchans 1-abominabIe viee^
Sacrifié n'ont à Dieu , mais aux DIaMe» :
Aux Dieux lefquelz ne leur eftoient cogneuz^
Aux Dieux nouveaux, prochainement venuz^V
Qui n'ont efté aux pères redoutables. '
DelaifTé as celle pierre féconde.
Dont engendré tu fuz & anoHy :
Or
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3S4 C A N T I d U E
Or as-tu bien mjs le Diea en oubly»
Qui t'ha formé , duquel tout bien abonde.
Et le Seigneur de fcs haulte$ baftilles.
Ha le tout veu & bien confideré.
Et ha efté de ce ezaipeié :
Car provoqué Tcmt iès filz & fcs filles.
Dont dàQt d'iceulxy je cacheray ma face
Pour veoir quelz font leurs a£l:es à venir »
Genre pervers qu'on ne peult reunir ,
Enfans defquelz la foy tantoft (è pafle.
Provoqué m*ont & incité à ire ,
Par celuy-là , qui n*eft de Dieu en rien ^
Par folle gcnt & peuple qui n'eft mieU)
Audi le veulx provoquer & induire.
Mon feu ireux, qui des enfers horribles
Brufle le fond 9 empris dévorera
Terre & fon fruiâ, & fi embrafera
Des montz haultains les fondemens terribles.
J*aflëmbleray des roaulx la grand cohorte »
Et employray fiu* iceubc tous mes dardz
D'ardeur & faim feront bruflez & ardz.
Exterminez feront en mainte forte.
Si^envoyray des beftes furieufes»
Les dentz agutz ^ 8c le venin minant»
Desanimaulz» lefquelz fè vont trainant
Par le poulcier befles très-dangereufès.
Glaive trenchant qui dehors rien ne laifle
Les defïaira» & crainte en la maifon :
Le jeune filz » la vierge de faifon >
Avec Ten&nt Phomme blanc de vieillefièi
Je dy ainfi en ma fureur empraînâ:e>
Tous
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j«^ C A N T I d
Leur jour eft près, & leur cheuttc s*ad*^ancc.
Or jugera le Seigneur qui prêfide
Le peuple lien , & (è repentira
Sur (es ièrvanS) car force à bas verra
Et eulx deflâidz enferrez fans fiibfîdc.
Et dira on, Où font leurs Dieux propices?
Leur pierre auflî ou leur fiance efloit ?
Defquelz chacun mangeoit & grignottoit
Les bons morceaubc ,^graifles des fàcrifices?
Le vin defquelz beuvûient tout d'une traiâc
Qu'eftoit offert pour leur afperfîons :
Viennent telz Dieux dont <àns dilations
Pour vous ayder & eflre une retraite.
Or voyez-vous , que moy Dieu feul fay vivre
Et n'y ha Dieu que moy qui faift mourir ,
Je puis navrer, je puis auflî guérir ,
Et n'y ha nul qui de -ma main délivre;
Je leveray au Ciel ûiâugré envie
Ma forte main & diray haultement ,
Moy-mefme vy , vôfre -éternellemeftt.
Et fans mourir touijOUFS je fuis en vit.
Si le taillant de mon glaive faguifë.
Et qu'en ma main j'aye jugement mis.
Vengeance lors à tous mes ennemis
Retribucray , &c rcndray à ma guife^
J'enyvreray mes tfaîftz en faïig tougtsàlïe.
Chair mangera' le mien glaive à 'planté.
Pour les occis de là captivité, .
Depuis le chef de Tennemy follafhc.
O gens louez le fîen peuple ainyàble t
m
Car
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Gol)gle
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P O E S I E S
ATTRIBUT ES
CLEMENT M AU O T.
7irées des Editions de Bonnemcrc, é* de
mes autres.
Ccc %
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CHANT ROYAL
De la fortune & biens mondains.
Com^fi par ùng des mys de è. MaroT.
•
E très-puiflant Dieu , le Père parfeidt.
Qui tout r^ift, tout tempère ^c^parfaift,
Tout fçait, tout voit,& en tout ordre a mis
A ung feftin, ou à c^afcun part fiii(a>,
Nous invita tant par dift que par feiéb.
Lors que nous tous fuimes au monde admys.
Délibérant comme fès chiers amys
Bieri feftoyer en chère & en defpenfe.
C'eft cefte vie, où félon ladilpenfc
Vivent & font tous hommes enfemblement.
Riens n^y portons: & luy pour rccompenfc
Riens ne requiert par efoot, fors que on penfc
Remercier le Seigneur humblement
En ce fcftin il nous fault en cfïeft
Avoir maintien tout ainfî qu'en çft fai(3: .
Civilement en ung bancquet proipys.
Lauer fes mains, que rien n'y foit infed,
S'afleoir au lieu que le Paranymphe ayt
Plus bas marché où pour luy font cdminys,
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Et fi plus haulc monter nous fort commys»
Obtempérer en toute diligence.
Ainfi aflîs ne ftiire nulle urgence,
(^nt au fervicc, attendre afïablemenf ,
Des metz fcrviz prendre à fon indigence 9
Puis en rendant grâces de Tallegcance,
Remercier le Seigneur humblement.
Ainfi convient pour éviter meffaiiSt
Soy maintenir: car Phomme trop meffaift
Qui de obferver cette grâce & rcmys,
Premièrement, devant qu'on Ibyt refaift
Des biens de Dieu , fâult que Ton Ibit refaiâ:
Et relavé, car trop Ibmmes maulmys.
Ceft par baftefine, où par feur compromys
Sommes elleuz à. fainûe afïïftence.
Puis fc veftir de la ferme ^x^tencc
De foy , qui l'homme orne très-noblement:
Ainfi s'afleoir , cédant fans defîftencc
Les lieux premiers, & là fans refiftencc
Rcmerdcr le Seigneur humblement.
Si tout foubdain qu'on eft à table affeA
Uon n*eft fervy, & que autant que eut Japhct
L'on n'a de biens, foyfonnans comm* frômys.
Pourtant ne feult en murmur putrefaift
Soy convertir, ainfi qtfeft contrefidâ:
Par gens brutaulx , paflcz au gros tamys.
Car foy nous dift qu'il nous fera tranfmys
Laiïus du Ciel pour vivre à fiiffifance,
Mais^ Diçu prenoit que la foudaine ufancc
I? y •
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J«^
i
A C L. M A R O T.
De biens mondains nous nuyroit doublement:
Par ce attendons, & lors que à jouyflàncc
Oflfertz feront , refte à noftre puiflànce
Remercier le Seigneur humblement.
Si Nemefîs [qui du faift & deffaiéî:
Ufe tousjoursj noftre repas defFaiéï:
En deflervant les metz à nous fubmys
Gémir n'en fouit, car Thomme trop forfei(9:t
Qui dit que Dieu luy tiendroit nul tort foid.
En répétant les biens qu'il a permys.
Mieulx nous advient, ces metz & biens demys
Jà nous avoient, & nous foifbient grevance.
Et Atropos fi du convyz s'avance
Nous mettre hors, ains que finablement
Ayons myné noftre avoir & chevance,
Suyvre la fouit, & en toute obfervancc
Remercier le Seigneur humblement.
E N V O Y.
Prince, quiconque en cefte corpulence '^
lHimaine eftant, par terreftre opulence
jAinfi qu'ay did, vivra, vifiblement
Xe verra Ton aflîs fans defiàillance
Au grant bancquet d'étcme precellence,
Hemercier le Seigneur humblement.
i^i
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v ^-^
))i4 POESIES ATTRIBVE'ES
EPITAPHE
De Marie fille aijhée de Manfieinr Destissac^
con^fé par le fufdiU.
L* A M E Parle.
DE Dieu formée! & du hault cîd yflue»
En terre vins, où je me fuys tyfluë.
Le petit corps traiâ Dcftiflâc & Lude ,
Pure j'eftoys , maïs lors que y fuz conceue
En tel delift je me fuys apperceue
Que fut Adam par fbn ii^ratitude :
Dont ne voidant en celle turpitude
Long fejourner devant terme nalquis^
Et vins au monde i ou par baptefme acquis
Eftre remifè en première innocence
Que de rechef Craignant perdre requis
Plus-toft mourir par ce moyen exquis
Une heure après j'en eu de Dieu diilpeniè.
Epitaphe du Conte de Salles.
S'Oncque à pitié il te convint mouvoir.
Et d'autruy cas ou malheur te douloir»
O viateur, ne te defdaigne mye
Vcoir
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l
A C L. M A R O r
Vcoir .ceft efcript & pitcufe Omdier
Si gémiras le grief defpart d'ung Conte 9
Qui vivant pleut eh toute compaignie.
Mais on n'en £iid: xniiè , recepte ^ ou compte
Je fuys celluy, comme tu dois fçavoir.
Conte de Salles» aflèz plaiiant à veoir.
Qui par mes geftes» brocardz» & tragcdiB
Mainte allcmblée ay ibuvent resjouye,
En entretien ayant plus grâce que honte >
Et en accordz, & doulz chantz armonie:
Mais on n'en fàiâ: mifè, recepte, ou compte^
Cuydant fuyr le naturel devoir,
Mort où palSaige m'arrefter eut vouloir,
1^ n'eft amy qui à m'ayder s'emplye,
Par quoy laiflay pour bon gaige ma vie.
Dont j'ay quittancé fans faulte ne me(compce
^Efcripte au RoUe des mortz d'épidémie :
ZMsiis on n'en fâiâ: mifc, recepte , ou compte.
Prince, inutil eft mon ramentçvoir,
TZParquoy vous dis a dieu jufque au revoir.
IDes bonnes partz la meilleure ay choyiîe.
TIDFol eft pour vray qui au monde fe fie,
^^I^ar tel eft bien hault juché qu'on démonte:
T3L*homme prudent à tel jeu ne l'envye,
^3^Iais on n'en ^ft flûTe , recepte, ou compte
^95
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35>tf PO ESIES ATTRIBUE* ES
m
m
i
CamplainBe de Dame Bazoche fur le trefpas du diBCmte.
OSort inepte de lubrique repos
O fil couppé par la dire Atropos,
Que Lachefis en commcnçoit filler.
Les deftinés de trop ferme propos
M'ont toft ofté mon plus plaifant fuppoft
Par le vouloir de celluy qui feift Pacr.
Pas ne fàilloit fi ibubdain affiler
Poinfte à la mort pour chofc fi très-tendre.
Quant Ton pouvoit fans plus tordre enfillcr ^
Plus Tare eft foîble, moins de force à le tendra
Si pour r'avoir les très-nobles enfâns.
Les francz Gaulloys furent tant triumphanSf
Demenans joye fans bornes & fans lyce,
O mort aufterc qui mon cueur trifte fendy,
N*as tu pas tort qui ainfi me defFendy
Ma joye entière? n'es-tu pas faulce lice?
Plus je ne puis mettre à mes plainftz police,
H en eft faift, le cas trop près me touche.
Dorénavant s^on voit que je paliflè
L'on congnoift l'or , quant eft mis fur la touche.
Vous élemens, qui l'avez dclaiflë
Venez à moy, je vous veulx à lefiè
. Pour avec vous contenter oia douleur
L'air en fbufpirs me fera delaifle,
En criz le feu & la terre , je lefic
Deftus ma tefte en figne de rigueur»
Û2^
^m
'^
«s
En
A eu M A R O T.
En pleurs & larmes me donra fa valeur
L'eau difHlIant plus dru que d*ung rofaire
De mes deux yeulx en perdant ma couleur >
Car trop cft fort porter tant de mifcre.
S*esbahit-on fî mon cueur trille rendy
C^nt voy mon conte au cloiftre fzinSt Laurens
.Ainfi de perte fbubdainement mourir ?
mes fiippoftz gettez vous fur les rancs
bur avec moy eftre rémemorans
a perte grande qu'il nous convient IbufFrin
dis le veiftes à tous voz faiftz foufïrir;
t en voz jeulx faire florir fon nom
e fttalle ores le faidt pourrir,
ar feulx efteuf on pcrt fouvent le bon.
Vous Baronat, qui fuftes fon feigneur,
t vous Guillaud, de fon bien enfoigneur,
oicy pour vous piteufe chanfonnette.
bus compaignon, qui l'aymaftcs de cueur,
vez point eu trifteflè du malheur
ui fuccumba fî fîmple pcrfonnette.^
hafcun de vous à lamenter fc mette,
^ pafletemps, la joye, & le confort,
ue fon vivant pert fa façon & geflc
ung chafcun plaire faifoit effort,
fi n'efloit Tefpoir de paradis,
il repofe chantant motetz & ditz,
11 defefpoir je fincroys ma vie,
Puis que là gift, comme je croys & dis,
S**in je ferây, aux prefèns j'entenditz,
^on que pourtant à jamais je desvic
Pour telle perte en pleurs eflre ravye,
Ddd 3
^S2
597
En
k»:
y
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)9S POESIES ATT RI B VF ES
En conférant ibo trefpas par encombres ^
Mères piteolcs, toutes je vous convie >
M'apparentar aux filliaies umbtrs«
RONDEAU,
AU cueur ne peult ung chafcun commander.
Ne les raifbns de fon vueil demander,
Pour les entendre à la perfeftion,
Cela pour vray gift à PafFeftion
Qui fert de luy pour nuyre ou amender.
L'oeil fourvoyé fc peult contremander
Bouche obeyr pour fë recommander.
Bien que ce foit difHmulation
Au cueur.
La main fë peult à tous fàiâ:z hazarder.
L'oreille ouyr, ou tfouyr fc garder, /
Franche eft ain(î leur occupation.
Au dedans gift toute PafïbSHon
Mefme d'amour, où il fiult regarder
Au cueur.
j
AUTRE RONDEAU.
Uges, prevoftz, bourgeoys, marcfaans, commun,
Nobles, vilains, & vous feigneurs d'fi^ifè
Amen>-
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A CL. M A R O T.
Amendez-vous: finon je vous adviici
Que ne verrez l'an cinq cens quarante ung.
Laflûs aux cieulx il eft bruyt que chafcun
OfFenfe Dieu qtii n*eft pàs^ bonne guife»
Juges prevoftz.
Perfcverer en Ion mal> c'cft efgmn.
monde faidt: de pecfaé marchandife:
ref il fâuldra que chafcun le reduife,
u des trois partz n'en demeura nés ung.
Juges prevoftz.
AUTRE RONDEAU.
Oftre maiftre Geofficoy Brulart
Qui fçavez la fcience & Tart
guérir les gens de tous maulx^
cy eft l*ung devdz feaulx
ui de colique brufle & ard^
Je ne mange poiflbn ne Izréf
on que craigne le papclart:
^^lais mon mal me hiSt trop d^afHiuk>
Noftre maiftra
Venez y donq phw toft que tvfd,
Et n'oubliez pas le broillart
De voz receptes à monceaulxj
Et payé ferez en rpyaulx:
Car vous eftes faige vieillare
Noftre maiftre;
J*5l
HUI.
r^m
in^
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400 POESIES ATTRIBUEES
H U I T A I • N.
Qui fcs bcfoignes veult bien faire
Selon le temps qui prefènt court»
Diflimuler fault, & foy taire.
Peu parler & faire le iburd,
Eft bon, car grand prouffît en fburt
Le Hérault ung peu contrefaire
Mais encore cft-il neceflàire
Eftre beau parleur , & non lourd.
. Raifon.
Venir fâult en toute faifon
Labourer au champ de Raifon.
Les gens de mejlier.
Mieulx vault meflicr de cueur loyal
Que oyfîveté de cueur royal, *•
Canfeil.
A nully ne prefte Poreille,
Et à moy mefmes me confëille.
Enfâns je vous fais a fçavoir
De plaire a tous pour paix avoir.
On efl en repos en tout temps.
Avec les lages & conflans.
Les bonnes meurs & les vertus : '
Sont en tout temps en leurs vertus
Tiens ton infortune fccrette,
AfHn que tes grans ennemys
•Ne s'esjouiflènt de ta fouffirette.
Soys
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A CL. M A R O T.
Soys fongneux eft toute faifbn
Du train de toute ta maifbn.
Lis en plufieurs livres Ibuvcnt,
Plus fàge en feras que devant.
Tes filz & filles endodh-ine,
Et tiens fubjeftz par ta dpStrinc .
En tous afiaires & paflage
Ufe & tient le confeil de fagc.
Evite noyfe & debatz»
Où que tu ibys, ibit hault ou bas.
401
Vng Dizain du trop faotd ^ ^ dttaffamé. (i)
L'Autre jour ung povre eftranger
I Me comptoit d'ung qui mourut yvre.
Et me dift je n*ay que manger ^
Je me meurs 1 & n*ay de quoy vivre.
Je feroys heureux de le fiiyvrc
Et demandoit lequel fks deux
Me fêmbloit le (dus malheureux.
L*ung eft mort) dis^je» & tu es fain.
Las! ^dift-il) j'ay moy langoureux
Fain fans fin ^ l'autre eut fin fans fain,
EPI.
ette Epigramme eft en quelques Editions attribuée à Clément l/kxot : mais on k
dans les poëfies de Mellin de S. Gelais (pag. 1/7.} Hé bien il n^ a qu^ la lui laiilèr.
it Marot n'y perdra pas beaucoup.
Eee
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A C L M A R O T.
Non pour moy fevly mais pour toute nature
O bon Jefus.
En celle croix où tu fiiz crucifix.
De Paradis le chemin tu reffis,
Et icelluy feis à tous ouverture,
De tous deliftz tu es la couverture :
Couvre les miens , & ce qu'oncques meitèis
O bon Jefus.
40}
01
RONDEAU.
OQuel erreur, par fihiz efperitz
Vouloir finir Tinfini, fans nul prisj
Parlailbn morte & mondaine apparence
Voulant comprendre en débile fcience
Une bonté qui tous nous a compris
Créé nous a en ce mondain pourpris
Et racheté quant nous eufines mefpris:
Et nous doubtons quelle eft fa puiflance?
O quelle erreur !
Far Teftament fa Loy nous a af^ris
Amour donné pour acquérir le pris
D^heureux labeur: par fby & cfpérancc
Allons à luy, en nous n'ayons fiance s
Qui ne le faiâ;, en enfi^r eft repris $
O quelle erreur !
Eee 2
L'E^
\
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v^
404 POESIES ATTRIBUEES
LiSfiJke de Va/ne au Coq , refpanjhe à celle
du Coq en Lafie.
PXjys que ma plume e(l en (a voye.
Autant de falutz je l'envoyé
Coq mon amy, fiir tous admis»
Que puys n'agucrcs m'as tranfînis
Te remerciant de ta lettre,
Car puis que me defclarez Teftre
De pardelà, comme on pcult veoir.
De pardeçà te fais fçavoir
Que feifles cloft la fain£b Hilaire
Voilà dont vint la grand collerc
Que Ragot n*ofta fon bonnet.
Pour eftre benift franc & neft.
De troys doigtz defpois fur le tymbre
Et fi n'eftoit que vint le tymbre
Aux cantines du parion
Efpaigne avoir fon horion
Pour ung Cartier de recompenfe,
Mas ce n'eft pas ce que je penfe:
Car a bon pied bon oeil bon cueur»
Alors difoit l'equivocqueur
A fa femme non pas làns ire.
Quant par csbat luy pcnfoit dire
Mon amy doulx , equivocons
Qui fai£t cela & qui voz cons
Que nous foyons en jalouzie,
Mauldid foit tant de fantafie
,Qu'on
^^t^\
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A C L. M A R O T-
Qu^on a du gorgerîn mefchânt»
Il coûte bon a maint marchant
Pour peur de monfieur le derrière,
Guare devant, arrière arrière,
Se difënt noz ventrefendu,
C'eft alors qu'on a défendu.
Que Ton en veult bon gré defences
Puys pour reparer les offences
L'on s'en venge par Atropos.
Mais je revient à mon propos
Affin qu'à m'entendre ne feiUes,
Puys que tu es hors des murailles
Je te veulx racompter de moy-
Si n'eftoit qu'il y a de l'efmoy
Phifieurs jours fcroint à leur aiiè :
Mais que veux-tu, quant on le baifè
C'eft ung figne qu'on cft bien près:
L'on crie bien après après.
Et cependant la proye efchappe
C'eft aflèz, puys qu'on a la chappe,
Laifle trotter le chapperon.
Je croy que nous l'efchapperon
Si ne demourons au paffaige ,
Au temps qui court, il n'eft pas Saigc
Celluy qui n'a jambe de boys
Aux chiens congnoift-on les abboys.
Si l'on ne fault à bien comprendre: v
Car difent ccubc qui içavent prendre
Tout, fors efguillcs par le bout.
Femmes de plat & boys debout
Duient comme tous les Diables,
Eee 3
40J
Ceubt
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POESIES. ATTRIBUEES
Ceulx qui trenche&t des fàrtijiAa^
Auront part en rochemdon.
Qui vcult tromrcr le bon mebn^
n luy convient feotir au ctd.
Maint ung (eroit desja coqua
S'il avoit (on faulcun en mue
C*eft affez dit) l'on ic remue
En efte quant la place efl chaulde»
Garder fè fault qu'on ne s'eichaidde
Quant l'on prent le morceau trop hault
Au pis aller il ne m'en chauk y
J'ay aprins ibuffler dans ma fbuf^^
Audi Ton me dit moniteur ibappc :
Au moins il cft à ion priréy
Sçavoir vouldroys qu t'a privé
Du grant crédit envers les iêmmes»
Ung tas de adieux hiStz par infâmes*
Ont rendu Paris tout crocteux.
Par mon ièrment je iijys honteux ^
Quant l'on prefte cous pour chevilles
Sçavoir VQuldroys ii kr chevilles
Ont point gafté yoz cacfaenez.
Je mesbahyz de cerpunajs
Qui friient leurs peanlx à efcaîlk>
Si l'on faid ibnner l-anticaillc
Peu de dames la daniëront»
Car quant les nommons y feront»
L'on fera la danfc a taftons»
Maint ung pour eipargner fretcons
Eft contrainâ de fouffkx les oiç;uçs.
Laiilëz pafler moniieur des Morgues »
Ceil
■S^i^^
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^v A\
A G
Ceft luy qui jooc du coufteso^
L'yvrongne ne fcet qœ œufte eau y
Mais ptr ta foy fi Fon en pade
De ccfte belle fille Darie ,
Et je te diray lepouiquciy,
n ne s'en fàult qcf avoir de qao^
A plufîeurs pour faire grant chere^
Le pris eft moindre qui Tenchere
Quant dedans e£t te pâte cretix:
£ft-il vray que diSt fbngocreuz
Que. les femmes qui portait lingp
Sont ièmblables a ung vieuix âng^
Au moins les nofircs par dpçà
Car faillir peu de temps en çx
Qu'elles ne fbient efcouvécs,^
Depuys que font très-bien couvées
Par ung tas de gourtz babouyns
Qui fupplieht pour les touyns
De queues à telles friandes.
Laiflbns à part celles viandes^
Puys que. les langues dyfbpet
£n ce temps ne vattent qu^ pet*
Toutesfois puys que je m^advile
Des nouvelles devers la bize,
Je t'en veulx dire pour grant cbofe^
Mais je ne fçay coucher en profe»
Et les vers minent trop les mettres:
Les difciples font fur les maiftres »
Ainfî que difenf mefficurs,
A tous honneurs tous meifieurs.
Dont j'en fuys ung lièvre efboflbys
Aulx
^
ffîSS
'SS
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40» POESIES ATTRIBUEES
Aulx Sç oignons pour les Françoys^
Et faulfe verd pour bénéfices:
L*on ne ibuhaitte {Jus d'offices.
Audi certes c*e(l temps perdu,
Car tel a du trefbr pendu
Qui vient (on iilz pour le defpendre^
Celluy n'eft en riens à mefprendre
D'avoir en jouant les marmotz
Confbmmer ion bien en deux motz
De lafhe par fimple commande.
Mais fcayz-tu que Nfidas te mande
Que plus ne chantes à mynuyâ:
Car ton chanter aux maryz nuyâ:
Quant par ton chant as efveillée
La dame trop en fa veillée
Fafcheufe ^ en oftant le linceul
Sur le deduiâ: de fèuUe a ièul ^
Tefmoing le grant jafeur de crette.
Recommande-moy à ta crefte
Au regard du bocs tu Tas bon.
Eicript au jour du premier bon
Four peur de ne faillir la chailès
A dieu, je m'en voyâ à la chaflc
M
^s?
Jtm-
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PHP
A CL. M A R O T.
4<>^
Rondeau a noflre Dame.
EN temps obfcur efl;oiIIe refulgentc ,
Raid de ibleil , aulbe du jour fulgeate^
Port de falut, alledtante pucelle ,
Roze vernant , de Dieu mère & ancelle,
Royne des anges , au pécheur indulgente
Tournez voz yeulx maternelle régente
Vers voz enfans , aidez i qui régente
Le parc de Dieu , & fa fainac nacdlet
En temps obfcur.
Contre le corps d*églife diligente.
Gens fans Raifbn de tout bien indigente
Et contre vous a mifè fa parcelle.
Monflrez vous mère, & que ayons paix par. celle
<^ a le pouoir: la caufe en eft urgente
En temps pjbfcun
♦|A^
Eptaphe de MA KT IN.
CY gyfl après qui debout fiç aflîs
Avoit eflé Martin de fèns raflîs.
Jadis faifant d'honneur & gloire nombre.
Donc maintenant qu'en eft-il ? rien que ung umbro.
Son bruyt mourut quant Martin fut ocçis.
Tome IIL
Fff
Rûji^
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POESIES ATTRIBUEES
Rmdeau du Guay.
OYez le Guay, Petit mignon,
Monficiir, madame pimpelbtte
Avec le clerc à la pellotte
Non faift , fi faift, par (àntrignon,
Villain, vous trenchez de l'oignon ^
Et ne valez pas efchalottc
Oyez le Guay. &c.
Gros ooquin, oftc le tignon
Si veulx avoir la bachellotte.
Drinc drinet a mis en cfchec l*hoftc>
Mamye levez le groignon
Oyez le Guay. &c.
Dizain de Vjmage de Venus amie R/ F.
VOus chevalier de la baflè bataille,
Canonizez de maint coup de faulcon.
Ne poulfez plus du court eftoc fans raille,
Oftez les getz de voftre vieulx faulconj
Venus je fuis au vifaige fecond
De main d'ouvrier faifte en ce temps armée >
Mais non pourtant moins forte desarmée.
Par maintz combatz, & chocz m'avez congneue,
Car
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a^yni
POESIES ATTRIBUEES
VENUS.
Du fruift amer la doulcc cfcorcc
L'on mé dit & fî fuys Venus
Forte, plus que n'eft vin de Corce
A cerveaûlx foibles devenuz : .
Vers moy ceulx-là font bien venuz.
Qui n'ont cure de loyaulté:
Et quant à moy font advenuz.
Je leur ofte force & beaulté.
Valphahet du temps frefent.
QUi veult apprendre l'alphabet
Du temps prefcnt vienne a Tefoolle
De monfieur maiflre Jehan favet
Qui luy en baillera la colle.
C'eft celluy qui fort bien recolle
En difant qu'en tout PA. B. C
N'a bonne lettre finon G.
Quant le maiftre dit a. a. a
Le difoiple le prcnt a rire
Des oyfons qui crient KK
Car c'eft le parler pour vous dire
De chiabren a au pis le pire
Je treuve qu'en tout l'A. B. Q
N'a bonne lettre finon G.
D. cft une mauvaife lettre
Qui
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112^
>?^i
A CL. M A R O T.
Qui fait emprunter a ufure,
B. vault beaucoup miëulx félon lettre
Quant après. C. prend fa mefure:
Toutesfoys quant bien je mefure
En treftout de mon A. B. C.
N*a bonne lettre finon G.
L. eft une lettre qui traiiche>,
KN. bien grade eft de faifon.
L. de chappon fur la tranche
Faid bon prendre en bonne maifbn»
M. fans péché c*eft raifbn
Qu'elle die qu'en VA. B. 6.
N'a bonne lettre fînon G.
Les QjQi trouflèz gros & efpaiz
Ont fort aujourd'huy le crédit.
Qui guerre font & poulfent petz
En ont O près le trou mauldit»
P. bien faire on leur a dit
Et leur maintiens qu'en l'A. B. C.
N'a bonne lettre finon G.
R. maint ung au temps prefent
Pour ung peu fçavoir trop cuide
S. herefie qui à prefent
Nous fàift de vv. l'oultrecuide.
Voyla le point eft tout vuydé
Que certes en mon A. B. C.
N'a bonne lettre finon G.
X. eft la lettre venimeufc
De filles à jeunes enfans:
Mais toutesfois quoy qu'on y mufe
La lettre du Q/ leur defFens,
Fff>
4M
!?
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Ou
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'^^^Êtz
^S^^£
414 POÉSIES ATTRIBUE-
Ou cherront dtftrc triumphai»
DifanS puis qu*cn tout PA. B. C.
N*a bonne lettre (înon G.
Con feulfe lettre dctcfhbte,
Avifez commcht elle eft fâifte
Tout ainfi faid par câs notable
Devenir ceulx qui en font Fcfte.
Ny mettez plus voftre entrefaiifte
Mais concluez qu'en A. B. G
N'a bonne lettre finon G.
vr^
Epitre de complainte , à une quà Jaiffe fan amy.
DEvant les Dieux proteâreurs de pitié
Certains vengeurs de rompue amytié
Devant amours qui (çait ta confcience
En vérité, aiant pleine .fcicnce
De noftre cas, & qui fèul en attefte,
Dès maintenant je dénonce & attefte,
Que fi départ d'entre nous deux fe faift.
Ce ne fera par aucun myen forfaiû,
Ne par excès d'envieufc fortune,
Ne par defFauIt de fàifon opportune,
Ne par raifon de lieu mal difpoféj
Mais (èullement fault qu'il foit impofé
A ton vouloir rigoureux & contraire
Aux.loyx d'amours, piteufe & débonnaire;
Car tu içais bien que j'ay faiâ: mon debvoir
ur avec toy durable amour avoir.
Et
1
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A CL. M A R
Et fi as veu ma force e^m^^e
Plus d'une foy$ powr la pprpet
Et pour ce fair^ employjer & i
Tous les moyens 9 çù tu prenp
Et me fondait es graciçàjjç pfc
Qui m'ont çoUu le fqmpieil &
Mais o cueur fain£^ > t^i a^ eu
Parler q^i Sala à t^s effeftz n
Tu *s mwtré çiieylx qi^ table ^v'^.v^v^yj
Comme du dire au foire à, Ippguie tr^.âljç>
Tu as voulu me gui^r & l^ujj^r,
Pour puis après h^^ en bfls i^e poulfer^
Et pour couvrir tes elpiçes dp rpfçs,
Pour couloirer tes ^entremetz , n^ ofes
Sans fort jrqugir nc^Qi^ mefchancete)^
De f€rn\e anipwr h vraye (è\u*çté.
Tu ne crains poiot tant anjour ravager
Que fciçmmcnt cas fofçheyx appçl\çr
SojQ plus cher bien, fpn tçeipr ê^ je 4pftr^
Lequel il garde aux aowos pow .gyçr^p.
Qui teUe crjreur t'a njys çpfsLntafie? ,
Où tu as prins cefte nQuye herefie?
Je fuis decçu, & mes Uvfçs JCopt faulx.
Ou tu verras que loardeaxçnt Ui feylx
Par les cirfcors qu'orras cy manier.
Fn premier lieu çu ne fçauroys nyer,
Que chafcun art, & chafcune â^ÏQtiy
Dont les humains ont faift éleftipn ,
Ne tache $c vyre qu'à une fin. cetç^inc^
Où Ton pçetend félicité moadgioe^
De ^tous vivons tant ^ appecée ic q^iiè > .
Que
y "
^
r-A
&
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4rtf POESIES A T T R I B U F E S
Que là fur tout eft leur penfée aflife.
Après te fault par force confefler
Que qui les fins vouldroit fiiire ceflèr,
Toute adKon & tout art devant diOtc
Demoureroit ainfî comme interdifte,
N'aucun fèroit qui fe myft à pener,
S4I ne penfoit fa peine à fin mener:
Et par tel cas fans doubte conviendroit
Qu'oyfeux le monde & confiiz deviendroitj
Dont enfuyvroit par refblution
Bien-toft après la difiblution.
Pour de quoy foire ouverture plus ample.
Donner t'en vueil en brief langaige exemple:
Les vertueux tendent à fin de gfoire^
Les combatans a triumphe Se vidoire.
Qui gloire ofler du monde ordonneroit.
Nul à vertu jamais s*addonneroit.
Et qui vouldroit les viftoires fulpendre ,
Qui feroient ceulx qui vouldroient armes prendre ^
Nul pour certain vouientiers s'exercitc
En quelque exploit $*on luy toit fjn mérite.
Ainfi tu voys quant ce lieu auroit eu>
Qu'on refteroit (ans armes ne vertu,
Et même aufli fans tout aultre artifice.
Tenant le monde en beaulté & police;
Car il eft fi^rcc ofter tous les principes.
Et les meilleurs fi les fins tu difiîpes.
Or ne peulx-tu dire ne ibuftcnir
Qu'amour prétende à autre fin venir.
Que feulement au bien de jouy fiance.
Ne qu'elle employé aultre part fa puifi!ance^
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A C 1. M A R O T-
Et tout le fondz de fa capacité
Pour en ce monde avoir félicité j
Car tout ainfî qu*ilz fonnent fes helas
En celle auffi commencent (es foulas:
En la voulant doncques du monde ofter^
(Comme tu faiâz) quant tu Idoles noter
De tiltre infâme, & de fiirnom immnnde^
Tu veulx amour forbannir de ce monde, ^
Et à par toy tu penfe ung monde faire
Ou n*aura lieu amour pour le retraire.
O gentil monde, o manfion très-belle,
O d'aife pleins les habitans d*icelle.
Qui vont menant une vie admirable.
Sans amytié ièure, ferme & durable,
Et fans fçavoir que c'eft du bien d'amer.
Quant cft de moy trop me feroit amer
Et contre cueur demourer en carrier.
Où amytié n'ait fon cours tout entier;
Gar il me fcmble eftre moins grief dommaige
•Au monde ofter du cler foleil Pufaigc,
Que d'eftranger vraye amour cordialle.
Comme font ceubc qui la fin principale.
Tant neceflaire honorable & utile
Tiennent au lieu de mefchanceté vile.
En enfiiyvant l^s obftinez devis:
Mais je croy bien que tel n'eft ton ad vis
En cueur Iccret , & que ton fcntemcnt
N'eft fi privé de jufte jugement.
Qu'en cefte erreur tu fois feule aheurtée.
De tous, fors toy , mauldi^ç & rçbputée.
Il eft bien vray que tu Vas voulu dire, ;
ToMB IIL Ggg
4»7
Pour
wir
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4i« POESIES ATTRIBUT ES
Four en ce pomc ibubz Hng doulx c&oadke$
Honneftemcnt de moy te dcfpecher^
Imaginant que te pourroit fâlcher.
Au long aller iî te convenoit vivre
Avecque njoy: pluficurs ca ont ung livre
Faid pour toy ièulles & duquel la tenmr
Euft çonùcré ton renom à honneur i
Et pour autant ce moyen as (bogé
Entre plufieurs pour me donner congé.
Puis qu'ainfî veulx maulgré moy je l'accepte^
Sans ^re plus ne mife» ne rccepce>
Du temps perdu» & pas eâ vain haftezt
Et des labeurs en ce pourchas gaftez»
Dont je reçoy pour rétribution
Larmes aux yeulx> au cucur affliâion»
Avecq regretz d'avoir fùS: en toy preuve
Ou miel en bouche » & 6el au cueur je treuvcj
Mais puis qu'il fault que ce départ je face
A celle fin que mémoire s'effece.
Entièrement à tous deux tous enfcmble
Des faidz pafieZ) raiibn veult ce me femble»
Que ce que Tung a eu de Tautre à prendre»
Il foit tenu douicement à te rendre.
Pource rendz inoy le cueur plain de dotdeur
Que me ravit ta prifée valeur.
Cucur deftiné pour confummer fes jcws
A foufpirer & cortplaindre tou6)ours>
Et a t'aymer en pore toyaulçé,
Se n'euft efté ta grande cruaùleé:
Après rcndz-moy P^ttat de ma franehife,
Q^i par toy fut en fervkude.miiè»
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.
A C L. M A R O T-
Lors que j*ouys ta bouche Ibuhaiter
Que fbflè digne aflcz pour m'accointcr
En fervitude^ à moy beaucoup plus chen
Que liberté: tant que me monftras cherc
De prendre en gré mon (errice adonné
A te fervir> fans eftre gucrdonné.
Fors d'amertume à ma part advenue
Pour Savoir peu (ou bien par trop} conj
Rendz moy^auffi le repos bicivbeurcux ,
Où fans foucy, fans ennuy langoreux
Mon temps en ayfè à par moy je paflby
Lors que afleur nies defirs compaflbye,
Avant que fufle en efpoir efleyé
De tes douleurs eftre ung jour abbrevé:
En lieu de quoy le faulx amour m'offrit
Laflèur du corps, & travail d'efperitj
Si tu as chofè autre qui fbit du mien»
Je fuis content que ne nje rendes rien.
Bien te requiers que le vueilles bruflcr
Pour à jamais la mémoire aveugler
De moy, qui t*ay en joye ung temps fer
Et maintenant me faidz hayr ma vie,
Voyant à l'œil, que me tiens homme inc
A qui foit faift tour d'amytié benigna
Du tien je n'ay onc empris chofè aulcun<
Sinon rigueur & rudefle importune.
Pardonnc-moy , fi tes faidtz nomme aiiifi
J'aymafle mieulx les appeDer merçy^
Mais je fuis leur que trouverois eftrangc
Que Ton mentift pour te 4omier louenge.
Puis que n'ay rien, rien rendre ne me f;
Ggg 2
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4to POESIES ATTRIBUEES
Et tovtesfois pour ne caufer dcfFauk
De quelque chofe au départ de cefte heure
Rendre je veulx tout ce qui me demeure:
Au dieu d'amours je quiftc & rends les armes
Et ne retiens de (on train que les larmes,
Pour m'en fèrvir à plorer mon malheur.
Et jeâier hors par mes yeulx ma chaleur ,
Le fuppliant que mieulx il fe contente
De mes travaulx, que moy de fbn «tente.
A Apollo je rendz (es inftrumentz,
Lucz, Harpe, & Lyre , & fes habillemcntz
Appropriez à dechafler ennuytz, •
Dont je me veulx accouftrer jours & nuyStz-,
Prenant congé des bonnes compaignies,
Et leur quittans^ fbns, chantz, 6c armonies.
Invention de fiireur poétique
Parler aorné, trace de rhétorique,
Plaifans devis, & joyeufès parolles:
A moy ne fault que dolentes vioUes,
,^ Pour en chanter quelque foys lays de plainte.
En attendant que mort ma flamme eflain£te.
Finabicment je rendz comme profcript
Aux Mufes Tart de coucher par efcript.
Les beaulx traidez de profe mefuréej
Et les façons de rithme couloréè>
Où j'ay trouvé fî très-peu de fccours
Que plus ne veulx en avoir de recours
Pour ce chanfons, ballades, triolctz
Mottetz, rondeaulx, fervant aux virelayz,
Sonnetz, flrambotz, bprzclotes, chapitres.
Lyriques vers, champs royaulx & cpifbres.
^0^
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g 4XX POESIES ATTRIBUE* ES
yrw
D I C T I E R
P R E S E N T E'
A MONSEIGNEUR
DE NASSAU
Au retour de France.
" • Ccmpofé par
CLE ME NT M A R O T.
Rince de pak & rfc prouefle (i)
Chef d'oeuvre d^homeur & de mœurs
Qui contre guerre qui nous bledë
En fleur de triumphant noblefle
Avez fbrg^ paix fans rumeurs.
De plainâesi de cris & clameurs
En
(i) Dans l'Edition dMnvçrs de if jp. im« le Style paroit dans cette poefie , & qui dé-
primée chez Jean St.els cette pièce eft attri- meuroit a Valeociennes , où il étoit Chanoi*
buée a Marot , mais c'efl la iêule édition des ne; & vivoit fous Louis XIF. 8c François I.
ceurres de ce poète où cette pièce hii ^it prefqu'en même temps que Clément Marot.
attribuée. Je la crois de Jean Molinet» (font
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A CL. M A R O T.
£â ce quartier plus ne (buvient^
Si haulc ctœ on Nodi qu^ vient.
De garder mui^îlles crîAeaubc (1}
De faiœ jouftes & toutiMys
D'aflaillir TÎUe^ & chafteaulx,
De couvrir la mitr de bafteaulk»
De prendre ports S^rmfmoisy
Ce font haiilts laits» je le connoès;
Mais de paix &ire en peu d'efpace>
Oeft œuvre qui toute aultre pai&.
Du pays elles k ùkxt
S'en aurés prières maist-uncs
Oncques prife, 11a ixx>t âblblut) (»}
Pour le pays tant ne valut»
Que fuft la voflre 4e BethuaCi ^9}
Nous en aurons boane fortuoie
Et de paix joyeux reco^jvrier ,
A Pouvrage on voit l'œuvrier.
Si par ¥ous ks perleâiDOS
De paix avons pcHur nous scfxuihç^
Cent mille bcnediûions
Aurez de toutes nations»
£t <ie Dieu le Souverain msà&rç.
Petits ea£su3S enoope à naiftm
Le grant fruit en pourront fcntir;
Jamais bon fens ne peult mentir*
Si
(1^ Ce font muwffflw a CrcGaeaux liuri (*) IV^rditeMOiniiot.
gr'iftati, tels ou'H s^tti voit cncofcnJaM kf (5) Ville de la provioçç ^UbtoU-fdfe ^
antiques Chafteaux fie vieilles fortifications, repriic plus dloaat tc^ÏB.
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^
4x4 POESIES ATTRIBUEES
Si Vous avez en temps de guerre
Acquis loz & excellent bruift , (Q
Encore pouvez vous acqueirc
Gloire du Ciel, pour la paix guerre^
Qui de Dku eft precieulx fruift.
Par guerre humain fang eft detruift^j
Par paix tout bien vient fans deflàuk ^
Ung jour^de repris cent marcs vairft.
Corps & ame, honneur & chevance (2}
De bon cueur fans eftre esbahis (3}
Loyalement fans dcccpvance
Avez expofé en l'advance
Du bien public & du pays$
Du père qui n'eft point hays
Et du fils vous fera rendu > ^ -
Oncques bienfait ne fut perdu.
C'eft pitié d'aller par les champs
Argent monte, honneur rappetiflè^
Prebftres, Clercs, bourgeois & marchans
Sont empluchez par gens mefchans, (4}
Querans proye ou bague fairiflcj (f^
Et que pis eft s*on fài£l: juftice
D*ung gros varier fon maiftre en hongne
On eft Charles Duc de Bourgogne. (6)
Mille
(0 Itffc, pour Loiun^.
(i) Chtvaruit pour. biens, richeflês.
(;} Etlonné , Terme encore d'uûge en
quelqiKi provinces.
(^) Emfitichex,', pour depouilkz.
(t) B4/«e fétitifi 9 pour bagues beScs &
bien faites, ou roCmepour joyaux.
(é) C'étoit un maure homme qui main-
teaoît Ja diicipiine miUuire,
S£l
^1
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4itf POESIES A T T R I B U r E S &c.
Valendenne fort povrc & nue
Efperanc le bon temps. paifible
Vou» feftoyc à voftrc venue.
Non point tant qu'dle y eft tenue.
Mais autant que luy eft poflible»
Prince de paix, amte invincible.
En qui vertu f»ent ion degré.
Prenez Ton petit fûSt en gié.
^ir*
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EPLORAT
SUR LA MORT
D E
L E M E N T MA]
Sourvmùn Poète François,
Avec privilège.
les vend au Palais, Par, Jehan André
juré de PUniverfité de Paris,
Hhh 2
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IL eft permis à Jehan André libraire juré de l'Univerfité
de Paris d*imprimgr ou faire imprimer ce petit traité. Et
deffenfes à tous autres de n'imprimer , ne faire imprimer
Jutques à img an , fus peine de confifcation & d'amende ar-
bitraire , fait ce premier jour d'Oftobrc mil cinq cens qua-
rante quatre.
Signé
Seguier.
^Ah^
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42p
F R AN CE
SUR LA MORT
D E
CLEMENT MAROT.
Ui la veit onc la tant griefvc achoifon,
Qui «fut jadis par mortelle poifbn.
Qui me veit onc tant couler larmes d'oeil ?
Qui me veit onc démener plus grand deuil ,
Qu'ores je fais? O chimère perverfe!
N'en povôis-tu (f)our mettre à la renverfe)
Autre choifir, fmon le decoreur
Des Mufes, las! tant parfait honoreur?
N'en povois-tu choifîr en quelque coing
Ung autre à part, fans m'ofter au befoing
Cil qui devoit (hors de pénible faixj
Efcripre en vers ma tant heureufe paix?
Ne fçavois-tu jetter ton mortel dard
Sur quelque traiftre, ou ennemy fouldard?
Ne povoistu, dy mortelle envieufe.
Tirer à toy toute guerre ennuyeufe?
Ne povois-tu, pour ton contentement
Prendre pour toy, cil qui peine & torment
Hhh 3 En.
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ii
4JO DEFLORATION SUR
Endure trop en ce monde ennuyeux,
Et qui fouvent fc fâche eftant trop viculx?
Que n'as-tu prins, pour parc & portion,
Oculx qui n'ont point en Dieu affeâion !
Que n*as*tu prins pluftoft adulateurs,
Flatteurs, menteurs 6c diflimulateurs.
Qui ne font fruift, ne mettent en avant
Que fàfcheric à tout paovre vivant?
Que n'as-tu prins, ô Maftine enragée.
De ce climat la trop faulfe dragée.
Qui jour & nuiSt va taichant ruiner
Le bon hommeau, faifant chevaulx hjmner
Criant à mort? Tu n'as pas bien choiiy:
Las! qu'as-tu faid > je te pry, penles-y:
Et y pen(ànt, tu conjedureras.
Qu'une autrefois ne fadventureras
Jetter ton dard fur ceulx qui duyfènt bien
A décerner à tout peuple auom bien
Pour vivre en paix: & (çavoir décorer
Le nom de Dieu, 8c toujours l'honorer
En beaubc verfèts , en chanlbns 6c cantiques:
Auili narrer les beaulx faits des anticpies.
Pour demonflrer aux jeunes advenantz
A fe conduyre en ce monde ven^tz.
Quand tout efl: diâ:, tu as prins celui-là,
Qu'avoit le bruyt & deçà, & ddà,
D'eftite éloquent entre tous les humains.
Qu'as-tu plus fâiâ? de tes cruelles mains
Tu as ravy la joye & le foulas
De mon Perron. Or maintenant tu l'as.
Qu'en feras-tu ? Efl-ce à toy à avoir
Poète
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i
8
LA MORT. DE CL. MAROT- 451
Poète exquis » qui aye tel fqzvoir^
Et tant (Thonneur 5 coipme il luy advenoit?
Je croy qu'envie à cela te menoit:
Car congnoiflant que je Paimois bien fort,
C*eft fur le poinft qu'as faifit tout ton effort
Le me gripper, & le tirer de moy,
Pour me laifler en ce piteux e(moy.
Vengez m'en donc, ô jufte Dieu puiflànti
Enferrez la en ung lieu gemiflant ,
Et la mettez en fî profonds deflroi£ls,
Avec fbn dard, que des ans cent & trois
On ne la voye en mon jardin errante.
Ou elle ha prins une tant chère rante.
En mon jardin: c'efl mon, où a Tentrée,
Où c'efl qu'elle ha la rente rencontrée.
O perte grande ! 6 dommaigc incrcdible i
O détriment, que mort inefFugible
A pourchaflë à moy paovre dolente.
Quel reconfort aura ma face lente?
Qui defcrira maintenant mes douleurs?
Qui dépeindra de mes yeubc les couleurs?
O Dieux puiflants, celefles , précieux,
Efl-il pofCble à Notus, qu'efl aux Cieulx,
Tant faire choir d'eau de (à barbe humide ,
Comme il en chet de mes yeulx: las! je cuide
Que non, pour vray, impolfible fcroit:
Non pas trois telz, qui bien y penfèroit.
Pleure avec moy, ô Nymphe Caorfîne,
Pleure avec moy le vrai tronc & racine
De Foëfie, en qui honneur a vois.
Lequel fans fin honorer tu devoir
Dr
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'Cû?
452 DEFLORATION S
Dy avec moy, 6 Juppitcr ccicftc,
A ta Juno ne fais plus de molefle ,
Peniè à nos pleurs & à noflre crier.
Blond ApollO) celle de charrier:
Et toy» Dieu Fan^ ton flageol abandonne:
Fils de Venus 9 à tirer ne t'adonne
Déformais traits fufcitans amoureux:
Veuille pluftoft tirer traits douloureux.
Signifiants aux Amants le trefpas
De celui-là qui ne s'eipargnoit pas
En (es labeurs & fès Efcrits fuprefines^
A collauder tes puiflànces extrefmes:
HymeneuS) tes nopces laide à part:
Mercure, auûî ne va plus nulle part:
Dieu Priapus , délaiflè tes jardins :
Et toy, Bacchus, laifle à tafler les vins:
Dieu Neptunus, laiflè-Ià ton trident >
Et venez tous pleurer ceft accident
Qu'cft advena Vous Tritons, demi-dieux.
Faunes, Sylvains, & Nymphes, de tous lieux ^
Venez icy pleurer ce grand dommaige.
Que mort ha fait à celi^i qui hommaige
A vous faifbit, defcripvant rexccllencc
De vos vertus en noble precellençe.
Noble Juno, cefic ta jaloufîe:
Sage Fallas, defcends par courtoifîe:
Et toy, Venus, laiflê ton Adonis:
Que de vous trois les plaifîrs foient unis
Aux griefVes pleurs de nous povres dolentes
Qu'avons perdu, entre les excellentes,
Des fleurs la fl^cur : qui tant de bien difbit
ii^
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LA MORT DE CL. MAROT. 433
De yos valeurs: qiic fi bien eflifbit
Honneur à qui honneur on doit porter^
Se déporter, ou failloit déporter:
Parler au vif, & donner à entendre:
Se taire auffi^ de peur de rien contendre:
Edifier oeuvres par tel indice.
Qu'il en avoit du Roy acquis ofiîce
De Chambellan: du Roy tant valeureux.
Du Roy François , Roy par fiis tous heureux
Roy abondant en fciences infufesi
Roy cherifiant les très-facrces Mufès,
Roy amateur de Dieu & fes efcripts,
Roy par qui font augmentez les Éiprits,
Roy tout fcul Roy, amateur de concorde.
Et dechafiant de fbn règne difcorde.
Or eft-il mort, cil qui prenoit plaifîr /
A honorer du fond de fbn defir
Ta riche court, ô François, fèul Franc Roy,
Hideufc mort Pa mis foubs fbn Charroy :
Charroy de pleurs, Charroy cfpoventable,
Charroy qui efl trop grief & lamentable:
Charroy où gift (fans admiration}
De tous regretz la confpiration.
O Cibelé, la chofe efl bien certaine.
Le beau tuyau de ta claire fontaine
Efl arraché : par là où fe couloir
L'eau à grand cours, qui de toy diflilloit
L'eau vrayement, arroufant les béaulx entes.
Et nourriflant les fleurs loing & prefèntes
Qui de ton cours fuivent les vrais fcntiers.
Lequel s'efpand, pour vray, en maints quartiers:
ToM-E ni. lii Dure
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fi^à
434 D: E P L O R A. T I O N S UT R
Dure Atropos à Ops Pa îaifk fbubintttre
Pour luy dcfcriiue en Lay^ Ballade » ou MettrC)
Quelques fècrets des infernaux Pahis»
Ou les regretz du pauvre Tantaibs.
Bricf, c*cft à nous orendroit à genjir,
Et en laifler le repos & dormir ,
Pour larmoyer diftillàns lartnes d'yculx
Avec vous tous, Déeflcs, & haults Dieuht
Mufes» pleurez votre amy tant requis
Ainfi que Thrace fon Homère exquis:
Pleurer povez fa valeur ineffable.
Car de long temps ne fera fon fcmblable.
Pleurez, pleurez, trcftous je vous invoque:
Pleurez , amys, car plus je n'équivoque
Verfetz en ris, flnon en lamentans
Celuy chéri qui alloit augmentans
Mes pleurs en ris, en m'oftant des Couds
Où bien (buvent eftoîent mes fens raflis.
Pleurez, 6 Dieux: pleurez, ô Nercïdes:
Pleurez la mort, ô nymphes Piérides:
Pleurez tel pré, dont maulgré jaloufie.
Toujours croiflbit la vraye herbe Ambrofîe.
Pleurez fans £n, & tousjours foufpirez»
Car mes travaulx font ores empirez.
Et augmentez, fans qu'il y ayt mercy.
Pleurer? que dis-je? Entends-je bien cecy?
Pleurer, helas! ô Dieux, ce n*efl à vous
Pleurer, pleurer, non pas vous, inàis bien nous.
Certes pleurer doit la mère Tenfant
Qu'elle chérit, qui jà grand, triumphant
Ëftaht au poinâ: d'eflre colloque hault»
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LA MORT DE CL. MAROT.
Et qu'an bèfotflg od çnfimt Itijr dcSEsaàL ;
Penfce-Tous point, 6 Leâeiirs de mon doiil
En diftillcr aucunes larmes d^oeil,
Voyans que mort lâcfaeufe 6c implacable
Mort qui tout mordj &: enfin tout accable,
A prins de moj les joyes accordantes.
Pour n^ laiifer trifleflès di£:oidaates ?
Peniè-tu pamt, Terre, m'a;w>ir Eut tort
D'avoir retrait des Poètes fc fort.
Mon en&nt cher, qui alloît colloquant
Mon nom par tous, par içaroir éloquent?
Que diray plus? Par mort êc fon cnTÎc
Tu as toUu de mes Ibolas la vie.
45;
w
La Terre parl^fnt à France.
POurquoy dis-tu, ô toy France enviée.
Que fay foiâ: tort, d'avoir prins celui-là
Dont tu eftois (comme croy) ennuyée.
Le déchaflant & deçà, Se âék
Je ne fçay pas pourquoy tu dis cela,
Et l'appeflant ton enfant tant chery,
Vien çà, fans moy ne fuft-il pas pery
Le bon Marot? Mais quoy je qui fuis mère
L'ay bien voulu ofter de peine amere.
Car c'eft mon fils par defibs tout ileury.
Et qui plus eft, je n'en ay que le corps.
Et l'Eternel eh ha VËfprit qu'dl fien:
Ceft la railbn, de ce irat bien ipoords
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Tous
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45^ D E P L O R A T I O N S U R
Tous les humains: ne pleure donc fbn bien.
Tu doibs f^avoir (non obftant que très-bien
Jà tu le fçais) qu'aux Champs Elifiens
Faiâ: fa demeure avec les anciens >
Gens de fçavoir, Poètes eftiméz^
Qui ont laiflë leurs oeuvres & leurs biens»
Comme il a fâiâ:, en beaubc vers bien rithmez.
Eftime donc que ce que je produits
Et vient de moy, je retire à la fin:
Et quand on ha aflez prins fes defduiâS)
Je ferre tout: (bit Roy, Duc, ou Daulphin:
Dieu tout-puiilânt qui eft le feul afiin,
Prent de fa part auili ce qu*il y met)
Ne fçais-tu pas qu'à chafcun il promet
Qu'après travail à tous donne allégeance:
Ne pleure pas, fî donc il s'allège en ce,
Le tien fervant : Dieu ainfi le P^^^^
promet.
Rondeau à Tranct.
PUisqu'ainfi eft, ô chère Nymphe France
Qu'après avoir vefcu en grand fouffirancc
Le Supernel nous veult tous r'appeller.
De ce ne fault nidlement appeller.
Car il le faiâ: pour notre délivrance.
Si aucun ha desplaifirs à oultrance>
En ce climat, il pa0era oultre, en ce
Qui
i^^
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LA MORT DE CL. M AROT.
Qui eft prédié^, quoiqu'il veuille parler >
Puisqu'ainfi eft.
Donc je conduds (non point par arrogance)
Mais par le droiâ, quoique Ton arrogue en ce^
Que tous fubjeâs fommes de là aller >
Quand il plaira le faire révéler,
A ung chafcun, la Divine puiflance,
, Puifqu'ainfi eft.
4'57
V Auteur aux awys du DcfunB.
SI dure mort (je dis mort avei^Iée
Laquelle n'a en foy heure reiglée}
A fùbmarché, par rude fàntafie.
L'arbre & vray tronc de toute Poëfie :
Si ne fault-il, amys, tel desconfbrt
En démener, mais avoir reconfort.
Qu'elle ne peult avec tout fon defbrdre.
Sur les labeurs du defuhd jamais mordre.
Puifqu'il devoit (& à nous quoiqu'il tarde}
Paflcr le pas, en cela je r^rde.
Que la mémoire à ung chafcun demeure
De fcs efcrits,.fans que point elle meure.
Et d'autre part fbuvenir nous aurons
De fa valeur, quand les efcrits verrons.
Ne plus ne moins que le laboureur ha
De l'arbre mort, qui encor du fruid hai
Et en gouftant, dit, helas! quelle perte
Fut en ce temps dommageable & aperte,
liij
Que
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4î8 DEFLORATION S U R &c.
Que me nioorâc cduy «bre pt>rtant
Ce fruiSt icj, qui m'alloic confoitant
Et apportant grand bien à la maifbn?
Si garderay en tout temps 6c ùâfon
De fi>n bon fhnâ» en figne 9c apparence.
Que mort n*atirai fi je puis» fa part en ce.
Si donci amyS) la mort nous ha ofté
L'arbre eftimé» de tous tant regretté ,
Gardons les fruits » qui ont telle faveur,
Que Roys & Ducz leur porteront faveur :
Et que la mort, qui tous humains peutt pitndir
Ne trouvera en iceulx que reprendre.
Et les gardans, de peur de pourriture
Lifbns dedans, car c'efl la n^m^ture
Des bons Efpries, Se leur contentement:
Qui en iceulx ne fe conteqfte ment
FINIS.
Impiiiné à Paris Par Benoift Prevoft» Inpriflieiir^leniau'ant
en la Rue Fremeatea, poàs le Ûattege ^u FldOs.
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«K
CHRONOLOGIE
DES OEUVRESDE
CLEMENT MAROT.
^^
IfOÔ.
Ifll.
1514.
Ifif.
15-17.
NAîflànce de Clément Marot àXahors. ,
NaifTance de Diane de Poitiers le ^r« Mars* Et mourut!
le 16. avril 1^66. âgée de 66. ans 27. jours.
Clément Marot âgé d'environ lo. ans eft mené à Paris.
Première Eglogtu de Virgile > traduite en François. Il paroît que
c'eft le pr^ier Ouvrage de Clément Marot; il eft toujours mis.
dans les premières Editions \ la tête de ks Poëfies. !
BdUâde 4. Sur une maitrefTe que Marot fit dans fa jeunefTe , du
temps qu'il étoit au Palais à Paris » où il aprenoit à écrire. Cdft.
commencer de bonne-heure.
Diane de Poitiers mariée le a p. Mars avec Louis de Brezé Comte
de Maulevrier, Grand Sénéchal de Normandie.
Jugement de Mims fur la préférence d'Alexandre le Grand 9 Anni- .
bal de Carthage &: Sctpion , traduit de Lucien.
Dialogue de deux amoureux où Maror fembk s'être j>eint lui-même;
fous le fécond perfonnage 9 \ qui il fait fait uhe trifte figure.
Le Temfle de Ofidau^ qu'il fit étant Page de Mr. de ViUeroy , avec
une Epitre au Roy François I. en profè 8c en vers. On voit
bien qu'alors il avoit une forte il'aifance 9 qui a r^ndu bien de!
la gentillefle & de l'él^ance dans cette pièce.
Triffes vers de Beroalde. i
Ballade p. afiez médiocre fur la naiffance de Monfîeur le Dauphin:
François , né le dernier Février i j 1 7. Il mourut en 1 5 ^ 5.
Rondeau zf. & peu confidérable fur la mort de Mr. de Chiflajr.
Epitre L de Maguelonne 1 fon amjr Pierre de Ptx)vence, elle eflant
en fbn hofpital. Toutes les Editions aiçttent cette Epitre avant
la féconde à Madame Marguerite , ainfî die peut être de Tan
1517-
ïil^
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s^,
i^t^
440
ifi8.
ifio.
ifji.
ipj.
If24-
CHRONOLOGIE DES
Le E09$deém I. fur Magudonne ; ce Rondeau accompagne la i.
Epitre dans toutes les éditions.
E^e VII. au Roy.
Efitrt %. aflez gentiOe qu'il préfenta \ Madame Maipierite de
Valois foeur unique du Roy , Duchcfle d* Alençon & de Beny,
btfque Marot lui fut jpréfenté de b part de François I. pour être
reçeu dans la maifon die cette I^ceiTe.
Ballade 8. à la même » & qui n*eft pas (ans agrément » pour être
couché en TEtat de (â Msufon.
Rotideam 4« à la buange de b même Prmcefle.
Rondeam 6. de l'entievuë des Rois de France & d*Ai^letmt entie
Ardres & Guynes.
Ballade 10. Du Triumphe d* Ardres & Guynes par ks Rob de
France & d'Angleterre , au temps de leur entre-veuë.
Epitre 5. du Camp d'Attigny (près Rhétel) à Madame d'Alcn-
çon 9 où il prodigue à mu de fiais des 4ouatiges dont h vérité
erobaraflbit médiocrement le Poète.
RendeoH 7. De ceux qui alloient fur Mule au Camp d'Attigny.
Ballade 11. de l'arrivée de M. le Duc d*Alençon en Haynault.
Efitre 4. à Madame la Ducheflè d'Alcnçon touchant Tannée du
Roy en Hainault.
Ballade i2. De Paix & de viâoire \ mais ni Tun ni Tautre n'ar-
riva.
Elégie 9. \ fa MaitrefTe (Diane dePoiâiers) que Marot lui adrefle
lur un chagrin qu'elle a.
Rendeaa^ 48. De la jeune Dame qui a vieil mary » (c'eft vraisem-
blablement Madame Marguerite mariée au Duc d'Alençon.) Elle
méritoit bien d*en avoir un meilleur.
EfirenneV. \ fà Dame (Diane de Poitiers) à qui il o£Fre ion coeur»
qui fut accepté, faute de mieux.
Rendean 49. Air le même fujet.
Rondeau 47. à la jeune Dame mélancolique & folitaire (Madame
Mai^erite.^ Elle fçeut bien fe dédommager depuis.
Cimetière n. 5. Epitaphe de la Reine Claude de France Epoufe du
Roy François I.
ChanJoH 12. fur les yeux & le r^ard de fa Maitrefle (Diane de
Poitiers. )
Epigramme 145. De cinq points en amoun » ou avis à k même
maitreffe fur les progrez que Ton fait en lamours. Inihuâion
dont im autre que Marot reçeut le bénéfice.
Chanfen i ). fur la confiance & la durée de fon amour pour la mê-
me maitreflfe.
Elégie tf . à la même Maitre0ej à qui il rapporte un prétepdu fonge
dans
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OEUVRES DE CL. MAROT.
441
ip4.
dans lequel Tamour lui promet auprès d'elle des merveilles qui ne
vinrent jamais.
RfimdenH 17. à fes amis auxquels on raporta qu*il étoit prifon-
nier.
EUgie 15. Retraite feinte ; prétend qu'on ne peut aimer (ans in-
térêt ; il n'avoit pas tort : proteftation de confiance à laquelle il
manquera* «
Ch^nfin 34* fur la même retraite» qu'il n'effeâua point.
Chanfon 21. fur la même retraite > belle & magnifique proteflation»
qui n'eut pas lieu.
Chanfin iz. Qu'il n'aime que quand il eft aimé. Cela efl bien
jufte.
RondéoH ;;. D'un lieu de plaifance.
EUf^ie j. à fa Maitreffe fiir la promeffe qu'elle lui a faite de le com-
bler de toutes fortes de faveurs. Il auroit bien mieux valu qu'elle
eût payé comptant.
RondeAH 54. De l'amoureux ardant qui demande fècours \ & mai-
trèfle. 11 n'efl pas le feul.
EUgie 2. à la même itiaitrefle qui devoit partir» Il lui demande
avant fon déparc un fècours qu'Û n'obtint pas.
RonJUém }8. De l'Amant douloureux. Plaintes \ la même mai-
treiTe à qui il demande fècours.
Chanfin ;. Demande fècours à la même maitrefle.
Elégie %. Adieux trop fpirituels que le Poète fait \ la même avant
que de partir , avec ime belle protefbtion de fa confbnce amou-
reufe. C'étoit fans doute avant que d'aller en Italie.
Chanfin i r. Sur la beauté de & maitreife. Ce qu'on aime efl tou-
jours beau.
Rondean 42. Du content en amours. Protefle qu'il fera confiant.
Tout amant fait de même.
Chanfin 10. Plaintes amoureufes fur la cruauté de la même mai-
trefle.
Chanfin 8. Il obtient un baifer de fà maitrefle, &promefle d'avoir
encore mieux. Mais il le prôna trop 9 & n'eut rien.
Rondeau 6;. Sur le même baifer 9 avec efperance de plus grand
bien.
Epigrammes itfS. 169.170. 171. 172. fur fes amours avec Diane
(de Poitiers) Et principalement fur un baifer , le feul bien qu'il
en ait reçu.
Rondeau 57. Pour un qui efl aUé bin de s'amye ; plainte fur fon
abfence.
Elégie I iere« \ la même inaitrefle , oii il lui parle de la bleffure qu'il
Tome III. Kkk rc-
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44* CHRONOLOGIE DES
ïfif.
reçut au bra» à la bataille de Pavie» & de ceBe qu*dlebt a faite
au cœur : bientôt il en euerira.
EUm 4. à la même $ fur (on cceur qu'il lui arott confié avant fon
aé[>art , & qui fe plaignoit de n'être pas bien traité. Aperçoit du
changement dans £1 maitrefTe » laquelle s'en met peu en peme.
Cbémfin 18. Plainte amoureufe \ k même , for ce qu'elle ne veut
rien accorder. Elle eft maitreffe de fon bien.
Rmdeâm jp. D'un qui (e défioit de (a Dame» Doute de l'amoiff
de la même maitrdOfe % parce qu'elle ne veut pas venir au but.
Tant pis pour lui.
£/pp^ 7. Sur le filence de (à Maitreflc.
Chanpm 24. Sur fon malheur en amours : mais veut toujours e(pé-
rer. C'eft bien ftit.
EUfit 8. Sur l'indifiFérence de fi^Maitreflc. L'exhorte i être con-
Itante dans fon amour. -^
Chânfm 14. Sur l'indifférence de & Maîcreflè : mais lui proteflc
qu'il fera confiant.
Ch^nfoH ijr. Sur le même fujet. Marot exhorte h Maitreffe \ fui-
vre toujours k 4rain d'amour ; j ce qu'elle fit » fans qu'il en pro-
fitât.
Chdnfin 6. Incertâh de l'amour de h Maitreffe.
BalUdc 5. D'un amant ferme en fon amour t admbable proteftation
de confiance) qui a précédé de peu fa rupture.
Chartfin 27. Plainte fur ce que rien ne lui réuffit en amours.
Efifframma 4p. & 50. Mommerie de deux hermites. Marot pa-
roît s'être ici repréfenté ; & témoigne beaucoup de mécontente-
ment fur ce que fâ Maitreffe ne lui veut rien accorder. Triftc
contre-temps pour un homme aufli intércffé.
Efigramme 12p. î Kabeau (c'eff-à-dire à la même maitreffe Diane
de Poitiers) à laquelle il fit l'amour en fa jcuneflfe. Paroît approu-
ver le changement d'une maitrdïè, dont mal en prit à -Marot.
Rondeau 4}. D'un dclaifféde s'amye. Témoigne fa trifteffe fur
Pinfidelité de fa Maitreffe.
Rondeau 44. De celui de qui l'amie a fait nouvel ami , lui protefie
qu'il l'auroit toujours aimée , fouhaite qu'elle ne trouve pas pis
que ce qu'elle a quitté. Mais ce font fes affaires.
Oianfon ij. Qjie les trompeurs font les mieux venus auprès des
Dames.
ChdnfiniS. Sur le même fujet.
Chanfin 2 p. Sur l'infidélité de fa Maitreffe , dont cepcndjjrit il ne
défefpere pas le retour , qui n'arriva point.
Rondeau j fi Du mal-content d'amours ; dit qu'il y veut renoncer :
ne vous y fiez pas.
Chou-
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OEUVRES DE CL. MAROT.
445
IfZf.
If 2^.
Chanf$n itf. Sur l'inconftance & la l^ereté de /a Maitrefle qui a>
dit-il, perdu au change ; qucfçait-il?
Rmdeém 45. D'un amant iQarri contre û Dame à laquelle il a !a
bonté de dire des injures.
Chânfin 17. Plainte fur l'infidélité de fa Maitneflê. Avis fort inu-
tik qu'il donne aux Dames de ne la point imiter.
Chanfin 20. Contre l'argent & les riclielfes qui lui ont enlevé fa
Maiftefle. Ceft i'u≥ on s'en plaint à tort.
Rondcém 6j^ De l'amour gratuit & desintereffé du fiecle antique ;
coutume trop ancienne pour être imitée»
Rondeau 65. Réponfe fort fenffe au Rondeau précédent par Viâor
Brodeau qui montre que ce n*eft plus le temps de l'amour gra-
tuit,
RendcoH 66. De l'inconflance d'Ifabeau (Diane de Poitiers.) Ce
rondeau fut caufe de fa prife, & avec raifon.
Efltâfhe 8. Un peu fatirique de Mr. Pierre de Villiers Secrétaire
de François I.
Chanfin 5. Sur les promeflcs d'une maitreffe autre que )a précédcii-
te y qui avoit fait efpérer au Poète mille merveilles amoureufes 9
qu'il ne goûta point.
Elegk 14. Contre cette même maitreffe fille de baffe qualité qui >
comme les plus diftinguées , ne lui a pas tenu parole.
Efitre 10. à Mr. Bouchar Dodeur en Théologie , à la requête
duquel Marot étoit arrêté prifonnier comme Luthérien. II y
protefte inutilement de la pureté de fa foy.
Ballade 6. Contre là Maitreffe Diane de Poitiers , qui l'avoit dé-
noncé pour avoir mangé du lard en Carême. -
Efitre II, à Lyon Jamet , qu'il invit: à venir travailler à fa déli-
vranœ. Il lui conte très-gontiment la fable du Uon Officieuse
& du Rat reconnoiffant.
V Enfer que Marot compoâ en la prifoh de l'Aigle dp Chartreffï
où il dépeint un peu trop vivement les jnalveriations des gens de
juftice, qui lui en fçurent mauvais gré.
Rondeau 6j. Où il remercie fès amis de la liberté qu'ikkii ont pro-
curée. Cela eft jufte, il faut de la rcconnoiflTancc.
Cham. 7. Sur le mois de May ; très^moraL Dans le malheur on
mpralife.
0fant. 8. Sur la vertu & le mois de May j phis moral encore que
le précédent.
Efigramme i } T. d'Ifabeau CDiane de Poitiers) à E(Uenne Clar
vier. Il la dit Louche , uns doute elle regardoit Marot de
trav^.
Kkk a M^
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!?1^
CHRONOLOGIE DES
Madaoïe Marguerite de Valois Sœur de Fran^ I. eft mariée avec
Hcniy Roy de Navarre.
RomUam 5 1. Alliance de penfée 9 lorfque Madame Marguerite lui
témoigna quelque bonté.
RmdiM 58. à une Dame (c'eft Madame Marguerite) en lui of-
frant fon cœur. Pouvoit-il moins faire \
Epîgrammt 14%. à Anne (c'eft le nom qu'il donne à Madame Mar-
guerite) pour être en fa grâce.
Efigramme i {4. De l'amour chafte de fa Dame qu'il n*o(e pres-
que aimer, tant eUe eft fage. Cela changera.
EfiffTMmme 155. D*un doux baifer, qu'il reçoit de Madame Mar-
guerite, & qui a été il bien prôné.
RandiAM 51. De fa grande Amie , Madame Marguerite.
RomUéUê 5i|. Alliance de fœur , nom que Madame Marguerite
avoit permis au Poëte de lui donner. Il parle encore de ce baifer
dans ces deux Rondeaux.
Chanfan 30. De Tamour (âge & refpeâueux qu'il porte à la même
Dame. Il va bientôt parler autrement.
Efiffrétnmte 137. Du mois de May & d'Anne ; c'eft toujours la
même.
Chanfin i%. Sur le choix d'une Maitrefle, & les qualitez qu'elle
doit avoir. Avis bons en tout temps.
Efifframme 1 ;8. D'un baifer refufé, à la même. Voiâ ce qui ar-
nve quand on fe hazardc trop.
Ballade j. De s'amie bien belle » où il dit qu'elle eft la plus belle
de France.
EUfie ï o. à la même maîtrcfTe , pour corriger la ballade 7. & luL
dire qu'elle eft la plus belle du monde.
Epigramme 1 5 2. De Cupido & de fa Dame, que le Dieu d'amours
prend pour Venus fa mère.
Epirrammi 191. D'une Dame de Normandie (c'eft toujours Ma-
cbme Marguerite Duchelfe d'Alençon,qui lui déclare qu'elle le
veut aimer.
Epigramme 191. RéponR; delà dite Dame.
Epigramme ipj. Réplique de Marot.
Epifiramme 1 j 5. Sur Anne jouant de l'cpinette , de laquelle il eft
aimé.
Epigramme 15^. ^ Anne en lui déclarant fa penfée amoureufè.
Elégie 15. à la même , à qui il protefte un amour conftant.
Elégie i6. à la même qui lui a écrit , & lui permet de la traiter
de maitrcfle ; mais par malheur elle lui ordonne de brûler (à
lettre.
Rondeau 5^. De celui qui nouvellement a reçu lettre de s'amie.
(Aam^
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ifî7-
^
If28.'i
OEUVRES DE CL. MA ROT. 445
Chémfin 9. Sur la nouvelle conquête qu'il a faite en Madame Mar-
guerite.
Epiffrdmme 177. Ne veut plus donner le nom de foeur à Madame
Maiçuerite.
Chanfin 19. Demande du (êcours à fa nouvelle MaitreiTe.
Efifframme 1(^5. Aime luie lettre ^ un pays & une chanibn pour
Madame Marguerite.
Epigramme 167. à iâ MaitrefTe qui lui fert de foleil en pleine nuit,
Ainfi il pouvoit épargner fa bougie.
Efigrémme i$4. Abfence & préfence de Tamant & de la mai-
trcflTe.
Efigramme 1^6. Songe amoureux. La realité auroit mieux valu*
Epine XXIV. lu Chancelier Duprat nouvellement Cardinal.
Ekgie II. Rendez- vous amoureux de la nuit de Noël. Bon temps
pour les rendez-vous.
Epigr4imm< 135. Sur la fête des Innocens.
Gmetiert 6. Epitaphe de MefTire Charles de Bourbon tué devant
Rome.
Epigramme 40. Sur le Lieutenant Criminel Maillars & Jacques de
Semblançay.
Ekgie %!• Sur Jacques de Beaune feigneur de Semblançay Sur-In-
tendant des finances qui fut pendu à Montfaucon 9 gibet près
Paris, âgé de 75. ans le 12. jour d'Aouft 1547.
Roman de k Rofe publié par Cl. Marot.
Eftrenne 7. offre fon cœur à fa Maitreffe , Madame Mai^uerite,
comme la meilleure pièce de fon cofire.
Ekgie 12. à fa Maitrelfe fur le chagrin qu'elle a des mauvais bruits
qu'on féme.
Epigtéonme 187. i une Dame (c'eft la même) pour l'aller voir*
Précaution après coup.
Epigramme iSi. à une Dame (c'eft la même) touchant un £iux
Raporteur.
Chanjon jp. Contre les envieux qui le croyoient comblé de toutes
les merveilles amoureufes.
Chanfin 51. Sur le chagrin de fa Maitrefle.
Ekgie 17. Condoléance fur les chagrins de fa Maitrefle.
Chant, tf. Cantique fur la maladie de fa maitrefle.
Epigramme 141. d'Anne qui lui jetta de la neige.
Epigramme 16;. à Anne tencée pour Marot.
Epigramme \66. à Anne. Incertitude où il eft de l'amour de fa
maitrefle.
Epigramme x6\. Du mois de May & d'Anne. II eft chagrin de
1 b voir fi trifte.
i5a
%.
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&mXJ^
446 CHRONOLOGIE DES
ifx8.
ifî^.
Ebgk 18. PhiBtemxoométk Maititflê contre im cakNnmjteur»
ou médifânt.
Ek^k 19. Pbinteqoe Maroc (ait contre le même cdomniatem'.
Viennent enfin des confolatîons imfonnaèles*
EUgk 2o« Pkinte d'une Dame (Madame Marguerite) fiir les mau-
vais tnicemens qu*dk reçoit de (on mary Oc Duc d' Alencon.
Cluittt 10. Chant nuptial du fmri^ de Madame Reaée féconde
fiUe <le France avec le Duc de Fetrare ; pris de Catulle.
Elc^k 24. fur ce qu'il eft défendu à Maroc de voir à Maitreflb
Madame Mai^erite. C'eft ce qui arrive aux indifcitts.
Efigrdmfme ii8« à Mademoifelle de la Gréliere fur les larmes qu'il
verfe de ne phis voir 6 mâtrefTe.
Epitre 16. AuRoy au fujet du fécond enqnifbnnement de Clément
Marot.
Epkramme x%9. Qji'il eft beaucoup plus trifte d'avoir été [vive de
& MaitreiTe 9 que ne Pa été le pluvieux mois de May 1 5x7.
Efigramme 47.
Chanfin 42. Sur un adieu qu'il demande avant que de partir.
Efitrt ;4. Demande au Roy en tremblant à fuccéder à l'Etat de
fbn perc.
Efigramme 18 S. & f Sp. Demande une audience particulière à une
amie (c'eft Madame Maiguerite) pour lui lendre compte de fâ
vie depuis fbn départ. Elle la hii accorde par YEfijrrmmme 190*
Epigréimme 4. Au Roy , pour commander un acquit , ou ordoiv-
nance fur l'un- des Treforiers de ûMajefté. Pour obtenir « il &uc
demander agréablement.
Epkre 15. An mêoae > pour fé pbôndre du Tréfbrier Pitud'hcxnme
faifant difficulté d'c^ïr audit acquit.
Efhre ti» Excufes aux Dames de Paris d'avoir fidt des Adieux^
dont il ne fut pas cru.
Efitre ij. Fort cdénque aux Dames de Paris qui ne vouloient
prendre lefdites excufes^en payement.
Epigramme 150. Du parlement d'Anne (Madame Marguerite) qui
^oit à Cambrav.
Rondeau 8. De la paix traitée à Cambray par trois Princefics;
Madame Louife de Sa^oye merc du Roy ; Madame Mai^erite
de Valob Reine de Navarre , fœur unique du Roy s & Mad,
Maiçuerite de Flandres Tante de l'Empereur.
Rondeau 61. 'i ime Dame (Madame Marguerite) pour la louer.
Epipromme 130. à Ifâbeau qui fe plaint que Marot la chanfonne»
Ose voutoit-elle efpérer d'un Poète?
Ep^amme jj. à Mr. le Grand-Maftre Anne de Mqntmoraicy
pour être mis en l'Eut de la Maifon du Roy. /^
Epitre
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If 29,
If 30.
I53I.
tfî».
OEUVRES DE CL. MAROT. 447
Epitre %j. aa Rérerendîffime CtsàimX de Lofrabe > pour k prier
de Tappuyer de h proteâîoti auprès d'Anne de Montmorency.
Le premier Livre des McÈamorphofe d'Ovidç traduit en Fran*^
çoisb
Efigramme 6. Au Roy pour avoir un acquit y ayant été émis fut
rEtat de fe Maifon.
Efitre 26. Au Roi pour le délivrer de prifon*
Chant 11. Chant de jayt 9 m retour d'Efpa^ne de Meflîeurs le^
deux Enfans de France» compofé b nuit qu'on en (çxt les nou- ^
velles, & le lendemain préfenté au Roy à fon lever,
Efitre 14. Qii'il préfeota à Bordeaux à b Reine Eleonor \ fon
arrivée d'E^i^ avec Meffieors les deux Enfais du Roy, dé^
livrez des niains de TEmpeitur Charles-Qpint.
Éfifre 1 5. à Monfeigneur de Lorraine venu à Paris $ lui préfçntant
le premier Livre trairflaté de h Metamortbofe d'Ovide.
Efitre 16. l Monfeigneur le Grand^Maitre de Montmorency,
lui envoyant un petit recueil de fes oeuvres, avec recommanda-
tion du porteur.
Adelejhffce Clémentine , ou Poëfies de jeune* > publiée par Clé-
ment Marot.
Epitre 18. au Roy, pour avoir été dérobé.
Epitre ip. à un fien ami fur ce propos.
Epitre }o* à un qui odomma VEfmre précédente.
Epigrammes $ç. 60. 6î. 62. 6j. 64. 65- ^^* ^ ^^ maladie^
Cfement Maroc eft arrêté prifonmcr chez luy , torfqu'il étoit
msjlade, mais François I. oidonnc qu'on le laifle en repos.
Bpitre ; i. au Lieutenant Gontîer , en lui dîânc très-finement (on
avîà fur (es Vers.
Epitre %t. à Vigtias^Tkwlouôn > lui envoyant petite epitre &
promettant amitié bièn-gçnde.
Epitre j 5. à M. le Duc de Guife paifant par Fstfis*
Epiff'omme 124. à deux fqsrtrl^ Dammfelles Lyonno^.
Gmetkre 19. Epîtaphe de Madame k Régente Mère du Roy^
CemplMnte 4. Ou El<^ un peu trop violent fufb mort de Mada-
me Louîfe de SavoyeMere doRoy. Il n*eft que d'être en place
pour être vigoureufement loué.
Louis de Brezé Epoux de Diane de Poitiers meurt , & 'Diane luy
fait élever un Maufolfe dans J'Eglife métropotitaine de Rouen,
où il eft enterré.
Marot fait réimprimer par ordre de François I. les poëfies de Fran-
çois Villon , qu*il a eu la bonté de g^ter & de corrompre i &
qu*il accompagna de petites notes grammaticales.
Marot fait encore réimprimer les pocfies de Éi îeuïiefle.
Epi"
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448 CHRONOLOGIE DES
if33-
if3+-
if3f-
Efigramme t^. Au Roy de Navarre pour avoir un chevaL
Efigréimme i6. Pour Madame d'Orioavilliers qui avoit perdu au
jeu cofitre k Roy de Navarre
Epigrdmme tj. Réponfè pour le Roy de Navant.
Efitre 42.
Pufmere Efitre Du Coq^^-l'afiie » \ Lyon Jamet de Sanfây en
Poitou*
Efigrâmmt 19. à Fran^ Dauphin de France.
Epitre jf. Au nom de la petite Princefle de Navarre à Madame
Marguerite fille de Françob I.
Efigrâmme 57. Du beau Tetin.
Au mois de Novembre on affiche au Louvre des Pkcarts injurieux
à la Religion & au S. Sacrement , & l'on féme des billets dans la
Chambre du Roy François I. Ckment Marot qui étoic à Blois
fe retire en Navarre & enfuite en ItaUe.
Efitre 48. à Madame la DuchefTe de Ferrait en entrant dans fes
Etats.
Efifframme 29 à M. le Duc de Ferrare.
Ef^amme ; i. à fes Amis , quand kiflfant la Royne de Navarre»
u fut reçu en la Maifon & Etat de Madame Renée DuchefTe
de Ferrare.
Efigrétmme 119. à Mademoifellé de la Fontaine.
Efitre 46. belle & magnifique au Roy François L du temps de
fon exil à Ferrare.
Efitre 45* à Antoine Couillart feigneur du Pavillon lès-Lorris en
Gaftinois» où il rapporte Thifloire de fa fuite.
Epifframme ;x. Huitain fait à Ferrare contre les envieux.
Efitre 49. Perdue aii jeu contre Madame de Pons.
Efigrammes 107. & 108. à Renée de Parthenay Dame de Pôns.
Efifframme lop. De fon feu » & de celui qui fe prinfl au bofquec
de Ferratt.
Mort du Chancelier du Prat le 9. Juillet.
Le Roy mande Mclanchton pour voir s'il a des moyens pour con-
cilier les troubles de la Religion. François I. luy écrit de Guifê
le i8. Juillet. MeUnchton Efift. 19. Ubri I.
Efifframme 58. Du laid Tetin.
Efitre 40. à ceux qui après TEpigramme du beau Tetin en firent
d'autres.
Efitre^ îo. à Madame de Soubife partant de Ferrare pour s'en venir
en France.
Efifframme ;o. à Madame la Ducheffe de Ferrare 1 lui étant en Tta-
ke 9 fur les chagrins que cette Princeffe reçoit du Duc fon £-
poux.
Efitre
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OEUVRES DE CL. MAROT. 449
153^. Epitre 4j. Seconde Epitrc du Coq-à-l'afiie à Lyon Jamet.
Efitre 57. à Alexis Jure de Quiers en Piémont.
Bpifframme lyj. à Renée , qui eft fans doute Renée de Parthenaî
Dame de Pons , à qui Marot en veut conter dans cette Epi-
gnunme.
Gmetiere i8. de Jacques Jagoineau jadis rcce/eur deSoîflbns.
^f3^' Epitre 47. à Monfeigneur le Dauphin F^anjois du temps de fon
exil pour avoir un fauf-conduit.
Cantique 21. de Marot retiré à Venife \ la Reine de Navarre.
Epitre 5 ^. de Charles Fontaine à Sagon & à la Hueterie > mal at-
tribuée \ Marot ; mais belle.
Epitre çi« à M. le Cardinal de Toumon > Ioi£[ue Marot retourna
dTtaUe.
Marot abjure le Calvinifme à Lyon.
Epitre jz. Adieu à la Ville de Lyon.
Epitre j j. Le Dieu-gard de Marot à la Cour après fon retour de
Ferrare.
Cimetière 24* Epitaphe de François Dauphin de France.
EpiffTAmme 7. au Roi , pour être remis en fon Etat.
, Epigrétmme 45. à la Ville de Paris*
I f37- Chant I î. Chant Nuptial du Roy d'Ecofle & de Madame Mag-
delaine première fille de France le i .Janvier.
Efirermes fort ingénieufes au Roy , à la Royne & à toutes les Da-
mes de b Cour depuis le N. 11; jufqu'au N. 54.'
Epitre 54. de Fripelipes valet de Marot à Sagon.
Epitre 41. Adieu aux Dames de la Cour au mois d'Odobre i $57.
Epifframme 9. De la convalefcence du Roy \ Lyon. '
1^38. Epiffrâmme 54. Du Sire de Montmorency nouvellement Connéta-
ble de France.
Lettre enprofi à Meffire Nicolas de Neuville Chevalier feigneur de
Villeroy. Il lui dédie fon Temple d^Cupidon.
Chant 16. Caniique de la Chrétienté fur la venue de TEmpereur
& du Roy au voyage de Nice.
Chant 17. à la Rôyne de Hongrie venui' en France.
Eglogt^ au Roy fous les noms de Pan & dte Robin.
Epigrannne 4^. de la Ville de Lyon.
Epigramme 47. Pour le May planté par les Imprimeurs de Lyon
devant Iç l^is du Seigneur Trivulfe.
Epitre à Eftienne Doln , avec la première Edition complette que
Marot donne dp fes ouvrages.
Epigramme 11 1 . de Madame de la Val en Dauphiné,
E^gramme 104. De Jane Prînceflè de Navarre.
Canticpte 4^ à û Déeâè Santé pour le Roy malade. . ^
Tome IIL LU Ca»^
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450 CHRONOLOGIE DES
if35>-
If+O.
if4i.
If42.
?f43-
CMmùpu %. De la Reyne Eleonor (or la mahdie 9c convdeTcbice
du Roy.
Oiânt 2o« La France \ l'Empereur \ ion arrivée.
Cluint ip« Marot à l'Empereur.
Marot fait paroitre trente de fes Pfeaumes & les préfcnte à François
I. & Tannée fuivant€ à Charks-Quint qui étôit à Paris.
ChâHt i8. Sur l'Entrée de l'Empemir à Paris.
Efigramme i8. à l'Empereur Charles V.
Rofuleam 68. L'adieu de France à l'Empereur.
Efigrammi r^j. Contre Eftienne Dolet. ^
Efigrammc i r. Pour le Perron de Monfr. le Dauphin Henri. Tour-
noy des Chevaliers enans à la Berlaudiere près Chatelleraud en
Poitou.
Epigramme ïi. Pour le Perron de Monfeigncur d'Orléans.
Cinq autres Epigran^mes favoir les 15. 24. & £dtes à la même oc-
cafion.
Les Amo$trx de Léandre & de Hero, traduites en François. Voyez
la préface qui efl: à la tére de cette traduâîofi.
Gmétûre ;o. De la Mort de Mr. k Général Preodiionune.
Complainte 5 . Sur k mort de M. le Cénéral GuSllaume Preud'hom*
me. Eloge d'un Tréforier, chofe rare.
Gmetiere ^ i. de la mort de M. Guillaume du BeUay Langeay.
FfeMimes de David traduits^ en veis François au nombre de )o. pa-
roiflent \ Genève avec une pré&ce de Jeaâ Calvin; félon *^^<iar^
Epitre Au Rôy fiir la Traduâion des Pfeaumés.
Epitre Aux Dames de Franoe touchant lefdits Pfeaumes.
Epigrammt Au Roy fiir lefdits pfeaumes.
Marot eft obligé pour fcs dér^emens de quitter Genève , & fe
retire en Savoye.
Epine 58. à un fîen amy , pour lui marquer fe difgraces.
Epitre 60À M.Peliflbn Prcfidcnt de Savoye ,en pafïant par Chambery.
Epigramme 10. Au Roy, envoyé de Savoye.
Epigramme 1 1 j . à Madame de la Barme près d'Annecy en Genevois,
Eghgm fur k naiflance du fils de Monfeigneur le Dauphin pag. 18 y.
Il a depuis été Roy fous le nom de François IL
Epigramme 48^ Salutatbn du Camf) àt Mr. d'Ebguien à Cerifbles
après la batâïHe.
Eglogue à Mr. François de BourfxHi fcîgneur d'Ef^îcn , après la
bataille deGerifote.
Epigramme 194. à une Dame de Piémôht qui re^fà fîx écus de
Marot pour coucher avec elle, & en voulait avoir dix. C'étoii
trop exiger d'un Poète. >
La mort de Clément Marot curivée fiir h on de cttte année l'em-
pêche d*en faire davantage. AVER-
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AVERTISSEMENS
E T
PREFACES
Tirées des différentes Editions
D E
CLEMENT MARGOT.
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4n
AVERTISSEMENT
DE f EDITION
D E N Y O R T
ea i$96'
Ce ^ui a ejfé adjoufié de noùwau en cejle préfenti Edition ,
otftre toutes les autres dernières.
> /■
^•Epiftre en profe de Clément Marot à Eftienne Dolet , du
dernier pur de juillet ^^ mil cinq cens trente huiâ*
L'Epiftre en profe dudit Marot du douiiéme d' Aouft
i5;o. à un grand nombre de frères qu*il a tous £n&}s
d'Apollo.
L'Epiftre en profe dudit Marot 3t Meflire Nicolas de
Neufvilfe» Chevalier , Seigneur de Villeroi , fur fon o*
pufcuk du Temple de Cupido»
Nous avons remis ces trois Epitres de l'Autheur, tant pource qu'elles don-
nent à cognoiftre entre autres chofes certaines particularitez notables qui fervent
tant à maintenir fes œuvres en leur entier par les Imprimeurs , que pour voir
quel eftoit fon ftyle en profe. , ,
L'Epitre d'Eftienne Dolet » avec fes annotations en mai^ fur TEnfer dudit 2^
Marot.
L'Epitre dudit Marot à fon amy* Antoine Couillart 9 Seigneur du
Pavillon ^ avec un Epigramme de Michel Marot fils unique dudit Clément
Marôt«
LU j Qija-
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454
AVERTISSEMENT.
Quatre Epigrammes , dont le i. eft de ne cramdre point la mort » qui fe
Cflmmence. Hnrtfmj vmfUm^om hm tbirvr.
I> z. eft aux Amateurs de la fidntc Efcriture»
Le j. Sur TOrdonnance que le Roy fit die baftir \ Paris avec pr^or-
tion.
Le 4. Sur le dit d'un Théologien.
{>»SfnDoR dtt bofhPafttur &^i^ aiaii¥ai»f pm.Sc emuit dir dîrieine Cha-
pitre de S. Jean, p^r Cfanent Mamt.
Le Ballaoïn dtroit Marot a efté corrigé en plufieur; lieux oft n*i avoit point
de fens : ou bien il eftoit perverti.
Quant au changement de la difpofition & ordre des tilties & matières de
tout le livre , vous en veoez la nifon leadui e» TEpitre lîdvantc de l'Impri-
meur au Leâeur.
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T'
^«^
4n
P R É F A C E
D E r E b I T I O N
D E N Y O R T
DE THOMAS P O R T A U,
en ifptf.
L' I M P R I M E u R
AU LECTEUR.
Out aînfî , ami Leâear , qtie toute Architcfture fins fi
difpo(]€ioii rend moins befte fofi ortographc ^ tant bien
fymmetierée foit-elle : pareillement tout oeuvre tant dodç
ou plaifànte foil-eUe , eftant fhiftré ée fi <tedudion , iè
monftrc » & eft de feit » |Jus defpfeifante \ tout Lcdeur^
que aggràble. Non mijB )fe vueiHe reftraindit à aucun
Autheur fi libeité de di^îffer & ordonner fon hbeur à fi
volonté : ne auffi que je die 9 qu'en Teftendant en fbn ordre ^ il ne l'approche
plus près qu'un autre de celle perfèftion , où tout ouvrier tafche ( comme il
doit) de parvenir le plus qu'il peut. Voyant donc h première Edition de no-
tre Marot avoir efté intitulée Adolefcence : aucunes des autrttOpufcules depuis
par lui compofées , eftrc appelléesSuitte. Et autres avoir autres noms > confu-
fement & fins aucun tikre : conune un amas de diverfes pièces \ & non diffé-
rentes ; fins diftii^er les trtnflatiotts , des propïts : les graves , des légères &
face-
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4y<? PREFACE DE UEDITION
faccticufes : ne les prophanes , des religicufes : & cftre en lifant une trop gran-
de ftfcl^e d'aDer requérir une Ephit , ou un Epîgramme , d'une partie en
l'autre : Te t'ai bien voulu rendre icy chacune chofe en meilleur ordre (fous ta
correftion & bon jugement toutesfois , ami Leôeur, voire de TAutheur mê-
me , s'il eftoit encore vivant , qui ne l'aurait moins aggréable (je m'en affeurc)
qu'il eut la difpofition qu'en fit un fien dode ami Imprimeur , qui compoè
prefquc toute ccfte préface, laquelle cpcores i prefent je te rem«ts icjr au jour,
augmentée feulement d'un bref récit des chofes qui ont efté tranfpolécs ou ad--
jouftées de nouveau en ce livre) mais c'cft fans la femrcr de fon lieu , c'eft-à^
dire, que combien que tu y trouves Opufcules, Elégies, Epiftres, Ballades »
Chant* divers, Chanfons, Rondeaux , Epigrammes , Eftrennes , Epitaphcs,
Cimetières , Complamâes, Oraifons , Tradudions , & autres œuvres tant
fiennes que par luy traduites , pour ton foulaccment rangées à part : neant-
moins tu les trouveras reftituées , celles de l' Adolefcencc , fous le tiltrc d' Ado-
lefcence : celles de la Suitte , fous le tiltre de la Suitte : & ce qui eft outre
lesdits tiltres d'Adolcfcence & Suitte , fous le tiltre de Recueil: entre kfquellcs
ceuvres tu en trouveras aufli plufieurs autres dudit Marot , qui n'ont jufques ï
prefent efté imprimées , départies pareillement & diftribuées chacunes en fon
ordre , pareil (pour le r^ard de la difpofition des tiltres principaux cy-defibs
nommez & fpecifiez^ à celui des dernières éditicms de Paris, Lion, & Rouen»
excepté que nous avons mis les Chanfons après les chants divers » & les Ron-
deaux devant les Epigrammes , comme poèmes plus conformes en leur matiè-
re : mais de beaucoup changé en mieux , foit pour le rang & dignité des per-
fonnes mentionnées par le Poëte , foit pour la fuite & connexion des marieres
contenues fous chacun d'iceux : mefmement es Epitrcs , Ballades , Chants di-
vers^ Chanfons, Rondeaux, & fur tout es Epigrammes , qui ont dlé diftri-
buez en huit ordres, dont
Le I. contient les Epigrammes aux Rois , Princes » Gcntils-hooimes,
feigneurs , Officiers , & autres Gens de Court : avec aucuns Epigrammes de
diverfes chofes qui fe font l la Court , conmie Tournois , Mommeries on
Mafcarades , Blafons & chofes (emblablcs. Item quelques Epigrammes aux
Villes. ^ ^ .
Le 2. les Epigrammes aux hommes doâes» comme Medecms , Poëtes 8c
autres, & mefmes i quelques ignorans*
Le j. Les Epigrammes aux Roines , Dames & Damoifelles de la Court s
& à quelques autres femmes notables, & d'autres de vik conditioq.
Le 4. Ses Amours d'Anne.
Le 5. Ses Amours de Diane.
Le 6. Ses Amours à diverfes Dames.
Le 7. Les Amours d'aucuns autres que de luy.
Le 8. Les Epigrammes à l'imitation de Martial : ayant follicité & fait ainfi
difpofer le tout à M. François Miziere Poitevin D, M. mon ami , qui
aimant la mémoire de TAuthcur & la confcrvation de fes oeuvres, jdus graves
&
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DE N Y O R T.
<S7
8c moins Iifcivcs, en a voulu prendre h peine ^ par manière de récréation &
relafche d'autres eftudes plus ferieufcs : s'eftant en outre efforcé d'amplifier
8c efclarcir une bonne partie des petits tiltres ou fufcriptions de chacun poc-
me ou fujet, par l'addition qu'il y a faite des circonftances convenables , à fça-
voir à qui, de qui , de quoy , en quel lieu , en quel temps » & Toccafîon
pourquoy , ils ont efté efcrits: voire autant qu'il l'a peu apprendre par Thiftoi-
re de ce tempsJà 9 Se par l'édition d'Efticflne Etolet de l'an i5'4}. & autres
précédentes 9 fcbn lefquelles ils ont efté reftituez , là où ils avoient efté oftés
^ quelques Imprimeurs , qui tronquent trop lùrdimeot les efcrits des Au»
theurs » & en oftent leurs Epiftres liminaires » ou Préfaces :, empefchans par là
que les Leâeurs ne comprennent plus aifément leur intention 9 avec Tordre 8c
procédure qu'ils tiennent en leurs livres 9 que prefque tousjours ils defcourrent
en leurs dites Préfaces ou Epiftres. Voilà ce que j'avois à te dire 9 ami Lec-
teur 9 fur l'ordre qu*on a gardé en la diipofition de ce livre. Invention (à
mon advis) que l'Autheur mefme ne reprouveroit. Ce que tu pourras en Û-
£uit trop mieux soufter9 que moy par paroles te le donner à cognoiftre. Et le
tout 9 bénin Leaeur 9 à ta confolation 9 pourveu que tu le prennes en auffi
bonne part , comme curieufcmcnt je t'y ai voulu coniphire. Et à Dieu : en
attendant le difcours de la vie dudit Marot que tu verras en peu de jours à la fin
de ce Livre. A Niort ce i. jour d'Odobre i jptf.
Tome IIL
Mmni
PKE-
iMJ
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.it*ffiÉiy*'
PREFACES.
PREFACE
DE
L'ADOLESCENCE CLEMENTINE,
§ijd fana four la fremiere fois
co If 30.
a
CLE ME NT M A R O T
A un grand nombre de frères qu^H a : tous en fans ^Apollo^
S A LU T.
E ne fçay,mes très-chcis Frères, qui m'a plus incita \ mettre ces QJ
miennes petites jeunefTes en lumière , ou vos continuelles prières 9
ou le defplaifîr , que j'ai eu d'en ouïr crier , & publier par les
rues une grande partie toute incorrede, mal imprima y & plus au
" profit du Libraire qu'à l'honneur de l'Auteur. Certainement
toutes les deux occaHons y ont fervi : mais plus celle de vos prières. Puis donc-
ques que vous eftes caufe de l'évidence de l'auvre ^ je fuis d'advis , s'il en
vient blafine, que la moitié en tombe fur vous : & s'il en fort (d'adventurc) ' \
honneiu'> ou louange , que vous ne moy n'y ayons rien^ mais celuy , à qui
feul eft deu honneur , & gloire. Ne vous chaille (mes frères) fi la courtoifie
des Lefteurs ne nous excufè 9 le tiltre du livre nous excufenu Ce font auvres
de jeun^ffe , ce font coups d'effay : ce n'eft en efFeâ autre chofe qu'un petit
Jardin , que je vous ay culdvé de ce > que j'ay peu recouvrer d'arbres, djier-
bes,
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XC
lâV9 JLXWib^
PREFACES.
bes, & fleurs de mon Printemps : Il où toutesfoîs ne verrez un feul
Soucie. Lifez hardiment , vous y trouverez quelque deleftation : &
tains endroits quelque peu de ftuit : peu dis-je y pource qu'arbres n
ent& ne produiiênt pas fruits de grande laveur. Et pource qu'il n'y î
où ne fe puiffe rencontrer quelque herbe nuifante , je vous fupplie (mv
& vous autres nobles Leâeurs) fi aucun mauvais exemple (d'aventure) en
lilant fe préfentoit à vos yeux , que vous luy fermiez toft la porte de vos vo-
bntez : & que k pis , qae vous tirerez de ceJLivre » foit paiTetemps. E{pc-
rant de brief vous faire offre de mieux : & pour arres de .ce mieux , desjà je
vous mets en veue , à la fin de TAdolefcence , ouvrage de meilleure trempe,
& de plus polie eftoflFe: maisTAdolefcence ira devant & la commencerons par
la première Eclogue des Buccoliques Virgilianes , tranflatée (certes) en grande
jeimelte : comme pourrez en plufieurs fortes cognoiftre : mefmement par les
couppes (*) femmines : que je n'obfervois encor alors : dont Jan le Maire
de Belges (en les m'apprenant) me rcprint. Et adieu fi:eres très-aymés : le-
quel ardemment je fupplie vous donner & continuer fa grâce* De Paris ce
douzieCne d'Aouft 1530.
(*) Les coupes féminines négligées par
Marot étoient Ve muet à la fin d'un mot , que
les poètes ne comptoient pas alors comme
Sylmyc, quand même il fuivoit une Confon-
ne , en voici les exemples tirez de la Terfîon
de la première Eglogue de Virgile donnée
par Marot, où la raute eft reftée en trois en-
droits; Mccomfagnêis d*Mfn0MUx (^ kreèUttts.
MccompMçtées devroit félon Ja règle être de
cinq SyUabes ; mais Marot ne l'a Mt que de
quatre, ce qui eft ime faute dans la vérifica-
tion, comme le poëtc l'avoue ici luy-méme.
Voici les deux autres Exemples i O Meliiéi,
Je vm eéje$mt enfant. O Meîibie » fUnte
Arhres k U ligne. Dans ces deux vers Meli-
bée oui n'eil que de trois Syllabes , devoit
être de quatre , ou h dernière devroit être
mangée pu* une voyelle » oomme dans ce
Vers de u même Eglogue , O MeUbée^ smi
cher e^ parfaif. Mais depuis le temps de
Marot 9 la verfification a été portée a une
exaâitude inconnue aux anciens poètes
François 5 & l'on n'y voit plus ce? négli-
gences , o& les novices même ne tom«
Sent pas. ,
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4^0
PREFACES.
PREFACE
De la Première Edition entière
D E
CLEMENTMAROT.
A LYON.
en If 38.
WBWB««rMmMfi«MMM»iM^^
tSaSKQBSS
CLEMENT MAROT
A Epeme Volet, SALUT, (i)
E tort , que m'ont fait ceux » qui par cy-dcvant ont im-
primé mes Oeuvres , eft fi grand, & fi outrageux » cher
Amy Dolet, qu'il a touché mon honneury& mis en dan-
ger ma perfonnc : car par avare convoitife de vendre plus
cher , & pluflx)ft ce qui fe Vendoit afTez y ont adjoufté à
icelles miennes œuvres plufieurs autres qui ne me font rien,
dont les unes font fix>idement & de mauvaifè grâce compo-
fées> mettant fur moi l'ignorance d'autrui ^ & les autres toutes pleines de fcan-
daït,
(i) En d'âtitres éditions » le Titre de cette tnifes cem/rts \ qntnt au refte.c'eft It même
Epitrc eft difFérent » 2c porte » CUment chofç , i quelques mots près qui ne finat
2d4rof i oéUx ^ui fur tj'devMf mt imfri' d'aucune conféquence.
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PREFACES.
46 1
dût , & fedition: de forte, qu'il n'a tenu à eux, que durant mon abfence, les.
ennemis de venu n'ayent gardé la France , & moi de jamais plus nous entre-
voir. Mais la grâce de Pieu par la bonté du Roy ( comme tu fçais ) y a
pourveu. Certes j*ofc dire fans mentir, toutesfois fans reproche, que de tous
ces miens Labeurs le profit leur en retourne. J'ai plante les arbres , il en
cueillent les fruits. J'ai traîné la charrue , ils enferrent la moiffon : 8c à
moi n'en revient qu'un peu d'eftime entre les hommes , lequel encor ils me
veulent efteindre , m'attribuant œuvres fortes , & fcandalelifes. Te ne fai
comment appeler cela, finon ingratitude > que je ne puis avoir deflcrvie : fî
ce n'eft par la faute que je fis , quand je leur donnai mes coppies. Or je
ne fuis feul , à qui ce bon tour a cfté faid. Si Alain Charrier vivoit,
croi hardiment , Ami , que volontiers me tiendroit compagnie à fiire plaine-
te de ceux de leur art qui à fes œuvres excellentes ajoufterent , La contre
Dame fans merci: tHoffkal d'Amms : La flainte de faint Valemin : & U
PaJhHrelle de Granfin : œuvres certes indignes de fon nom , & autant for-
ties de luy , comme de mou La complainte de la Bax/>che : l*jilphatet dn
temps prefint : ( I j tEpitaphe du Comte de Sales : & plufieurs autres lour-
deries , qu'on a rneflées en mes livres. ' Encores ne leur a fuflGl de faire
tort à moi feul , mais à plufieurs excellens Poètes de mon temps , defquek
les beaux ouvrages les Libraires ont joints avetques les miens , me fàifant
maugré moy , ufurpateur de l'honneur d'autrui. Ce que je n'ai peu favoir,
& louffrir tout enfemble. Si ai jette hors de mon Livre non feulement les
mauvaifes , mais les bonnes chofes , qui ne font à moi , ne de moi : me
contentant de celles, que noftre Mufe nous produit. Toutesfois au lieu des
chofes rçjeftée , afin que les Leâ^urs ne fe plaignent , fy ai mis douze fois
autant d'autres œuVref miennes , par cy-devant non imprimées : mefinement
deux livres d'Cpigrammes (2). Et après "avoir reveu 8^ le vjeil, & le nou-
veau , changé l'ordre du livre en mieux , & corrigé mille fortes de fautes
infinies procedans de l'Imprimerie , j'ai conclu t'envoyerje tout , afin que
fous le bel , & ample Privil^ , qui pour ta vertu méritoire t'a efté
oftroyé du Roi , tu le fices , en faveur de noftre amitié , r'miprimer non
feulement aînfi corred , que je le t'enyoye , mais encores mieux : qui te
fera facile , fi tu y veux mettre la diligence efgale à ton favoir. Si te prie
de tout mon cueur y voubir vacquer en ami > m'aydant à garder diligem-
ment
\
(1) Nous avons crû devoir ajouter les
principales de ces pièces à la Bn destoruvres
de Clément Marot : 8c l*on verra par l'im-
pertinence de celles qui font mauvaifes,
que Marot avoit trèis-grande raiiba de &
plaindre.
(2) Dans les Editions d*E(Henne Dolet de
if ;8. 8c celle de Gryphius de la même an*
née les Epigrammes de Marpt étoient divi-
nes en deux livres , le premier dédié l M.
de Chateaubriant r 8c le fécond à Anne ûl
Maitreilè i mais dans les Editions fui van tes
8c fur-tout dans celle de Nyort , ces Epi-
grammes (ont réduites en un fèul livre i 8c
c'ed aiofî que nous les donnons ici. Notre
Edition en contient plus de 190. au lieu que
celle de Doiet 8c de Grjphius n'en conte-
noient pas plus de x/8.
Mmm 3
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4^2r
PREFACES.
ment les Imprimeurs , & Libraires » que déformais ib n'y adjouftent rien
uns m'en advertir » & ils feront beaucoup pour eux. Car fi j'ai aucunes
œuvres à mettre en lumière , elles tombax>nt aflèz à temps en leurs mains»
' non ainfi par pièces , comme ils les recueillent çà & là , mais en belle for*
me de livre. D'avantage par telles leurs additions fe rompt tout l'ordre de
mes livres , qui tant m'a coufté à dreifer. Lequel ordre » doâe Dolet » &
vous autres Leâeurs débonnaires 9 j'ai voulu changer à cefte dernière re-
vue , mettant l'Adolefcence à part : & ce qui eft hors de l'Adolefcence,
tout en un : de forte que plus facilement » que paravant rencontrerez ce
que (1) voudrez lire. Et a ne le trouvez là, où il foufoit eftre » le trou-
verez en reng plus convenable. Vous advifant, que de tous les livres» qui
par cy-devant ont efté imprimez fous mon nom » j'advouë ceux-ci pour
les meilleurs »'plus amples & mieux ordonnez. Et defavouë les autres com-
me baftars » ou comme enfans gaftez. Efcrit à Lyon ce dernier jour de
Juillet , l'an mil cinq cens trente & huiâ.
(i) L'arrangeraent de cet premières
tions a été entieremeiit changé : Se IV
Edl- d'oavrages toutes les poè'fies de Marot, fins
tions a été entièrement changé : 8c l'on a y diftinguer TAdolelarxice « de la fiiite &
réduit ifldiâcremment iÎ0us une même fiiite du Recueil.
i^'^taagyy
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P^^&^J^^^^lÊt^^l^^^^^i
PREFACES
4<fj
m
PREFACE
DE L'EDITION DE LYON
PAR
DU ROCHER
en if4f.
iKeaaeaBeaaemeiaeÊeetaeaeeMeaiitafii^f^
L- I M P R ï ME U R
AU L E e T E y R.
Out ainfi f Aflay Leâear s que to^tc^Àrchiteâiire fans fa
difpoCtion rend moios {jeHe Ton Orthographe , tant bien
^cymmetriée foit-eUe : paigBUenient tout oeuvre tantdoâe
ou plaifant foit-il, ejjbapDde fa deduftion fruftré , fe mon-
ftre, &eft defaid > plus delplaiÊnt à tout Ledeur , que
agréable. Non que je vueille à aucun Autheur reftraindre
fâ liberté dedifoofer & ordonner fon labeur à fa voulenté:
ne auflî que je die , qu'en rçftcndant en fon ordre , il ne l'approche plus près
que un autre de celle perfedion , où tout ouvrier tafche (comme il doibt)
de parvenir le plus qu'il peult. yoyant donc la première édition de noftre
Marot avoir efté intitulée Adolefcence : aucuns des autres Opufcules depuis
par lui compofez , eftre appeliez Suyte : & autres, avoir autres noms : con-
iufément & fans aucun tiitre y comme un amas de diverfes pièces ^ & non
difFé-
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4<?4
PREFACE.
différentes : fans diftinguer les tranflatîons , des propres : les graves , des lé-
gères & ficétieufes : ne les prophanes , des religieufes. Et eftre au lifant
ime trop grande fàfcherie d'aller requérir une Epitre ou un Epîgramme , d'u-
ne partie en l'autre: Je t'ay bien voulu icv rendre chafcune chofe en meil-
leur ordre (fous la corrcftion & bon juimicnt toutesfbis de l'Autheur)
mais c'eft fans la feparcr de fon lieu » c'eu-à-dire y que combien que tu y
treuves Ballades , Chants Royaux i Chanfons , Epigrammes , Epitaphes ,
Epiftres 9 El^es » Dialogues » & autres oeuvres tant fiens , que pu* hiy
traduits pour ton foulagcment » rengez à part : neantmoins tu les trouveras
heftitucz , ceux de rAdo}efccnce , foubs le tiltre d'Adolefttnce : ceulx de
la Suyte > foubs le tiltre de Suyte : & ce qui eft oultre lefdits Adolefcence
& Suyte , foubs le tiltre de Recueil : entre lefquelz oeuvres en trouveras
auQi plufieurs autres dudit Marot qui n'ont jufques à prefent efté impri-
mez 9 defpartis pareillement & diib4buez chafcun en fon ordre. Invention
(à mon advb) que l'Autheur mefmcs ne reprouvera. Ce que tu pourras
en lifant trop mieux goufter 9 que moy par parolles le te donner à con-
gnoiftre : Et le tout , bening LeÀeur , i ta confolatioo , pourveu que tu
le prennes en aufli bonne part 9 comme curieuiîèment je t'y ai voulu com«
plaure. Et à Dieu.
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PREFACES.
4^5
H
PREFACE
DE L' EDITION DE LYON
PAR
JAN DE TOURNES,
en fj4j>.
L' IMPRIMEUR
AU LECTEUR BENI VOLE
SALUT
(A n'eft befoing 9 Ami Leâeur, que^vantage je te travaille les
oreilles à te ramentevoir en quel o||pe je t*avoi$ par 4pes pré*
cedentes éditions réduit toutes les œuvres de nofbe feu Marot.
Car tu as peu voir y conime cncores tu verras fuivamment le
fil, auquel j'ay cou^ la plus expediente facilité» que j'ay fçu
excepter , pour te foulager à rechercher laquelle , que tu voudras de tant
de diverfes pièces de Tes labeurs : que je croy que tu auras receu autant
rble , comme trouvé aifé à ta comnuxlité , à hquelle j'ay toujours taf-
de complaire* Et poiu* ce faire refequay tous ces injurieux tiltres « &
non gueres moms propres après fa mort , que par luy vivant ils furent to-
îerables fous l'efpenuice que chacun attendoit tousjours de luy quelque meil-
leur chofe 9 comme il euft toujours meilleure fur le meuriffement de fes ans»
. ToaB III. Nnn. s'il
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J^6€
PREFACES.
s'A cuft furvcfcu noftrc expeôation. Et mcfmcrocnt qu'en k filant en ccft
ordre nuemeot ^ ic &ns autit tibre , qu^ gen^ 9 je ne pourncHS faillir à hir
accroiftre fon autorité envers la pofterité , qui ne Paura peu cor^oiftre ac
face 9 comme elle le congnolflia perpétuellement <ile bora , & <ie vertu. Et
cuydois certainement (après que j'eus longtemps efcouté , fi rien efchapperoit
de la main de tant d' Amys fiens après {on décès ^ Se principalement de ceux^
2ui ne fe voudroient desrober une telle injure » que de luy celer aucune chofe
enne en (on abfence) avoir dos $ & plié k dîemier cayer de (es vertueulês
veilles, & par les derniers avoir planté but i tout efpoir de ne rien voir davan-
tage de hiy. Mais h curieuiè folîcitude de (es plus fidèles m'ha iàic arracher
cette colonne , que j*avois fich& fi afleurément au defefpoir d'un chacun > &
me l'ha fait tranfporter plus oultre. Car de tant m'eft bien advenu , que de^
puis peu de jours en ç) j'ay recouvert plufîeurs chofes de luy > kfquelks tu
)iigeras afTeiurément venues de fâ foi^, fi tu les daignes lire aux lieux, où j'ay
chacune colloquée fur k dernier de foa rang , ainiS que l'ordre cy-après k dé-
clarera » fi tu vçux^prendre la peine de conférer ks ordres des preTents aux der-
niers , que je te mys en avant. Et tout ce ay-je fait , à ceDe fin , que la dé-
légation d'icelles te puiffe efinouvoir à en rechercher d'autres fiennes pour les
mettre au nombre de celles-cy : & fi tu en ^gfteis davahture faifi de quelques-
unes, de ne vouloir eflre fi injurieux au défunt, & fi ingrat au monde de ks
priver tous deux enfembk d'un bien fi defirabk. Et de ma part, pour l'obli-
gation que je t'auray avec tout k rcfle du monde , j'esforceray davantage ce
défir , qu'en ce fàidinc tu allumeras en moy , de veiller tDusjours plus intenti-
vement à ton utilité, comme tu peux voir, que j'ay eftendu en l'honneur du
defunâ toute ma poffibilité à illuftrer (a Metamorphofè de figures aflfez joty-
ment taillées : pour le moins telks , que j'ay peu pour te animer , & fatisfitm
à vouloir cofX)nner l'oeuvre de toute affeâion , ainfi qu'il eft deu au mente de
l'AutheuTt & à ta deleâation. De Lyop œ xx. d'Aouft ^ 154p.
•ji^^m
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PREFACES.
46f
F R E F A C E
DE L' E D i T I a N DE LY O H
ï> A R.
GUILLAUME ROVILLE.
a rEfiu de rémfi,
en iff4.
AUX LECTEURS
SALUT.
^Ource, amis Ledeurs, que par cy^levant je vous avoîs baiT»
lé les oeuvres de Marot aflcz bien ordonnées & comparties^
chacune matière en Ton lieu > non félon ma feule opinion $
mais félon le jugement d'autres mieux entendus: &que j'ay
congneu que tel ordre a eftc bien reçu ; & auffi que plufieurs
autres l'ont fuivi , cela m'a donné courage d'eflàyer de mieux
feiret & prier les amis de l' Autheur de m'y aider : à l'un,
defquels me fuis adreffé, cxpîert & entendu en la Poëfie Françoife » pour avoir
advis de luy > lequel non feulement m'en a donné confeil j mais luy-même s'eft
offert, pour l'amitié qu'il avoit porté à l'Autheur , de m'aider à le revoir &
racouflrer de la forte 9 comme le pourrez voir en lifânt ;^ qui eft beaucoiip
Nnn a ' mieux
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40S
PREFACES.
mieux que par cy-dcvant : tant de l'orthographe que de la ponâiuation , & au-
tres chofes dictes d'cftre cmendées. Et outre j'ay recouvré , partie par fon
moyen , partie par autres , aucunes Epiftres , & Epîgrammes de TAutheur ,
lefquelz avons joindz avec les autres (ur la (m d'iceux » chacun en (on rang.
Auflr avons apperçu quelques Epigrammes fàiâit l Tîmitation et Martial , qui
eftoient meflei avec ceux de fon invention » comme celuy l Gfffrvj Bt^iflardy
à Beneflf à MerVm d$ SdimS GeUis^ k MmfU$tr Cé^elLmm , dt Aùmim e^ Je
Céifin^ (fes Poètes François k SmUI r kfquelz avons mis en feur rang avec ks
autres fàiâz aufli \ rimit:(tiQD de Martial , qui ont efté imprimez par cy-de-
vant \ port , & hors du corps des oeuvres : lefquelz tous enfêmble avons mis
incontinent après ks autres Epigrammes de fon invention. Combien qu'au«^
cuns pourroient par aventure àm qu'ils euflent mieux eW avec ï» Traduc-
tions : mais toutesfois au jugement de plufieurs , feront mieux en ceft endroit r
floêmes que ce n'eft point totalement traduâion, avec ce que font toutes matiè-
res plai(àntes » & prefque toutes d*une couleur & fuite. Nous avons pareille^
ment mis les Oraifens après les Pfeaumes» nous fembknt chofe plus convenante,
que d'edreau lieu où «ks eftoient par cy-(fcvant r auffi que la plufpwt fonr
trsrfuôfons. Vous trouverez le tranflat des deux premiers Livres de la Meta»^
morphofe orné de plufieurs belles figures appropriées félon que la Matière k re-
Îueroit. Nous avons ofté ks tiltrcs de l'Adolefcencev Suite Se Recueil, hors
u corps (fc Tceuvre, pour ne le trop chaîner , ic pour n'effre chofe trop ne*
ceflaire: fit le^ avons feulenïcnt laiiTez en la. table , pour fc contentement d'au-
cuns y qui fcroient , peult-eftre , curieux de fçtvoir le divers temps des com-
Efitions. Pourtant nous efperons que chacun denu>urra fàtisfidâ de notre petit
«ur y lequel prendrez en gré : en attendant d'autres Livres en^^ François que
bientoft verrez en lumière (Dieu aydantj dont k premier fera ks Dialogues de
Léon medico Hebrco , de la nature d'Amour , traduitz de l'Italien , fciquelz
vous donneront récréation* & contentement , pour la belk matière y contenue p
& non par cy-^devant traiâée en noftre Lai^;uc Fiançoife» £t adieiu
NI-
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4*»
NICOLAI BERALDI
In (démentis Maroti adokfemiam
I S T I C O N.
Sed tamen his ipfîs eft juveoile xti&iL
DISTICLUE
De Nicolas Beraud fur le Livre de
l'Âdoleicence de Clément Marot>
"EttiiÊttfar BrMf ois Mkfiere Poitevin. D. M.
■ Je h jeuneflè id (ont les jeax de Maiot » ^^
Mais dedaoi n'y a rien de jeune ni de fo^ ' ^
Nnn $
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B
470
p. B R I s s E T U s
Q
de Eodem.
U« caciaîr JvTOM^jaTeâîK mcnitr Manicnr (x)
Tdlantur qualis Mufà fenilis erit.
G. T O R I N u S
in Eumdem.
V
h lauros, cipriafqiie comas, cariteique iocoTque l
Inde bks etiâoi noiTe ? Mamtus hdkt.
N I- C o L A I
Borbonii Vandopeiani Foëtac
H le fiber ignaro domino volitare per oibem
Inque tuas, Leâor , gau(' "
t.x tus conjicito , quas fînt , & quai
Caetera, quas Authoris lima fevi
(i) Tiré de TEdition in 16. de Denis Janot 15
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bi?
47»
EPIGRAMME
De Nicolas Bourbonnois de Vandœuvre
au Leâeur,
^admt par le fafdk Mixkre.
GE Livre veut voler iàns le fceu de T Autheur
Par le- inonde» & fe mettre entre tes mains t Leâeur.
Par cettmr tu peux bien juger comme j'eftimç.
Que ce fera du refte y ayant mis la lime.
>ii
IDEM
K. Bcrhmius ai LeBarem.
S^pè quod infperfis nujgis fodaverac ^vSas •
Qgorumdam, ut huit haec candkbi feck pfrum :
En tibi, nunc Ledor, patriâ fomace recodsimj
Speâandumque novo lumine prodît opus.
Hic nihil eft, quod non fie dimaverît hsMMy
Et metuat Momi judiçis ont aîbiL ^
LE.
w.
y^^Ê^^s^Ê^^m^^^i^^à
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•sf,
47*-
Le mefine BOURBONOIS
au Leâeur,
Traduit par le fufdit Miziere.
DE ce qu'aucuns avoieot ofé fouiller ce Livre *'
D'efcrits fots, maintenant ' le voici tout délivre. *
Car cet Autheur l'ayant en fon -fourneau recuits
Ores d'un bel efclair tout nouveau il reluit.
Ni ayant rien dedans cette œuvre toute «itiere NSS
Q^ craigne d'un Momus la fentence févere*
~IM.
SALMONII MACRINI
Juliodunenjis HendecafylïaJn ad LcBarcm.
QUos tu tantopcre cxpetis , pr6ba(que,
^Demiranique ftilpes, aroice Leâor,
Clementi nid furpuifTet audax»
Maroto plagiarius libellos»
Eflfet copia nuUâ nunc legendi.
Proin (i pronnia danda lunt nnerenti,
Fraudâri luo honore fas nec ullum»
Ipfi gratii non habenda vati efl» .
Qlii iiobis fua durus invidebat :
Sed (un magis illa piiblicanti y
Hoc quem confpicis ordine ac paratu
Non ùri illepido , nec invenuito.
Si Authori cditio haud placet , quid ad me ?
Ipfis diim Ucttt frui Ubellisi J
Les
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475
Les Vers précedensj!fanjlatez par M. Antoine Macaiddy
de Nyort , Secrétaire dr Valet de Chambre du Roy
Bran fois premier de ce nom.
G Es Œuvres de Marot (ô gracieux Lcfteur)
Que tu défires tant, & plus encorcs prifes,
iflTent en tes mains, fi Cpour vrai) à 1* Auteur
Un larron ne les eût cauteleulement prifes.
Si donc pour mériter font récompenfes qujfes.
Et s'on ne doit fruftrer aucun de fon bienfàiât
Saches gré au larron, quelque chofe que lifes.
Et non pas à Marot de fon livre bien faiâ ,
Car il en fut ingrat. L'autre ce bien a fait:
Qu'en très-bon & bel ordre ï un chacun fe livre.
Si Marot s'encourrouffe, ou s'en fàfche (en cffed)
Je n'en donne un feftu, pourveu qu'ayons fon Livre.
VI-*
SALMONIUS MACRINUS
In démentis Maroti laudem. ^
OI Graecis Maro literis vacaffet,
j5f Magno par potuiflet effe Homero;
EÏkt fi Latias fecutus artes
Clemens Francîgenum decus Marotus,
^quaret dubio procul Maronem.
Scd primas Maro maluit Latino,
Quàm fermone pares habere Graeco.
Et noflter patrio Marotus ore
Princeps maluit effe , quàm Latinas
In lingus eloquio pares habere:
Huic ux Gallia debeat , quod ipfi
Hellas Meonids, Aufones Maroni.
ME IIL
Ooo
TRANS.
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^
474
i.in
TRANSLATION
Des Fers frccedens par Françcis Mkâere Poi&evm
V. M. à Nyart.
vn
^I Maro de la Grèce euft ks Lettres appris^
1^ Il euft peu efgaler Homère en fes efcnts.
Et fi Clément Marot » l'honneur de noftrc Fnncef
Euft appris des Latins les arts & la fcience»
Il euft làns point de doute efté rendu pareil
Au grand Maro Latin, comme un autre SokiL
Mais Maro aima mieux en (â Langue Latine
Tenir le premier rang , qu'en la Grecque doârine
Avoir un compagnon : noftre Marot aufli
En fon courage ardent » efpoint d'un beau fouci
D'illuftrer fon langage , aima mieux y efcrire »
Tenant le premier rang qu'on y euft peu esliity
Ope d'efcrue en Latin : par^là méritant bien »
Que la France luy face au moins autant de bien 9
D'eftre d'elle prîK de mefme courtoifie,
Qii'Homere de la Grèce 9 & Maro d'Aufbnie.
AUTREMENT
en Douze Vers.
Ol Maro de la Grèce euft appris le langage»
1^ Il euft peu efgaler Homère en fon ouvrage.
Et fi Clément Marot, Thonneur de nos François»
Euft bien appris les arts des Larins & leurs bix»
Il euft fans point de doute efté accomparable
Au grand Maro Latin. Mais c*eft un cas notable
Que Maro aima mieux qu'on luy attribuaft
Le premier lieu Latin > qu'on luy équiparaft
Aucun
^
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Aucun de tous les Grecs en la Langue Gr^eoife :
Auflî M2ux>t mérite en (à lai^e Françoiie»
De France cftre prifé de mefme courtoifie,
Qii'Homere de la Grèce 9 & Maro d'Italie.
471
A. G D I S T I C H O N.
a^
Uis canit hsc» rogitas? Maro fane eft ille Latinus2
Ah ! periit. Gallis imà revixit, adeft.
T R ANS L A TI O N
de François Miziere T). M. du T)ifiique précèdent fait s
la louange de la traduBion aue fit Clément Marot de la
première Eclogue de Vub. Virgile Maron.
^
Uiers tu qui chante ici ? C'eft ce Maro Latin.
Ha ! Il eft mort. Non eft : en France il vit fans fin>
'Revivant en Marot par un fatal» deftin.
M. A. TETRASTICHON.
Cur Maro à Latinis^ Gallis Marotus dicatur.
DTceris Aufoniâ Maro, Gallâ genre Marotus »
Impare laus impar nomine contegitur*
Majorem Auionio nam Galli te eiTe Marone
Auibnioque parem nomine reque putant.
Ooo %
Qmd
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47<?
^uod Maro non Marotus fit dicendum Lâtinis^
A. Gai. T^ecafticbon.
CiEfîa Cecropias dum PaOas linquertt arcds»
GaUonun caftas cum petitura domos»
Forte quidem Momus , quem Jupiter ethere fimmio
Depulerat, focium fe (àcit ipfe Deae.
At dùm obfervat pudibundx Vii^nis ora:
Aure micans , tacitus fiiigi^ verba notât,
nia Maron Graiis , Latiis Maro » quin Maroc ilk
Gallis, cum loquitur fufpiciolâ fonat. -
Miratur Momus > viâufbue cupidine fàndi:
Dicendum Latio eft i imô Marotus ait.
Cui Dea* Bnge Maron )am dicant , nonne Maronus?
Defîne fis, Momo M(»nus Athena fuo eft.
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■^^^^^S^^^Sm!7i^^&^i
s
AUTRES
PETITES PIECES,
Faites à rimitation de
CLEMENT MAROT,
o u
A SON SUJET.
Ooo 3
AU
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POESIES
D E
DIVERS AUTEURS.
I.
2)'«» qui voulait eftre Trejire. Par Germain Colin.
Uelqu'un defirant cftre preftre (i)
A l'Evefque fe prefenta ,
Qui lui dift , fi tu le veux eftre
^ot funt feptem facramenta ?
Ce mot bien fort l'épouventa ,
Très , dit-il , & l'Evefque , quas ?
Eft Jpes , fides & charitas.
Vrayment tu as bien répondu.
Greffier, qu'on defpefchc ion cas ,
D^e eft d'eftre preftre tondu.
(O Cette Epigrammc & les 19. fuivan- tant de Clément Marot, que des plus excd-
tesfwit tirées du Recueil intitulé, Tradudlions Icns Poètes de ce temps , in 16. Paris par
de Latin en François» Se inventions nouvelles Efticnne Croolkaa iff4.
IL "De
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1
^i^K
MfC
480
POESIES DE
IL
5D^ Frère Colin. Par Gcrmsdn Colia
FRere Colin confefleur de Noimettes,
Fin crocheteur de leurs péchez couverts >
Confefla tant l'une des plus jeunettes 5
Qu'à ion plaifîr la fit mettre à l'envers >
Leurs petits jeux fi furent defcôuverts
Tant qu'à l'Abbeffc on conta tout le fait.
Qui luy a diâ : mefchant , vilain infeâ:
As-tu ofe luy faire un tel outrage ?
Que pleuft à Dieu que tu me l'eufles fâiâ: ,
Ej qu'elle n'euft perdu fon pucelage.
Jï»^
III.
©^ Frère Jean & de la ^vieille. Par M. G.
UNe vieille un jour confeflôit
Ses ofFenfes à firere Jan ,
Et cette vieille ne ceflbit
De vefiir de crainte & d'ahan ,
Ce pauvre frerc difoit : bran
Vertu fang bieu, voicy merveille,
Defpêchez-vous , lors dift la vieille :
Confeillez-moy , mon Père en Dieu,
Parbiéu , dit-il , je te conieille
Aller veflir en autre lieu.
IV- "De
m
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S'rS^
DIVERS AUTEURS.
481
IV.
7)e frère Eubin. Par Lion Jamet
FRere Lubin revenant de la quefte
Avoit tout bcu & mang^ par la voye.
Quand fut venu » comme une pauvre befte
Tout le Couvent paiftre aux champs le renvoyé.
Frères, j'ai pris une tant belle proye
Dift-il (monftrant une garce couverte
D'un habit gris} brs tous remplis de joye.
Très-volontiers lui ont la porte ouverte.
V.
^'un Avocat & de fa femme , par S. Romard
UN bonmary> des meilleurs que l'on face
Venu de loing pluftoft qu'il ne devoit ,
Sa femme vid dormant de bonne grâce ^
Qui fbn teint frais fur la plume couvoit ,
Il y prend gouft, d'un ibafque fè pourvoit ,
U juche, il joue, elle le trouve doux.
Quand le bon Jan eut tiré fès grands coups,
Se démafqua , lors le cogneut la belle ,
Et qu'efl-cecy ? mon mary , ce difl-çlle ,
Je penfois bien que fuft autre que vous.
ToMB in.
Ppp
VL §lueU
irta
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4^1
POESIES DE
Éi
VL
^elle doit ejlre une êmye^ fris du Utin ^Aufme.
Sit mihi talis arnica velim
Jurgia qux temerè incipiat Ôqr.
Tar Lim Jamet.
JE ne veux point pour mon plaifîr
Femme qui foit par trop lubrique
Je ne veux point auflî choifir
Femme par trop chafte & pudique r
Car en l^amoureufc pratique
Toutes deux n'entendent point Part y
L'une trop toft veut qu'on la pique »
L'autre le veut faire trop tard
VII.
^*me Nonain enceinte > pris du latin de Mtcrimtr,
VeAali incefto cum plena tumefcerec alvu&
Objurgarac eam &c.
UNe Nonnain Bit eogroflëe »
Donc l'Abbeflè la blafma fort»
J'ay (dift celle qui fut tcncée}
De refiiler fait mon effort ,
Mais le ribauld fut le plus fort >
Qu'euflè-je fait ? Quoy > larronnefXè >
Qut
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s
DIVERS AUTEURS.
Que ne crias-tu ? dit l'Abeflè.
J'en fis i dift l'autre , conicience
Non fans caufc » noftre maiftreflèj
Car c'eftoit au lieu de filence.
VIII.
^'un qui aimûit une vieille. Par, B. Bw
CEIai qui vieille amye avoic
Se mit un jour à le luy faire
Le plus doucement qu'il pourôic
Guidant en ce poinâ lui complaire i
Qu'en la traitant (i doucement ^
Frapez , dit-elle y hardiment ^
Si voulez bien rompre le nœud y
Non , non ^ dit-il , tout bellement 9
Bois iec fè fend plus qu'on ne veut.
4^3
IX.
^^une jeune ejpaufée , par B. B.
L'Efpoufée à la nuit premiçre ,
I Son mary deflus elle eftant >
Remûoit fort bien le derrière ,
Et puis difoit en s'esbatant >
Mon doux amy > que j'aime tant y
Fais-je pas bien en cette forte ?
Le mary oyant telle note
Ppp 2
Réf.
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I E S
Reipond (comme de dueil c(pris}
Oûy que le grand diable emporte
Ceux qui tant tous en ont af^ris.
X.
^'un Curé igfMre. Par B. B.
UN Curé plein de malice & feindfè
Prefchanc aux fiais un jour de Trinité ,
Vit un bon firere ayant la robe grifè.
Dont tel éxemfde a ibudain recité:
Peuple 5 dit-il ^ ce Moyne en vérité
Vous monfhe à Tocil qudque trine figure;
n (èmble un afhe à (a grife vefture.
Son froc démonftre un fiJ e(cervelé9
D'un larron porte auiE la l%ature ,
Et n'eft pourtant qu^un vieux caphard pelé;
XL
1^'Aîix. Par L. M.
ALix me jure fermement
Qiie point elle ne s'abandonne
Qu'à fès amys tant (èulcmcnt,
Je le croy : car elle eft fi bonne
(Et m'en rapporte à fon ferment^
Qu'au monde elle ne hayt perfbnne;
XIL 2)/.
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mm,
DIVERS AUTEURS.
485
XI L
Sixain de Lion Jametj à Marot quelque temps après qtCil
eut veu le grand Epitaphe et Alix qai commence.
Cy gift qui cft une grancT perte
En culetis &c
DEdans Paris fort bien Ton te menace
D'avoir elcrit Alix fi très-Iubriquc>
Qu'il n'y a cul > fuft-il ferré à glace
Qui ne gliflaft fur lit > pavé > ou brique r
Ce n'eft raifbn que ta plume s'applique
A exercer ton ftile en tel langage
Qui, fans mentir > aux Danws fait outrage ,.
Car |e fujet de fi très près leur touche
Qu'il n'y a celle (y compris la plus fage}
A qui (budain l'eau n'en vint à la bouche.
XIII.
Epitaphe de feu Clément Marot y dit le Maro de France y
^ par M. G.
MA naiflance fut de. Cahors ,
France me nourrit en fa court :
La Savoye retient mon corps ,
Mon nom par tout le monde court.
XIV. Au^
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48^
POESIES DE
XIV.
Autre péir M&njienr du Vél Evefque de Séez.
POurquoy le corps du Poëtc de France
' Sans épitaphe eft cy tant demeuré ?
Ayant plufîeurs de ià noble icience
Les uns inftruic , les autres décoré :
La raifbn eft > chafcun a difièré
D'en compofer > craignans lui faire tort y
Et trop peu dire : auilî qu'après fa mort
Tant eft cogneu Marot & près & loing
Par fès efcrits (où nulle mort ne mord}
Qu'il n'a point d'autre Epitaphe beibing.
XV.
Autre , par f oint Romard.
CE Marot mort vîx, plus qu'il ne vivoit.
Et fi efl mort fans que plus il révive ^
Vif par fes vers , que vivant efcrivoit :
Mort, ne laiflant vif qui fi bien efcrive.
Mais s'il avient qu'on l'exprime & enfuive>
Pour une mort, triple vie il aura
Vif au tiers Ciel où pour jamais fcnu
Vif entre nous par mémoire étemelle ,
Mais bien plus vif, quand d'une veine telle
Si poflîble efl , autre plume efcrira.
XVL "De
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DIVERS AUTEURS.
4«7
xvt
^e la refponfe de Margot Noirm à un gentilhomme qm a^
voit couché avec elle. Par A. V.
Quelque mignoi> , en prenant congé d'une
^ Qui luy avoit la nuit prefté fon cas ,
Mille mercis , dift-il , ma gente brune ^
Logé m'avez au large hault & bas:
Elle feignit n'entendre tels esbats
Jufques à tant qu^il eut garny la main y
Pardonnez-moy , car je ne penfbis pas
Dit-elle alors, qu'euffiez fi petit train.
XVIL
Balade au nom de C. Marot contre Sagotf.
JE vy n'aguere uit des plus beaux combats Ci)
Qu'il eft poâibJe , & vault bien qu'on le fçache:
Un milan vit un chat dormant en bas ,
Si fond fur luy , & du poil luy arraches,
Le chat s'éveille » & au milan s'attache
Si vivement , & Teftraint fi très-fort»
Que le Milan fàiiànt tout fon effort
De s'envoler > iè tint près à la priiè>
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488 POESIES DE
Lors mé ibuvinc d'un qui a fait le fort
Qui (a force a par ion dommage apprife.
Je laide aux grands parler de grans debatSj
Je fçais très-bien où mon ibulier me marche »
Et ne veux point que fous mon ftile bas
Il ibit penfë que riens de grand je cache ^
Ce que j'entens n'eft finon qu'il me fâche
Qu'en ce tems-qr» où nous avons renfort
Du vif efprit qui donne réconfort
Aux bonnes arts , que le commun defprife »
Un fbt buzart le molefte à grand tort
Qui fa force a par fbn dommage apprife.
Pour ce coup-cy fon nom n'efcriray pas
Ce m'eft afièz qu'on l'entende à fa tache 1
Mais yen avant il fait jamais un pas
Qu'il ne s'eftonne après fî on lui lafche
Deux mille traits dont le moindre & plus lafche
(£>e Licambés teint au fang noir & ord}
L'ira <|uerir iufques de dedans fon fort ;
Pourtant qu'il prenne avis fur l'entreprifè^
Du fol Milan volant pour chat qui dort $
Qui fà force a par fbn dommage apprife.
Prince un bon coeur guère ne poing ne mord >
Mais les poignans hayt jufques à la mort
Et l'envieux , s'il peult 9 nuifl en furprife $
Dont cette envie à la fin le remord j
Q^ fa force a par fon dommagç apjMÎfê.
xvni. Imi.
'Ù^
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DIVERS AUTEURS.
4^9
XVIIL
Jmitatim d'un Epigramme de Thamas Morus. Par Marc
Antoine de Muret.
Quelqu'un voulant plaifanter un petit,
^ Difoit un jour à une non fbtarde ,
De vous baifer j'aurois grand appétit,
Mais voftrc nez, qui eft fi long, m'en garde :
La Dame alors viveihent le regarde :
Puis dît, Monlîeur, pour fi peu ne tenez.
Car fi cela feulement vous retarde ,
J'ay bien pour vous un vifage fans nez-
XIX.
*D'un Cordelier & de fm bofiefe,
UN Cordelier gagcoit à fôn hofteffè
Qp'il luy feroit douze fois une nuic,
Marché fut fait, la partie fe dreflè ,
Ce Cordelier marquoit decraye au lit.
Et en marquant, voilà, dit-il, font huit:
Quoy, dit 4'hofteflè, eft-ce (frater) bien feit
De marquer huit quand ce ne font que fept,
Corbieu, dit-il, je n*ay d'un poinft paflë.
Bien bien, dit-cl' vous vous fentéz laflé,
Ainfi cuydez la befognc avancer.
Tome IH. Qqq
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•as.
4i» fOEi. DE DIVERS AUTEUK.S.
Moy , Tertutneu t voflà tout efiàoé,
Sm hênk it cd-r c*efi i fâcommtaoer*
XX.
^^ime gfojfe Garce qui feignait e/he gr^e i^enfék
F* Sa&M RottiaMi {if ^
ALix qui Iba Tcnere portait
Enflé dr neuf mois & icpt joui^p
Et mal à la iliaiy icntoîr »
Fak appdler à ion (ècouiv
La fàige femmes & force tour»
De langjes & drapeaulx apfKefte ».
Comme femme cTaccoucher prefte;
QkiaAd ta Saigr femme- approch» »
Levant une cuif& dépite >
Son fêffier larg^ elle" îadia>
En criant Sainte Marguerite :
De qwm gros pets accoudu^
(OUi'ea tsovTctaesttdlkdaMkpolIfiètdê II^dc^i^GJ^
POE.
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£kO
g
tn^
POESIES
N O U V E LLES
Pour les deux premiers Tomes
DES
OEUVRES
D E
CLEMENT MAROT.
Qgq 1
^
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it^
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4!>S
XII.
O P U s C U L E
DOULEUR ET VOLUPTÉ, (i)
^Oeil abbaiflë fur face exténuée,
Sur front fèraia pluvieuie nuép ,
En bouche vive , une parolle morte » ]
Trifte regard , qui maintz aifes comporte-
Le promener en penfer conibmmé^
Rude & haftif plus que Taccoultumé ,
. Telz apparens & autres aceidens,
M'avoient tenus certain de la douleur t
Que promcftoit voftre pafle couleur.
Grande elle étoit , mais ne fut que demye.
Quand je la fceu , car vous eftes m'amye :
Et comme eft vray que nos cueurs ne font qu'un ^
Ainfi de nous bien & mal eft commun» Si
tique François & du Quintil Horatiari in \S,
Lyon wbr Jean Tcmppral if f i . il cflr FF. no.
907 . de cette Ribliotneque. Ce recueil ne con-
tient guère» autre cholè que des poèïles de
Marot te de fi>n amj Saint Gelais. Je n'ofb
ailùrer néanmoins que cette pièce ibit vérita-
blement de Clément Marot quoi qu'elle lui
fbit attribué dans des notes manu^rites d'an
ûvant fur qudqpcs pocûesde Marot, lesquel-
les font entre mes mains. Mais lérecueijd'où
je Vti tirée 1 ne la lui attribue poiilt, D'aik
leurs cette pièce eft pafiàble Se contient quel-
ques bonnes pen(ees.
( I ) Ce petit Traité ne & trouve en aucune
édition de Clément Marot , il iè voit (èule-
ment , au moins de ma connoifïànce , dans
un petit recueil intitulé > Recueil de vraye Pâë-
pê FrMnfoifi frinfi de flufieurs Poètes in \6. Vt^-
vis » thet^ Denis yan9t 1 5*44 . au folio 1 1 . ver-
£0, Ce petit recueil a été réimprimé {bus- le
titre fuivant. Recueil de fo'éfie Franfoije fr'mfe
de flsifieurs poètes les plus excelUm de ce règne
in 16. Lyon chez Je^n Ttmfor/U 1 ffo. au fo-
lio 17. reâo. Cette dernière édition ne cen-
rienr que 48. feuillets 6c fe trouve dans la Bi-
bliothèque de TAbbaye de St. Germain des
?TCL » elle 7 eft reliée à la fin de Part poëtl-
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o#
OPUSCULE
fii ?oi» ifettfficae hkiiii inalj je confcas»
Qu^incondnent mon cueur en foie chaigé
De la moitié > & le voftre Mlegé.
Ainfi Êdfant de vray amy devoir ,
Je croyie tnH 911e tom pcaJâz si^ow
£n vûàé cÛK Jic dtux pares tmoindie »
Que le malheur gu*en lettre vQuIez jpiiaàxs :
Car fi.de joye enfemUe jouîi&ns^
Oeft bien raifbn que Temiuy partifibns.
Et de douleur i4galomftnt ipame j
De vos jdeux psoRs 1» (plus ffsmàc eft jiprcîe
Me l^(cvtpvaQi;> Je jg^y ^ qui tounoqnte»
£t coiame dueil dimionë pu augmente^
Tenez nVqiw ^w jTur jinogr ripute >flurée„
Que la douleur qui vous eft demouréC)
N*eft rien au prix .de ce qu'elle euft ede»
Si mon cueur in'^uft le voftse fupporté.
Vous me direz ce iqpc dbe -iavfiz 1
Quant Qu^pbiiîr ou pitHertooips .ave?;^)
Que le deentcr peu: aiaour que vqms cuftqs,
£ft de [plus gcaod ,iqM€ jamais vqus r^çeudos»
Semblablemeot quand p«i de iqal icatçj^
Non feulement vous en mécontentez »
Et ne youlez ni confèil ni raifon :
'IVdfais le mettez liorsde comparaifiuL
Il ne ^ous fuit jii Tun» 411 l'aune croire :
Car cela vient de récente mempire >
(j^i peut tromper en aife & en tourment,
(De tout amant le dcceu jugement »
Et ^ue toujours le .bien ou ie jial penfe >
X4
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Dt CL, M A R OT^ 4,j
Tel en gnndeuc €f£'à dt en Samaxatooct
Or foie l'eicdpt que de lannes bornez
Vray» & l'ennu^ ftxic tel <^ le paigpcskr
Nul mal ne icMC veu au noftee ièa^labla y
Je le vous veux pcoiiiver plus coaiblaUs»
En voftre endroit mis à l'exttemicé.
Que s^il eftoiie réduit i l'équité »
En vous menftraot (ùioa couftume mettaty
Les vericez écSbv^ fable zad/aoc^
On die qu*eftane Jupites dis loyfie
Avecques Von\ tout vojrans , lèe«s dio^r.
En ce bas lieu deux E)iimë& ûapfiideates ,
D'orribie» eriz fi hMilcemeac teuf aiite» ,
Que rerpeflèw du Gid ti» fot fbndue^
Et leur q^ieretle em Can oefiMi enccaldiMb
• L'une monftroic à ià méktalGolie
Eftre douleur, parente de Follie *
Pleines de pleur» t & de paroles dxum^p
Se reflènfauM de (ks^kfK» k^isSb
Et de collere efeumMue inicée;'
Volupté , l'autre eftok pluft afleâiéé »
Ufant de cry, ceaMM; de flMtf<|jeiit»
Qui redoiri>loit à- doulears i» Sasio,
Leur covrramt fte tant vil» & scdit»
Que Jupiter vert dles ddlêeadifc
Luy arrivé > doaiScm» ^tfkmpa :
Mais tout« deiDc „ paff le pdit «o^ig^ff
Et unir )e* jfoneoA» befte».
Si fort les feit ttimdoaoct des' Mikl >
Qu'oncques depoiiiy de htm^ ne cefiireili»
Là les cheveux fi biea s^tAaelattttwat»
Oîi-eft.
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TJ!^^
O PU se U L É
Qu'cncorcs font mcflécs leurs racines ,
Et des deux chefz y les fommitez voîfînes :
Pour nous monftrer, quand par injure ou faute.
Une douleur (è fait (èntir (i haulte ,
Que plus ne peut par nature monter ,
Qu'il faut fon cueur de conftance dompter ^
Luy promettant fi bien peu Içâit attendre ,
Que fon mal doibt en volupté defcendrc.
Et comme aurons contrainâ: noftre vouloir »
A endurer » & ne (e trop douloir ^
Semblablement la fable fkult ouyr ,
Qui nous défend de trop nous resjouyr 9
Quand au plus haut de volupté nous fommes.
Ces deux Tyrans, fur la vie des hommes,
Tousjours ont heu & aurons grand puiilancei
Il nous les faut vaincre de diligence ,
D'induftrieux & pénible artifice ,
En tous les deux eft requis l'exercice ,
Qui ne veut point en grand douleur tomber.
Ou y tombant , jamais n'y fuccumber,
Ëfiayer faut les peines douloureufes.
Les loix des Grecz faiges & vertiieulcs ,
De déshonneur les jeunes accufoient ,
Quand au travail , *ou douleur r^cufcMent ^ ,
Et les parens , qui leurs en (ans aymoient ,
A fouffrir mal tous les accoufhimoieot i
Les paflc-temps entre-eulx n'eftoient loyfibles,
S'ilz ne fembloient dangereux , ou pénibles >
Et la Raifon , de telle loy mailhefle ,
Eftoit , qu'ayant accoufhimé jeuneflc ,
A fouftenir le travail volontaire ,
La
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DE CL. M A R O T,
La rendoit forte & prompte au neceflàire.
Si rcpoulfèr failloit fes enncmys,
Ou inhumer les corps de leurs amys :
Le long ufaigc & dure accouftumance ,
Armoient leur cœur de telle patience, .
Que d'autre avoient , & d*eux-mefmes viftoirc ^
Ce qu'il ne faut tenir à peu de gloire.
Laifibns les Créez, venons à vous apprendre >
Ce qui vous peut viftorieufe rendre
De grand douleui^ , car quand à la penféci
Penfer la faut petite ou efiàcée.
Je dis que quand les peines fe préfcritent.
Bien que voz cœurs foibles s'en mefcontentent.
Que ne devez pourtant les éviter.
Mais prendre en jeu , & vous cxerciter j
Ayant regard aux pires adventures.
Que le préfent vous fait juger futures.
Quand un Mary , qui d'ennuyer ne cefle.
S'en va dehors , & liberté vous laiflè ,
Ceft un grand mal , mais fî vous l'endurez,
Et voftre efprit en abfcnce afieurez ,
Ce que penfèz , malheur vous fcrvira :
Lorfque l'ennuy pour jamais s^cn yra ,
Plus ayfëment fà mort fupporterez ,
Ne point en pleurs, le temps confbmmerez.
Qu'à faut donner fans joye, & fans tourment ,
Au condudteur de voftre entendement.
Nous ne devons prétendre en tous propos.
Que d'acquérir aux efperitz repos.
Ce que forions, fî ces deux pallions >
SubtiUement vaincre nous efFcMrdons.
Tome IIL Rrr
4*7
Quand
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49$ OPUSCULE
Quand à doukur» ce que j'ày dit Aiffife t
Si nous craignons que volupté ckilruyiê
Le bon de nous > & le plus précieux ^
Vaincre nous £aic Cupido l'ocieux ,
Par un louable £c plaiiant exercice j
Suyv^ns pluftoft Nature^ que malice r
De volupté, la plus grand paflion^
£ft de Tamour la perturbationr
Afin qu^un corar, en foit vainqueur Se mai^w
D fàult fa fib , & fès moyens cognoiftre^
Si n'en avez entière cognoiflance.
Sçachez de mpy 9 qu'on le painâ: en enfknce^
Plein de douceur, & fier en (à vieilIe/Ie ,
Et que du trzxGt premier y qui nous adceffi^i.
Viennent fodsa ^ envies êc defirs ^
Soufïrant baifërs , appnxfaes- & [Jaiârsr
Que ne devez à Tamy refufcr j
Mais prendre en jeu> non pour en abuierr
Ne pour le temps en joye ccmionmer^
Ains feulement pour vc»is acouftumer j.
A trop d'amour jamais ne fiiccumber.
Un bon lutteur k laide bien tomber
Aucunes fois , fbubz moins puiiiânt que luy 9»
Pour efpnouver que peut Êiire ceUuy»
Contre lequd> pour Tlionneur, faut combattiCji
S'il luy advient forame de J'Sabaltre.
Faignons qu'Amour ^ de ooz pbùfirs auâmr y
£n (on jeune aagc, apprend d'eftœ hiteenc*.
Vaut-il pas mieux avecques fay lutter ^
Et la douceur de l'eniance goufter ?
Quand Tabattu ne peut tomber de hautji
Que
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DE CL. MAROT.
Qoe de fe mettre en danger d'un grand fautf
Qu'il donneroit fa vieilleflè venue,
A (jui ferok fà nize, non cc^neuë.
C'cft abbateur coutesfoîs que je dj ,
Combien qu'il fbit ûaCf vieillard eftourdfi
Si n'efl:-il pas rapporteur de nudaifei
Impoffible eft que ^and plaifir defplaife.
On le dit fier, pour faire à telle entendre»
Qui fè voudra cx>ntre Tamour c^fendre ,
Et qui n'aura fan cœur exercité,
Ains les efFors de jcuncfle évité,
Que ce vieillard, en meur âge viendra.
Ou tellement l'tncxpcrte prendra ,
Que l'cfperit, qui eft la part meilleure.
Et qui en nous^ pour gouverner demeure,
D'ayfe farpris & troublé fcrvira,
La volupté , qui depuis conduyra ,
Ses aftions , fans aulcun jugement ,
Il en advient aux amys aukrement :
S*ilz ont fuivy ^amoureux exercice ,
En eulx fè garde une grande ^pftice $
Ce qu'appartient à un chafcun ilz rendent.
A Dieu l'efprit , & pource qu'ilz entendent ,
Que le corps n'eft que terre , en chair réduite,
Donnent au corps d'amy , qui le mérite.
Rien ne leur peut trop amour defguifèr ,
Suyvant le bien , & ce qu'il faut prifèr.
Et d'autant plus que l'efperit repofe.
Nommer heureux en malheur je les été.
Pour acquérir le repos que je loue ,
Faut qu'un chafcun de volupté fc joue. *
Rrr 2
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joo
OPUSCULE
Puis que Phomme eft nooimé le jeu des Dieuz^
Jouer fe doit à jeu non odieux
A fbn fadeur^ qu'il voie comme il doit eftre
Aymé fur tous, & recogneu pour maiftre.
Ce que jamais de celluy ne ièroic»
Qui en amour ne s*exerciteroic :
Car n*aymant rien, on vient à tant grever»
Qu'on ne veut Dieu» ne Tamour eftimer^
Ne point du tout, ou trop aymer eft vice.
Mais s'en jouer , & prendre en exercice»
Ce font vertuz & médiocritez »
Fuyr ne faut que les extremitez.
Efbe trop belle» eftre trop pourfùyvie.
De Ces beautez engendrer trop d'envie.
Nous avons veu qu'à plufieurs a peu nuyre:
Hélène Grecque , en fçauroit trop bien dire :
De vouloir trop eftre aymée & heureulc,
Demander faut à juno querelleufè »
Au temps paflc ce qu'il luy en advint ,
Quand Jupiter trop bon mary devint.
Elle prenant à deshonneur & honte »
Qu'on tint fi peu de fa richeflc compte.
Sachant aflèz » & ne fè voulant taire,
Que fon mary eut le bruid d'adultaire :
Sfes foufpeçons à Venus defcouvrit ,
Et les fccretz de fon couraigc ouvrit.
Laquelle ayant de telle amour pitié »
Lairtant à part la vieille inimitié ,
La repara de fa chère ceinture ,
Où mainte grâce eftoit en pourtraiûure.
Lors Jupiter qui point ne s'en doubtoit ,
Et
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:*i
DE CL. MAROT
$o
Et qui Juno» comme femme traiâ:oit,
Venant des lieux dont il eftoit mefcreUf
De retourner fatisfait & rccrcu.
Luy arrivé la rencontra lî belle ,
En fi bon point , fi peu femblant à elle , ;
Que fans penfer au terreftre plaifir ,
Y accourut en fi prcflë defir,
-Que la baifant , & voulant s'advancer ,
Paracheva , devant que commencer ,
Et laifla cheoir la liqueur de Venus,
Dont les fleurs font en nos jardins venus- ^
Le demourant vous pourroit ofïenfer ,
Je vous lairray tant feulement penfer ,
Si volupté, fut proche de douleur >
Ou fi Juno, changea point de couleur ,
Quand au prih-temps les fleurs fe préfentoient»
Qui au dcfpens d'elle, faides efloient :
Ou scelle fut fur la terre ennuyeufe ,
Qui euft receu graine fi firuftueufe.
Que fi la Lune en amour confbmmée.
Auparavant fe fuft accouftumée ,
A peu de dueil & peu de volupté,
La fable au Ciel d'elle n*euft pas efté ^
Telle qu'elle eft : faute d'acouftumance ,
La feit tomber en fi grand ignorance, [
Que préfumant par beauté empruntée ,
De Jupiter efl:re la mieux traiftée ,
Et dcfirant plus qu'il ne luy failloit,^
Perdit le bien du trop qu'elle vouloit.
Par ceft exemple , ô amye évitez
Telle ignorance, & vous exercitez.
Rrr 3 CHANT XXIH.
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fbi CHANT ROYAL
XXIII.
CHANT ROYAL (ï)
N*Eft-il fafcheuxici longuement vivre?
Je dis aux bons , que rieù qu'affliftion
N'y trouveront : car ccluy qui veut fuivi«
La pieté > grand peribcucion
Luy fault fouffrir, & avoir patience ,
Mieulx donc luy vault en faine cônicience
Comme ùinGt Paul , dcfîrer de partir
De ce vil corps , ou vcit certe martir ,
Son ame au Ciel avecques Dieu ravye :
Car i ceftuy pour fon dueil reflbrtir ,
La itaort eft fin & principe de vie.
O le bon gain de mort qui nôitt âd&^rt
Tout à un coup de tribulaticA !
Lequel devenu dilîgeiftflicAt pôurfiiyv»^
Si nous fions en Gbtift fans fiabn
Viftorîeux par fa mort & puifl&àcc
De mort d'enfer y & péché fans dôubtance^
Mort ne fcrvant au jufte, que partir {i)
L'efprit du corps , & falut itapaftir : (3)
Qui de rechef m^gré ôiortèUe envie >
Vî-
(1) Peu t'en cft fallu que je n'avé <bMé
cette pièce qui manque ea plufîeurs éditioiw,
te que j'ai trouvée dans une Edition de tûrk
in 16. if46.au dos Bruneau, Scdanstmeautre
chci Guillaume Thibout ifj^S, partie a. fo-
lio Sf. Elle iè trouve wfll dans l'Edition de
Moetjcns in la. àla Haye 1700, Tome a.
pag. 7}o. On voit bien que cette pièce eft
faite âàti* k téiafs (fit Mafoè fltv6it«i«ibrafré
la nouvelle Religion » de l'on iènt par la mé-
diocrité de cette pièce qile k mfent de Marot
étoit de trater de .matières jojeitièt ^ non
de ps^ler d& fùjéts ât déVotW
{%) Fdrtir.2 Séparer.
(3) Imfétrtir.} Accorder.
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8
D E CL M A R OT.
Vivx^ revient} car pour etf avertir^
La mort eft fin & principe de vie.
Mais auac pécheurs Foulaac ptché eo&ÊpWf
Malc e(t U mort qui ûât damnation : (i}
Gardons pourtant ^'aucun de nous pe <*yviie
D'jhumainf phdfics y & «ibiolucion ,
Venant après malheur & de^bûfancc
Qui donc fage eft , il iâce ponitence y
Et d'humWe cueur fe nieillc convertir
Sans plus pécher ne Jamais divertir :
Car mauldit eft qui de grâce dévie : ^ly
Mais à cduy qui s'en veult aflbrtir ,
La mort eft fin & principe de vie.
Prenons pourtant ùais dan^ lie fàint livre
De Jefus-Chrift pour noftre inftruâion
Entre les mains : car au pois de la livre
Un monde vault <{e reprob$rà(Mi.
Là nous oyrrons icelle ii^Tience
Le filz de Dieu fè diiànt & fubftance ,. ^
Qui vivre fûSt & au Cid revertir
L'homme à tousjourS) fans jamais départir i-
Qui pv tdz moa: éoé<^BKnt no»s convie
Croire «p*»» &em, qu'il flc 'mHt rnhyertir» ^
La mort eH 6» Sç poocipe de vie.
CcHe njorr doixc , qui fâift ainfi j^vxe
Après mourir pour reiblution j
f*l
N%ff
MBBaBMBSWtBa»
y
(t) Mait t/i U mon.'] Pàor nwvaUè cftla. SM*rt.
(a) DtvifJi S'écarte, s'éloigne.
és^
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504 RONDEAUX
N'cft qu'uii dormir , que chafcun doibt confayrrc.
Comme diOt eft en ma narratioiL
Corrigé foit pourtant Taccouftamance
Faindant la mort pleine de malveillance:
Tenant mi dard ^ femblant tout neandr: (i}
Ce qui n*eft pasj car qui fe fçait ibrtir
De Foy vers Dieu, au prochain aflèrvie>
Au ciel tendant, au Seigneur reflbrtir: «
La mort eft fin & (MÎncipe de vie.
E N V O Y.
Prince haultain pour du propos fbrtir (2)
A qui Dieu plaifl: , cil & chair amortie
Eftudira par prudente partie,
El que nul n'ait le voulant pervertir,
La mort & fin & principe de vie.
LXXL
Rêndeau des Barbiers. (3)
POvres Barbiers, bien eftes morfbnduz,
De veoir ainfi Gentilzhommes tonduz.
Et porter barbe, or advifez comment
Vous
5^
(0 niMthrl Pour anéantir
(1) Vnncê hêuU^m\ Pour Prince trè*-
haut.
(j) Ce Rondeau cft tiré du même recueil
Que le petit traité cy-defTus. U a été feit par
Clément Marot ou par quelque autre poète tre la barbe. Ceft a
de fi>n temps lorique François I. ayant^ été
bleffê à la t€te à la bataille de Marignan Tan
i^if. fc fit couper les cheveux j toute la
Cour voulut imiter le Roy. Mais en recom-
peniè, pour ne nen oerdre, on fè laii& croî-
tre Ifl KapK^ rvft \ quoi le Rondeau fait
^
WC
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DECL. MAROT.
Vous gaignerez, car tout premièrement.
Tondre & peigner ce font cas defenduz -
De Teftonner on n'en parlera plus, (i^
Gardez cizeaux & rafbuers efmouluz:
Car déformais vous faut rivrc autrement}
Povres Barbiers.
J'en ai pitié: car plus Comtes ne Ducz
Ne peignerez } mais comme gens perduz.
Vous en irez befegner chaudement, (i)
En quelque Eftuve, & là gaillardement.
Tondre maujoinâ ou rafèr Priapus. (3}
Povres Barbiers.
50 s
E
LXXII.
yiufre Rondeau. (4}
N beau papier je içay tant bien figner.
S'il vous plaiibit, monfeigneur, me finer (f)
Un
aSufion. Cet oûge s'eft conicnré depub jufr
qa'tu règne de Louis XIII. auili depuis ce
temps-là les Barbiers ont repris faveur. Por*
ter une longue barbe c'étoit donc ibus Fran-
çcMS I. k maroue d'un petit maitre ou d'un
courti&n a£(èâé. Ceft pourquoi le Parlement
de Paris ne voulut pas Pan i/j6. admettre a
faudiance François Olivier maître des Requê-
tes s'il ne fàiibit «upai^vant couper ùl longue
barbe: avant François I. les portraits que
nous avons de Charles VL Charles VII.
Louis XI. Charles VIIÏ. 8c Louis XU. nous
les rejvefentent avec des cheveux à demi
longs & barbe rafëe.
(i)I>/ffflNMr] Recevoir des Teftonsr mon-
noie alors en uâ^.
Tome. m.
(x) Les Baibiers dès lors avoknt des bains
8c Eftuves» comme ils ont encore aujour-
d'huy le droit d'en avoir.
(|) MéHJoinB, Ou joignant mai, eft pour
les femmes ce que Priapus eft pour les hom-
mes i ce font gens qui ont (ouvent befbin
l'un de l'autre $ 8c qui iè trouvent uns y
penfinr.
(4) Ce Rondeau fènt bien fim Marot qui
manque d'argent à tout moment , 8c qui en
demande à un grand Seigneur. Il fit la même
demsmde au Roi pour cent e(cus avant que
de partir de Reims. Ce Rondeau dk tiré du
même recueil cy-deiTus.
(f) Finer^ Pour donner 1 terme ttfité déjà
dans Clément Marot.
Sss
•■^^^^^j^Êl^^
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jotf RONDEAUX
Un cent d'Efcuz, par voftrc GcnriUcOc^
J'aurois tantoft contenté mon hofte(&^
Et m'en irois (bubdain après dirner»
Si vous voulez me faire configner^
Ou bien k paye en im temps defigner,
J^en fuis content pourvu que je la dreilc
En beau papier.
Ne cuidez pas que vous veuille affiner Qi}
Ou cautement voftrc argent rappiner.
Si refpondant voulez que vous addreflè.
Je le veux bien: mais il n'eft que promeffe^»
Quand on la fçait faigement afli^ier^
En beau papier.
LXXIII.
Autrt Rondeau Jur ces mats, (ij^
Chacun (bit content de (es biens, (3}.
Qui n'a fuôifance n'a riens»
D'Eftre content lans vouloir dàvantaigey
Ceft un Trefbr qu'on ne peut eftimer>
Avoir beaucoup & toujours plus aimer >.
(1) Affmvt2 Terme encore d'uûge pour
4irc trompe.
(1) Ce Rondeau eft pris du même recueil.
Il) On attribué ces deux vers pleins de
ficns à Enguerrand de Marigni , minidre des
finances fous Louis X. dit Hutin , ou Ton
prétend du moins qu'on, les luj avoit appli*^
quez , ' 8c c^on les avott gravez- Pnis ià 11*-^
tue , qui étoit aux pieds de celle du R07 à k-
grande porte des Siulcs du Pidais au haut du
grand Efcalier j ces vers Se la dligrace de ce-
miniffa-e ibnt une belle leçon pour &s iùcctC^
iêursi, mais ils n'en profitent gucres«
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i
DE CL. M A R O T.
On ne fçauroit trouver pire herkaige.
Un ufuricr trouve cela fervaige: (t)
Mais un franc cœtu: £è doit à ceibmneri
D'eftrc content.
Qui veut avoir de richeflè bon gpaige>
Sans en ennuy fa vie confumer,
Pour en vertus fe faire renommer,
Tafche toujours d'avoir cet advantaigc
D'eftre content.
507
LXXIV.
jiutre Rondeau fur la devife de Hugues Salel Valet
de Chambre du Roy François 1. (2)
Honneur te guide & te met en hauteflè, C3}
Pour ton grand fcns & ta fcience acquife.
Ce que tu as retenu pour devife
lÊX juftement à ce degré fadreflc.
Tu t'es conduid par très grande fagefle.
Merveille n'eft fi doncq* en cefte guyfe ,
Honneur te guide.
Apol-
(1) SiTvulgt] Pour forvitudc
(O Hugues Salcl fut un poète cdcbre tous
le Roi François I. il étoit ami de Marot
comme on le voit par les poefies de l'un 8c
de l'autre. Il avoit donc pris pour dcvilc}
bÊ9mti^. ûifHd: : tous nos poètes alors 8c
même long temps auparavant avoient cha-
cun la leur.
{%) HMHteffe-y] Pour Elévation, terme qui a
vieiUi 8c que les Ecrivains de Port- Royal a-
voient voulu relTufcitcr ; mais ils n'ont pu y
réuflîr ks bonnes gens.
Sss 1
'mm
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5o8 RONDEAUX.
Apollo fait aux fiens cefte promdie»
Qund à le fuyvre Hz ont grand* peine prife>
Tu as prudence en ion efcolle apprifè^
Ceft ce qui fait que chez Prince & Princefle»
Honneur te guide.
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DE CL MAROT.
S 09
CCLXXXI.
EPIGR AMME
[E vin qui trojp cher m'cfl: vendu (1}
M'a la force des yeux ravie.
Pour autant il m*cft défendu >
Dont tous les jours m'en croit envie:
Mais puifque luy fëul eft ma vie,
Maugré les fortunes feneftres,
Les yeux ne feront point les maiftres
Sur tout le corps, car par raifori.
J'aime mieux perdre les feneftres
Que perdre toute la' maifon.
B
CCLXXXIL
jiutre Epigramme.
Aifer fouvcnt n*cft-ce pas grand plaifir?
Dites ouj} vous autres amoureux:
Car
(0 Cette Epigramme 8t les fuivantesfont çoifc impriœi en 1/44. fc en iffo.
tiréest'
I du même recueil de yraye poë^ Fran-
Sss ^
^
i^
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5IO £ P I G R A M M E
Car du baifcr vous provient k defîr
De mettre en un ce qui étoit en deux.
L'un eft très-bon 9 mais Tautre vaut tr<^ mieux:
Car de baifer fans avoir jouiflance»
C'eft un plaifîr de fragile afièurance:
Mais tous les deux alliez d^un accord
, Donaenc au ixrur fi grand e^ijouiflàncei
Que tel plaifir met en oubly la mort
CCLXXXIIL
jimtre Epigramme.
LE plus grand mal fie le plus dangei^eijKy
Qie d'une amye on puiflfe recevoir,
N'efl: pas refus, ni congé rigoureux.
Après qu'on a d'aymer fait fi» devcHr^
Ce n'eft auffi eftre privé de veoir.
Celle qu'on tient chère comme fby-méme.
Un mal y a en amours plus extrême.
Et qu'on ne peut, fans l'efTayer comprendre»
Dirai-je quel? C'eft quand on eft à même,
Et toutesfois on eft contraint d'attendre
CCLXXXIV.
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cci;xxxiv.
Autre Epigramme.
J^A(^)erçQi8 bkn qu'amcmr eft de nature ef^ran^
DiiHcile a cognoiflre & facile a fentir:
II fc veut approcher quand de luy on s'eftrange , (i^
Et quand on s'en approche il en fait repentir.
Le fuyvre maugré môy me fallut confèritir »
Mais ibubz bonne efperance^ il me fut^rigouremCr
Et lors que je penfbis eftre le moins heureux
Entre plufîeurs ennuyt^ je me veis pro(perer.
Ayez donc fbuvenance, o triftes amoureux ,
Qu'il &ut craindre toujours & toujours eiperer.*
^
CCLXXXV.
AUTRE EPI GRAMME.
Amours tpfon rfofi decotmtir,
FOr<:e d'amours me veut fbuvent contraindre^
A declairer mon cœur appertement:
Mais un refus ("pour honte) tant à craindre
M'a toujours faiâ un grand empêchement.
McHi-
(0 ^•firungti'] STéloigne > ancien terme qui n'eft plus en uûge.
^^^iS^f^ÊS^£i^smf^^s^mFmà
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ifii?
Mon mal ainiy nourry couvcrtement^
Diffimnlant Tcnnuy tant que je puis.
D'autre coflé du bien que je pourfùis
Le fiibvenir renforce mon martyre.
Voyez (helas) le tourment où je fuis ,
Voulant parler, un fêul mot ne puis dire
CCLXXXVL
AUTRE EPIGRAMME.
A tme *Dâme fui faifoit force fromejfes kfes amans.
DAme vous avez beau maintien,
£c grand grâce en voftre langaige:
Mais touc cda eft peu ou rien.
Si vous ne faites davanta^
J'accorde bien que c'eft un gaigc
De pouvoir jouir quelque jour.
Si ce n'cft pas le parfait tour,
Qu'il faut pour :^hever l'afiàirç:
Pour avoir le deduid d'amour.
Vaut mieux peu dirç & beaucoup faire.
kl>«
^
ccLXXxvn.
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CCLXXXVII.
AUTRE EPIGRAMME.
Sur la fottife de Robin.
RObin man^eoit un quignon de pain bis
Par un matin tour petit a petit.
Et Marion lors gardant fes brebis,
Qui ce matin avoit grand appétit,
Luy dit^ Robin donne m'en un petit.
Et je ferai tout ce que tu voudras.
Non, dit Robin, ne lieve jà tes draps.
Mon pain vaut mieux & ain(i s'en alla.
Et fî Tavoit aufli gros que le bras ,
Ne deuft-on pas mener pendre cela?
5
CCLXXXVllL
AU T R E E P I G R A M M E.
La mort de Margot.
UN jour Robin vint Maigot empoigner
En luy monftrant l'ouftil de ^n ouvraige*
Et fur le chaimp la voulut befbigner:
Mais Margot dit vous me feriez putraige»
n eft trop gros & long à l'advantaige.
Bien dit Robin, tout en voftre fendaflè
Tome III. Ttt
Je
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r
m
tf«»r
J»4
EPIGRAMMES
Je le mettray: & foubdain il Fembrafle»
Et la mokié feulement y tranfporte.
Ah die Margot^ en fài£int la grimace »
Mettez y tout, auflî bien je iiiis morte, (i)
CCLXXXIX.
AUTRE EPIGRAMME.
Il faut aller droit au but.
EN deviËmc à ta belleCatin,
Mon coeur efmcn le Ifèu d'amour fentif^
Lors je luy mis la main fiur te ttxm^
Pour luy donner un fembtaUe appétit^
Ce qui refmeut encore bien petit.
Mais quand je ftiz de ma bourfe ourertwe^^
Je ne vciz onc plus paifible monture y
Ne plus ailëe à fe renger au poînâ".
Ainfi, dit elle, cm me met en nature,.
Sans me venir tafter mon embonpoinâr.
(i) Elle avoit raiiôii mourir pour mottrir « g*fAé coifp éc Sabre , que d'un petit coup
3. Y avoit bien plus d'honneur de mourir d'un d'épée ou aune piquure d'épingle-
t^r
ccxc
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i^i*x:
DE eu M A R O T.
lU
V
CCXG
AUTRE E P I G R A M M E.
Mars & Venus.
MArs & Venus furent tous deux furpris5
Par Vulcanus couchez dedans un liftj
Qui de liens qu'il forgeât, les a pris,
Puis aux hauts Dieux va compter leur délia:.
Là viennent tous: lors l'un d'eux riant dit;
Mon compaignon , (î tu te &ns fafiiié
De ces liens , dont tu es attaché $
Je fois content de les porter pour toy,
Que pleuft aux Dieux que fans eftre caché,
J'euflè m'amye ainfi aupès de œoy.
CCXCI.
AUTRE EPIGRAMME.
Loyauté recçmfenjee.
AMour voyant ma grande Loyauté
Et le travail que j'ai eu en dormant,
A contre moy ceflë fa cruaulté.
Et pourchaflë mon fèul contentement.
C'efl de m'amye avoir bien promptemenc
La jouiflànce^^ ainfi que je defîre,
Ttt 2
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■kxj
1«%^^
5U E P I G R A M M E S
O heur plus grand que l'on ne pourroic dire^
Et toy mon cœur qui pus tant enduicr>
Or ne crains phis envie & fbn empire.
Puis que tel bien eft pour jamais durer.
CCXCII.
AUTRE EPIGRAMME.
BOn yàur h Dame au bel amy.
Vous eftes maintenant contente >
Et fi n*ay plaifir, ne demy:
Car après voftre longue attente
Venu eft celui qui de rente
M'a laifle fafcherie & foing^
Dieu doint que nul ne s'en repente»
L'amy fe cognoift au befoing.
CCXCIII.
AUTRE EPIGRAMME.
JE ne fais rien que plaindre & foufpirer,
Dcfirant plus ce que moins puis avoir,
Et fens mon mal chafcun jour empirer.
En voyant moins ce que plus je veux veoin
Veoir femHe peu à qui s'en peut pourveoir^
Mais j'ay congncu par vraye expérience >
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DE CL. MAROT.
Que quand ou fait en amour (on devoir
11 n*eft ennuy que Tennuy d'une abfènce.
5^7
S^
8
CCXCIV.
AUTRE EPIGRAMME.
VOftre obligé (Monfîeur) je me conkffcs
Comme de vous ayant receu grand bicrii
De vous payer -ne vous ferai promefle:
Car ne pourrois en trouver le moyen.
Si refpondant voulez , je le veux bien,
Mon cœur relpond & fè met en oftaîge,
Ceft mon trefbr d'autre bien je n*ay rien.
Je vous fiipply le retenir pour gaigc.
ccxcv.
A U T R E EPIGRAMME.
Le lendemain des noces.
LE lendemain des nopces on vint veoir
I Si l'efpoufée eftoit point la nuyt mortc>
Et fi Pefpoux avoit faift fon devoir.
Qui dit que ouy, & de ce s^en rapporte
A fon efpoufe , en priant qu'elle en porte
Vray témoignage & fi par amitié.
Ne Tavoit faiâ: fix fois de bonne forte,
Ouy bien, dit elle: mais j'en fcis la moitié.
Ttt î CCXCVX
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5#« EPIGRAMMES
CCXCVl
AUTRE EPIGRAMME.
Recepte.
REcepte pour un flux de bourfc>
Couchez vous avant qu'il (bit nuyélj
Dormez toujours 5 & pourquoy? pourcc:
Car en dormant rien ne vous nuyt:
Mais fi vous aimez le deduiâ:.
D'habiter la belle au corps gent ,
Par noftrc Dame il faut argent, (i}
ccxcvn.
Autre Epigramme. (2}
UN gros garçon qui crevé de fanté,
Mais qui de fcns a bien moi» qu'une buië>
De m'attaquer a la témérité.
En
(1) Les fèize Epignanmes cy-defiùs fbn
tirées du recneil de vntyê foires FrMnfoiff ,
cité déjà plufîeurs fois.
(1) Cette Epigramme le trouve dans le
Menagiana Tome a. pag. 136. Edition de
17 1 f • Et M. de la Monade dit dans ià re-
nnarque^fur cet endroit que ce huitain efl de
Marot ou de RoufTeau. Mgis > se luy en dé-
plaiic, c^eà ùixe trop d'honneur à Rouflêau
de le conamrer à Marot. Rjou^u n'eft
gu'un copilte 6c qu'un plagiaire qui n*a pour
ly que k iacilice de mettre en vers les pen-
fees d'autruy. Au lieu que Marot outre la
facilité de la vcrlîfication , plus çrande qu'on
ne l'avoit eue jafqu'à luy , avoitescore des
penfées neuves , oc des reHburces admirables
dans h fertilité de ibn e^ric.
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caï'fS
i>^^
DE eu MAROT.
En medifant de ma gentiHe mufè.
I^ ce pourtant ne me chault & fexcuiè»
Car demandant à gens de grand renom»
S'il peut mon loz m'ofier par teHe ruiè>
Ils m'ont tous dit, apurement que noa
f^9
CCXCVIIL
jf une haimêtt 1>ame. (i)
DE bcMine grâce cftes fi bien pourveue,
Que je fos vaftre havant vous avoir vcue>
Tant que le bien de vous vcyjrr & hanter,
La poine a fceu , non Tamour augmenter,
S*ung aultre dope vous aime d*adventurc
Ç*eft accident & j'ayme de nature.
Ne fçay lequel voftre faveur aura.
Mais je fçai bien qui mieux aimer* fçaura.
( i) Cette pièce eft tirée du recueil dont on d'en conter ï toutes les Dames ; comme a fait
« ttfé rEpigramme CCLII. dt les fufTtt>> depuis l*Un de ks SacctiSnu « c^efl le célèbre
tes» Je crois qu'elle regarde Renée de ''artenay Voitarf ♦ qui fc vantok d'en tvoir conté depuis
Dame de Pons , à hiqcidle Mret s'ktraehe lerfceptre jukj^^ h houlette. Ce (ont bien
quand il fut à Ferràre dnnsfbapremiercxil ea des a&iires. Mais touvcda ùm doitc étoit
sj35.En qualité de poète il ftcroioilen droit dit poëfiquemenL
i.T^
CCXCIX
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EPIGRAMMES
CCXCIX.
REPONSE.
JE ne me fens de grâces tant pourveue, (i}
Que l'on me doive aimer làns m'avoir veuë,
Et ne cc^neu qu'à me vouloir hanter ,
La poine euft peu^ non Pamour augmenter.
Si quelqu'un donc m'ayme c'eft adventure
Je ne Içay pas fi m'aimez de Nature j
Mais quand fauray qui mieulx aymer fàura^
Je repondray qui mieulx aimé fera.
CGC
R E P L I d U E.
QUand je vous veulx defcouvrir mon martyre,
, Mes yeulx , ma langue & mon cueur font en guerre :
L'œil veult parler, mais il ne fçait mot dire s
La langue fçait , mais paour la tient en ferre ,
Le povre cueur fc travaille, & fbufpire:
Mais que luy vault endurer fans requerrez
Enfin ma poine à vous fc recommande,
Car l'œil qui parle alTés prie & demande.
(0 La réponfè cft iôr ks mêmes rimcf.
CCCL
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m
iSK^S^
DE C L. M A R O T.
ceci.
Epigramme de SainSte Marthe à Clément Marot
JuT le bruit de fa mort, (i)
IL fut un bruit, ô Marot, qu'eftoîs mort,
Et ce faux bruit un menteur aflîira ,
L'un d'un codé le plaignoit de la mort
Fàifant regret qui longuement duraj
L^autre par Vers piteux la déplora,
Jedlant foufpirs de dur gemiflçmenti
Moy de grand dueil plorant amèrement.
Duquel cftoit ma trifte ame faifiej
Las! dis-je, morteft noftre amy Clément, -
Morte doncq* eft F
( I ) Cette Epigramme eft de Sccvolc ou Gau-
cher de Sainte Marthc,premicr Médecin du Roi
François premier , 6c contemporain .de Clé-
ment Marot. C'efl de lui que font ibrtis les
illufhTs Sainte ^4^he qui ont tant illufhé
IcB belles lettres Se en particulier notre bir
floire. Il refte ieacore un rejetton de
Emilie. Il y a dans les œuvres de .
une Epigramme fur le même fbjet. C
eft tirée du Recueil de vraye poëfie Frai
imprimé ^ Paris en i f 5*4. in 8« 8( in
à L/on in 16. en i/^ci.
\Sn
Tome IIL
VVT
À
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5*»
EPIGRAMMES
E P I T A P H E
2)^ Cl. Marot far EJiienne Jodelle ^excellent Toi te
Fr an fais, (i}
QU E R c T 9 la Cour 9 le Piémont^ riTnivcrs,
. Me fit) me tint, m'enterra, me cogpeiit^
Quercy mon bz , la Cour tout mon temps eut>
Piémont mes os, & l'Univers mes vers.
Lj[^ (i) Cette Epitaphe fe troave dam ks oni- Charles IX. Elle & trooFC auflî dam quel-
^^ Très de Jodellc poète celdirc , qui a beaucoup oucs éditions des œuvies de Clément' Maroc»
brillé £)us ks flancs de Uavi IL 8c de
!2Ww
LI S-
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f>3
LISTE ALPHABETIQUE â
Des anciens Termes ^uife trouvent dans les Oeuvres de
CLEMENT MAROTj
Avec leur Explicatioa
Note y les Chiffres romains marquent le Tome^ & les Chif-
fres arabes les pages.
Afeiointau mot tout & veut dire avec. I. 31. 380.
Ablms \y 380. 4.32. cris> clameurs > extrémités ou l'on eft.
Ahjette I. 254. humilie , méprife.
Ahomne III. 253. abhorre ^ les a en averfion.
Ahfconfi I. 362. cachée 9 & II. 212.
Abufi^n n. 4. 500. abus^ mais au figuré> peut fîgnifier des gaiUardilês.
AcceJJbhre IL 23. en déroute, deforcSre.
Acco'mtance I. 247. compagnie II. 207. familiarité, amitié £c III. 98. •
Accointe I. 428. aflbcie , sJlie, s'unit.
Accointée III. 6. avoir fait conn&ilTance.
AccointîT II. tr. HT. 19. s'afibcierj faire amiâé avec qadqu'un.
Accola III. 66. embraf&.
AccolfàJes I. 157. c'eft ce aue nous nommons cmbraHàdes^ car le bailêr eft quel-
que chofe de plus doux &t de plus fenGble.
AccoUe I. 213. 529. IL 107. embr^ , ièrre.
Accolé III. 44. embrafle.
AccoUéé 221. IL 178. embrafTée, baifiEe.
AccoUées 1. 529. embrai&des.
Aicolier I. 362. embraflcr.
AccorcUnce I. 247. accord.
Acconftre II. 288. accommode, s'arrange, s'ajufte-
Accoufirf III. |i6. accommodé.
Accoufirée III. 57. ornée.
Acconftrement L 316. 238. IIL 213. 333. ornement ; habillement.
Accoufirer I. %$j^> accommoder, raccommoder, rétablir.
Accule IIL C5. le fixe > demeure.
Acertaine II. 280. pour certifie.
Acertenées IIL 97. rendu certaines , afSirées.
Acboifin IL 443. joi. IIL 124. ijo. occaûon heureufè> ou malhcurculci accic
Acquerre I. 311. 461. acquérir.
Acquêts IL 87. 194. acouifittOn , gain.
Acquit L 442. 443. ordonnance de content fur les Treforiers.
Vvva A
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LISTE ALPHABETIQUE
Adextfi I. ^H* U* 1^6. favorable» Ëdutaire. I. 305/ agréable. UI. 82. adroit &
IL 184.
Admhéitivf I. )fo. admirable.
jidmoMefia I. 134. m'avertit > vient Jadmooefter qui fe dit rarement, même dam le
Êunilier , mais Quelquefois en matière criminelle. Um biwmt adm^Mefi/ eCt
noté comme inrnne pour faute par lui commiiè.
j€dmû»ejli I. 311. II. 63. advertit
; ri. j8i. II. '
Aéim§mithm IIL 98. avis > avertiflècfient.
jidmomftimtnt I. 38]
i7fi< avertiflcment.
jidêmbrejk I. 513. couverts , cachez.
Adomcfites I[. A30. alors :& III. 51.
jidvis m§ fut 1. 299. me lêmbla.
Advijawi X. 389. 412. 43; II. 559. donnant avis , avertiŒmt : &
jidviftr I. 307. cboifir^ prendre.
Advifins I. 3 85. avertidbns; donnons avis.
Afjtàé I. 525. paffionné, prévenu.
Afi6iif I. 114. je crois qu'en cet endroit il veut dire afFeûionnée.
Affirme I. 213. 438. pour a£Erme > aflure « £c IL 185.
Affittét II. 3J.0. vive, remuante.
Affie I. 396. III. 195. affurc.
Affermi III, 11. fieient, conviennent.
Affnt I. 316. 427. convient, n^affierty ne convient.
Affine I. 31 (S. trompe, mais II. 194. pour raffine.
Affines m. 64. femblables , conformes , du Lacin affinis.
Affiynets I. 1 70. bagatelles , petits bijoux d'enfans , iê pourroit dire enccM'e dans le
familier.
Affill^ I. 397. II. ^07. ble(Ib,nuit, fait torL
Apllée II. 178. defolée , trille % malheureule^
AffiUtf H. 302. blcffer.
AisréÊvanté II. 39. c'eft ce que nousdiibns, aggravé : courbé & accablé de fa-
tigues.
Affté II. 500. lubtile. •
Aguet III. 53, attentif.
Aban I. 552. 557. ipcîne , fiitiçue , laffitude. Voyez la note 552.
Abane III. 82. (ê plaint de fatigue.
Ai^nelet III. 5. petits agneaux , diminutif qui n'eft plus d'ufage.
Aiirets I. III. X72. de£^reables.
Aimer pour amour, I. 127. 153. comme le penfer pour \zfenfeey le crehre pour
la crojénui.
Ah fois III. 67. mais.
Ains I. 213. &c. III. 15. mais.
Ahts I. 202. 575. pour avant que* & au même (ëns II. 213.
Aifément IIL 8ç. confolation-
Aijer faire plaifir , fe mettre à fon aife.
AifTeul m. 71. Eflieu.
^7^' g*y > léger, difpos.
I. 318. 404. Ibulagement.
I. 322. foulageant. '
67. & 457. foulager , confoler.
I. 159. foulageras, conrolcras:& I. ^85. allégera, foulagcit.
237. conibîez^ foulages.
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Ff^à
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Des ANCIB^NST E R ME
jiffeMêif^L 20. pour haleine; refpiration.
Aliénée II. 6o. d'un feul traie d'haleine; fans reprendre haleine « toi
AlloMé IL 15-4. payé) mais 19^. être réputé; être mis au nombre^
AlkutT I. 555. mettre au nombre > ou au rang.
.Alloués II, 154. donnes à loyer.
Attercas L 204. altercations y dilputes.
Abitonant III. 274. pour le Dieu du Tonnerm»
Amundeur III. 280. qui corrige > qui amende.
Amené II. 49a. agréable > du Latin ammniif.
Amer I. 232. pour amertume.
AmiaUe I. 284. favorable.
Amoâera III. itf. tempera » modéra.
Anhelant IIL 78 refpirant de fatigue & avec peine.
Amélie L 441. fervante du Latin ancilU.
Anhela III. 58. foufHa, du Latin anhelare.
AnichiUe IL 8). anéantie: tiré du Latin.
Anormal I. 205. énorme.
Anui^ IL 60. pour cette nuyt.
Apertes I. 283. connues IIL 2?.. 1^4,
Apertement I. 401. clairement, d'une ooaniere connue.
Afete IL 36. fouhaite , defire , recherche f verbe qui vient d'appetcr, fe dit encore
quelquefois , la femelle apete le mile.
Apoint II. 280. à propos , qui vient en temps propice; mais I. 206. vcu^dire juflc-
ment, £uis diminution.
Appareille \, 337. prépare IL 388.
Appere IL 257. apparoiCTe ; foit connu. III. 66.
Appert L 363 connu.
Appointant L 410. accommodant un procès ou diâèrent. Il a maintenant un autre
fens.
AppoinSîer I. 202.s accorder: & III.^ 19.
Apport IL II. rapport: profit.
Apte IIL 40. propre, convenable.
jiraris IIL 8. la Saône , rivière de France.
Ard L 311. &c. brûle, enflamme.
Arde L 401. brûle.
Ardent II. 52. brûlant, vient êLOfiire brûler»
Ar dotent I. 301. bruloient.
Ardra IIL 29. brûlera.
Ardre I. 324. brûler. IIL 79.
Ardue III, 102. difficile.
Ardu% L 457. élevez, fubtiles, fublimes , & mcrae diflSciles.
Argus IIL 56. converiàtion.
Armet IIL 19. forte de cafîjue.
Aronde U. 20. 169. pour hirondelle; Çt confervc encore en menuiferie , où Ton
dit , couper du bois en queue d'aronde.
Arraifonm L 178. entretiens, je lui parle: ancien terme ufité dans nos vieux livres.
Arroy L 440. 551. &c. Equipage , magnificence, train , îxsa^ : II. 203. veut dire
Etat , ûruation.
Arjes III. 77. brulces.
Arfoif L 309. 310. pour hier au foîr.
Art L 171. brûle, vient à: ardre , vieux terme tu^é du Latin ard^o.
Vvv 3 Af^
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xcst
fi$ LISTE ALPHABETICIUE
AfféttUoÊi L 203. s'attiquent. ^
AfstÊérs IL 91. pour alSuUirt, tttaqoenL
jiJféM I. 451. m'attaque & agémx 11. 177. {e Pattaqnei ou jePagace.
^^^^ II. 17^. accumule y a&mble.
AJfnvk I. 131. reinpiie» iàts^ute : nefe dk phn dans cette figmâcttoo.
Afimce II. 52. rdê » bneflb.
Attente I. 28d. but > ou le point où Ton temL
Atiêttmée I. itfo. 425. oraé^ ajuftee d^itoun 8c de beaux habits. IIL 310.
Attrma I. 281. attire.
Attrsèn II. 211. attirer chez toL
AttrempMMce III. 40. température.
Attrerife , L 140. pour tempère , rwit dtorempcr.
AttTtmfé II. -275. tempéré.
>^^ III. 90. en bas , yen le bas.
.^T;«iZ« III. 15. defcendit 9 laîOà aller en bas.
Avallées II. 19. abbaiflëes.
AuJhn II. 455. autorité jjxiiŒmce.
Avoir I. 346. &c. ricbefles.
Avoje I. 212. remet dans k droit chemio;
Amttnti^Mes L 141. avérez , certains. *
Autrebier U. 70. ivanthier > ou même les jours de deraot*
B.
Celui qui
^Ahitte m. 208. babil.
-" Btf^tfiri» L 43a un fi>t babîOart, terme burlcfijue El. ntf.
Bftpiv I. 163. 35tf. 481. joyeuie > qui aime la vie agréable.
Baitin/ff I. 390. donneur , qui donne: fe dit encore cfï jurifprudence.
donne terre ou maifon à loyer.
Balkr I. 381. II. id7. 2}8. danfer, fiuter, fe divertir.
Balieurs I. 236. danieun ^ Auteurs.
B^f£ II. £3. danfez 9 (àutez.
Bmlloit III. 1 1 9. danibit , ûutoit , le divertiflbit.
Barhûtu L 434. terme burleique* pour dire parle entre (es denç.
Bsràûttéfs III. 183. prononcées ièulement des lèvres ; comme font ordinairement
les gens d'Ëgluè.
BaffMT I. 53^. baflcflc.
Bavis I. 42 tf. paroles inutiles, ou hors de propos ; d'où nous avons confervé Ba^
n>ard un grand parleur, mais dans le propre , il veut dire une humeur dé-
goûtante qui fint de k bouche.
Bavewf III. 330. grand parleur.
B^xocbe II. 5. c*eitla junfdiaion des Qcrcs du Palais I Paris • & L ç(f7 k6%
Bat^hkns I. 5^7. les Suppôcsde la bazoche ; ou les CXm du Palais à Fans.
Becart I. 473. modulation , ferme ou plus dure en mufiquc.
BMr€ I. 163. 408. fot , impertinent.
Bèttupu I. I9d. militaire > çoemere, vient du Latin.
Bêliijueur I. 161. guerrier Ul. 146. 147.
Bémol I. 473. modulation douce en muuque.
Bemler II. 214. tenir en inquiétude.
BenediSs IL 47f. benis.
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DES ANCIENS TERMES pr
^emfiance XSL 250. biotveiUance.
Bemvoh 1. 2S6. n. ^;. bienveilianC > bienfailànt
Btmfifê II, 127. benir.
Bers I. 187. berceau.
Bejonpié I. 427. travaillé. Ce terme n'a plus une fignificadoo honnête.
Befinfftéê I. 426. travaillée.
Bepmsner I. 402. travailler >. ne Çt dk plua qu'en mttkre deebonnête III. 129«
Befinporois U. 479. travaillerois.
Befinpnz III. 198. travailler.
Bienveig/nr IL 84. fouhaiter > & même célébrer la bienvenue.
Bigotte II. 285. hypocrite.
B^e 1. 163. c'eft ordinairement l'épichethe que nos anciens donnoîent aur rocherr.
éoibe bifi pour marquer fit couleur & fil dureté.
BlsnJiJJkntes III. 268. âateufes.
Blafa» I. 41 1. &c. veut dire tantôt une louange> & tantôt une cenfiire qu'on fait
de quelqu'un > il a ces deux fignificatinns diass cetoe même page.
BUfimu II. 1J5. parle bien ou mal.
Blafimmé I. 471. fait r£loge \ loué.
BtafiMMer I. 473. louer y faire un Eloge*
Blafimmtr I. 334. 409. 473. ceux qui louesc ou qui blâment> car il iè piend eiy
bonne & en mauvaifè part.
Bkfmy I. 457. blême , pâle.
Bkfmyf I. 369. blême? pile.
Bombardes I. 381. 413. 414. gros canon.
Bond II. 58. donner le bona : terme burlefque pour dire jouer d'un tour.
Bouffera I. 488. fera en colère.
Bourrée 1. 407. fhgot.
BoMtaffent I. 423. miflcnt: de boutor mettre.
Bouti I. 291. mette > douie > £c II. 357.
Bouté L 295 > mis.
Botitéi Voy. hors boutée.
Boutées L 307. mi&s.
Bouter I. 39J. mettre-
Môuteroit L 85. 311. mettrolt
Bwtnemt I. 23S. mettoient.
Boutoye mettois > vient de bouttre & bomter , mettre.
Brague I. 356. 482. II. 4a terdie burleTque pour dire mené vk joyeufe ^ faire le
£mfi(ron»
Bragues I. 40}. dmrtif&ment en aiacMir, ou tout ce qui peut fervif i b vie joyeufe.
Brament IL 338. crient comme les cerfs.
Brameront I. 275. iè dit des boeufs qui meuglent ou brament.
Branché I!L 32. perché* fb dit des oiièaux.
Brandit U. 469. fait branler.
Brandon I. 140. 341. flambran aident> ou un feu extérieur. VoytL la note 1. fur
la ditte pag. 140.
'Brajuemart L 144. iàbre > ou ^>ée tranchante. B t qudquefab me autre fignifica^
tîon joyeufe dans le figure. •
Brap II. i8â. procure, fournit : ne fe dit plus qu'en mauvaife part.
BrrfL 215. peûi hrfparlery peu de paroles, & 203. bref pour enfin^ fe dit cw-
core en ce fens. ,
Btù L 17)* 2io« IL 27. cage àjprendieles oîfeaui.
?V.^
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^
îi3«x
vi*H
8 LISTE ALPHABETIQUE
wialk II. 240. qui bnnle de coté & d'autre. H eft difficile de bien définir ce
mot • qui eft fort expreiTif.
fétsU. 4.90. routes, chemin: fe dit encore, mais feulement en terme de yenerie>
& L 210. au même fèns.
che III. 88. picque , ttffuiUonne.
iltis I. ix>6. pour brouiUeries.
BrefttsrJs IH. 1^3. paroUesde railleries, mais d'une ndllerîe picquante.
Brovas terrien III. 17. brouiUars de defTus la terre.
BrMis I. 153. (ait du bruir> ou de Teclat.
Brw/ey IL 69. faflè du bmit: vient de bruTre^feire du bruit, qui té dit encore.
Buccim I. 14.3. II. 7. 427. Trompeae » tire du Latin hi€cms ôc III. 34.
CAchettes III. 7.66. retraites fecrettes.
CmffATt L 487. 528. hypocrite , forte de rel^ionnaires , qui (è trouvent dans
toutes les communions^ ils fe contentent actre dévots* quoiqu'ils ne foient
pas Chrétiens. ^
CMgùts I. 407. II. 2(î| hipocrites, &caffius.
Calémiteux III. 320. malheureux.
Cdllandre II. 164. 305. Sorte d'oifeau qui chante bien.
Cancwnaire III. 229. Livre de cantiques.
Cétpellem H. 141. pauvre prêtre, ou pretreflè.
Caphart I. 467. hypocrites.
Céipbardes III. 208. hypocrites.
Capharderie III. 214. hypocrifie.
Cafpe L 450. manteau: ie dit encore quelquefois.
Caquet I. 149. 178. 436. II. 194. 351. entretien , çonverlàdon , & fouvent babil.
Caqueter II. 4. babiller.
Carraquet II. 18. Barques > vaiflèaux, navires.
Carrâjf II çi. & 55. place publique, grande & (pacieuiê , où peuvent aller & venir
les carres, c'eit-à-diffe chars & charriots.
Cat III. 88. afGdre y xnais fe dit fouvent en madère d'amour, cêttier ton cas pour
déclarer £1 peine.
Cajfe I 27 t. caflec.
Caulte I. 573. ruiee, fiibcSe.
Caut L 119. II. 53. ruie, (in, fubt3e. & III. 21.
Cautelles I. 204. rufes > finefifes. & II. t2o. 224. où il a le même feo8^
Celeftme L 368. IL 20. Celefte, & III. 2j.
Celique L 2I2« celefte.
Cens L 27^. rentes foncières, ou feigneuriales. Se dit encore.
Cerceaux III. 72. cerck.
Certler III. 1^4. environner.
Cerne I. 434. cercle.
Cervoifi L 23. bierre; du Latin cerevifér
Cefi-m&n L 498 manière de parler populaire* qui fe joint à bien des diicours^
Cejuret I. 551. c'eft l'hemiftiche du vers.
CbaHle II. 410. IIL 16. ne vous inquiétez pas , ou ne vous mettez pas en peine;
de cbal/osr.
CbakmelU L 181. III. 4. flûte ou Chalumeau.
Cba-
m
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J^AA^A^
i
DES A N C I E N S t E R M É S. ^29
Ctslem^ I. 180. pour flûte» ou Chalumeau.
Chaloir IL 322. mettre en peine, inquietter.
CtaUit I. 178. metioiten pîâne, vient de cbaUr.
Chskt III. J06. iè nût en peine.
Chaffenm II. 241. ornement de trte? qui retomboit fiir l'épaule.
Charrié H. 415, carné* vermoulu.
Chdrites l. 1 55. les trois grâces.
Charroy III. 146. Char de Triomphe.
Chénrtt I. 463. Lettre, Epitre.
Chatimites I. 233. aflfeiftez. en douceur & hypocrites : fe dit encore.
Chaude III. loo. à la chaude» fubitement, dans la première chaleur..
Chaut 1. 29? . 477. met en peine * de Chaloir.
Chef de Temps IlL 66. i la fin du Temps j enfin.
Chemmer Ul. 165, marche, démarche.
Chenu IL -j5(î. blanc de vieilleflè.
Chenue I. 103. vieille, avancée en âge; Manche de vieilleflè.
Cbew m. 83. Tomber.
Chère I. 200. 4^4. réception, accueil.
Chère I. 371. y)!b^y phyfionomie. & IL 17. <
Cherer IL 222. fiiire beaucoup d'amitié , ou £û
contenance.
322. taire beaucoup d'amitié , ou fiûre grand diere à qudqu'un > lui fiûie
bon accueil.
Cherra 1. 221. Tombera.
Cherras III. 70. Tomberas.
Cherrait 1. 445. Tomberoit. Mais ici il eft au figuré&veut dire ne conviendrait >oa
ne veÀÀt dûë.
Chef IL 428. Tombe* de cheeir^ auflî bien que les précédens,
Chevalent III. 208. vous tâtonnent, courent après vous.
Chevaleureux IL 217. coun^eux.
Chevance III. 371. DÎens* richeflês.
Chevaucher II. aio. 420. aller à cheval: mais ici il eft équivoque.
Chevauchèrent ni. 145. le prefenterent, s^oppoferent : 9 eft au figuré.
Chevaucheur I. 541. Cavalier, celuy qui monte un cheval, ou qui eft defllis.
Chevefche III. 98. Hibou* Chouette; dfeau noâume.
Chevefire lU. 53. Joue auquel on attache la tête des boeufs ou vaches.-
Chevtr 1. 499. Sortir aune affidre > en venir about > & U. 94. veut dire (impie*
mentibrtir.
Cheurent I. 154. Tombèrent > vient de cheoir.
Cheut i6. m. 100. Tomba : mais id il eft au figuré & veut dire s'évanouit^fe
diffipa.
Cheuzy L 36a. je tombay , de cheoir.
Chommer lu. 3^. 73. recurder, refter à rien faire: (ans chommer, (ans retarder Se
III. 87. rmimsfr^i/, feront à rien faire.
Cheje fuhlifue III. 142. Republioue, c'étoit l'ancien terme*
Cil L 211. &c. m. 2^. pour celuy : fè peut dire encore en poëfie familière.
Cimhale IL 251. fiût du oruit, comme celui d'un Tambour.
Cir convolant II. 463. Vdant autour } du Latin circumvolare.
Circui UL %6. Tourné autour.
Circuir. I. 393. Tourner autour.
Ctrcuis III. 107. contours.
Circujf L 131. 156. Tourner autour : du Latin cîrcumire , chrcuirof & UL 8. drcuj-
raiy Tournerai autour* -
Tome m. Xxz Othe--
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^
530 L I ST E A LP H A BE T I Q^V £
Gtberét IL 51. de YUk de Citker&
Cwi/p m. 5. pdie.
ClMrmts ou Cwo» I. 413. Tfompeocf & II. 55^.
Clamée IL 173. appellée ou même réclamée.
Clam I. ^((4. app&fe ^ du Laôa CUmme^ d^où nous aurau Gooforé fttlmur. te
III. 314.
CUmptfrs I. 141. 151. 173. IL 126. && phiotes « fixipiri > gamiflèmens > Cv toot
en amours. & IIL 41.
C/rr. n. 2)3. illuftre tire du Latin , darm yilétrijjinms , au même iêns.
Ckrt. I. 149. Savant 9 pasoe ^'il n'y avoit autrcfins que les gens d'EfUlè qui éli»-
dia(Smt. Se dit encore dans le familier > mais rarement en bonne parc Par
exemple : Le Sr. de Bole oui fiûc tant le rogue & k pédant tiefi fsi am
^and clerc ; pour dire qu'il n a que l'écorce du finroir.
Cbrons. Voyez CUiroms.
Cliquons III. 22. faifant du bruit nous en avons retenu ït^ctfintis Jk$ armes.
Clvrre L 41 1. fermer, ft dk eacore ea Jori(prudence> cimrt wm iMUm^mt^
Cùûc L 168. Terme burle(que pour dire , c'en eft Eût.
Caffn IL 488. corbeille.
Cohêrtes UI. 140. Troupes de Soldats^ arm^
CMt9 1. 428. IL $$. JoIîe> migpone, bien ajuftce IIL 43.
C^liféés L 416. Théâtre > amphithéâtre » arene> où les athlètes fe battniaiil andeiH
nement.
O/iWair II. 468. Loue, fait FEtoge.
CêllsMdé L 474. Loué.
ColUudée IL 32. & 34. Louée» cetebr£e, dont on chante les \
CûUauder L 5 ; 8. pour louer km réloj|e.
Collkge L 218. aâemblée; tiié du Laoo.
CùUû^er L 767 mettre, éttblir.
ComméÊnt IL 206. p >• ^^ joint avec le mot à IKaa : émp à Dèm
éSiu vous dis. en Terme familier parmi aoM.
ComrnsnJs L 337. 459. commandement» diipo&ck»: a 1» même icli.IL my^
Câmpaingr L 176. 173. compaignoas.
ComfaragerTl. 16^, pour comparer.
Cotf^af L f 13. mdure» dîTccedoiiv
CÊH^sffVd» 13. arrangé en ordres
Camp/ain L 327. Je me plains.
OmprMry?/ L 575. pourcomprifès» apprii»
CoMSidif L 222. accosder>
ConceJe accorde IIL 73.
Conavoir IL 153. pemee, conception.
C§mkd L 224. fournis , aflbrvr creft upc TeifiaytPop^lîKirale de ce mefcèt S^SsA^
omms conclu ft fmb feccato'^mm lIL 47. coitmÀ ietuamm^
Concordante III. 40. convenable > psopcc»
Concordéo U. 32. accordés*
Condiffss L 374. IL 133. digne.
Conduit IL 5^* pour la çoiuluifie»
Conférence III. 222. comparaifbn.
Cinî^a L 211. abforbé, rempii^eit ici au figuré. .Mw Uk 4> t eft «k fimfir A
dans ià lignification naturelle.
{h2^ ConfiéffM llh Hi- combats batailles.
ir confirmé, ailuré, encouragé»
PC
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DES ANCIENS TERMES.
f?!
Cmfrrt I. J23. ^. II. ji, lot. coniblation > ibdigemeiic > ettcounyment
ni. 194.
CêMfinrtt h 33a. Confolc, finilage.
C^ifortél, jiA. confolé^ & i8j. fortificx.
Cêwfuter ni. 6a. réfuter.
Cênfftêifê m. J48. 341. cosdêils > aflemblée : ce Terme eft prdêtitefflent (fûfi^
parmi lesRefonnez> pour dire ra&mbiée dei PaOeisn.
%!!09fw9m IiL 17^. conquérir.
Cêu/okmr III. 3((. conlblateur.
C^mjwums I. 370. accordons.
C^nfirs III 142. condtOTens.
Comtaminé m. 99. fouille.
ComUwùtmt m. 110. fouSioit
CpntemnsfÊt III. 270. mépriûnt.
Contemne II. 36. III. 265. tnéprife* ,
Comtemner III. 210. inq)riiêr & 1. 54 J*
Contendre II. 479. difputer.
C^Mtinds I. 207. contention > difpu^
C9MtMe I. 571. pour fièvre continue.
Contraires III. 305. ennemis.
Contrt^MâTotter I. Ç64. pour dire, écrire contre Maroc-
Cûwtremont III. 22. 33* en wmontant.
Cmthrevéti 1. C33. co drfccndantic'cfl: l'oppolè dccontiaMOt
Comvensnce III. 112. accord > convention.
CÊÊÊmna m. lii. toonuu
Cêmvis III. 174. teftini.
Convoyé I. 563 . invite> attire» mais III. ^6. 253. conduit.
Convoyer IL 24. inviter * atdiscr.
Co^âTéleau II. 150. jeune fot « ignorant 8c étourdi.
Coquéft I. 158. iot> benêt.
Cor II. 270. à cri & cor allufîon> drée de la chaflb * pour dite bîon baut bc àc
toutes nuaitrcs.
CorUeu 1. 157. 163. 167. 171. 171. c'eft un jurement im peu deguifé & «ddood >
comme qui dirait par le corps de Vieu.
Corner I. 152. (bnner du cor.
CorromfsUet L ^ao. oormptibfe.
Comn^f I. 430. lâche ^ fims coeur & fins courage*
Couardes III. 97. lâches » iâns courages.
CmsUreàulL 17S. pour un boiquet, Ikv piaillé <farbfes «e fiir Mit de CouUrim.
Conkmh II. 32. pigeon, colombe.
Coulpe I. 519. III. 27. faute.
Coup III. 13a i conf ; à ce moment
CowrcéY. 371. courroucé; irrité.
Ctfinr# II. 109 pnr courir. Se dit eacoredns. k dMiflfe, «Mn^e k teff.
Courfers f. 377. forte de Cbev«l vifte de kgcr.
CourtiU IL 481. Jardin, iè dit encore en qttdqoes piortaces.
Courtines I. 140. III. 33.3. rideaux, fo pomoii eoceve dive.
Coufi II. 57. depeniè , fe dit encore dns la Fhadrei Wakme.
Conftwmmo I. 291. lU. 68. «CQMiftiiQiée.
C4^ III. 1^ trapqaiUe.
Crejfelus IL 52. crapez.
Xzxa
l>^
^^^
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531 LISTE ALPHABETIQUE
Cfûcbe I. 21 j. crochue > courbée pour prendre & «ctraper.
Croujler I. 209. trembler^ mais au figure fe dit des bacimens qui tombent & &
ruinent en tombant , terme très-expreflif.
Cty & c9rt Voyez cor ci-devant. ^
Cttmane I. 186. pour la SybiUe de Cume:
C$mukr I. axS. amafler ? accumuler.
eft tocxxt d^ufàge
penfèr.
40^- pour cxoftL.
CMpidwues 437. amoureuiês, qui partent de Cupidon.
Cmre I. 154^ 220. &c. foin y attention > vient du Latin cmrâ
dans la poefie Marotique ou familière.
Cttroétture III. 72. en ligne courbe.
C9yda II. 2itf. pen£i > crut» vient de cuyder
Cujdmnt I. 381. croyant , penËmt.
Cujié 1. 322. cru, pen{è> & cujdn. T
Cuyitut 1. 550. bis, croient^ penfênt.
Cnyies I. 430. crois.
Cuyinmt II. 272. croiroit, pc^eroit.
Cnydm I. 557. croiois , penlois.
Cuydoit II. 229. croioit* penibiL
D.
DAffit I. 1^3. n. 149. 453. poîgnart ou épéc courte.
J>am I. 392. II. 501. perte> condamnation > vient du Latin iémwmn 9 fe cfic
encore.
Danger L 927. &c. accident, mais dans toute notre vieille poefie f danger en amour
eft une perfonne focheufe , qui s'oppofe à nos defirs.
Dardes I. 437. flèches.
DehêMte I. 372. chaik , fe dit encore en procédure-
Dt^teur I. 45 j. pour débiteur.
Décente III. 6^. convenable.
Decepîif I. 314, Ut. 21. trompeur. ^
Deceu ÎL 120. trompé, vient de décevoir , qui fe peut dire encore. •
.Decenë f. 427. trompée.
Décevante I. 170. pour tromperie. #
Décevant II. 120 trompant & 125. décevante pour trompeufe.*
Décevoir I. 314. 427. &c. tromper , fe pourroit encore dire dans k befoin.
Décent II. 30. trompât.
Décore , verbe , IIL 153. orne.
Décore II. 93. lUuAratlon, décoratio&> mais en cet endroit veut dire gloire, booneur.
Defoy II. 117. je me trompe.
Déconfite III. 145. defidte , détruite.
Deconforf I. 480. défolation.
Décore II. 495. brillante 5 ornée.
Décorée H. 495. III. 165. ornée, embellie. Se peut direenoorfe
Deconlonroit 1. 238. changcoit , ou altcroit fe couleur.
Déduire III. 150. raconter , détailler.
Deduifint IL 277. racontent , rapportent en détafl.
Dednifiient III. 134. fc divertiflbient , prenoient plaiCr.
Dednit I. i ^3. plaifir , joie ^ ne fe dit pkis> (inon éuns un ftile très familier pour le
déduit amoureux^ & I. 152. d^it de cbajfe , pour le plaifir de la chaflè.
jdo. plaifir. ; ' . '
.: -j r : iv-
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s
DES ANCIENS TERMES.
f33
Dubiyfose I. 324. prenois plaifir, & confolation.
Défaille I. 386. manque.
Defenftbk IIÎ. 72. à rabri ou ca état de fe defiEeodre.
Défaut I. 390. manque.
B^ferM I. 243. lui coupa la parole > ou même Teropêcha de parler) la rendant confufe*
Dtfinée I. 316. finies mais ici il veut dire morte.
Defroc II. 26. defaftre , defordre.
Dehaitte L 153. plait, prend plaifir. Voyez Hsit cy-aprèa.
Deiûques II. 30. divin , qui vient de Dieu.
Delià L 407. plaifir III. 50. & IIL ^9- gref ^/i5 plaifir infànjc-
Delivre IL 127- 168. libre, d^aeé ; ou même délivré IIL 151.
Demahfe lU 213. fe traite > fc (meute.
Deme£h& III. 60 quittes > abandonne.
Diemeurance L ij2. &c. IIL i^. demeuré.
Bememée I. 290. retard , retardement.
Demie IL 13. pour> point du tout> aucunement; yojti la note fiir ^ette pag. &
IIL 193.
DemêuTén^e IL 15. demeure, eft la même chofe que demewrmKt. .
Demoursnt I. 430. au demeurant , au refte , ou au reftant.
Demeurée I. 414. IIL 8. retardement « £c même rejour.
D'entrée III. 27. d'abord.
Départ L 540. accorde , dotme.
Département L 296. départ.
Départie l, 131. 171. [x>ur départ. Mais 48^. veut dire Réparation.
Départir L 287. 542. départ , fortic d'un lieu.
Dépiter IIL 23. fe mettre en colère.
Depiteufe IIL 23. méchante, qui ne fait rien que par depît ou en colère.
Déprimée L 211. mepri(ee,me&ftimée, & même mepriiâble, condamnable;
Déprimes IL 470. mcprifes.
Derempu IIL 23. rompu , brifë.
Defarroy L ^60. 443. defaftre, defordre > infortune , malheur, & II. 445.
Defavancé I. 195. mis en defordre.
De/avancer L 564. reculler.
Defavouex, IL 79. méconnus , qui ne font pas avouez*
DefavouabU IIL 66. qui peut être defavoué.
Dejcache IL 196. découvre, fe mahifefte.
Defctri m. 136. rois en pièces.
Defccijfer L 164. ôter de mon efprit. Nous dilbns encore dans le famSier être
coifle de qudqu\m ; pouf en être entêté.
Dejconfit III. 261. défait , détruit.
Def^trftrt I. 48a IL lot. peine ^ embarras, deiblation. UL 55.
Defioirvenne L 253. defaftre, infortune.
Defiouvrance III. 54. à defcouvrance , pour à découverte en évidence»
DefJiez L 475. pour dedifiez.
Dejeflimer IL 187. meprifèr, mefeftimer.
Desfermer L 127. ouvrir.
Desgorger IL 4. parler, c'eft ce qu'en terme burlefque on diroit d^oifer , & III.
54. deigoi^ '» pour &it fortir de fa gorge ou mulëau.
Desboufîe IL 332. terme comique pour mre dépucelée.
Desjuc IL 26. lever : fe dit encore dans la mçoagerie, quand oa parle dû lever dos
Vokdiks. ^ .•..:,.;.
Xxx 3 Def
tï?
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Cf!^
4%V
^ LISTE ALPHABETiaUE
Defims IL 141. ôcés , enkrei.
IVySwr nL c6. etc.
Df/femdewt i. ^o^. depcnSam^ iwAimia,
DtffemJk L 451. II. 421. àmrSc» cxxSafaanij aUbrbé.
Pi^UL a4.'planie a&t.
"Deffiu L 157. cha|riiiame, imlfiifMMi IIL 147. fixknfe» inrkée.
I>ejpitem$ m. 3x2. te oKXjuem de 001».
I>ejfiter L 131. chagriner) inœpecncflMre , fe^CBOxe qydqiicfM.
I>effis€§ II. 488. fon, pars, quittes, sAmUoniie.
DefpUifnue I. ixo. diagrio j icmplis de petncs.
DeAêtfrvfhé III. €3^$. ahaodoonée.
'^fr^Jy pour deiârroy 1. 404. 358. defordre^ déroute^ ddbSre. UL ass.
T^effers I. 381. IL 7d. 498. mérite.
l>tffert L 237. mérite , a la même fiftiiififriim. II. lo». lU. içt.
Dtffertis m. 26. 331. mérites boas ou maurns» oo nfnie k feineoii h leoooh
poofediK iui flieftei.
Dejfervam I. 387. méritant ou qui mérite-
Vejferve I. 472. uteiin.
Dijfervewt II. 4^. meriKot.
Dfjfervie IL 91. méritée
Dejjèrvir L 302. mériter. II. 181.
"Oegervit IL 186. mérita.
Dejprvj IL 47. mérité > & H. 432. méritai.
Defior€€ III. 73. écart.
Dfftatirye L 214. détourne , fait de k pêne» «dtrake.
Deftowrbf IIL }i. troublé.
DeftreJJi L 140. peine? chagrin > afilfftian.
l><yv/# II. 313. 471. ^égase^ iil. 112. nKXirir» farrir de k Wti
Defvier IL 78. mourir , fortir de la vie : eft ici au figuft.
Dffvoye IL 244. IIL 69. dérange > écane du cbemio.
Difvoyé l. 435. pour privez.
DiVétile IIL 350. defcend.
Devâll/ef IL 19. qui font defceiKlu en bas.
Divis L 136. pour devife, jctrifant : 2xnis UL ia7< 130. difeours^ eotretkos.
Devifh IL 2f8. divifc , fepare.
Dfuh ou diut L 431. iê plaint, s'attrifte» fèchagrinef vkntétiNMUr.
Dénient L 213. 308. &c. s'affligent.
XIav/ JH. 58. pkiàu > gémis.
Dextre L i}7. 148. pour droite» tiiédu Lâda ^mIta 4(1. po«r kmain droite.
Diafrez II. 35<. tapiflcz > omex , dccorex.
Did/ IL 35. (entcoce, maxime de doârim ou i$ SMrak.
Dfâx, IIL 37. parolles.
Difame L 40S. dtS). KL 2t. itéuûk» dlomaks, hoaie;
P^f L 207. eft contraire.
Dire IL J7. parole.
Difcardt L 203. d '
Wp^élil. a>9.
D/o^rr/ L 21 i. bizarre? méchant extraordinaire, ou quia uneferit de contrtdi<ftions.
Diverfe L 112. biûrre, ou même mcchame&maUiûMcite. I.x6^. trifte* chagrinante.
"^— ^ f -^o -4ij^„„nec^ itttoliic. UL 7}. '
donne.
203. difcorde; dilTention, guerre. IIL 14.
' ^ âucorift.
^:
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DES :kn CIBN s TEI^M Ê Ç
ly^nt I. i6^. M3. d'où * vient du latàa umb.
I>9nê I. 43^. DanoiièUe. TJ4
T>ouàmesI. 143. ancien inftrumetit dt auG^^»
^oues n. 154. donne > accorde.
A0»/Mr I. ^9^^ d»rrinttr.
I>OMloit III. 53. plaignoit.
I>outéaue IL dç. crainte.
l>«ir/f I. 2%6. verbe craint > appréhende > jitdoute.
^^te I. 324. crainte nom fubftandf.
DoÊttr I. 363. craindre > appréhender.
I>ragme II. 37. petite partie , ou nortion.
Drmguer III. Z09. boire > tiré de rAllemand.
Duira 1. a88. conviendnu
I>uir€ I. 217. convenir.
Duifdwt I. 369. convenable.
DMtUs L 226. accoutumées : fie IL 433. &mx»y cowenajbl»
Dujfibk III. 14. convenable.
E.
X^Difié L 224. pour certain 8c aiTuré.
•■--• Effifree I. 334. foutient^ fupporte.
Mmmaf^e I. 2^J^^ enfermer entF^ rfos ^an^e^
EmbaJmûMt I. 138. qui répand une bonne odeur. Wtf^
Embajméè L 139. agréable, baUàmique. ^"^^
Zmi/f I. 2.^6. edeve ou retire^ III. 22. vole> pnMtf.
i:fn^Mf III. 51. démarche iêcrete dans le figuré: de pag^ t^ dmàUéfy femMMift
EmhêMché Iir. 265. la bouche remplie.
Embrumées III. 49. remplies de fnmats > & brouilIfiidiL
Embufehé III. 265. en embufcades.
Emmitrent III. 334. fervent de inun^.
lÊmféftbeuf H. 419. qoî s^cupeilt) ijiii feue eo^dles.
fn^fmrMT III. 43. plume qui eft à reïtrémité d une flécher
Emftfire IJ. 283. embarraâè.
Emftamtt I. 291. gravée.
Emprinfiy ou Ëmprife 1. 427. 460. entrepriAli
Emfris I. 44^. entrepris.
Emffifi II. 71. pour entra^Mi :^ & I9S. 3f9.
Enamâttré I. 130. II. 192. rem[di d'amours 9 amoureuS
Encbafez II. 9^. exilez.
Emomhes I. 241. 2<î8. &c. accident , malheur > dopLacto /«amfcyf :- te IIL ^^
Encontre I. 210. contre.
Encantremenf L 301. en remontant > III. 74.
Encowiinez I. 178. oour environnez >paF rihifi€ih<aW^MiflAv^i^lM^
Enda IL 271. finte a'erclamation populaire 9 qui fe di(«icortteA c|li«lqàerP^^o?ineesi
Mngéme IL 339. bis. |nMttr4«Hrm-^»y M^Bttty «Miii^dMnfi'FEpigtfamtto GCX.
il eft pris au figuré pour la gaine de l'humanité.
J&«Mr M. i^ Uh%t. fOMi e^it y filé du. Larin hegnêem. B tféft que deni» foifc
dans les poëfies de Marot, & û première- tttol0 dfMI muuut^éqinvoque.
JEarg^ifv/L 291. gravé, impAa^ '
Enbcfte I. 304. exhorte.
EnUnieitréifs L 233. languiflàntes*
En-
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f^S LISTE A L P H A B E T I Q^U E
Emqmrri I. 456. III. 5a. rechercher , informer.
Emptitrs III. 6%. informe.
Enftife III. 98. (ccu , que tu t'en ferw informé.
EnriménU I. 389. pour enrumant.
Enjeipteur I. 151. qui enfeigne, qui montre, qui inftruit Ce tenue tfcft plw cTi*-
âge depuis long-temps : & III. 2 8 S.
Enferrées III. 219. enfermées.
Eufrjvhr I. 265. 564. fiiivrc.
Entaché I. 403. fouillé, marqué.
Entente I. 345. 572. intention. III. 102.
Ententives 1. 314. III. 356. attentive.
Enter d II. 11. contraint, tient, lie.
Entonmées III. 215. entourées , environnées.
Entrefaites I. 211. IL 77. intrigues , manoeuvres.
Entremevrant I. 377. fe blef&nt mutueUement les uns les autres.
Entrefrendre I. 381. pour entrepriiès.
Entreveneit furvenoit.
Envers II. 436. àTenvers, renverlc.
Envis III. 52. 130. malgré foy> à regrec
Efnif oient I. 230. fuivant l'égalité.
Eri^etis I. 234. chicanes Theologiques.
Erre I. i jo. force, snmderre , de grand' force, avec pKHDpdCads % & même aved
courage.
Eshab'tr I. 328. s'étonner.
Esbahis I. 124. étonne , furprens.
Esbabijjiment IL 108. éconnement.
Esbâhit IL ^i. s'étonne. ,
Esbâby L 431. étonne , furprens.
Esbanojsnt III. 79. s'^yant, fe divertiflànt.
£/^tf/ oîi £/^tf/s L 433. 44^- plaiûrs , divertiflèmens.
Esbatant I. 13 1. me divermTant : ne lé dit plus j mais fe pounoit dire en ftile Ma*
rotique.
Esbsttent I. 378. fe divertiflent.
Esbâudy L 398. gai , enjoué.
Efchaufftr III. 145. chaleur du combat
EfchMvgûijon III. 39- 72. chaleur extraordinaire.
EfcUndre IL 78^ IIL 118. malheur, accident fâcheux.
Efconrre U. 209. fè difliper.
15/gtfr</ I. 204. attention.
Eflargi II. 435. donné , accordé.
Efmsje IL 72. je m'étonne , je fuis furpris.
Efmayons I. 530. embarraflbns.
E/merilion L 161. oifeau deproye , très-vif.
EJmerveilhis IIL 6. m'eftonnois.
Efmeutit II. 260. c'eft proprement touflèr > ou le preparatif qu'on fait avant que de
cracher.
Efmofche L 209. terme populaire &burlefque pour dire une aâkn vive^ -une échap^
pée « un coup extraordinaire.
Efmoy I. 169. 211. 246. &c. chagrin , peine afHiâion.
EJpandsns L 147- repandans.
EJpands I. 205. jette.
Effars
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DES ANCIENS TERM
Bfpsrs I. 134. 1Ç3. 154. 241. difperle.
BjpsTt L 154. 364. s^écaite, fe répand , s'étend.
BJferst L 130. étoit autrefois d'ufage pour cQ>nt.
Bjfie IL 17. 57. Efpion.' Vovcï la note fur la pag. 17. ficUI.
BJpoimdra I. 478. ranimera , Tencour^erar
E][o'me 1. 149. peine, fetigue , difSculté.
EJfrrrét 1. 417. 458. émouflec. II. 463.
EfUe IL 157. forte de groffe cpéc : voyei la note fiir cet cndr
Eftorce III. 145. effort.
EJhaina III. 64. ferre , refferre.
Efifënge L 26^. étranger.
Efhangé I 5x9. éloigné, écarté, eidlé. IL 114. où il a le mêa
Èfirunier L j 30, éloigner , écarter.
Eftr anges |. 35c. étrangers.
EfifAfadi IL 419. efpecede Torture, qui ti'cft plus gjueres d*uÉ
EfitÊ L \\K, I7J-. 460. veut dire ce bas monde % mais 214- \
naiuance. 25 ^ iignifie nature , exiftence & pig. \^y i
tign : II. 29. Etat, (ituatioo* lil. X3. ntifince. 128. fi
Efirrvant II. 470. difputant.
EJhive L 333. difpute, verbe vient éTeJhiver ,' dirputer , dont
dans la Flandre Walone, III. 361.
•Bfiudii IIL 88. foin, étode, appUcnon.
Eftuje IIL 29. renferme.
EfvolUe IL 177. IIL 9^. étourdie, inquiète.
Eftrnt III. 25. 5^* Eternelle.
Etherù IIL 18. du Ciel, celefte : fe dit encore en pbTiîque» k
EthnifUi III. 209. payen.
ExfTcitf I. 473. pour «zerce. IIL 140. 223. armée.
ExpelU IL 161. chafle. Du Latin expellere, »
Ex$9Uée IL 46^. élevée, exaucée : du Latin ixtùlkrê.
F.
'UAcande L 244. &c. IL Ç2. éloquence.
*^ Facecie IL 63. farce, comédie.
Faâeur IL 49. créateur. III. 13.
FaSure I. 156. &c. IIL 29. création, origine» 377. taille hutr
veut dire créature: & III. 18. veut dire origine.
Failk L ^85. manque^ vient defaslùr^ manquer, qui n'eft plus
Faiikz IL 204. manquez.
Fsil/i L 371. decoura^, à qui le coeur a manqué ; fe dit en(
dans la Flandre walonnc.
FsiUit L 128. manqua.
Fsit'flle I. 1^3. pour «dit-elle; manière de parler encore d'u&ge
vbces.
Falaeieux àcfMUcieitfi L 241. 572. trompeufe.
Fallact L a6i. 353. IL 120, tromperie : & IIL 123.
Fawi IL 420. réputation , du Latin fama.
Famées L ji6. qui ont de la réputation , bonne ou mauvaife.
F amis I. 205. ammez.
Fantapa L I. 131. me chagrina, m'inquiéta.
Tome IIL Yyy
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538 LISTE ALPHABETIQUE
FéMsfi I. 242. Imjgifiarioa.
Farcereém L 408* Êu-onur.
FjMMtf I. 393. 408. terme burlefi]ue pour eiprimer k porte ptr ou toute hnmom-
té vieoc eocemoiicie.iiuMsinericcrcettMD* il £uic 91e cette ponefilicibu8-
lée. Voyez k noce fur ces endixMCi.
Fd^dts I. iSd. 471. manquera , finira, piefidfi fia.
Wauàr€% II. 44, manquerez , àtfaUUr^ manquer, ftei ifjfmJN%9 voui a^ aaan-
querez pai^
TAudrût I. j8o. manqueroit.
FtfaZr I. 178. manque* vient \ finir, àcfaUËr.
FsMt I. 471. manque, defiûllir. UL 252.
Fifatx I. 350. je oiaûqpe.
F^^ilp I. 337. fidèle.
Fftf/f m. 40. fidde.
FiMMtéll 189. fiddhé.
f;^ L 212. IL 44k>. ce cerne damft pmpi« fignificatmi yeat dire-ime ciidBficere£>
iê, telle que lei Romans de ChevaUene nous les dépeignent, tantfic bonnes&
tantôt mauvaiiès; mais ici â veut dire use Dame , âc il eft mis ai^fi|^iré.
Fehm L 205. traître III. 160.
FéUme III. 25. 165. tndûfofi.
Felaniu IL x^ç. coupable.
F^sr/b II. 263. &c. femme; eft ici au figné 9 car dans k prafie S veut dire b
femme d'un oiièau ou de quelques petites bêtes.
Ftndaces III. 80. fentes.
Fern m. 77. fane, défcche.
Ferk L ^80. IL 168. frapper. lU. 81.
Fermée IL 87. confirmée , afliirée.
Féru L 129. pourfiraff/» tetteké» fediteocoBefaaa&iefeaiait^^iaBodila'aglt^aflKiv
IIL 15c.
Fer$fë III. 19. frappée , bkffie.*
Feft IIL 31. le faite, le deffus, le comble.
Fevre IIL 64. orfèvre. Ceft ainli qu'on appelle encore en Fkodies les Semiricfs..
Feutr/ IIL 89. garni, revêtu.
Fiance L 187. confiance, IIL 35.
Fiche L 440. fe fixe , s'arrête. Msâz III. 42. applique;
Fiché IL 17. planté.
Fici&^ I. 207. mife , placée ; fixée.
Fifher IIL 42. appliquer.
Fichera IIL 42. arrêtera.
F/r*/ L 235. fumier , fe dit encore en quelques l^rovincca.
Fièvre fvarfaine I. 553. efpéce d'imprécation fort ufitée dans nos anciens poetet:
parce qu'on croyoit que la fièvre quarte étoit k plus difficile à guérir.
Fim IL 218. fin premier > pour dire precifement au premier : manioie de patkr^
qui s'eil confervée dans la Franche Picardie.
Fina IL 429. mourut , prit fin.
Fi»er L 390. obtenir ; mais pag. 45,1. veut dire payer % financer-
Finf L 239. IL 22. IIL 8. extremicez, confins.
F/ac L 239. IL 239. c'eft ce que nous difoos fiapjfte , moL
Flageols L^jp^. IL 28. flageolet , petite flûte.
Vl^ Flairant L 178. qui fentent une odeur agréable.
*" ' ' jette des fleurs, fleurit*
à
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DES ANCIENS TERMES.
n9
Vlmturt II, 49. Etat florif&nt
Flotte I. 582. troupe, multitude.
Flâfâheu/e III. ij6. pleine de flots.
Farhanir lU. 51. bannir, éloigner.
Fefhsnj I. 391, benoi > excj^.
Forbanijfant UI. 95. exilant, bannif&nt.
Ar^/iKT I. 371. evclu , chaâl, vietit d^Jmhrêi exclure ^ cbafler. On ea t coa«
fervé forclufion dans le Droit.
Forfait I. 109. 370. crime , adtion mauvaiiè.
Fûrfait I. 289. manqué , fait aucun mal : il elt verbe } &c vieot de fnfmn , fiûie
du mal
l^ûiltuft II. 49. faute» mairer&tion 6c III. 91.
Fors I. 312. excepté, \ l'exception & U, 355.
Fortuné verbe III. 343. fait projjperer.
Forvoj/er & fourvoytr I. 372. II. 25. égarer : nous diibns enooie d»i k faniUtr
fourvoyer 9 au même fens : & III. 301.
Ffuriere I. 373. qui va préparer les voyes ou le chemin.
Fottrriers II. 31. o£5ciers des Princes qui vont pour marquer & préparer les logemeos.
Foufitaux I. 174. hêtre, f^ nomme aufli/nr*.
Franc I. 327. fincexe.
Franche I. 303. Ubre 3^1. entière. •
Franchement L 2J9. volontiers , libremcat.
Franchifi l. 2^8. liberté.
Friffues 1. 149. g^, vive*, eqouées.
FruiSage IL 61. pour fruit.
Frnition II. 179. Jouiûànce.
Fnlminatoire II. 22. pour fulminant.
Fume I. 303. fe met en colère.
Fumiere II. 257. fumée.
G.
Gyf/Mr I. 188. navire , ou même galeie , 6c vaiâeau plat 6c II. 278. nous en
avons faitgallere.
GalUs^ IL 150. Terme burleique pour dire^Mittu^ il fe peut dire encore.
Gallicans III. 140. des Gaulois.
Gallique I. 383. Françoife, ou de France.
Game L A02. IL 175. Terme burlefque pour dire afl&ires particulières, defenfes.
Mats IL 414. veut dire excès. Mais dans tous ces endroits â eft mis au fi-^
guré.
Gargoijks ou gargouilles L 392. groflès bouteilles.
Garrot L 385. gros trait lancé avec de grolTes arbalctres. H. 419.
Gars I. 536. gaurfbn.
Garje, L 124 pour fille.
Gauàfy L 398. réjoui , ou même moqué 6c raiBé.
Gazouille IL 210. Terme burlefque pour, parle mal, murmure.
Gemmes III. 71. 1(^5. pierres precicufes , tiré du Latin.
Genefts L 377. forte de Cheval vif 6c léger.
Gensture l 232. creamre; Mais III. 40. génération. L 531. 533. enfan||.
Géniteur. IIL 46. père.
Gomt. m. 36. peuple.
Yyy
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5TE ALPHABETICLIJE
le> igreable.
. 103. jolie> m^noone.
bien faites.
e I. 473. aimaUe.
Moble(Iè> les gens de conditioR. Ma» II. i, sgrnnefit 9 jolies
encore en ce icm.
nmnds, ainfi nommex en Ladn & même en poëûe bcxoïqae
emagncj ou des Allemans.
ucbe: (è die encore quelquefois»
coucher. III. 155.
peuple barbaie qui habitoit \ remboQchuîe du Danube ou Ifit^*
rurcriere , ou qui tient une Epée.
nande^ avide.
t , fe dit encore en quelques provinces.
e la bierre médiocre ^ d'où 1 on a retenu en terme populaire
B avec excès > s'enivrer.
îçne, étendan : mais If. 13S. il eft tu figuré pour dire quelque
rUence^qui doit fervir de modèle aux autres.
gorgerette , di tour de gorgie pour les femmes,
ir grandement) beaucoup.
grave , de graver. Terme corrompu pour, ta rimcw
cr une montagne rapide>iiie dit encore en ce feos.
;rin, peine.
î > verbe: ou fi vous êtes ed peine*
rigué , tourmenté » affligé.
;ucnt , affligent.
appdântir, fatiguer , maltraiter,
fiachcux, malhcureyx.
61. &c. afflige > accable,
me burlefque>pour dire> (ê nKXXjue, fë raille,
rme burlefque, pour dire mife en muiique.
e burlefque pour diie> tu le pris ^ de griffer prendre,
ne; faiûilè.
, terme burlefque.
ci: groffa & fortes picques. III. 147.
^ffiereipent.
I figuré, pour dire fbt 5 irobecllle , fe dit encore au mcmc fèns.
)nfe que le feu Duc d'Orléans fit au Curé de S. Sulpice. Ce
landoit: M le Curé , combien avez- vous de gruerà votre biti-
Monfeigneur, lui répondit le Prêtre. Hebicn répliqua le Prince,
être la quatrième. ^ ,
ons> fês prefens. Ces recompenfês;
orifa, ou mcme recoa^penfa. & II. 430,
Î19. recompenfé, honoré,
ompenfte. & II. 237.
40. celui qui recompenfe 9 ou bienfaiteur,
garde , meffie.
gardant de côté. .: .
Gui-
K^
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ou
DES ANCIENS TERMES. ^+i
Gmgfte I. 434. regarde de côté.
Guignée III. 1 10. Tarder de côté.
Gmillon I. 517. malfcuti ou nouvelle fidcheufe,
Guifes III. a6x. façons, manières: gens de tputes guilêS) gens de toutes fiiçons >
toutes fortes de gens*
H.
H ^»i£/fr III. <;8. rendre habile.
Hacquenie I. 424. IL 218. Cheval de' parade > fur tout pour les Dames : eUes
s'en fervoient avant Tufiige des Caroflès,
Hsineufe IL 169. remplie de haine.
Hait I. 385. plaifir» contentement.
HaUéesÛ. 1 8. delTechées.
Hannujer IL 22. lil. 167. peuples duHaynaut.
Hafpe 1. 152. 450. m. 47. 'vient de Happer > qui n eft plus d'ufige*
Happer }L 58. 415 . prendre > fè iâilîr.
Hafuebuite I. 379. 499 Harquebufè, arme à feu zSffL pefimte.
Haquebk tiers II. 255. pour Harquebuûcr*
Harnois II [. 140. travaux militaires.
fùiro I. 410. cri de Juftice qui a de grands effèâs en Normandie. Voyez la note x.
de cette page.
Harfer IIL 358. jouer de la harpe.
Hart 1. 4 p. la corde , terme encore d'uûigeypour dire 9 un fcelerat qui mérite la
potence.
Haubm IL 461» efpece d'habillcmenf.
Hautain^ bautame I. 124. 133. 144- 181. 23^. 244. 542. grand> fublime 9 deyé:
il fignifie à préient fier &c oi^eilleux. -
Haute 1. 353. noble.
HauteJJe 1. 128. 228. i^iy. Elévation^ & même Majefté» d%nité, grandeur.
Hauteur 1. 41 3. dignité* majedé.
Hayneux I. 257. rempli de haine.
Heherier L 182. Loger 9 retirer.
Hedart IL 419. vif, aftif* léger, fe dit d'un chevaL
Herbis I. 18^ 274. herbes, prairies, pafturages.
HeriJJhnne IlI. 66. fc heriflè.
Heramtiere I 452. maigre, décharnée.
Heur I. ^93. 19c. s'y trouve trois fois 22a 53^. bonheur, fcUcité, bonne fort*
Heurées I. 381. heureufes.
Hillet L 450. vallet, efclave. Voyex la note fur cette page.
Htmeneus IL 62. le Dieu du mariage.
Hotline I. 456. gronde, murmure: terme burle(que qui fè peut dire encore.
Hommeau II. 462. bon homme > ou petit homme.
Hors-houtée L 396. renvoi dc'Juftice , ou élargiffemcm de prifod.
Hofisie I. 407. £nnemi.
Houppée I. 161. qui a une houpe.
Huche m. 54. 113. appelle.
Hucher L 557. IL 420. appeller, nommer.
Huet L 551. un (bt, dont on fe moque, dont on fait des huées.
Huilées L 218. Huées j quelquefois auÛi cris de joie, comme IL 19*
Humile IL 151. bas, rampant.
Huterie I. 561. Terme burlefque,pour dire huée, ou même difpute de pardes.
Yyy j
J^
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mais II. 9;. fiicheuft^ deAon*
541 LISTE ALPHABETIQUE
H«7 1. 171. aujourd'hui; k dit encore dans la Jurirprudence.
ihys I. 137. 146. porte j fe dit encore en quelques Proviocef.
I.
IMme voftL Ydoine.
lllee I. 20Ç. III. 14. 6^. en ce lieu-cî.
llUcjues HT. 57. 58. en ce lieu-ci. Ainli formé Bc allongé du mot iUéfy pour k ri-
me ou la verfificadon.
Illumine I. 220. éclaire. III. i^9.
ImmseuU I. 342. iàns tache.
ImmamUcité I. 227. ordure > terme &briqué (ans doute par Qement Marot.
Immmide I. 363. fouillé , impur.
Iwfsrtir If. 97. accorder > faire obtenir.
ImfmffibU I. 437. (ans aucun fentiment.
ïmfetrtr I. 463. obtenir, du Latin : à la même page fimfeiréA pourfobdna.
ïmpetrera Ili. 160. obtiendra > tiré du Latin «impetrare.
Imf9lluè III. 133. pure > nette, (ans tache.
Imfortune IIL 15 2. deiâgrcable.
Imfrêfnf I. 217. II. 163. deshonneur, affiîâioo
norante , il eft adjcûif.
Incifer III. 268. coupcn
ImoMlfaUe L 235. innocent, (ans crimes, (ans péché*
Incredthle III. 142. incroyable.
Increpex II. 568. reprenez, du Latin increpare reprendre, gronder.
Indécente I. 363. facheufe , peu convenable.
Indice I. 347. marque, ou même preuve. III. lotf.
Induit I. 529. détermine , fe peut dire encore.
Induyjent II. 276. engagent , déterminent»
InféÊstt I. 205. infeâez.
Infea III. 40. infedé.
Infertile IL 343. pour fterile.
Infime I. 26 8. dernier , ce qui eft le plus bas.
Infortune yYtrhe. I. 559. pour a£Bige . renvedè. •
Innavigable \IL 129. qu'on ne (àuroit naviguer.
Infcient II. 52. ignorant
l9)?tf^i!r IIL lA. qui n'eft ni fixe , ni ftaUe.
Infipùortant 111. 61. pour infupportable.
InteÛeSive I. 244. l'intelligence, comprdienfioo » e(pri^
Intendit I. 511. intendon.
Intertnéè III. 316. enregiftrée ou entérinée : terme d'uâge en madère crimindfe.
Introduit IIL 143. inftruit.
Invention I. 1 56. imagination , efprit.
Jonchétt I. 214. fe die des fleurs qu'on (ème dans le chemin : on dit encore /mi-
iher det fUurt,
Jouvencelle IL 50. jeune pucelle, (c peut dire encore.
Ire I. 128. 151. 222. colère, vient du Latin.
Iréct III. 134. irritées.
Iffant 297. L 137- H- ^<- (brtant; vient d'UBr, vieux terme. IIL 49.
I^ L 331. forte , vient aufli JCijfir.
' Ijfent IL 6. (brtent.
IJFr
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B
m
DES ANCIENS J
Iffir I. 347. fo]tir<> vieui terme bon d'uûg^.
J^/ I. 237. fortit.
J^ I. 36^. 418. ford y fe dit eticoie en iiût d« ge»
^ë I. 207. 2i6. (ortie.
J^af# II. f <. tu ibrtirois > vient d'ij^ y ibrtir,
i/4f/r/ III. 141. d'Italie.
jM^bs I. 151. pour plaça , ne fe dit plus que dans I
poules juchent, pour vont dormir o« iè repc
Jh^ II. 484. montre , fait voir.
Jms fe joint toujours avec un velbe comme rtterjm
faire de quelque cbofe I. 371. IL 79. a la m
dit eûCQW dans h Flandre Walone.
Jt/febe II. 335. efl ici au figure & en matière joyeui
Jufilm I. 577. être élevé : terme oris de la NÉaiage
qu'dle fe couche (Ur des bauoos élevez.
L.
LAlmtfél. 4(fo. travaillé III. 13^.
L^&ée III. 123. voyelaiâée, ou voye laâée.
Lëinmt I. 533. laiDferoot.
Ijâm9 I. 437. allégorie tirée des lames des épées.
tainl9 II. 490. tombeau : & I. 422. 545. II. 38.
LamJ^t I. 170. Foire qui fe tient à Paris au mois de
te page.
Lampiitte I. 20^. pour petite langue > aa diminutif
I^s t 325. trifte, attigé.
L*at I. 4^1. pour faelas : & III. 9.
JLaJpis I. 186. ci-defTus > ou de la demeure celefte.
léomée III. 100. de Launer.
Lautrebitr IL 485. un de ces jours paflèz.
Léy I. 4^1. forte de poëfie Françoife antique.
I^yAtrt IL 48. feuillure ^ difibrmité.
li/ I. 440. lame.
LêéÊws I. 146. 11. 412. III. 204. ce lieiHà 9 ou ce UeiKi*
Li9nm III. 283. du Lion.
Letame I. 433. terme burlelque» pour dire une grande tboodancts^
Likere III. 212. libre.
Uejffes I. i|o. 159. 200. 2cc. joie , plaifîr.
Ui/aU I. 381. qui tient aux lis > ou aux fleurs de Uê>
Làmité I. 13^. veut dire, avoir bien examiné.
Limons III. 96. timons^ fe dit encore par la populace^
Lamtame I. 384. éloignée.
LûijMence I. 124. ficc parole; difeours.
Laréè I. 225. fur le bord; le long.
Lûuetrves I. 183. loups cervier, très-dangereisr.
Lo% I. 125. 177- 453- louanpe > vient du Latin Uêu$.
Laysll. 133. fidde , favorable.
LoyoMment I. 231. fidèlement.
Loyaux 1. 13a. 194. pour fideks j & firmes dans le biesi»
LojémUL 296. fidoèlké.
vî*<
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LISTE ALPHABETIQUE
LmeUM II. 418. c'étoiC} dit-on» le compagnon deLucUfcr.
Ltifife I. ijj. clarté, illuffaation.
Lutb^m I. 405. Luthin, dprit follet») ce qu*on dk.
!«/ I. 441. pour, kii : & U. 415.
hja I. C78. dans le propre c'eft une chienne, n>ais dam le âguié il feue dire une
bete , toujours cependant en mauvaiiê part.
M.
MAcêU II 37f. tache. •
MmctiUt I. 154. fouillée» vient du Latin & III. 27.
Majtfié I. 418. On voit par cet endroit que ce titre ne fe donnât pas feulement aux
Rois , mais même à d'autres Prince*".
Mamft L 202. 323. beaucoup: iê dit encore dans ce qu'on appelle le ftileMaxodqpa ^
Màttmu I. 209. c'eft le féminin de maint, beaucoup , grand nombre. III. 30. V§]^
Mais II 71. fe joint avec le mot fet/ty n*fm fent-msis » pour n'en eft point cauie :
fe dit encore dans le familier.
Mûis-qu€ II. 206. pourvA que.
Mâle I. ^42. 563. mauvaiiê, méchante : & II. 235.
Médehûticbe III. 128. médifant
MaUxwrHs I. 218. pour malheureufes.
Maltalent III. 21. méchanceté. 111. m. chagrin , affliôion.
Manoir I. 134. 202. demeure , habitation ^ fe dit encore dans la Jurifenidencc : fie
III. 18. 28.
Manpon I. 156. demeure, habitation } n'eft plus d'ufege. III. 94.
Markrines II. 214. de marbre.
Marché I. 116. poflé , ou mis en attitude d'attaque ou de defifenfe.
Marmiteux I. 171. 582. trille, abbatu de douleur, ou du moins qui afiEbde defé*
tre UI. 2é^5.
Marm^mner I. 554. terme burleique pour dire , parler, ou même travailler ^ félon
les conjonaures-
Marranf I. 553. feroit proprement un Mahometan, un Africain; mats ici c'eft une ^J^"^
injure. Dans le temps que nous autres François étions ennemis des Efpagnols^ ^^
nous les traitions de marranes y comme ils nous traitoient de Gavacbes.
' Marrifon II. i. 8. 103. triftelTe , chagrin.
Marry II. 44. trifte , affligé.
Martiaux III. 151, Militaires.
Martiennes III. 141. martiales , militaires.
Martyrée III. 85. foufirante.
ntyrer I. 210. 213. tourmenter. ^
9ubec I. 307. mauvaife langue.
9vgré I. 363. pour makré. -^
9uvaifiié\, 203. bis. Nféchanceté j malice.
ffaci l. 203. fiiflc mal.
flancolier 43^. II. 330. attrifter , chagriner, rendre mflancoiiqiie.
tlancoUeux 11. 294. trifte , melancoUque.
tlodie II. 17. chofe agréable ; par alluûon à la mufique.
endre I. 125. moindre.
muife I. 24.3. diminue , amaigriflè.
frché l. 403. pour marqué: &II. 17. écrit, marqué.
^ciay I. 155. {xxir remerciai , vient de mercier , remercier , vieui terme hors d'u&ge.
Mer-
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DES ANCIENS TERMES. fff
•Merck I. 437. pour remercie.
Mercier I. J27. remercier.
Mercié I. 3^8. remercié.
Mercj I. 228. marque» ligne pour reconnoitre
Mercj I, 99. raS. 251. 2^3. &c. IL 109, eft
plus d'une fois avant que de l'obtenir.
Mefcbamce IL 188. III. 25a. méchanceté.
Mefibeflll. 3J. 79. 146. malheur.
Mefelie IL 149. ladre > villaine > de wnfeloa f
SiK Mesface L 20 j. faire mai.
i^'i Mesfairt I. 210. faire ou cadèr du mol ou de
& II. 387* mesfèity fit du mal
Mesfâit L 520. II. 498. faute y y mauvaifë aâ
Mesytrdt III. 249. mépr^.
Mejgme I. 216. 269- compagnie > famille. IIL
Meffrenère L 2i<. faire msu^ s'écarter de fbn
Mtffnnmeiu I. ^52. Êiflènt n^; manquent aie
Mejfrifim L 282. 306. IL 159. aâion mépriikt
Mepre I 504. pour mefTel , livre d'ufàge pou
Meft advis IL 280. me femble> iê dit encore pa
Mefiier I. 203. neceffidre 111. 202.
Metrel . 201. 304. 457. ^66^ vers ou poçfie.
Mie L i^). IIL 33. 122. pas, nullement) poic
Migmardùit IL 259. flattoit, fiuibit des amitiez
MiUitans IIL 143. belliqueux , milioûœs.
Mire I. 393. Chirurgien.
Mijie IL 55. 452. jolie» propre» bien mife.
Mitéàme L 553 forte de g^ds.
Molefie I. 127. bleilè : mais IIL 3(^2. facheufi
Moleftes I. 154. peine > afHiâion > chagrins. IL
Monarches III 142. 166 la fouveraine » ceUe
Montjoje L 132. amas, aflèmblagCySc même u
Mênfiter IIL 202. Monaftere : mais L 487. I
Mtmt III. 347. i mamc, en remontant.
Mvrhieu IL 261. jurement déguife , quifedic
& au lieu du D.
Mordéms I. 203. 204. criards ! mais pig> 3if.
Morifyues I. 149. danfës morefquea.
Marmfies U. 494. terme burlelque» pour dire j
Mers IL 332. pour mordu.
M»rje IIL 283. mordue.
Mortifère I. 2otf. III. 69. 112. mortels.
JW^^iw IIL 48, cauiè , origine , fource. ,
Mmi^ L 447. forte de gros gands.
M»mfiier I. i^. 487. Epife> vient du La^in .
Mau$ IL 40. beaucoup : mm$ p^nHêmmU » exi
Mêjen IIL 72. le milieu.
Mua L 3^0. changea.
Jlftf>' IL 49. change.
Mmk IL 275. cbmgé.
Muées I. ±76. dttôgéei.
;roMBlU.
Zxz
■i3
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fj^ LISTE A LP H A B E T I Q^U E
Muer III. 5S. cbufer.
MmJt L 130. pure» fin» mcooe tacbe. IIL 36.
MmfnÊt L 271. l'aiDufimc.
MÊfétrJklX. 17. iDiidlité» haptfrilr.
Mafefiim \. 42t. II. ▲. fiUe qui aime b joie. Tcnne burleAjoe.
vr*
rt.
r»; ?î^
-Omu
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DES ANCIENSTERMES. ^47
Ofmtipetemt III. 23. 344. tout-puiflànt.
Opfarttme L 193. IL 211. III. 123. fiivorable.
Offreffèî II. IA2. troubles* difputes, contentions; mais 189. veut dire peine & em-
barras. Tll. 318. & 338. oppreffion, perfccution.
Ord I. 201. 318. 429. laid, (aie, malpropre : tiré du Latin borrUtts. Ordu L 40S.
viUaines, falcs, malpropres.
Ofékn II. 286. &le , lotlpropre, du Latin barridus.
Ordy III. 141. fouillé.
terme qui n'eft plus d'uâge.
: moment : mais 473.
veur airc>taniui; 1 un » uuitvk j wjh.%^ , v>u aiicitMuvcuiciiu
Oripeaux II. 368. tcnne burkfquc pour dire iès habits ou juppes; c'eft ca que nous
dirions ics haillons.
OrUémique I. 341. d'Orléans.
Ornature I. 191. pour ornement.
Orra III. 194. écoutera i entendra,
Orr€% I. 196. entcâdrcz.
Omnc L 337. ouiriez> entendriez,
Omn$ I. 144. pour entendroir.
Ofi L 194. II. 31. 14*. ariAéci
OiT4 IL 422. caiendnu
OmUidnceV. 319. oubli
Outrais L 53*. IL 4*8. 441. III. Ij. exccx : mais L 559. i tmirana , pleine dp
Satyres.
Omis IL 154. oyci i ç*«ft l'ancien terme,
OutrecMydées II. 34. exceflive , qui paffe les bornes : mais II. 58. impertinentes,
extravagantes , téméraires : IIL 166.
OtÊtrefMpl. 459. IL 56. loj. 188. 3^-1. pour Texcellcnce J qui l'emporte ûur ton-
te autre.
Outrefaffânt III. 74. furpaflànt en vitcflc.
Outvtpmgi IL 468. tojpafiè. *
Omtrepajfbit III. 107. lurpaffoit.
Ouvrt III. 317. travaille.
dr-vré»/ L 142. travaillées.
Oy€% IL 2 ç 3. écoutez.
OyoHs n. 351. écoutons*
OffiMJe ; II. 82. pour oôûveté.
P.
PAilUrâs IL 13. on fçait ce que veut dire ce terme dans le propre ; mais dans le
(îgurè il veut dire un garnement 9 un coquin. ^
Paliadial IL 15 1. de Pallas : &
Pailadiane IL 154. au même fens.
Pailie 12 f. L 209. veut dire^i/r, blême, défait^ mais dans le vêts fuivant de k
même page il eft verbe & veut dire mddoHcir.
Tallis ou Pajlts IL 336. mur, muraille.
Pj/«w^e IIL 8. pigeon ramier ou fauvagc.
Paluds IL 454. marais, III. 39.
PmftùfTs. II. 12. hipocrite.
Pérrémim L 424. 561. figpifie ce qu'il y a de plus (ubUme cû q^iqpe (pre: '"^
Zzz 2
tW
^
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f48 LISTE ALPHABETIQUE
poffiîr modclc
e de jurements ^s'eft cootertém
xiijïir.
c foii tu BKBie ftos^
^cs là note fiir cet codioic
K tme OMiiiere piatcrbîale de ptrier.
ou fe peut due encorr.
î.
3o»ou de cnmes* Tiré du Latim
r > trouer qtri n*eft plue d^ufig^. On
r dans la narigition des nvicres, qui
ëine exprès pour It tenue de» eaux.
: aux chevaux à chaque repas ^ mais
:i veut dire nulles > aucunes.
t guères. U î^j ê, que Diogèses qii
quefoss da» le fiaBflîer.
parce que Maroc «voit des dievc_
trakéde pafoles. ^^
ltraiter> oubÉenfcair aupoil&à k g'
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R M E s.
Ttantes III. 107* pieck.
Fiant/ L 206» II. 16. &c. beaucoup > en abondance : flc III. 19.
Flantmremx I. 214. II. 17I. fertile, abondant-
F léger ont I. 454.. caudonneronc. *
Flenvir IL 181. exceller.
Flevy IlL 204. je certifie > aflure.
Flêmhem III. 163. réduit i avoir la couleur de plomb; mais id il eft au figuié pour
décoloré. •
Fiurkts II. 254. terme de grammaire, quand on parle de pluiieurs peribnnes.
Foetifer II. 247. verfifier; faire des vers.
Foignsmt I. 295. picquant : mais 437. veut dire , qui ne Eût que commencer à pa«
roitre> ou à naitre.
FoïmS I. 151. III. p9. picque» vient de poindre , picquer: mais I. ^45. veut dîpe
commence à naicre. & 579. chagrine inquiète, auOi bien que il, 206.
FoinBure I. 556. picquure III. 60. colère.
F oindra I. 404. {HCquera.
Foindrt I. 557. picquer : mais II. 498. exciter.
Foifi I. 529. pour pefe > eft à charge.
Foilu I. 27X fouillé m. 147.
FoUuél. 164. fouillée.
Fortaum III. 49. portes.
Foffèjfoire II. 23. poCTeflion > (e dît encore > mais feulement en matière de bénéfices
Eccleûafliques.
Foupines I. 403. jolies, délicates.
Fourchas I. 172. 537. recherche, pourfuite.
FourAaffe I. 152. 319. cherche, pourfuit ; & II. 130. i83.
Fourchajpfl. 441. cterché , rechercha
Pourchajfée II 179. recherchée.
Fourchaient F. 26*. recherchent.
Fourchaffor Ilf. 94. chafler , rechercher : mais I. 371. 447. chercher, demander,
rechercher.
Fourthajfera III. 2(Î2. pourfuivra.
Fonrchajferont II. 401. rechercheront.
FourfiUll. 371. filé.
Fonrpenfe fli. 61. croit, penfê.
Fowrpris 1. 133. 137. &c. enceinte d'une maifbn ou d'un Temple-
Fourfujvirl. 131. 134. 154. pourfuivrc
Foyfe III. 30. pcfè.
Frati^e^ IL 205. afl&ire.
Fratifueur III. 2^9. qui s'applique ^^
Freaux III. 201. prairies, vergers.
Frecelle I. 370. qui furpaflè , qui excelle.
Freceltex, L 440. furpaftèz , excellex au delTus.
Fremier I. 261. d'atord r adVcrbe : de même II. i6>
Fremiér I. 563. recompenfcr , du Latin pramium date.
Frejfe L 324. II. 189. peine, afflidion > perfecution. III. 351.
Frevidame I. 134. pour prévoyance.
Freux I. 124. 125. 18I. III. id. i}8. courageux.
IV/fT/ m. 27. prières. #
Frime-face I. 211. d'abord , en premier lieu. _
Frimer aim IL 20. première* ancienne. Ce terme le tr^
Zxx 3.
^^
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ira
Sf9 LISTE ALPHABETICLUE
man de la Rofe.
T'rh^stft IIL 65.90.<l'abor4.
Priftim I. a+^. ancienne : tirÉ du Latin.
Procbam I. liSo. près.
Profjnùt III. 1^7. enftins.
FroUtiêm JII. 278. parole.
Pr^lixi I. 572. crès-loag, & mecne conuyeux: terme encore d'uûac.
Trofice I. IQ3. &c. convenable, favorable. ""
ProJperaMt IlJ. 2J9- l'homnie fortuné & beureuTf ou qui pro^e-
Frofiere I. i85. 190. 4^2. 577. heurcux> comblé de profpericé.
frou I. 597. beaucoup.
Pif^/ffT 1. 572. divulgation.
PW/^irf I. 4Î7. pleines de pudeur. ^
ruftBanime h 535. timide. ^
CL
QUdrtsme^ I. 5^3. fe dit de la fièvre quarte,
^^ir^^*/ I I j I. &c. cherchant, de ^iterir chercher, qui vient du r,>Tm ^
rere. III, ^38.
Sluerez III. 139. cherchez,
â*^»* II- 5«- chercher.
. . p. Xf^^J^l' 1 3+- pour cherchois , de quérir.
ÏJtf ^•^'/; *^^' *^^' "'• >^ î^o. chercher.
S^efie II. 98. w// M fiftfte, pour fe icrvir.
Sueflesl 340. recherches; pourkûtei, & IL 314.
^iers I 396. cherche : & f-rirr/ I. 406. cherche, à 1
ginierf IIL 67. cherche.
^/»tf» I. 58 . fottemcnt trompé & attrapé.
^«// I. 241. cherché, vient de jitmrê.
Suffi I. 3x8. recherchée.
R.
R^*W II. 21 r. Eure du bruit & du vacarme. Voyez la note fur cette pase
RaJôMher I. 179. raccommoder , réublir: n'ctt plut d'ufi^ que dans hm^
Km. III. 122. rai* des yeux; uo U vue.
liaifi IL 219. rafée, coupée net.
^^^« I. 149. rafêz, tondus.
^^msie L 141. 175. 430. pour fâuvage , ou champêtre.
RamaMx III. 32. branches.
'^^ tîJU' ]^'Jl^ "^- "' branches & fêuiOags» d'arbiw , ou d'arbriiïcai» '
M elt plus d ufage quoiqu'oo dife encore ramr des poub : c'eft-à.di« ies ibu*
tenir avec des branches. *»*«•
Ramentevoir L 271. IL 37 fcuvenir , ou Élire rcffouvenir, rappeller à U mémoire
Kamentoy 1. 178. il. 66. fais fou venir ; ou même cdcbrer iouYcnj , vicat de r^
menttvoir & IIL 322. ^ *•* w rm^
R^mentus I. 208. rappeliez à la mémoire.
Rancuiur L 5^3. rancune, chagrin, vangeanéb, colac.
Ramums UX 119. dilpates, cauferies ; babil.
. la troîGème pcrfi^nns.
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DES ANCIENS T
FsMdùM n. 380. force, courage.
RsM I. 55^. Je ne fçai ce que c'cft,à moinf qu'A 0
Latin Rama.
Rffi'^ III. 146. retranche.
RavaUéfs IL 18. abbaifleeS.
RdvalUnt I. 315. abbaiflènt.
Rmja IIL 80. rajonna , éclaira. ,
Resgal I. lia. arfenic rouge> c^eft le plm diOgttW]
Retéortstifl, 200. refix>îgné.
Réhfc IL %6. infiniment de Mufique.
RekoMcML 1^6. pour tebrouflé , doot la pointa €ft
Reboucher IL 400. rrtnrouflër.
Rehwrs 1. 202. contradiéUon » reprimende.
Rebwrfe 1. 200. mal-graciei^. & IL 327*
Rehout 1. 448. rebut, ou refus.
Rebçmté L 217. 57#. pour rebuté, dediiglli»
Rebeuter I. 222. pour rebuter.
Retemt III. 49. nouvellement.
Recenfent IIL 304. rapportent. *
Recueil \. 124. 20i. 218. 431. &c. accueil > «
ception.
Recueille 1. 123. reçu auprès de quelqu'un; t«îr «c
Recommencement IL 326. renouvellement, réiteradoU
Réconfort IL 430. confolation, foulagemem.
Reconforte L 362* 445. IL 21. encourage^ (buticûn
Record L 281. 431. fouvcnir, mettioirér. IIL 3I.
Recordant II. 498. fc ibuvenant.
Recorde L 272. rappelle à la mémoire 511. pour foi
Recordée IL 35. re[»(Iè dans ùl meowire.
Recordes IL 54. te fouvienne.
Recors L 200. 229. fiec. rememoratifi, fouvenant.
font fouvenir. IIL 196.
Recourir L 444. délivrer.
Recourrut L 444. délivra*
»ec0tfes h 2rt7. ddivmtree.
R#fwa;rfirr L 195. réparateur.
Recoux IIL 273. reclûippé» délivré.
Recoy IL 234. Tranquillité, repos» follitude.
Redonde I. 327. rejaillit. & IL 28. teut dire êOft t»
Redond/e II. 35. redoublée» répétée fouvent.
Redondement IIL 49. débordement.
Refulgent IL 151. éclattant.
Référer IIL 151. rapporter.
RefUmhoyémt \l\. 150 refplendîflant ; illûfire ; ao 1
Regarda xr\. Phifidnôrtie, carabe; ntais m. 31»
Rei^imhnt L 54^. fefevohtfnt, altafon tifôsr dte cl
J^^^;yf IL 24. 486. pour royaume.
Remémorant IL 96. fb fouvenant, repayant dans Ùl
Remémore IL 485- repaflè dans & mémoire.
Remire I. 3^. fégarcfe dfe fbvÊ cdiet.
Remirent IIL 37. examinent.
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c'eft Tanckii nom qa'oo leur
LISTE ALPHABETIQUE
Ibnmii n. 411. te touche.
IbmméVl. ^75. cbangé <k place.
Renffrege I. 3^9. aggrave ^appeiântL
Remgngmtemt -j I. 36 1. aegravcment ^
RefsireL ^62. retraite «^bitatkm» fur tout àchètesfmwa.
tUfircwfivi II. 499 frappante» & même avec efficace.
Biêfs 1. Kfi. tranquilles, qui eft en repos.
RtfMoy III. 105. à l'écart > en particulier. Mas 171. tranquile.
Xr/i» III. 35. 327. Le refte> le reftaot.
l^fpir III. 112. reipiradon.
Miffleiukur III. 309 gloire éclatante.
Rejjàrth' IL 97. quitter, abandonner. é
Reftéu/rant I. 120. retablil&nt, fortifiant.
fjtfiémréi IL 29. rétablie.
"Rejujcitatiêm u. 433. refurreâion.
Resùrifwei/rt 1. 404. Orateurs ; & même poëces
donnoit.
HetraiS IL 335. retiré; qui n'a pas fon étendue naturelle.
JUtrmre 1. 281. &c. retirer» recevoir & IIL 68.
EHrarrâfi > f . 407. pour retirerois.
Reviri L 310. retourné de plufieurs côtex.
R#iWi^f)v/ III. 37. repaflènt dans leur mémoire.
Eevêhex IL 75. feuilletez fouvcnt.
JUiattx III. 314. adonnez à de viilains vices.
JUem IL 459. qudque chofc, toute chofè.
^tbmajferk I. .557. terme burlefque pour dire de mauvaiiê poëfie.
Ritbm$je L 289. rime, £ût des vers.
Rûigm L 456. galle.
Râgtre L 554. (nfolent, ibttement fier. ^
Rmftmrf III. 141. brifez en morceaux.
Romfmrè I. 367. rupcuic
IRandille III. 317. boucliers ronds.
'R»uè III. 106. tourne autour.
'Rautf III. 71. chemin.
RuttiiTs I. 158. ^87. Soldat, mais au figuré veut im un homme qui eft au fiût de
bien des ascrfês : fe dit encore dans le familier.
'Rubiconde III. 141. de couleur rouge.
Rmêneur IIL 257. caufe de la ruine.
BâfTdtj ou rt/rsie 1. )8o. 432. ruftique 9 champêtre*
Rmrsux L 244. ruftiques III. 157.
\i
©^
\Aare L 217- 5»+- Saint, làcré. IIL 37
O Sâgrette II. 170. friande, oui aime k vie joyeufe ; car il eft ici au figuré.
SëittteX. 128. iJ2lII.42.309.fleche9traitd'arc>oud'arbalefte9vientduLaua&t£i//j.
Sm I. 450. c'eft lliabk de deiSis.
SMillt% IL 2. fortez.
^4i/iy^/. III. 151. fortant.
^Smlh m. 147. foros. Mais id Mli en place ^ je me levai & pidêntai
Séttlbit L 370. 555. ibrtir.
SmU
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DES ANCIENS TERMES. ff$
SmHf I. 144. pour^ fordt» vient de SmIUt^ qui n'eft plus d'uÊg^
Séùfime III. 120. pof&flion. Ce n'eft plus tujourdliui qu'un terme de droit
SsUstiom II. 472. III. 168. iij^ Salut.
Sslubrt I. 2^4. Salutaire.
Sahféirf III. 302. (àlut> ou Sauveur.
SàUitfs I. 479. <29. forte de Monnoye d^br^ fiir Itqudle étoit gravée la fidutttioii de
TAnge à la Sainte vierge. Voyez la note iîir cet endroit.
Ssmis II. 33. 4^0. fine £toffe de ibie.
SoMiz III. 20^ retranchez.
SémgMtnùtente III 21. ânguinaire.
Swtur L 396. goût> plaiiir.
Ssufl. 523. fiiuvé, rétabli
Sémulle L 385. treflaille de joie.
Sfétuotr^mom I. 260. manière populaire» pour dire à fiivoir^par interrogatiocu
Stcmtdt I. 191. favorable > beureufe.
Secous II. 240. 420. fecoué.
Secoujfes III. 127. coupi> émotioni.
Setêux L 285. agité.
Sedmlk ou diklb. I. 453. billet» obljcation pour emprunt d'aigent.
Seiffêeuriê Verbe. III. ^66. commande.
Sfj0wrs I. 373. retardement: mais 469. veut dire avec le temps > en fbn temps, fic^
III. 68. de feJQttr pour repole> fiais.
SemhUnt I. 370. figure.
Siimmcê I. 261. 457. 51X. exhortation > invitation > foUicitadon. & au même feni
II. 148.
Semandll. 468. excite > engage > follicite.
Semondre I. 485. prier, foUiciter. II. 314. attirer.
Semofme I. 246. averdÔè > excite : vient de Semondre.
Senefire III. 65. 107. à gauche. ^
SemfitrflU. 163. le fcntiment.
5«f/e IL 253. chemin i nous en avons r^enix finthr , petit chemin. III. 43.
Sefuellê L 155. Suite, ou compagnie^ fe dit encore dans le familier.
Séquence III. 161. Suite» ordre.
Seraine II. 21. pour Sirène.
Serée I. 363. II. 63. pour foiréej le fbîr.
Serf h 151. ferviteurs , efclaves , terme qui n'eft plus d'ufi^ que dans la jurUpni-
dence, ou le droit public. & II. ▲65.
Servage IL 106. fervitude, efclavage. III. xtfo.
Servant L 273. fcrviteur. & IIL 304.
Serve III. 149. efclave.
Servik II. 3^ foumife, efclave.
Si IL 109. IIL %%i.fans p^ fims défiants.
Silveftre 1. iSi^qui vient» ou qui demeure dans les bois je les forêts.
Shnflejfe IL 2. 344.. pour fiinplicité.
Simulaore^ I. 227. IIL 161. fiatuës.
Slon IL \66' petite branche tendre & pliante de quelque arbrifleau.
59r I. 187. foc de charuë , terme encore d'ufiige dans l'agriculture.
Soef I. 221. doux, agréable. Yxfiefves. III. 20. douces , agréables.
Sotfvement IIL 154. agréablement.
SoUàenx L 138. 143. pour agréable » plein de coniblation : terme que nous avons
perdu. III. 228.,
. ToMK III. Aaaa Sm*
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ff4 LISTE ALPHA BEtlQ^UB
S^mger L 373. pour fiȍe.
Sortir IL 99. munir > ^mSBx^
Satart II. aoi. foc ou imbeclile
Sotie L 554. foctife> bedTe.
5#«n> I. iij,7. chagrine 9 vient du verbe y&vdfr, OfA nfcft plus cPuûge.
I!iir<ttr I. 1)3.' cSapiner , enhujW. *
5^iifr/ I. 128. 155. 194- vietK terme qui figntfie (bUtti , parce quHs éfoJent fou-
doyez, c*eft-à-dire paycx par le Prince > ce nom ne fe dcmaoîr qtfà Plnfiinterie
Souffirette I. 2|S. II. i79.})auvreté« difettesdes choliès les piusneeefl^iies: & ll^iro
Souiace I. ^63. prend plaihr , fe fâtisfâit. . " '^^
Soûlas I. 392. 536. IL 2. foulagemcnt, confolatk», joie, pbifir. III. y^.
Sotiloiti. 153. &c. avoit coutume: vient de y5»^ir, avoir de coâômie;
Souloient I. 29^. avoient coutume,
f^iy/^i/ L 175. 179. J'avois accoutumé.
Sourdre I. 220. fordr > naicre « te dit des eaux & Foacaiaea.
Specuk un 5Ç. regarde.
Stature I. 297. 4^. fbrme> figure» taille.
Stigkux IL 53. 60. du ftix, fleuve d'enfer.
Stimuler L 498. exdter, tiré du Latin ftimulaDt.
Sui^t III. 45. fubitement.
SiiUet L 210. fifflet à prendre oiftaux, ou oîTeUett.
Sublimées III. 144. élevées.
Sublimer II. 18. Élever, célébrer, chanter.
SubUmsf/l. 13^. élévation.
Sue IL 25. le col i la tête.
Sueufi III. 7^. oui eft en fiieur.
Suif butées L 210. qui (entent le fouplm.
Supemels IL 70. III. 18. 75. fuperieur, celeOe.
Supporte L 458* Hxcufe : verbe.
Surmarebé IL ^o. marqué.
Surmareber III. 151. noter, cenfurer; au figpré^
Survolant II. 463. Volant au-deflus.
^rL 175. {uTinmettrefusy rétablir.
5ir/?i// IL 73. propofé.
Sujvir IL 181. fuivre. oj
5H^^L38i. Celeftcs.
T.
TAbomrhts L 143. 433. petits Tamboun.
Tabut I. 558. bruit , fracas.
7auce II J. 331. gjonde, menace.
Tancer IL 308. reprendre, reprimender.
Tau f ois IL 465. reprenois, reprimendois.
Taskiis L 435- ^ tandis ^ pendant ce temps Û. Terme enc^e tfufiee parmi le.Dm^
Île de quelques Provinces. ^ '^ * ■ -
L 2. dupute, ou même reprimende.
Tantj a I. 282. pour, enfin.
Tapinois I. 450. doucement,, (ans fiure de bruit.
Tappi I. 220. enfoncé ou caché en un coing.
Tar^e IlL 354. bouclier & III. 127* '
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e*^
Jk»Vi
MAJ
DES A N GI E N S T E R M E S. nr
TeS II. 489. Tok 9 mtsfeh. III. 7i^.
Tencer II. 308. III. 334. gronder, reprendre j menacer.
Tendrt L ^^i. Outi^nc en achonrs;
l>ime I. 550. fkâgue , vient de tenner> bàfpcx^cpk & die encore es ij^ielfies Pro-
vinccs.
Termée II, /^6i* affligée^ fatiguée.
Terméè II. 79. finée à un certain terme.
7>rri>3» I. 273. tcrreftre.
Ihrtre I. 219. petite montagne : le dit encore.
Tefiifif L 254. aflure, ccrtffie.
lires III. 57. fois.
Ttffir I. 179. former un Tiflli,
Ttffu'é I. 474. commencée.
Tifire I. 310. 462. faire» fabriquer , compofêr. IL 493.
Togue II. 7ç. robbe Lon^e* du Latin Toga.
Tollu L 577. enlevé, pris, ôtcr : du Latin nUerg, III. 133.
Tmhel II. 41 8. Tombeau.
Tûfmelle II. 93. inftrument ou filet, dont on fe fert pour la cbâJle aux perdrix ic
cailles.
TifrJhns II. 422. ce font les tours & pofhires de Tamoureufe vie.
Tardrye I. 317. me trompcrois.
Ttrt L 204. Tourne ^fe dit encore en ce fèns , tordre la bouche. & Tors ait même
fcns II. 27<p. , '
toft/es III. 183. rotiès; Villon fe fert auflS de ce terme»
Touche I. 363. Etat, dignité; il efl ici au figuré.
Tour III. 129. cette grâce , cette faveur, il efl ici au figuré.
Tourbe II. 40. 5^. multitude de peribnnes, du Latin turba , & III. 3f« 1^5. t 114»
compagnie.
TourtUons I. 150. Tours agréables , & quelquefois tours de foupleflè du Jarret ou du
derrière.
Tmmelie IL 55. petite tour, ou tourelle.
Tourtre III. 8. tourterelle.
Touzez II. 141. Tondus, rafcz.
Trac II. 2y. pour tntîn. III. 24c.
TraStive I. 244. enfeignemens qui viennent par tradition ; terme de fcience encore
ufité.
TVsnfonnex III. 40. coupez par morceaux.
Tnmfgloutis IIL 48. engloutis.
Tranfitoire %. 384- paffagere.
TransluyfiientllL 114. reluifbient, jettoient de l'éclat
Tnmfmets I. 284. 429. envoyé & LU. 3^7.
Tranjmettre L 435. 54a. envoyer.
Tranjmss I. 299. 427- envoyé & IIL 20. maïs 141. envoyai.
Tranjmifies I..428. Envoyâtes.
Tranjmuânt L 433. changeant.
Tranjmuée IIL 18. changée.
Tranfmuer L 232. Changer.
Tranjnovois L 175. traverfer \ la nage. Voyez d-deffus Uover.
Tremeur III. 281. Terreur; du Latin Tremor.
Tribart IL 371. c'cfl: le père de toute rhunUûité > ou la partie qui fiût les Papes &
Aaaa 2
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?.?
ff<^
LISTE ALPHABETICIUE
; autrement ce feroicnt Piçcflfcs & Reines. Ccft un Terme bur-
> Grecque flc Hébraïque
lesRob
kfque.
TViËwgMe 1. 521. trois langues^ à cauib des Langues Latine
que roa eniêigne au Collège royal.
Tripotage. II. 3. Terme buricfque pour dire conduite, vie, aâions.
Trifte-y Vcrbc. Lu?, fait de la peine, attrifte, chagrine.
TVffier Ltg6. attrifter, contrifter, chagriner.
Tromgm IL 416. Terme burleique pour dire la face, le viiâge.
TraMjjfê L 128. Carquois à mettre des flèches.
TYMéÊii L 488. J'ignore ce que c'eft.
Thmh L 145. pour Tombeau > fepulcure.
V.
V^/. I nç. pour. Vallée j & L i8r. coMtrt Val^ de haut en bas. IIL 59.
yskttéè L 553. être en compromis avec des Valets.
Valeurs I. 2r5. pour biens, ricbeflcs» facultcz.
Vallées IL 1 8. pour monde fublunaire.
Valuèl- \\%. Valeur, mente perfonnel.
Vatk'mer IIL 102. prophctifcr: pris du Latin.
Vaux III. J34. volées.
Veaux L 550. 555. fot, ignorant.
Vedell. 553. J'ignore la GgniÊcadon de ce mot ; mais on voit bien que c*eft une
injure.
Vené III. 125. chaflèr, aller à la chaflè^duLatin veuarL
Venir II. 64. pour venue, arrivée.
Ventante IIL 98. Jans ventance^ fiins fc venter , ou s'en faire accroire.
Ventre faint gris I 1 71. Efpece de jurement , voyez la note fur cette page.
Venufte I. ^7^6. belle, aimable, agreable>tiré du Latin venujla.
Veoir III. 45. la vue.
Vfoir IL 183. vray, venté.
Ver I. 438. Printemps.
Verdelet 1. 139. diminutif pour dire vert, & Verdelette III. 48. pour verte.
Verecûnde III. 44. pleine de pudeur.
Vergongne II. 336. IIL 61. 91. honte.
Verminiere L 399. race de vermine.
Verrière II. 252. vitres, vitrage.
Vers IL ^5. il paroit par cet endroit & beaucoup d'autres que les yeux verts étoient
alors une beauté.
Verty III. 190. Tourné, traduit.
Vefperus IL 62. l'étoile du foir.
Vcxillaire L 2 s 4. porte étendart;du Latin vexillum.
Vtateur II. 416. 447. homme mOTtel, ou qui voyage en cette vie paffagere.
Vilenie ou Vtllanii L 361. mauvaife conduite, delordre, infamie IIL 25.
Vilipende IIL 147. blâme, méprifc.
Vilotieres I. 167. filles de joye. Voyez. la note i. fur cette page.
Vire III. 68. fait aller de côté & d^iutrc.
Viré L 310. m. 84. Tourné de côté & d'autre.
Virelais L 146. efpece de petite pièce d'ancienne pocfie Françoifc.
Vireton IL 53. flèche , à tirer fur groffc arbalefte.
V$s L ijtf. 154. &c. pour, Vifage,fkce:& m. 28. 30. 52.
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DES ANCIENS TERMES.
5f7-
Imitations I. loo. vifitcs.
Vitupère I/170. honte> chofe honteufe & blâmable.
Vndoye I. 21 41. rcpond fiss ondes, ou fcs eaux.
Univers L 34.8. lil. 336. pour univerfél.
Uns IL 52. mis pour plufieurs.
Vocahks I. 551. rarotes> pris du Larin VocûMum.
Vocat^lL iLj. Terme de grammaire.
Voir t 384. II. 37. Vrai, vérité.
Voire I. 206. 374.. 520, 532.&C. mêmej mêroement. IIL 6f*
Voirentent IL 13. {xju'r Vrayment j fe dit encore en quelques Provinces. IIL 201:
Vois L 3^9. pour je vay.
Voifiy L 221. 529. J62. ^e;
Voler L 577. pour Vol, élévation.
Volettant L 15?. voltigeant vient de Voktter voltiger, qui eft III. 4^.
Volve% IL 75. feuilletez.
Voulftiïent L 44+. vouluflènt.
Voye 1. 211. génie , caraâere , ou même profeiBon. Mais L 542. veut dire che-
min, route. IL 4X7. aftions , conduite. III. 56. chemin»
Voyfe L 377. &c. IL 66. aille; s'écrit auffi voife.
Ufance IL 250. hors d'ufince, qui n'eft pas ufité.
Vueill, 289. 421. n. 106. &c- volonté» vouloir.
Vuide-^ mettre auVuidcI. 419. achever; fini.
Vulfine L 341. fourbe qui tient du renard. ^
Y.
YDomi L 149. propre , convenable : s'écrit ordinairement idoine > eft quelque
fois encore d'ufage dans la poeûe familière. IIL 114.
rffeyrffir&cc. Voyez iflc,iflcr.
Z.
fEc IL 27. pour Teft le milieu d'une noix ; mais au figuré comme il eft mis ici,
il veut dire» rien, ou chofe de néant; bagatelle.
F I N.
Âsaa f
T A-
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TABLE
DES MATIERES
Contenues dans les Ôeunes dé
CLEMENT MAROT-
La lettre a marque le Terne I. U lettre b le Terne IL
& la lettre c le Tome IIL
AAgu dîrert du monde, c i8. d'or ,
ibii. d'argent » lo. d'airain z i . de
fer, ïbti.
Ahbê de BeéutUem U Mârcht, Soa ëpiuphe. è
418.
Aàêé gffQMHz p à ffy. m (bn ratet. t^.
Milf Poète . à 147.
jiéfencit Rondeau, b liSy. ennuyante, «f 17
jtcâlU , McoUir , force de ce terme» ^107.
m$tê I.
jUam & Ere. e 371.
jidhm troti fpk'watà de MflMt à A mirtéffèf
M 190. â la ville de Lvon f^ de la Fran-»
ce â Charles-quint, ^197.
jUiiHx infblens aux Dames de Paris , m 400.
note I . Cxcufè de Marot aux dites I^nnet
fur ces adieux , 400. 403 . natt 1 . de Cl.
Marot au Damei de la Cour, 47 f.
jidvocMt ignorant. ^ 3f !•
uidvûcdm de$ Dames de Jean Marot m 409.
ji#/f I. 2c Tom. IV. 193.
jidvûCMts criars, « 103. mr# i. 104. nttê a.
u^ , ezpKcation de ce terme , ^ 396. »$tê a,
jiffjàton d'une mai trèfle ^ 3^9.
jttlorost r 97. lia.
.^^411, explication de ce mot. m ffi, note 1.
jiigneïeUtie 9 ami de Marot. » fy6.
jikMkÎM Médecin , s 4^1. leur vrai nom , UU,
noté 1.
AUùn Chsrthr, a 313. note 1. ^ 348. w/#,
te^tift un baifer de Marguerite Stuart fiaxv*
me du Dauphin de France, s 40.
JÊUm Pk, Comiede Carpf mciot Cùtàt*
lier, M 49a. iMTf a.
jilàeri , loueur de Lut , ^ 119.
^/^rer ( Madame d') é 17 a.
jHenfon ( Duc d') arrive en Hajnaut , è ai.
êcmff I.
jkUxMnàrt^ belle parole de ce Prince, m la^.
n^e I . &L conteftation tvéc Annibal , t
J38. &c.
jiUxMnJrêf Frdidentde Btrroif , fôo Epita*
Phe, à 43f.
^//jr, ^ 331. c. 484.48f. 8c ion pourceau,
à 33c. 336. Alix qui pleure, 36a. quiac-
cfmcde. e 41^0* ton Epimhe, b 4»t.
jilUmmu de Bmrgts , leur Kpitaphe , i 4f%»
jUUsnci de fœur. b 181. de penfee, 179.
Amtmt trop raifonnable, m 14. 289. mtt i.
ferme en amour , b 10. douloureux, i68.
Marri contre fà maitreflê , 174. Son plus
grand mal. c f 10.
Ambre , (on origine, c 8 j*.
.rffiTiii, fi une mu mariée en doit fiûre un, m
340. note I. ^ 177.
Amiet quelle doit être, r 481.
Amour, uns argent, pitoyable choie, s 18 •
fi on le peut promener fur divers objets,
ly. Il faut V être entreprenant , 43. fans
argent choie impoflîble 138. nûte 3. 14a.
note I. a. léé. MTf 4. de quelle manière
les Anciens le pratiquoient 145. note a.
comment on le rompt , iff, note i. Le
myftcre lui eft neceflâire 303. ncte 2. veut
être interefTé 311. b 1 24. du Siècle anti-
que 192. 194. muet r fil. f2o.
Amour fol i Lettre atribuée à Cl. Marot fur
ce
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TABLE DES MATIERES
fi9
cefiijet» # fjt.
Amtmr de Lcandrc & d'Hcro a çf.
Amcur Juptif, trtdttk4t Lmcê^, h ft. m-
tre invente par Marot ff.
jfmoMrs ne ibnt janHàk tnnqutlcs es mtifoBS
RoY^ s 519. noéi i. cinq poinâ» ne-
cedaires â 197. Se »«/e 3.
j^mpureux tranfif , il 4I1. f9#r#4. ^ui le &h
dieremem^ ^ S7^* ^ fi>uhaits » 373. «r*
dent| Rondeau, léf.
jf;^ , une jeune 0Ame «n dok arar ^ 17^.
ifM# 1.
JÊmyût {fatums) par qd farmé, 4 176. »#-
/# &.
Atmbttf$^t , 4^ 3^95*. f90#t »,
Ancelle: explication de ce mot 4 441. fM/e i.
Jiudré (fîrcre) ion Epitaphe, è 414.
Anglois^ lignification de ce mot, k 146.
AngMêltfmi ( Madame d*) mère de François
r. fbn caraâere, 4 61.
Ami éê Bretagne , procrôrice de Jean Ma-
rot, s f^t.
jkuH dt Mwmtrency , Epitre que Marot lui
adreflê > 0 410. •
Anm^ ou MÂde. MMrgHirhe , fe amours^
vec Marot , h 289, 290. écc déclaration
d'amour, )o4« 30^. &c. jouant de l'Ëpi-
nette, 303. tencee. 308.
«, jonblafôn. ^ w.
jtmHtti 9fi Marguerite, à 317.
AnnièMl, ùl conteûation ^vec Alexandre, r
138. &c.
Antêine i/a Pii^ (S.) Epigramme de Roof-
lèau à Ton iùjet è f 9. m>r# i .
Antoine Duc de Lorraine, Epitre que Marot
lut adreflê, a 417*
Apuine rauirre, à 2f^
jifolkii de&it le Python , ^ 41 . p^urfiztt Dapk-
né. 44.
Aire\ desbender l*arc ne guérit pas k playe j
Ckam ) ce fujet» ^ 70. & m^ x.
Anasf û 94.
ArJris, le Triumphe près dccettc vîHc.i ao.
Argent eft le grand mobile en amours. 418.
necefEdre en amours 138. mte 3. 141.
note 1. 1. 166. noH 4. c 5-18. du Roi fkjet
i la pîniê. s 4fi. note %, dcmuidé par
Marot à François 1. 45-3. h 139. 2p3« 204.
xof. 381. r for.
Argus 9 incommocle avx amans, ^313* gv-
de lo. ^ 5'3. tué par Mercure. 5-9.
Arraifonnery que fignifîe ce mot i i.
.^tfftuf/ Roi d'Angleterre , 4491. nate f.
Arts iUsifires ibus François I. ss 191. n^rt i.
Aftigrâ : camp que Ton y tient , <» }7 f. 8c
note I. ^ 141.
Atédkvi, ce mot expHqué. ^ 45*^.
Auteurs, : ccmi^tlatioA pour les auteurs me-
diacres, k %U, note i.
Avmturiers ^ ce gué c^ét«Mnt. s ^4, nett
1,
Avertifemens drei^ des dîi&reBtts Edkieaa
de Cl. Marot, e 4f i, ^ fmv.
Avocst, joiieur de baiftrs, à 3^.
Avotât & ià femme, c 481.
BAifer, donné à a. Marot par la Keiiie de
NaYarre. 0 39.combience kûéàr eft glo-
rieux pour Maiot, 4o.refafë à Marot.i^/r
en amours demande autre chofe. 30^. neee
I. parÊiit. è 191. 8c note 2. 3. bien doux.
304. vole. 377. rendu. 378. refulë. ièid.
& 292. de Diane 312. chofè fragile. ^ ^09.
BsUfer un Ti£i^ iàns nez. e 419.
MniUklee dt l&rot , ^ depuis la page r. ju^
qu'à 30. ju^ment fur celles de Marot , te
90.
BtUladin , pieee de Maroc comiCfe TEgliâ. m
Bsràe longue fous François I. aâr de Coorti-^
£m r 5-04. IM## 3.
B«r^#C^7/i«i|iM//f, ^ 214.8c 3i6.r
Bsràkrs tè morfondaas. r fô4.
Atrm» ( Mid.de la) ^ 277.
Burroys ( M. de ) El^ie en &n nom. m 3^0.
Btf#/iâ^deCerizoMes. 4 193. 8cc.de PaWe. u
28^.
Bdytirt (le Chcvidier> ^ 4^7. note i.
B4v/e, à)n m£ement iùr Marot, « 91. 92.
Bssutuge (la Dame de) ^ itfi.
Buzêche ce que c'eft. # ^67. »0re i. leur co-
médie i^isL note 2.
BensiUeu La tnarche, ibn Epitaphe i 418.
Beatslhie (EuAorgue) ^ejfox Euftorgue.
BoÂuregArd { Anne de) ion Epitaphe, é 444.
BeAfUé 8e grâce , ^ 188.
Beda (DoSeur) banni , ^ 198;
BelUi rCardinal dé ) mtf ié , é 270. note t.
Believmèt Rondaauà luiadjwflë 6 143.
Benefi k 35-2.
Beronldey fo triftes Vers tradukapav Marot
c 163.
BÎMM neceffiûres en amours , # 138. n$$é 3«
142. note I. 2. 166. »#/f 4.
BtfflfiMty ion Eloge. ^ 494. na/t a*
Blmuhe de Tournon ^270.
£//«f(/ manHéulxt ^263.
BUfens du beau Tetin ^ 23S. du llid. 239.
du corps féminin faits à limitation de ceux
de Cl. Maiot t 5-03. juiqu'a la fin du volu-
me.
fi«iy, ami de Marot, 41^57^
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^<Sb
TABLE DES
com-
Bm Sx& feoâ trop. # 48).
Bwfi { Helcinc de) foo Epitaphc, à 444.
BmtwtHmtUftn Dt^Urj t * fy6,»0t9 i.
Bonnets quarrez ou loods. « 481 mit i.
B«f/< (Jeanne ) fon Epitaphc k 4*6. c
plainte de £l mort. 4f f.
Borhnius^ Poète ^ lyi.
BoféUatiXt ami de Maroc, il f76.
«iw^rif (Guy le Fevre de la) s fff. aête i.
Biffqun de Ferrare brûlé S 174. joS.
BoHchur inquifiteor en France, « 10. J94««-
tre que Maroc lui écrit, itid.
Bmchi de Diane, k 314. fon blafoo. k fxo.
B9uch€$ ami de Marot, m fj6. fjj.
Bmréên (Charles de) Connétable. 4 ipf-"^
$$ 3, Son Epitaphc. ^ M. \
Jmt^ ( Renée de > DuchçOc de Lorraine.
« 41J.
B0fjfonné. h afi.
Br^pêts ou Bniguc, ce que c'eft. é 481. ii#-
. i# I.
Brnilhn Médecin, m 41-1. i 141.
Brtindon > iignificatioa de ce mot» « 140. m*
re a.
Br»fi/ (Mad. du) ^ 18^.
BrimbâU*^ explication de ce mot. h 240.
BrodMH (Viéh>r) Poète # fj-o note /^ s f 6.
note x. h if6. Rondeau de ce Poète. i94.1bn
Epigramme des frères Mineurs, a6i. a6i.
BrtUnrd (GeoEBroy) ^ 3f6. € 399.
Bntyeri (M. delà) jugement lur Marot. m
113.
fi/i^ (Catherine) Ton Epitaphe h 418.
B10U (Guillaume) b 494. »«/« i.
Bulles doivent éue refpcacc$> j8. & iM/e a.
(^Jfnrt , exidication de ce nom. 4 5-18.
CÂhors, k Roi & la Reine de Navarre y font
leur entrée b 219.
C4iwi, ÙL deTcription. c 13.
CniUette, fou de Louis XlL ^ 8. note a.
d/^tf , aimée de Jupiter, e 88. changée en
Ourfc. oa.
CéUvin réfugié à Ferrare 4 6r. fait une Pre-
. fiice fur les f o. P&auaics de CL Marot. m
99. & c 237, 8ic.
CMminn ; Rondeau fur le Traité de paix t
conclu en cette ville b 14a. de ii^re i.
Camus, Evêque du Bellai , bon mot de ce
Prélat, s 4,^1. note a.
C«My« (le P ) Jefuitc, 4414. note i.
Comlie, ami de Marot. ii 5-76.
Céintiques ôc Chants royaux de Marot. a 90.
Cantique de Simçoa » traduit par Marot. e 16 j.
de Moïiè par Boonaventure De^erters.
381.
Ca^Uê^s : explication de ce mot. ii 487. •#-
r#4.
Capieaime Bourgeon, Cpitre ) M. de la Roc-
que. m 390. Rai/ia , Epitre i M. de k
Rocqoe. 391.
CdfriSf ami de Marot. 0 576.
Cardâud de Tournon , Lmie que Marot lui
écrit, m f4i. 6c nne 1.
C^iuM/ de Lorraine, Lettre que Marot hii
écrit, m 4^. fbn caraâere. ibid, noie i.
. Chant qui lui eft adrefle iiir Hnet joueur
de flûte, b 73.
Cmrdimd du Bellay marié. ^ 270. jMTf 1.
Qw^M : Ballade à ce fujet. b 17.
C«f/i (le Comte de) meurt Conklier. a 491.
mte 1.
CnfteUmms , le Mécène des gensde lettres au-
près de Francis L a 79. b 343. m/« i.
Csiherint6e Medicis, Eûrenne^ 393. quand
mariée, ibid. note a.
Cntin & Robin, b 337.
C«/m jadis belle. 4 36a. la £u:i]e* ^ 1*14. aux
Cordcliers. ^373.
Cotin U Martin, b 363.
Celefiine, Tragédie s 489. «^# 3»
Cetftur ignorant, b 38/.
CerixMes, ( Bataillé de) 4 ^93 &c. Epigram-
C^f/i en rut. b ^38.
bataille d
me. ^13^
Chnblesy ami de Marot il 57^
Choille , explication de ce mot. b 410. m/« i.
Chnmfeveme ( Florimond ) fon Epiuphç. b
440.
Champion des Dames, cité. ^ 10. jM/t i.
Chancelier du Prat. ^ 104. note i.
Chaniement^ cara^ere du Françoit. il. 481.
iM/e 3.
Chanfons de Marot. « 90. 91. ^ depuis la pa-
ge 100. juiqu'à 134. {(ir le jour de Noël.
^10. fur une maitreflê ambulante. 104.
fur Guillot Martin, laa. fur k vigne. iao«
fur une brune. 129. fur une blonde. 130.
addreilees à ùl première maitreile. 102.
103. loj*. 106. Chanfon VllL 109. iio.
m. 113. 114. iif, 116. 118. 119. 120.
123. 124. Chanibn XIX. 128. i29.Chan-
fon XXX. ilir (à nouvelle maitreilê io8.
117. 121. 124 125-. 131. 134.
Chanfons neceflâires en amours a ifj^note 2.
Chantereau (Guillaume) ibn Epitaphe. ^441.
Chants royatUx & Cantiques de Marot. a 90.
& b depuis la page 31. jufqu'à 99.
CfmpeUint Poète dur , & pourquoi, a 107.
ChapelUlM dch) b 278.
Chaperons , habillcmem de tête. 4 481. note 2.
Chap-
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Chirpf$iy (Chude) a 5-5-0. note 6. blifbn de
la maio. 6 fiS. du ventre, f^o.
CUdrJpmfti, fauflb 6c ragoût. 4488.^^^ 1.
dMHis de Bouréon, Connétable, s ipj*. nctê
3. ibn Epitaphe S 419.
Cbétrles IX. tiic les Huguenots à la St. Bar-
thelcmi a 285-, nott \. Roi de France j fon
privilège pour les oeuvres de Cl. Marot. c
ChariemHÎnt Empereur, veut avoir un Pfcau-
me de la veriion de Marot. * 97 . fà for-
tune commence à décliner. 195'. note 1.
prend Thunis. 491 . ttott a. Adieu à ce Prin-
ce, h 197. fon entrée à Paris. 8r. note i.
87. 89. lao. remarques fur ce lujct. 89.
nett I. 8cc.
ChMfUs Duc d'Orléans ^ aif. 117.
ChdrmoMlu'é (Jacques) fon Epitaphe. ^436.
Chmron b xf^,
Chartres \ Marot eft transféré dans les priions
de cette ville, a 100.
Kihuflelmn (George) # 469. note i. Poète k
348. note 6.
Chtueâuèriant ( le Comte de ) Marot lui dé-
die (es Epigrammes. #1 xox,
Cimteimèrisnt (Comteflê de) Elégie à fon
fujet. 4» 348. quelques traits de fbn Hif-
toirc ibU, nete. Trait fingulier de cette
Comteilc. b 143. fait de fi)ns Vers. 396.
note I. fon Epitaphe 447. remarque cu-
rieufe à fon fujet. ibid, note 1. 1.
Chutevin ( Jean) Mencftrier. « 347.
Cheval payé. ^337.
Cheval, fon Epitaphe. ^ 419*
Cheveux , leur Blafon. i fof. foS. au tent,
ce que cela figniûe. a 316 & f?<?rri. 8c !•
coupez, fous François l. c |'o4, iw/f 3.
Chienne de la Reine Eleonor. ^ 340.
Chijfky tué en duel, b ifj.
Chrijime Pian. ^ iff.
ChrMûhpe des Oeuvres de G. Marot. c 439,
&c.
Cimetière de Marot. ^ depuis la page 416.
juiqu*à la pag. 45*1.
Clame, iigniftcation de ce mot a f 66. note i.
ClamâtiTs, force de ce t«rme. a lyi. note i,
Clamde Reine de France , . fon Epiuphe. b
428. note 2
Clavier (Eftiennc) à 15-3. 1/4.
Clément VIL Pape.« 213. ff0#f 1.
C/er« </« 7«^« » font fouvent eux-mêmes
les juges 4 83.
C/frr d'Avocat, Qui foulage fon maitre. b 369.
Coeq à i'a/he, divcrfos Epitres en ce genre, m
479. 485- . 49f • f 03- ^^ ^
CoBwr ofirt. b 186. fon blafoo. ftf. f^t.
fon contre-blafon. 5-83.
ToMs m.
Cb/i» (Jacques) ami de Marot. 4 176. iw/*
1. Marot lui écrit. 4^5*.
Colin (Germain) Epigrammes qui font de
lui 0 479. 480.
Collège Royal, fondé par François I. 4 jai.
note 2.
Collette ^331.
Comédie de la Bazoche. « 5*^7.
C0mii7/ini,fignificationde ce mot 3 ^it,notei.
Commandemens de Dieu traduits par Marot c
364.
Comètes , fi elles font faîtes pour annoncer la
mort des Princes, b 486. note i.
Comfas explication de ce mot. ^391-
Complaintes de Cl. Marot. a 95-.
C0;7;/»/ai;i/ed'unPa(loureau Chreftien. a 2^3.
&c.
C ♦. fon Blafon. b j^j^.
Conception de la S. Vierge, Chant à ce fujet
^ 31. 8c i^.note i. Rondeau. 137.
Conches (Jean de) dixain fur le voyage de
Nice, b 81.
Condemnade, Jeu de Cartes. 4 415'. w«/e i.
Connétable de Bourbon, a 195*. »«re 3.' fon £•
pitaphe. b 419.
Confolations de Marot , pour Mad. Margueri-
te. 4 326. yo. 333. 336.
Content enjouffrance, Opulcule de Marot. a
249. &c- en amours ^ 171.
Contentement pafïc richeflc. r fo^.
ContradiSions , Rondeau, b 163, 8c note i.
Convalèfcence du Roy. b loy,
Coq-À'fafne , Poëlîe en ce genre. 4 90. «
404.
Coq-,^ Médecin. 4 45*2. ^ 243. 244.
Coquillart Poète. ^ 349. note 2. fon Epita-
phe. b 411.
Cordelier qui file. ^371. vigoureux, c 489.
Cor délier s, bonnes gens, b f^. note i.
Coronis changé en Corneille, c ç6.
Cottereau (Jean) fon Epitaphe. ^431. 432.
de fon Epouiè. 433.
Couillart Sieur du Pavillon y remarque fur fon
nom. 4 fi6«
C04/Mir/, les Dames faifoient porteries leurs ï
leurgalans. a ^1^. in note i. Gallanterie an-
cienne, b 185-. 386 388. en amours. 331.
Cour de France, Ecole de Marot. 4 6. 92.
Courîifans, combien ils trompent les Prin-
ces, a 98.
Couteau de Tierre lâarrel. ^ 33f.
Crainte, necefïàirc en amours, c j^ii.
Craffus, TreJÛTorier. b 218.
Cravan , ami de Marot. b 1^6.
Créancier, Rondeau, b 146.
Crétin (Guillaume) (à dévotion pourlaCon-
ceptioo de la Ste. Vierge. ^31. note i. E-
D b b b pigram-
^'
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B L
pigramme à lui addrefTée. ^ loi. fim Epi-
taphc. 437.
CHiuty fbn Blafbn. b fji.
Cul, fon Blafon. b f^\. fjf.
Cufldo Se ià Pâme, b 301.
Cufiéhn, fcs flèches, r 43.
CMr«', aux femelles, b 3^-8. Igoarc r 484.
Cygne ea oiièau. 86.
D.
vT^
D4f«e 4P r(^«e//r, ce que c'eft. b 149.
Dsmt melMudiaMe, b ij6. qui a un
vieil mari. ibid. de Piémont qui ne veut pas
moins de dix Ecus. 317.
VMmesy aiment les hommes un peuentrepre-
nans. « 43. aiment les ambiguitez. 91. ce
qu'elles eftiroent en amours. & 310. nou 1.
font maitreflcs de leurs joyaux. 317. iw/t
1. ont vifàges d'anges. 4or.
VAmes 4$ PMrh» Epitre que leur addreflcMa-
rot. a 400. & 403. de France, Epitrequc
Marot leur addredè iur les Plèaumes. c
Danger , ce que reut dire ce mot en amours
4 317. nete i.
Dsnfes AUemmndes. 4 149. im/« 3.
DAfhné, pourfuiviepar Apollon, c 44. chan-
gé en Laurier. 48. &c.
I>aufhin Irânfois » Ballade (ur la naiflânce. b
Decaîoguef traduit par Marot. ^ J^l-
Dieffe SéMté» Cantique qui lui eft addrefTé. ^
39.
Deluatep en m meurs , Marot en a n;ianqué. s
13. 14. ïf. b J98. repatce, a93.& note i,
l>ilMge. c 19. Sec.
Demie ^ explication de ce mot. ^13. nête !•
Dentx,, leur blafbn. b 5*70.
De fart d'Anne, b 194. 300.
Deflerstien i^ fur la mort de Q, Marot. 1? 417.
Defiré (Artus) ^t de mauvaifes Gianfoos
contre les Pfeaumes de Marot. a 99.
De/th d'un Amant bien exprimé. 4 311.
Defperiers ( Bonnavcnture ) 4 ff6, note 1.
Blafbn du nombril, b f6i. ^6^,
Dejfreaux , fbn caraâere. 4 6. 7. fait des
fautes dans la verfification. 109. & dans la
rime. m.
DeirM^eurs, Rondeau, h 148.
Deucalien & ?yrrhe. c 35-,
Devis Chreftiens, c 370.
Devife , nos anciens Poètes en avoient tou*
jours une. c foj.
f^evots « combien dang^eux. 413. leur pri-
vilège, jax. note v
D'utne de Peititrs, obtient la grâce du Cotite
de St. Vailicr fon père êc comment. 4 8.
elle efl maitredè de Q. Marot. ibU. eUc ]c
quitte. 16. elle le dénonce comme Lu-
thérien. 10. & 394. nête I, preuve que
Diane a été maitrefic de Marot. 16. Sec.
elle a mauvaife réputation. 19. fait de nou-
velles plaintes contre Marot. fj. agit de
nouveau contre lui. 63. veut avoir unPièau-
me de Marot. 5^. 99.
Disne de Feifitrs» on Luna. 4 aoi. nete a.&
XII. note 4. Maroc lui écrit après la batail-
le de Pavie. 179 prend congé de cette Da-
me. 186. Elle refufè de lui accorder Tau-
mône d'amour. a8^. fie notes Marot lui
£iit un adieu trop fpirituel. 190. elle com-
mence à changer. 29}. Marot lui de-
mande par lettre l'aumône imoureuic.297.
elle change entièrement. 300. nete 1.30a.
Marot lut addreHê fà première Ekgiit.
304. Se note I. elle commence à changer
pour Marot. b 10. nete i. £ elle a eu rai-
ton de quitter Marot. 14. note a. Ron-
deau £ir fon infidélité. 166. Se mêU i*
ï9f.
Dume de Teitiers , ou Ifàbeau inconfbate. i
a86. 287. 188. amour avec elk. 3 1 2 .Sec. fbn
baifèr. ibid. Sec. fà bouche. 3 14. Etrtones
picquantes. b 398. Se les n0tes.
Dieu gard de Marot à foa retour em Fnnce.
4 ^-46.
DoBrinal^ divers livres fous ce titre, b 407.
Dolet ( Etienne ) e(l connu de Cl. Maroc, Se
fait une courte amitié avec le Poète. 4 70.
În, ù. Prefiice fur l'enfer de Marot. 197.
oué» b 249. blâmé, ibj^. Ennemi de M^
roc. 349. note^. Etrenne. 391.
Doriik (André) 4 «-04. noie 2.
Douleur ér Voluue. c 493.
Dufrut Chancellier. b 204. note r.
DhvmI Tieiàrier. b 226. note 2. 227.
ECâefiâfiitptes cenfurez. b 474. note i.
Eclogue de Marot au Roy François !•
4 174. fur la naiHânce. de François II»
iSj*. de Virgile traduite par CL Maroc.
Cl,
EeoUef Se une fillette, b ^74.
Ecriture Sainee. b 2^7.
Edition des Oeuvres de Clément Manot » fon
plan. 4 114.
Egîi/e Romaine , fi on 7 commet Simonie m
239. note 2. fi elle va périr. 240. note. 3.
Eglogue rufliç^ue ou complainte d'un Paftoi>-
rcau Chrétien. 4 2^3. Sec
^-
^'^^^CS
•HA
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MATIERE
MU^s, km caraaerc. « 84. 85-. de Cl. Ma-
rot. a depuis la pag. 179. jufc^u'à la pag.
tUonor Reine de Fiance , Epitrc que lui ad-
dreilë Marot. i» 443- rameine d'Ëfpaene
les enfens de France, ibid. Cantique qui lui
cft addreiTé fur la maladie de François I. h
41. Eftrcnne. 393. fi» chienne, 340.
Elôignement teint par Marot. 4 3 1 1. 8c note 1.
Exifans de France conduits en Efpagne. a%if.
note I. retirez d'Efpogne. 407, noté 3,
reviennent d'Efpagne. 413. ôt 414- Can-
tique fur leur délivrance d'Efpagnc 68.
B^Ans iàns fouci. ^ i» 8c xMr# i.
Ei^er de Marot. 4 197. 8c 100. caradere de
cette pièce, ihid. non i. quand Marot fit
cette pièce iif. noté 1.
Engin 9 explication de ce mot. à i^.noti i.
Enguerrand de MMrigni- * f 06.
Engmien, (François de Bourbon Comte d*)
a i^^.note i.
Entrevue de François. I. 8c de Henri VUL
^ 10. note I. 8c ^ 140.
J^»f«/ altèrent, è 164,
Efigrammes de Marot. 4 94. jugement fur
cette poeiic de Marot. 91. s'eft perfcôioi^-
née de nos jours, 91. 93. de Marot. 6
depuis la pag. 201. jufqu'à 38^. imitées de
Martial. 339. jufqu'à 367.
Efigrammes ajoutées, S l6j ,
Epitaphes comiques 8c fàryriques. 6 depuis la
page 411. julqu*à 425-. honorables, è de-
puis la page 416. jufqu*à la page 45'i.
Efitres en vers , leur caradere. a Sf. S6. de
Marot. a depuis la page 35-9. jufqu'à la fin
- du volume. Enjangage bizarre 8c ûngulier
dfSi. 8c 5-84.
Epoufée farouche. ^331. Jeune, c 483*
Efoufer 8c aimer font les deux contraires, m
317. note 4.
Eê^ivotiuest vers en ce genre, m 440. 8c n^-
te I.
Exafme crie contre ks Moines. « 492. note%.
Son Epitaphe. b 449. un de iès Colloques tra-
duit par Marot. c depuis la page 169. juf-
qu'à 189. autre Colloque traduit par lemé-
.me. c depuis la page 190. jufqu'à 220.
EfcurUte. a i6i. note i.
Ejterer toujours, c fii.
EffinglOy fonblafon. h ffç.
EJfonge , meuble neceflàire à une Dame. A
145*. note I.
Effrit , fon blafon. h 5-40. trop d'cfprit ne
. convient pas en amoiftr. a 84. 290. note i.
E/lamfes (Ducheffc d* ) Etrcnncs. 6 396. 8c
note I.
Efiemjes Duché, h ijf.
f^3
Eftocq, ce que c'eft. * 15-7. note i.
ji/lrangers iont aimez des François. 4 479.
iid/e 3.
Eftremes de Clément Marot b depuis lâ pige
386. jufqu'à 410. bonne Etreone à fkmai-
trelfc. 388. 389.
Ettéde quelle eft la vraie étude, 4 6. 7.
Europe. ^113. 8cc.
Euftorgue de BeauUeu , Blafon du nez. b f6y .
delà joue. 569. des dentz. ^70. delà lan-'
J;ue. ^72. de la voix. 5*74. du cul. fjf.
u pet 8c de la vefTe. 5-80.
Evefiue Cordelicr, fon Epitaphe. b 412.
Fjirmfe (Alexandre) Duc de IPafme le fidc
Capucin après fà mort, /i 492. note 2.
'Baucwisy ce que veut dire ce mot. « 392.
Eauconneaux^ explication de ce mot. m 408.
iM7/e I.
Eautes des Poètes excuiàbles. s 89.
Eaux rapporteur, b 320.
Eaye (Jane) Etrenne. ^ 390.
Femmes, leur chaleur, b içf. note i.
Terrare (Hercules II. Duc de) époulè Renée
de France, b 60. note i.
Eerrare (Duc de) Epigramme. ^221.
Ferrare ( Renée de France Ducheflc de ) Epi-
tre que Marot lui addreflc. m f^i. Sohnct.
^222. Epigramme 22^. 224.
Ferrare, fbn bofquet bruIe, b 274. 308.
Fevre (Guy le) de la Boderie. a f^f.note i.
Flammette.a ^^.note 1.
^/er^e/ de Cupidon. c 43.
Fleurange (Robert de laMarck Seigneur de)
a f 06. note i.
Flux de bourfe. c ^1%.
Foix, Maréchal de France, b 467. note i.
Fontaine (Charles) a yff.note 2. malade, b
247. fon Epitre à Sagon 8c la Huetehe. m
ff9. 8c note i.
Fontaine (Mlle, de la) ^ 281.
Foreji (la) ami de Marot, a fj6.
Fortune adverfe 9 Rondeau.^ 161.
Fortune 8c biens mondains , Chant Royal, c
391.
Fourmi dans Pambre. ^342.
France Occidentale, ce que c'eft. ^22. notei,
Franfois I. Epitre dcdicatoire du Temple de
Ctipidon à ce Prince, a 123. il s'amufè à
faire des vers. ijS.note i. paroit comme
on Héros à la bataille de Pavie. 407. note
4. 413. note I. belle parole de ce rrincefur
la bataille de Pavie. 414. note i. Epitre que
Clément Marot lui addreflè en fà jeuneflè
388. autre Epitre que Marot lui écrit
Bbbb 2 X pour
rC
Vï,
ii^?:6^^jzr^ji
r^^
ît**A-
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pour k délivrer de prilba. « 443. £dî«
trc ^uc Maroc lui cent pour avoir été dé-
robe, ii 449. Epitre qucMarot lui écrit pour
fuccedcr à Jean Marot. 460. Epitre que
Marot lui écrit de Coa premier Exil. fip.
vient en Provence en ifj^* f4i* ^^' ^*
Epitre que Marot lui adreflê pour la Bazo-
cne. 5^7. Marot lui écrit en faveur de
Pavillon. f68. malade, Cantique à ce Tu-
jet. ^ 39. éc npte i. 41. fbn entrevue avec
Henri Vill. 20. note i. & 1. 140. Ron-
deau pour avoir de Targent. 139. fcs per-
feéUons. lof. argent que Marot lui dc-
nUmde. 103. 104. lof. Marot demande
£>n rétahliûcnt^ent. %o6. û convalefcence.
aoy. Epitre que Ilii addrefle Cl. Marot fur
fès Pfèaumes. cm, Epigrammç ilir le mê-
me fmet. 129. Epigramme de Marot. è
339. Etrennes. 392.
Franfois Dauphin de France , lettre que Marot
lui écrit. « f28. fils de Henri II. û naif>
iànce. 18/. ncte i.é 18. ncti i. 8c 215*.
fbn Cpitaphe. 443. Empoiibnné. Uul.
noté I.
Trtmfe'udt Bpttrèott Comte d'Enguien. a 193.
Mtê 1.
TrAKfoh di Tdule, 0 161, npte i,
FrMnfâis {ont changeans. ii 482. note 3.
¥r Apport 9 force de ce mot. ^412, note r.
Frere^ André £on Epitaphe. ^414.
Frère Cotin , Contcflcur. r 480.
Frère Jeun y Confl'fleur. c 480.
Prere Jean , l'Evéque Cordclier, fon Epita-
phe. b 412.
Jirere Lubm, à f. ti note i. d. note i. de e
481.
Jrere/ Mineurs. 6 i6x.
Frtre Semidieu , fon Kpitaphe. ^ 425-,
FrereThibaut, b 260. 261.
Frifelîfpes vakt de Marot, ià lettre à Sagon.
a j-40.
jy(w^, fon blâfbn. b p.%.
' Ç^Acon fc croit grand poète. 4 6.
Vjl Gageure du Cordclier. t 489.
CMillarde (î canne) ^ iff, ij-ô. 8c 184.
CaUnd (Claude) b if6.
Garrot, ce mot expliqué. ^419. note 2.
Garfif force de ce mot. « 124. note 2.
Céans t leur fàng changé en hommes, r 22.
Gedopt ( Robert) fon Epitaphe. b 445-.
General Jet fintuices , notion de cette charge.
a 442. w^# I. 467. note >.
Généraux des finances, b 490. )^^e i«
Genoil» fon blafon ^ 5-34,
Gew d*Eglife cenfurei. b 474. iw/e i.
Genton, ami de Marot. « ^jà,
Geoffroi Brulart. b 3f6.
Glorieux emprifonnc. b 367.
G ont ter i Marot lui écrit. « 4f7.
Gorge ^ fon blafon. ^1*23.
Got^tr (Artusde) fon Epitaphe.^ 4j'o-
Gr4fe (5» ^ejiK/'e'. ^ 188.
Grjre, fon blafon. b f\6, ^47.
Graffi, ami de Marot. a fyô.
Grebans , Poètes. ^ 348. note 7,
Gre/iere (Mlle, delà) ^ 280.
Grenouille poète. ^ 248.
Guerre (^paix, leur révolution, /f 382, 384.
Guines triumphe près de cette Ville, b 20.
GuiUot Martin^ Chanfon 4 fon fujct. h 121.
GuU>n le Roi fon Epitaphe. ^413.
Guyfe (M. de) Marot lui écrit, a 45-9.
H.
Hacquenée, quelle monturr. a 424. note 3,
Hait 9 ce que iignifie ce mot. « 385*.
note I.
Halecret , ce que c'étoît. ii 378. fwr# 4.
Haquebute ce que fîgniBe ce mot. « 285%
note i.
BMmois de guerre ce que c'étoit. « 380-. «#-
te I.
Ifiir», cri dejuûiceen Normandie. 4410. no^
Hedart, ce mot explique. ^419. »^« i-
Hélène de ToumoM , foignée. b 268. 381.
Helly , Etrenne jolie à cette Damoiiclle. ^
404.
Henri Roi de Navarre , fon caraélere. * Jï*
Jfewri Roi de Navarre pris à la bataille dePa-
vie a iSi, note 1.
Henri VIII. Roi d'Angleterre fon entrevue
avec François I. b 20. note i. 8c « 140.
Henri Dauphin ^216.
Hercule II. Duc de Ferrare époufo Renée de
France ^.60. note 1.
Hero 8c Lcander leur hiih>ire traduite par
Clément Marot e depuis la pag, 1 1 7 . ju^'à
137. ÙL mort 137.
Heroët (Antoine) poète 1 ami de Marot a 180.
note 4. f fo. note 2. blafon de l'œil b J14.
Heroet Epigramme b 2fo.
Hilaire» le <^ucftionneur ^ 3f^.
Hillot, explication de ce mot « /^fo^teoti i»
Homme, Ion origine r 18.
Hongrie, (Reine de) vient en France b 8i«.
Honneur, fon blafon ^ f44.
Bif^tf» (la Damoifèlfe) Elégie qui luieftad*
dreflce a j f o.
Huet Joueur de flûte h 73.
0»«^
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Htteterh ou Huct poète, fbn caradlere.
Ennemi de Marot ii 5 f i . note 4.
L'Haîllitr (Jean) fon Epitaphc 6 ^^6.
Hymen, injufle. ^ 177. hofe 1.
I.
? Acquis V. Roi d'Ecodê époufc Magdekûne
de France ^ 64. Se note 1.
MgoifteoH (Loys) fbn Epitaphe ^438.
Jaloufie s'û faut la craindre en amours. « ^•^.
iioff I. facheufè ^334.
jF/i/wf^ (i'yow) ami de Marot m jff. Epitre
Que Marot lui addreÛc 297. Ëpirre du
Cacq à Tafiie que Marot lui addreûè 479,
485-. 49 f. 5-03. Epitre qu*il écrit à Clé-
ment Marot 5*11. Note à fon fujet i^/^.
note 1. fi4. "«'/^ 3< Epigrammes qui font
de lui r 481. 481. 48f.
ynn h isi. le Confefl^ur 370.
?an-jM b 3f f.
e4Mt de Meun écrit contre les moines « 49 t.
note a. poète ^ 348. n^e i .
?fii» du Pont A lais « 483. note 6.
f«» TEvéque Cordelier» fbn Epiuphe à
411.
Jean le Maire i 348. n^e f.
Jeun le Veau , ion Epitaphc ^413.
Jean Serre fbn Epitapkc ^416.
Jeanne d'Albret mariée à Martin Duc de Cle-
ves b x\6.
Jeannt Princeflê de Navarre, lettre écrite en
fbn nom a 468. Remarquer Hifloriques
fur cette Princcflè ibid, note 1 . Epigram-
mes. ^ 17 1 . 3 1 f . note i . Eflrenne b 394.
remarque fmguliere à fbn fujet ibid. net.
X. 3.
?enin, fignifîcation de ce mot.« 5*08. note i»
eu d'amours fès degrez ^383.
eu de r Empire d*Orleans / 3. & note i.
eunejje neceflàire en amours, s 310. &
note I.
Importun , Rondeau b 187. Epigramme
Inachus , fleuve c fo.
Infidélité en amours a \^f, note 1,
Injures de Marot contre une maitreflb am-
bulante 4 314.
Inquifiteur en France 4 19. 10.
lo, aimée par Jupiter c fo. 8vc. changée en
vache f a. confiée à Argus 5-3. reprend fi-
gure humaine 60. en Egypte 6 1 .
Joyeux en affliâion, opufcule de Marot t^
249. Sec.
Jouany le fol » fbn Epitaphe ^414.
Joui, fon bkfon. b J69.
Iris c 30.
Ifabeau ou Diane de Poitiers, jolie Ballade con-
tre elle a 1 1. inconllante ^ 19^. 2S6. 187.
a 88. elle envoyé un Lièvre 361. '
Italie Tombeau des François a 181. note t.
Italiens ne parlent point de Dieu a f^o. leur
csumé^çrcibid. note i.
Jugement de Minos traduit par Marot ^ de-
puis la page 138. jufqu'à ifi.
Jitges du temps de François 1. leur caraôerc
a Si, leurs Clercs font fbuvent les vrays
juges 83.
Juilly Treforier b xiy.
Jure (Alexis) auquel Marot écrit a 468.
Ji^e & pécheur, cantique à ce fujet b 97*
LjfiJeurnvtiGble b 363, •
Lamy médecin b 144.
La Motte s'cft fait poète a 6.
Lampignam ami de Marot u ^76.
LanceTot Caries , Blaibns du genoil b 5*34. du
pied f 3f, de refprit /40, & Thonneur 1-44.
de la grâce f^6, 5-47.
LsnceUt du Lac caraélere de ce Roman « 313.
»^^* 3.
I«i9ii> ce que c'eft tt 170. w/# r.
LMngeai (Guillaume du Belhiy) fbn Epitaphc
& Eloge b 448. note 1. 3. 494, note 1 .
Langue, ibn blafon ^ -f 72.
Lanyvolare j (Comte de) ^129.
Lanfquenet ce que c'étoicnt /i 377, na/e t.
L«r^ , explication de k phrafc,^re»f;t-/#,i/ #
/w/»»^« /e Liifi/. ^13. not€ i.
L4ri»e , fbn Blafon. b ^\6.
Laure maitreflb de Pétrarque b an. 21a.
Sonnets de Pétrarque à fon fujet c 1^6. fon
Epitaphe par François L^ an. notez. ci6t.
Laval, (Madame de) ^176.
Lêundert^Ucxo, leur hifloire traduite par Ma-
rot f depuis la page 1 17. jufqu*à 137. fà
mort. 136.
Légende dorée a ^i^.note i.
Lendemain de Noces, c fiy.
Lettre que Marot a ordre de brûler s jai.&c.
reçue d*une maitreflc ^ 1 84.
Lêfcun ou Lefcut, Mareclttl de France ^
467.ifafe 1.
Leflrange (Mad. de} ^ a7<J.
VhuUier (Anne) Elégie fur £1 mort i» 341 .
Ueur (Pierre le) BlaSm de la cuific b ^ix.
Lièvre, ià chair utile ^ 361.
Limofin qui ne fait qu'à demi ^ 35*8.
Linotte lingcre ^ 28/,
Longis (Macé) b 35-3 .
Lmgueil (ChriftophcJ fba Epitaphe b \i6.
Bbbb i loris,
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rc
f66
TABLE DES
Lpris (Guilkume de) ^ 491. ymt. i.
UrrMtm (Antoine Duc de) Ephrc q«e Marot
fan adrcflc. « 417. G. les Princes de ce nom
font de maîfon Royale 448. mu i. 8*c-
taWiflcnt en France 417. noté 1. 418»
mate t. 8c 410. conicils ^cmii aux Princet
de cette maifon. 45*9. noê€ i.
lùrrMioê (Renée de RourboR Duchefli de)
Rondeau à fou fujet S 144. Lettre qui lui
cft écrites 41).
Lprrame (Cardinal de) Pifcaunies de Marot lui
font dédiez r 1^5*.
tmange d'une maitreflè ^189.
Lomfi de Savoye mère de François I. /f 8f .
fon Epiuphe b 439. complainte de là mort
Z«^<iK//recorapenlee r f If.
£«^m (frère) ^ f . 8c n^fe i . d. fMte i.
Lm^ï^ , amour fugitif, traduit de cet auteur
^ f I . fbn jugement de Minos • traduit par
Marot c depuis la page 1^8. jufqu'à ifi.
Luminaire n'eft pas neceûaire dans la prati-
' que amoureuiè ii 1 48. noté 4.
Utna , ou Diane de Poitiers aoi. noté a. 8c
m. n^/f 4.
Luther lins hnûcL à Paris « 48 1 • im/# j-.
X^r/i«» changé en Loup, c 24;
i^o» Jamet ami de Marot ufff. note ;. Epi-
tre que Marot lui addreflè 397. Epttres du
Cocq à Taûie que Marot lui addreflè 479.
48 f. 49^. fo5« Epitre qu'il écrit à Clé-
ment Marot fil. note, a fon fujet i^W. mtê
I. ^14. note 3.
l^on , Adieux de Marot à cette rille 41 f 44.
fon Eloge b 11%.
M,
M^/ik// Tradaâeur ^ 383.
Miiref ^ 364.
hUgdeléHne de France fille de François T. s f4t«
. mariée à Jacques V. Roi d'Ecoife b 64. 8c
note I.
J^agnifique , chimifte de François 1.4 f 9.
Maguelonne Epitre fous fon nom à Pierre de
Provence a 35-9. Rondeau à fbn fujet ^
i3f. 8c w/f I.
Jtftfi, Mois amoureux ^307.
MMUârt Lieutenant Criminel au Cb&tclet de
Paris /i 34f- ^^t i. ^ 218. 8c note i,
A/«m, fon blafbn. b ^^%,
Maintenon, Epiuphe des Seigneur 8c Dame
de Maintenon ^ 4 3 1 • 43 ^ • 43 3 .
Maire (Jean le) b ^j.^.note f. Perfef^ionne
Marot dans la Poëlîe « lof. 106. ^39. note
3. b 348. »tffe f. c 45'9.
3fis//?re (C. L.) Traduit les Picaumes 33. 8(41 .
'37». 377.
Maître i qualité qu'on donne sox doâeurs en
Théologie ^396. note 1.
Maitrejfe, qaclie doit être f 481. dç Marot,
Chanfoiis qui lui font addreflees b 101.
103. lof. 106. Chanfon VIU. 109. 110.
m. 113. 114. Uj*. ii6. it8. J19. iio,
113. 114. Chanibn XIX. 118. 129. Chan-
fon XXXV. Nouvelle de Marot , Chan-
fbns qu'il lui addreflè 108. 117. m. 1x4.
i»f. 131. 134.
Maltrojfe ambulante injuriée par Marot /i ^ 4*.
Chanfbn à fon fujet b 1 04, belle, jolie. Ron-
deau 180. Louée iSo. 189. fert de fb-
kil 311. affligée 35-9. inconihuite 17a.
»73.
Maladie de François I. Cantique à ce fujet b
39. 41. de Madame Marguerite de Valois
46. 8c note t .
Malcontent d'amours b 166,
Malherbe Ce forme dans fâ rieilleflè une mai-
treflè imaginaire a 2f.
MaUovHlo ( J ean Baron de) complainte de fà
mort ^4^1.
Mal mariée b 177. 33t.
Manger le Lard , explication de ces mots à
i^.note I.
Manière de parler ricieufè ^383.
M^rcoujfé ami de Marot M 5*76.
Margot Noiron ^ 487.
Margot Mourante r fi).
Af/ir^m/f d'Autriche î f4i.»4^/e i.
Marguerite de France fille de François. I. b
394. Remarque fmguliere à fon lujet ibid.
note I.
Marguerite ait Valois ^ 314. 32 f. 316. 8cc.
Marguerite de Valois fœur de Fran(,ois I.
fon caraâere a 31. 31. elle fè déclare à
Clément Marot 33. 3f. 36. 8cc. lès a-
mours avec Marot b 189 8cc. écrit à
Clément Marot m 46. donne des rendez-
vous à Marot 49. on murmure de leurs
amours 5*0. 5*1. 8cc. la Princeflè tombe
malade ibid. Elle va à Cambrai en 1 f 19.
pour le traité de paix ^7. protège les No-
vateurs 14^. »«/e I. Chagrin qu'elle re-
çoit 309. 8c note i. 316. 336; Epitre
que lui addreflè Cl. Marot pour ^tre reçu
en fà Maifon 367. autre à elle écrite du
Camp d'Attigni 277. Lettre écrite à la
même de l'armée de Hajnaut 382. Jolie,
Ballade fur fà beauté b 14. Marot demande
ï être couché fur l'Etat de fà mailon 16.
Cantique de Marot fur fà Mabdie b 46. 8c
note I. Epigramme de cette Princeflè
267. 168. 269.
Marguerite de Valois Ducheflè d'Alençon b
3iOt
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MATIERES.
f<îr
3 1#. 8c noa I. Sorur d'AUiaace de Marot
318. HoodcAU à ià louante 1^8.
Idêrgittritt de Vak>is Reine de Navarre >
CantiqtttP que Maroc lui envoyé de Veaiiè
b 91.
IdMriMiê inquiète Ckment Marot ^ foi.
hdMrie d*Autriche Reine de Hongrie vient en
FiMce^Sa. £)C MTf i.
Marigni (Enguerrand) c fo6.
Marie (Anne de) Ton Epiuphe k ^%6.
MarH (ClenKnt) Ion cara6fcere dans TEpitrc
prelinûnairc du Tonae prenricr : Abrégé de
la vie « 117. fà naiflânce 1. (es premières
££iKieft iM, vient à Paris iM. {es pre-
mières amours 3. veut abandonner IV
mour 4.
Méwot apprend à écrire dans un greffe du Par
lais ^ 7. Etudie la cour « 6. il cntie au fèr-
vice de Madame Marguerite foexur de Fran-
çois I. 7. va à Tarmce f.z. va à Tarmce d'I-
talie 9. il y eft bleâe Se Eût pifonnier 1 o.ca-
raâere de fbn am^ur ^11. mdifcret dans Ta-
. mour. 12. 13. peu délicat en amours 13.1^
&c.amant trop rai&nnable <4.5c x89Jmm i .
k fait une maitreûê Se a lieu de s'en re-
pentir 8. devient amant tle Diane de Poi-
tiers iSiJ. il en eft quitté Se ^t des fâtyres
contre elle i6. Sec. Maroc tH dénoncé
comme Luthérien Se pourquoi lo. Sec. il
eft malheureux dans ies premières amours
129. nût€ I. ^ 7. 9. s*eloignc de fà pre-
mière maitreflè i» 1 30. eft arrêté prilonr
nier 20. écrit à Lyon Jamet pour fc prier
de folliciter fa liberté 21. preuves , par
lesquelles on montre que Diane de Pohiers
a été ià maitrcflc 26. Sec. inquiet fur le
lien du Mariage 29. devient amant de
Madame Marguerite faur de François
I. Se Reine de Navarre 35. 3)% 36. Sec.
commence à devenir dehcat en aouMirs
▲7. 48. Sec. on commence à murmurer
de &s amours avec Madame Marguerite
fo. f i« Sec. il a de la peine à être employé
fur les Etats de la nudfon du Roi 5-;^ Se
pourquoi f8. fe plaint du Trefbrier 5*6, ell
derecncf arrêté prifonnicr fç^ fort de
prifon iàid. hors de prifon , Rondeau par-
hiit à I ^6, publie les premiers ouvrages de
ÛL Jeuneilê,^ çç» il cit volé 60. il tombe
malade. Uid. u donne une édition des poë-
£es de François Villon 61. fuit le Roi Se la
Reine de Navarre d^ns leurs Etats i^id.
écrit fon Epitre XLII. du coq à l^ihe 63.
{es papiers Se livres faiils par le Lieutenant
Criminel 64, il fort du Royaume Se fç
retire à Ferrarc 6f. dcûre de fouffirir le
Martyre pour la reforme. 66. tait. les
Mices de la cour de Fqrare 67. écj^k la
a. Epitre du Cocq à Tafoc. iéid. fidt (es
blafons du beau Se laid Tettn UiJ. fe retire
de Ferrarc à Venife ièid.'û écrit à François
Dauphin de France pour demander fon re-
tour 6i. il revient en France. 69. il
arrive à Lyon. UiJ, £iit abjuration à Lyon
des erreurs nouvelles iâid, reconnoiHance
de Marot à la ville de Lyon 70. 7 i. Ma-
rot fait connoiflânce avec Eflienne Dojiet.
ibidem, arrive à U Cour de France 73. il
y fait fcs Etrenncs ikU. écrit contre ^on
ibid, dédie fon Temple de Cupidon à M.
de Villcroy 74. 126. publie iès Pfoaumes
74. s*ea fuit une féconde fois Se fort en-
core du Royaume 7f. va au camp deCcri-
zolles Aid, fon caraâere comme poète
77. rétablit la poëfie 78. 79» réuifit
dans les petites pièces de goût 79. 80. ù.
Doèûe dogmatique Se morale 81. fon ta-
lent pour les Epigrammes 94. quel a été
fon talent 91. 92* n'étoit pas dévot Se
réuillt mal en nuirale h if, note 1. iè tour-
ne vers la morale h 328. Sec, fait la Ver-
ûoo de Pfoaumes « f f. par qui focouru
dans ce travail 96. eft obligé de fortir du
Royaume pour la âconde tois 99. mené
une vie fcandaleufe à Genève ibU. il e(l
un peu plus lubrique qu'il ne devoir lo^.
il efl bleffé à la bataille de Pavie 279.
note I. 282. trille d'avoir attendu un an
en amour 287. nete i. n'a été heurçux
dans (es amours qu'en fonge 299. nete 2. il
va à l'armée 376. nou i. reçoit des pre-
fons de Venus ^g\,note i. il eft dénoncé
comme Luthérien 394. note j. mis en
prifon pour la féconde fois ^^i.note 1. il
tombe malade 4f i ^lemande fon retour f 28.
j'29. Sec. devient fi difcret qu'il n'ofo par-
ler de Dieu j'30. fon difoours imperti-
nent à Madame de Pons f37. wae 1. fu-
fligéà Lyon 5^^. nete i. fo retire de
France en 15-43. sif* Se note 1. perd ies
emplois ibid. Se 1 77. coanoit que fon nom
fora immortel 5-78. Se»pre.i. Epigram-
me fur foi-même, è ^44. meurt eo 1/4^.
m 100. fon Epiuphe c 485*. 486. Se la page
avant la préface, a deplomion fur fà mort
0 429. Sec. Plan de la nouvelle Edition
de Çe$ ouvrages « 1 14. Eicilité de fa poèâe
106. douceur de là poèiie 107. Eloge
. de ià poëiie 104. correéHon de ià pociie
ibid. Sec. Jugement de la Bruy^e fiir là
poeile 113»
}âarot ( Jean ) fon caraâere dans TEpitre pré-
liminaire du tome premier. Pièce intitulée
l'Advocate des Dames. 4 409. note 1.
Ma-
JU^Jf^êi^X^
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f68
TABLE DES
itfîirvr(Mic1id)eftPagedeMad. Marguerite.
M 31.
Mmrel (Pierre) fim couteau, à 331*.
èiars 8c Venus enibnble. c yiy.
Mârt'm H. Catin. ^ 363.
Mmrtm brave explotteiir. ^ 3^f. 336. Ion E-
pttaphe. 413. 414. autre F.pitaphe. c 409.
èésrtyri , û Marot Ta deûré eâieâiTement. «
67. 219. Mr« I.
Mstrmes leur ufâge en amour. « 144. Mfr i.
èééiujêùtd , ce que c'eft. c 30^.
itéMHpMSf ibn pailèreau. ^ i^o.
Af «7 Cliant Moral fur ce mois ^ 48. 8c 49. £-
pigramme fur ce mois ^291. 193.
Mttmâs , û ce nom conrenoit à Frao^oû I.
M 214. »tf#e I.
MiJecis (Catherine) ^393.
Midifsntft Rondeau ^149*
hiijpémci de fà maitreâè h 1^9.
MelMfichfin mandé par François I. s 491.
fMfe I.
Miilm de S. Gdais Skions des cheveux à
S08. de l'oeil fia. Ballade fur Maroc 8c
Sagonc487.
MtrdmlU , ce que ce mot fignifie m 4S7.
M/e 1.
èiirlin ou Mellin de Se. Gdais ami de Marœ
M 180. n^0 ffo. nûte 3. è 347.
IdêfchmQt poète ^349. im/« i •
MefelU, ce que c'eft ^ 149.
MetéMtprfifofe d'Of ide les premier 8c fécond
livre traduits par Marot ^.depuis h page 13.
jufqu'à 6). 8c depuis 64. jukju'â 1 if .
ht^MH ()ean de) poète é 340. ««/« f .
Mififant poète 8c Traduâeur ii 383.
Uihiftrei pourquoi on les doit rechercher n
hiinos Ion jugement traduit par Marot c de-
puis la page 138. jusqu'à 1/1.
Idpints qui font ceux qui plaident il ao8.
mu I. attaquez par Marot « 2; 3. tiêit a.
b f . not9 1 . 6. iM/f I Marot les tourne
trop en ridicule 4 488. nott 3. Mvot les
attaque continuellement ff. nott 1. 5*7.
ntf/ej 2. 3. 8cc. font bien changez ^ f. 260.
M^nie 8c la vidlle ^3/^9.
MoUmity poète ^ 348. iMftf 4.
liommiriis Epigrammes ^ 2;4. 23^,
MMéhucit (Jczn de) ion Epitaphe^ 440.
Montagne fa reâexion fur les braguesA 481.
nûte f.
Mmtejém Maréchal de France «43 1-. 8c fo/.
' Mtû I.
hfontigni ami de Marot m 5*76.
htmtjoit y figniBcation de ce mot « 132.
»0fe 2.
Montmwinti (Anne) grand maitre h 224,
Connétable aaf. Fnnemf de la Reine de
Navarre 224.. iMft 2. travaille à la ddi-
Trance des Fnfâns de France 68. 8t 69.
mt, I. 8c 2. Ennemi de Marot m f%. Let-
tre que Marot lui addreflè 410.
UmimmrtBà (Philippe de) ion Epitaphc b
4.fo.
Um du jui^e 8c du pécheur, Cantique moral à
ceiùjet ^97.
Umliu (Antoine du)^ Xf6, mmê 1.
UmUtiiT excellent au jeu d*amoars b 383.
Umfeéfmmti Explication de ce mot m 421.
n$ie 1.^4. imt f.
Mffiert neceiSdre en anToors « 303. Mft t.
àiyfiiris, forte de Comédies andeaiies.il 41/.
iMê i«
N.
N^cqmtt, explication de ce tenne. b 194.
Nattes f ûarvokat anciennement de ta-
piflèries. « 383. wtteé. b 346. noie t.
Nétvmm, Henri Roi de ce Royaume» ibnca-
raétere. 4 31. maltraite Madame Margue-
rite ibUl. Roi de ce Royaume pris à la ba-
taille de Pavie*ii 2S2. woti i. Fpigranraie
fur ce Roi. ^ 218. ai«. Epigramme fur k
Reine. i66. 267.
Kiiviirre (Jeanne Prioceflè de) remarque k ion
fujet « 464. b 394. nêtt 2. ).
Nétvmriy (liàbeau Princeflède) b tji. Bête i.
N«f/f jcttéc par Anne, b 294.
Uermi b 298.299.
Nifx, ion bkfbn. b fôj,
Ntt-f , cantioue fur le voyage de Nice b 77.
Kûces, leur lendemain, r f 17.
Nft/ : Ballade i ce fujet b if. Chanibn à ce
iùjet b 100.
K^eW d'imour 8c Gordien b 330.
Nombril 9 ibn blaibn. ^ 5^3.
NrnmMtM encdnte r 481.
Nomntms, agréables b (78.
NormsnJi femme commode^ 317.
Nmt Éivorable aux amans4 132. nàte i. utile
en amours^ 171.
NjMnem e 99.
aux amans « 13a.
O.
OBfcunté fivorable
note I.
Obfeero te , oraifbnèb S. Vierge il iSfjnotei.
OBMvian de S. Gelais b 348 note 3.
Oeil^ fbn Blaibn b f 12. 5-14.
Or^i/^» de Marot devant le Crucifix b 497.
Dominicale traduite par Marot c 36)-. du
Matin par Charles Fontaine c 3^9..
^OrtilU,
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MATIERES.
OreilU, fonVisSotkifiy.
Orofr A 31 }• noté 6,
OrfinviUiers (Madame d') ^ iip. 11^
Ortis» fon Epitaphc ^411.
Ouy & nennj h 298. 299.
P,
PAgesi combien communs autrefois , &
même aujourd*hui en Allemagne m 1 26.
note 2.
Taix elle n*eft pas tousjours lîecelTaire «n a-
mours « I fo. i»/« 3. & guerre leur révo-
lutions 383. fie 384. fil vidoirc. Ballade a
ce fujet é 24. fie noie 1 .
^alijfe (Jacques CJiabancs la) b 457. fwte i, .
FMpeUwd « 483.w^tf 3. explication de ce mot
^ lï.iMTe 3.
Mes 9 Marot parle contre eux # 192. iwff 2.
s'ils ont dit qu'ils peuvent depolcr les Roi«
s 240. note I .
VsfiUon poète 4 f fo. t»/* 7- ^arot écrit en
. ÙL foveur au Roi Français L « j68. Lettre
qu'on croit que Marot lui a écrit contre le
tol-amour a f 7 ■ . & »^^« ' •
farh Epigramme ^131. ordonnance fur ibn
uniformité ^ 2f7.
Féêrme (le Duc de) fe fiât Capucin après fi
mort a 491. note 2.
Fsrthen^i ( Anne de) Dame de Pons , Epitre
que Marot perdit contre elle * j'34»
TÀrticifes François ^2^3.
Parvaus ami de Marot a 1-77.
P/i/^nx^rrEffacnne) cite h 7|'. traduit le Pfeau-
mc 62. c 380.
Pafferean de Maupas ^130.
Tafton de N. S. Jclus-Chrift, Ballade i ce fmet
à 19, s'il faut pleurer la palHon de Jcius-
Chrift 1X6. notei.
Fâtheliny allufion que Marot fait i cette pie-
ce a 407. note I .
PauUne la riche, h 36r.
fatêmUr , fon Epitaphe ^411.
P/ivw, cette Bataille m 282.
PMvillon Lettre que Marot lui écrit 4 f 10.
remarques fur ion nom ièid. note 2.
Pelade t Maladie» fuite de l'amour « 411.
note 1.
PeUjJon, Epigramme de cet auteur 4 iio.
Epitre que Marot lui addrefTc 5*7 8.
Pelletier (Jacoues) Blafon du Cœur, à /Sa.
Contre-blalon du coeur. 5-83.
Penenst ^cuve ^49.
Pères , grands hommes auxquels les Princes
ont donné ce nom a 344. vote 3,
Perreal Peii^e ^ ij-S.
Perrierre (Guillaume de la) ^ if%.
ToMB IIL
Pefte remède contre à 380,
Pet, Ton blafon^ f8o.
Pétrarque t {es viiK>ns traduit
15*3. iix de fès fonnets tradu
Pettr Tes Efiets ^209.
Phstetm fils du .Soleil, c 61» vw*. ^^ ^
char du Soleil 67. reûflance dePhebus i^^i.
reçoit les avis de Phebus. 68. Monte fur le
char du Soleil 7 3. met le monde en feu 77.
ià chute 83.
Phebus fie Diane b 312. ou le Soleil , r 64.
Philiffo le bon Duc de Bour^ne * 197.
Pie (Albert) Comte <ie Carpi meurt cordelicr
«491. M#f 2.
Picot ini Explication dfC.ce n^ot ^121*
Pichelins b jf,
Pie4, ion bh(bn. b. f7,f.
Piémont, Dame de ce pays qui veut avoir dix
Ecus de Marot ^317.
Pierre de Provence, Eoitrc à lui addrcflee par
la Belle Maguelonne a 3f9.
Pierre Marrel Iba couteau b 335'.
Pierres changées eu hommes. ^ 38.
Pin (MadlleOu) b 177.
Pifun (Chriftine) b iff.
Fijfeleu (Anne) Duchcflc d'Eftampes b ^ç6.
Placards infâmes occaiionnent de Nou*
veaux fupplrccs a foi. note i. affichez à Par
Tisb 198. 199. 200. afHchez à Paris con-
tre le Sacrement de l'Eucharidie. ii 63.
Plan de le Nouvelle Edition des œuvres d«
Marot /> 114.
Poëfie ce que c'eft a 78. délicate, fbn caraâ»-
re « 79. morale 8c dogmatique de Marot
81. fatyrique iês bornes 101. de Marot»
ià nobleflè ibid, combien perfeâionnée ,
103. de Marot, fk correâion , 104. d'où
vient ià douceur. 107.
Poëjjes attribuées à Clément Marot e depuis
la 391. julqu'à 416.
Foëte ignorant Rondeau b i f o.
Po^/fi François anciens leurs caraâereA 78.
leur Eloge b 248. fie les notes» fort mau-
vais juges de leurs ouvrages a 80. excuià-
bles quand ils font des fautes , 89. anciens»
peu fcrupuleux ibid,
Pomferan o if 7. fie note t.
Pons ( Madame de ) Lettre ^ue Marot perdît
contreelk/»>f 34. quelle etoit cette Dame
Ufid, note I. Epigramme de cette Dame.
^273.
Porte Barbette, b 8. note i .
Pothon , Rondeau à lui addrcfTé b 14/. pre-'
fente Marot à Madame Marguerite, ibid.
note I*
Pourfuivant en amours ^ 334^
Pra$ (Du) Chancellier fie Cardi
Cccc
ïlVJ
^^
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f7o
TABLE DES
écrit M 439. autre lettre de Maroc an mê-
me 4 441.
Pi^d*/lcgre, fim Epitaphe * 4?o.
TrHmets des difiêrenics Editions de Clément
Marot r 4,f f . &c.
TrtfwHs en amours « 168. neH 1. 1. ncceflâî-
res en amours \66, note j. te qu'il ligni-
fie 3f I. «tffei.
frejhê» Reçooiès d'un qui le veut être c 479.
Frhre Martin» Proverbe is 48f . ncte 1.
Fnmd'hommê Treforier , Marot éctlt contre
lui 4 441. Marot devient de (es amis /^ii/.
iMT^ I. Epigramme à 116. iMfe 1. ibn E*
pitaphe ^ 448. complainte de  mort 490,
?rn;<yl Geaeral au finances à qui Marot écrit
M 467^
Trufi avant le repas c 367 . 568. après le re-
pas 3<^8. 369.
IVtpJi^ gros & gras h if9.
^mc0i s'ils font delicatx en amours « 19. du-
pez par leurs courtifins a 98.
Trmcês 8c minîlbres, pourquoi les doit-on re-
chercher «93.
Irifm de Marot « se*. 8c 443. 8c nHê i .
frêctdmrf embarraflee du Temps de François
I.# 4tt6. fitf/# I.
frnh leur defcription 4 lOf . 8cc.
fro:t£t9n générale à Parb en ifjf. pour répa-
rer le Icandble des placards impies « ôj.
TT9m$tU9tfi étemelle, c f 11.
frtêéhnnmt Tre^ier, Marot fe plaint de lui
4 5'6. ils deviennent amis ^7.
TjtAMfMs Traduits en François par Clément
Marot € depuis la pag. i4f . juiqu'à 36 3. Vers
de divers poètes à ce fujet c 130. 8cc. Tra-
duâioB de Marot n pf . Toute la cour les
apprit par ccrur 96. 98. ç^, Diane de
Poitiers en veut avoir un 99. ils ibnt
rois en mufique , 97. receus dans les Egli
fès reformées 100. Imprimez i Romeif/i.
imprimez avec privilège deCiurlesIX.Roî
de France, ihid, € 243.
TftMumê 33. 8c 41. Traduits par Clément W
Maiftrcr 371. 3577. Pfoume 6a. traduit
par Edienne Pakjuier. 380.
/^.. . fon Bla(bn. b ff^,
\f SnemuUlt fpiritucllc dtfe. â 4f o. »•-
^^^ tt 3. extrait de cette poèfie 100. note
1. 303. nott%
^MMfhl t0mt efi dit , explication de cette Phra-
ie. M 4fi. n9tt a.
R.
AhtUis^ M ffo. note %. è 3fo«
, ^Mhkêttr^ ce que c*eft. ^211. nott i. -
^Mcini Poète , fbn caraâere. « 6. 7. douceur
de làpocfie. 107.
BMtfm^ ne convient pas en amour. « 14* 189.
Hûte I.
BjmMjft^ ami de Marot. « f76.
Rapporteur, Rondeau, à 160. Faux. 320.
Ke^«i de Picardie, m 490. «srr 1.
Refmj d'une maitredè, s'ils font mourir, b lof.
Re^mtf ami de Marot. m 576.
Reims Voyage qu'y fiût François I. b 139.
Remède contre la Peftc. ^ 380.
Renihtr mauvais ^ 35*4.
Keni^ Rot de Sicile, ê 70. notf
Rméf de Bourbon . Duchedê de Lorraiae, s
4x3. Rondeau à (bn fujet. ^ 144.
Renéo <ïc France Ducheflc de Fetrare, Lettre
que Marot l«i addreûè. s 531. fbn mariage
avec le Duc de Fcrrare. à ôctcnote 1. Cha-
grins qu'elle reçoit de fim Epoux, b 91.
8(c.
Renée de Parthenay. s 6f. S 274, jif, »#/# i.
Rengettê, ce mot expliqué. ^423. »0ft ••
RetrMtre , explication de ce mot. ^ ai 1 . noté a»
Retraite amoureuiè. «311.^ 1 18.
Riche en pauvreté » Opufirule de Marot. il
149. 8tc. ignorant. ^ )4f .
R^me , exa^tude de celle de Marot s 1 1 9 •
exaâirude de celle des anciens poètes, ii 1 1 •
caraâcre de celle de la pociie Françoiic. m
I ta.
Robertet (Florimond) Secrétaire d'Etat « com-
plainte de ùi mort, b 4^8.
Jljibin 8c Catin. b 337.
R#^ le fot. r y 1 1. autre Robin phis %e. ibià.
Rcchepot (M. delà) (epigramme. b %6f,
Rocque ( M. de k ) Epitre que Marot lui ad-
dreflè. a 390. 8c 3x1.
Rêhjn (Madame de) ^a3f. Soubifè. aya .11^
te I.
BaUnd Neveu de Charks- Magne. » 1S7.
Rjernan de la Roiè. » 333. note 4. endroits
imitez par Marot. 137. note 1. 4. 14^.
note 1. 148* ivM# I. i6y. note 1. 166. 9^
r# I. 167. note f. açç. note 1. 303. »#-
/# I. 308. note I. 338. 8c ^39 note 1.340.
iM/# I. 373. lîote I. Cité ou imité, b fj.
107. note 2. 192. Mr# 1. 474 note 1.486.
ii^re I. foi. note 1.
]|#«i^, les anciens Auteurs François en veu-
lent à cette Cour, n 479. note y.
Ki^iM (Mlle, delà ^ ^ 281.
RonJ^Mux , règles de cette poCfic. b 147. Ju-
f;mcnt fur cette poélie. « 90. de Marot
depuis la p^e 1 3y. jufqu'à 200.
Rofe^ pourquoi il y es a de rouges, b 387.
RoHgemont ami de Marot* s yyo.
Roiiet. b 3ya.
R09^
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fiAufftam bon poëte« ê^ 6. mais çrand fripon.
»oi. il tait Icdcvot, c'cft-à-duc, qu'il cil
encore plus fripon qu'auparavant, ii loi.
trop impudique 94^.^ loi. toujours à l'em-
prunt des pcnfees. ihid. cojjiftc h jSf . ne
vaut pas Villon, h i6, plagiaire impudent.
b J7I. & 372. «o/e \,c f ib. Mît 1. vo-
yage par ordre du Parlement de Paris, ii
ICI. deiàvoue iès couplets & (on père. «^
• 101. fon apologie par Tatan. 10?. chafTé
des bonnes mai£>ns de Vienne, a fi7.n0'
u I. Epigramme fur S. Antoine de Pade
qui manque à (es ouvrages, b yp. mte i.
"Routiers ce que ce mot fignific. * 487. note 3,
Bjiftttre en amours. « ij'f. note i. ^ 174*
S.
Sjfgo^i Poète fon caraûcre. 0 73. J49.
5/ii;3/ Antoine nrde » explication de ce mot*
A 401. note 3.
Saint CaJlbiy ami de Marot. * f 76
^«Û2/ G#/4ij (Oé^avian) poète. /* ffo. ««/e i.
^ 347> 348. note 3. ami de Marot. a i8o.
»(?/« 3. ballade fur Marot 6c Sagon. ^ 487.
Blafon des cheveux, b f 08. ce qu'il dit a
une maitrcflè difficile. 4 317. note 3. Elégie
de ce pocrc parmi celle de Marot /» 3^4.
Saint Romardf Epigrammes qui font de lui.
(481. 490. Epicaphc de Marot. 486.
Salel (Hugues) poète. 6 249. note 3. û de-
vifc.r ^07. 5c note 2. Bmlbn de l'anaeau. b
5'f7. de l'épingle, ffp.
Sa lut z y monnoyç d'or. /» 479. note 1.
Salut par Jefus-Chrift, f 587.
Salutation angelique , traduite par Marot. e
166.
Samblanfoy , & confiance, a 34f. note i.êc
i 11b. »^e I, eft Chevalier de l'ordre, ii-
34f. wtf/e 1. Elégie fur la mort de ce mi-
niilre. 343. remarque fur fà diigiace^
fur fon fupplicc. ibid. note 1 . par qui trahi
344. note t. François 1. Tappelloit fon pè-
re, ibid, }ïote 3.
Santé Déejfe , Cantique qui lui eft addrciïc. b
39. neceilâirc en amours, a ;to. de note 1.
Satyres de Marot ont eu tout le fuccès qu'il
en pouvoit attendre, a 81. 8i. contre une
maitreflc ambukntc. 4 314.
Savant ne vit pas de fcicnce. b 346.
Savants leur trille état, b 341-. note r.
Savetier, vit de fon métier, 8c non le ûvant
b 34<^.
ScieiKo^ ce que c'eflen belles lettres. « 78.
Scifiony fes travaux, c 148. préfère à Aie-
kxandre. 1/1.
Secret neceflàire en amour, m 1%.
Selva, b ayo.
Semydieuxt Cordelicr , fon Epitaphe. ^ 42f .
SentimenSi quand ont commence dans lapoe-
fie. a 84. conviennent en amour ibid.
Sergents , leur valeur, a 4B0.
^er/»#nf des amans, a 148. note 2.
Sermon du bon Pafteur & du mauvais par CL
Marot 4 219. Sec.
Serpent Pithon défait, e 41.
Serre ( ïean)- fon Epitaphe. b 41^.
Sève (Maiwice) a fyo. note y. b 2fi. fon
Blafon du fourcil. j-ii, du front, jai,
de la gorge ;2 3.
Sevin (Thomas) ù femme, b 184.
Simonie , fi on la commet dans l'Eglifc Ro-
maine. M ixç. note 2.
Soleil y fon palais, c 64.
Selon 'y fès fcntimens a l'dge de 80. ans. 4 7t,
Songe fort galland de Marot. a 298. 299. no^
te I . Marot n'a été heureux qu'en fonge.
ibid, note x, agréable, b 291 . for ià maitreP
fo. b 301.
Sonnets de Pararque » traduits par Marot. e 1 f6.
Sor bonne a été une tanière de pedans 4 99.
fès ancieimes Cenfores 496. note 1. Théo-
logie qu'on y eofèi^oit anciennement. 4
j-if. note I. cenfuree. b 25-8. note u,
Soubife { Madame de) eft à Fcrrare avec Ma-
dame Renée, a 6|.prote^ice de Jean Ma-
rot. ihid. Lettre que Marot lui écrit, f 38.
& mte i. obligée de quitter Ferrarc. ibid.
Souhait d'un amoureux, b 573.
SourcUy fon Blafon. b ytt,
Soufbir , fon blafon b $^i,
Surffes quand au fcrvice de la France. 4 3^2,
note 2.
Symbole de la foi , traduit par Marot. c ^66,
S)fri»x changée en rofoau. c f8.
T.
TAlIarJ (Madomoifclle)^ 209. note 2. 210,
Temple de Cufidon , caraûcrc de cette
pièce de Marot. a 80. dcdié à François I.
123. quand ce poème a été £ut. 4 123. noté
I .dedié à M. de Villeroi, 1 26. 117. par qui
décrit avaiit Marot ibid, note 1 . deforiptioa
de fes çir tics. i$f.
Temple ( Eftienne ) Rondeau, b i fa.
Terre divifee en cinq 7.ones. c 16.
Tertre (Guillaume ciu; Epitre que ku écrit
Marot. 4 4^ f .
Tetin, lettre de Marot à ce fojct. 4 471. E^
gramme à ce fujet. b 2^8. 259. de Carau
b 370. beau Tetin. b 238. laid. 239.
Hfeoerenut. b i$i.
Cccc 2 Théo»
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f7»
TABLE DES MATIERES.
fittf^^le de nos aodens. il 15-4. if*r#. i«2i],
fMi 1. 133. wte 3^ 234.. !!«/# 3*
ThéêUpm Lourdis. ^ &f 8.
AM^i#»i mukmt leur caraôere'. ii 190. n^
tê I.
Thefiê, atni de Pirithous. ^ j*;©.
T^A^Aj»/ (frère) 6 xéi.
Thnnijs priiè par Charles-Quint. « 49 1 . im/# a .
Toifmd'wr, ^197.
T04irM» ( Blanche de) ^ 270. mn i.
TMfy7M)»(Helene de) b a68. 269 fèignéc.^38f .
TMfr;i#)'de lafierlaudiere.^ 116.117. 374..&C.
Tèmmon (Cardinal) lettre que Marot lui écrit.
m 1*4.1. remarque fur ce Cardinal. ïhid. no-
U I.
^sduÛUns de Marot. ii 95*.
jyffmers, leur caraâere. « 441. note i»
Tremoilli ou Trimouille (Louis de la> ^4^1.
««r« t.
7>ib0ulet. il 491 . f^t 3.
2>^#i ^'«r^ de Beroalde traduts en François,
Trhm. ^ 34* *
THtêmfhê ^Jrirt, ^ to.
Jirivutft (Pomponio) ^131.
Turenne (M.de) étudie Ton Marot. il J04.
T9ux.tx,y explication de ce mot. b 141.
Usurier, * 3<^*
Vil/ ( M. Du ) Evéque de Séet , Epi-
taphc de Marot. c 48Ô.
Ymlere Maxime. ^313. note f.
Vap ou DHgHttfii (le Marquis del; il 194.
9f4)^e t.
VauceUes (Matthieu de) h ifo,
VMHgourt DamoiMe de è 18/.
F#iti# (Jean le) fon Epitaphe. è 413,
Veaui ligniHcation de ce mot. il 400. note t.
Ôc 413. note 1.
Vendredi Ssinéi, Rondeau à ce fujet. é 136.
Venjfe, Marot obligé de s'y retirer. ^91.
Ventre feint iris, force de ce jurement, il 171.
note 1.
Venus de marbre, è m. 113.
.Verdun, ce que c'étoit. il 378. n^e t.
rrrtf/< 9 quand apportée en France, ii 41 1 . s#-
te I.
Vers Eqmvofues, employez par Marot. ii 441,
tx,note I.
Vers obfcursy manière de les éclaircîr* ii 4/7.
note I.
Vers fiûts à l'imitation de Cl. Marot. e de-
puis la page 4^9. jufiju'à. 476.
Vkrs à la louange de Qement Marot. e 4^ 8cc.
VkrfificMtion, defiuit de celle de Marot. ii io8*
15-6. note I.
Me, Gm Bkfbn. à 5*80.
FW0r BrodoMu. k tf6.
Vieille édentée, h 36/. antre Tieille. 366. ai*
roée. e 483.
I^in/lfi leur ulàge,ea amours, ii 144. note i.
leurs fondions en amours, b 6. note 3.
ViptMs, Marot lui écrit, il 4/8.
Villas, b ICI.
VUlemunoche, Chant (tir ce Tiiionaire. i 7/.
ta note i.
Fî/^ol : caraderé des Seigneurs de cette mai-
fon. M f. Nicolas deNeufVilk Seigneur de
Viileroi. 14. a Marot à fon fervicc. ibidetn
éi'pMge 116. François I. traite Nicolas de
Neumlle de Chevallier dans piulieurs Ltt»
très patentes. 117. dans la note
Villiers (Pierre de) fon Epitaphe. b ^if.
Villon , édition de fos Poëiies données par CL
Marot. 6r. reimprimé par Marot ^379.
portrait qu'il fait d'un pendu, m 345-. note 3.
Vttotieres force de ^e terme. 4 167. note i«
Vindefindu, e 5*09 .
Virgile , û première Eclogue traduite par Ma*
rot. e I.
Vifcontin Chantre. ^130.
Vtfer , bon mot. b iff.
Vifions de Fetrar^He , traduites en François, e
Vetux de ehufteti , attaques par Marot. b $%,
& f 9. note 4.
Voix, fon Blafon. b ^74,
Voiture fânfiron en. amour. 4 8^.
VouJI ( André le) fon Epiuphe. b 417.
Vofe Lsâée, ^13.
W.
'4f/ (Pierre) b 14 r. Epitre en fon nom
i Madame la Ducneflè de Lorraine. 4
413. Epitaphe de foa Cheval, b 419.
w<
^E«x veri. ancienne beauté. 4 \67.noteu
Ifaheuu de Savarre. b xju note i.
ZOnes dans lefquelles la terre eft divifee c 16.
ZmniUen. 4 39/. note 1.
Fin de la Table des Matières & du Tome IIL
^
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